Après l’essai de François (à retrouver ici), je vous propose mon point de vue sur le MG Cyberster, ce cher ami m’ayant prêté la voiture pendant quelques heures. Une petite journée avec le MG Cyberster et c’est aussi l’occasion de remercier SAIC de l’avoir faite. Qui l’eût cru ? Nous voici à une époque où la Chine rappelle à l’Europe ses racines… Bref, lunettes de soleil de rigueur, il est temps de profiter d’une des trop rares découvrables du marché.
MG Cyberster : effet waouh au menu
Tout d’abord, un coup d’œil sur la ligne : elle en jette, surtout dans cette belle livrée Irises Cyan, un vert tendant vers le bleu en fonction de la luminosité. Capot plongeant, belles signatures lumineuses à l’avant comme à l’arrière, ailes arrière et ligne de caisse mêlant volumes rétros à des inspirations modernes, je dois dire que c’est bien la première fois que je trouve qu’une voiture chinoise est à la fois originale, bien dessinée et adaptée aux goûts occidentaux.


Bien joué, d’autant qu’elle intègre une forte contrainte de style, à savoir la reprise de la capote et du mécanisme de toit de la BMW Z4 : SAIC a en effet préféré payer une licence à Magna et BMW plutôt que de trouver un hypothétique fournisseur chinois capable de concevoir et d’industrialiser pareil système en Chine, où MG est le seul à fabriquer une découvrable. Il y a donc bien un élément made in Europe à bord du Cyberster !

A bord, l’harmonie mêlant le gris clair au gris moyen sied parfaitement à la teinte verte de l’extérieur et le look, bien qu’un peu inspiré de feue la Jaguar F-Type avec sa poignée de préhension sur la console, se veut résolument techno : deux écrans tactiles de part et d’autre du combiné numérique, un écran tout aussi tactile sur la console pour piloter la clim et les aides à la conduite, un sélecteur de vitesse au look futuriste (vous avez dit Corvette C8 ?). Quant au volant embarquant plein de commandes au look sportif et techno, il colle avec le reste. Bref, le roadster se veut cyber.


Et surtout, le clou du spectacle est assuré par des portes en élytre qui s’ouvrent électriquement et procurent un vrai effet waouh non seulement aux utilisateurs mais aussi aux badauds qui ne manquent pas de s’extasier devant la voiture : de nombreux gamins m’ont complimenté à propos de « ma » voiture tandis que deux jeunes retraités se sont garés exprès pour admirer ce MG Cyberster.
Cybertruck, Cyberster : il n’y a pas à dire, les voitures « cyber » attirent les regards !
MG Cyberster : le meilleur des deux mondes
Au volant, on retrouve bien des joies liées à la conduite d’un cabriolet, ou plus précisément, d’un roadster. Les flux d’air sont très bien étudiés, la capote, de belle qualité, merci BMW et Magna, se manipule même à 50 km/h sans problème et s’ouvre et se ferme très rapidement.

Si le poids du véhicule n’est pas négligeable, la puissance permet largement de se jouer de la masse : les 340 ch annoncés face aux 1960 kg à vide donnent un rapport poids-puissance à peine meilleur que celui d’une Mazda MX-5… deux fois plus légère ! Mais l’électrique permet des accélérations fulgurantes, en particulier en mode sport, le tout dans un silence et une absence de vibration fort agréables.
Car oui, le principal avantage du MG Cyberster est ici : cabriolet et électrique, quelle parfaite combinaison ! La voiture a la pêche, elle ne fait pas un bruit, est très douce tout en offrant le plaisir de la conduite d’un roadster dynamique. Avec elle, pas de malus CO2 délirant, pas de roturier 4 cylindre. C’est très bien vu de la part de MG.

Je laisse François vous détailler de conso et d’autonomie, n’ayant pas assez roulé avec le véhicule, tout comme je n’ai pas non plus chargé la bête. Bref, retrouvez son article et sa vidéo.
MG Cyberster : et pourtant imparfait
Alors, génial, ce MG Cyberster ? Non, il a plein de défauts. En premier lieu, l’ergonomie de ses écrans, très perfectible : les deux écrans tactiles sont en grand partie masqués par le volant. Trop petits, le pilotage du multimédia (à gauche) est peu aisé, tandis que l’écran de droite est si fouillis qu’on a tendance à le négliger. A noter que les caméras permettent, à la manière de Kia et Hyundai, d’afficher les angles morts dans ces deux écrans à la mise du clignotant. En théorie car la voiture ne le faisait qu’une fois sur 10 !
Quant à l’écran qui pilote la clim et les aides à la conduite, il souffre aussi de push trop petits, de graphismes « à la chinoise », peu sophistiqués et d’une manipulation peu aisée. Et on rêve d’un bouton comme chez Renault pour déconnecter les aides à la conduite. Quant à la régénération du freinage, elle se pilote par une unique palette à gauche du volant qui fait à la fois + et – dans le même mouvement. Absolument pas intuitif.


Le rétroviseur intérieur prismatique à l’ancienne paraît carrément incongru dans cet univers technophile tandis que l’absence de chargeur à induction interroge. Mais en fait, il faut se rendre à l’évidence : on n’a en réalité que faire de ces défauts.
Le plaisir est ailleurs, et on pardonne bien des choses à ce Cyberster. Seuls les sièges, peu adaptés aux grands gabarits (assise trop courte même pour ma petite taille, largeur incompatible avec l’américain moyen) mériteraient d’être revus pour le client européen, plus grand que la moyenne chinoise. Il en va de même pour le garnissage en similicuir qui fait allègrement transpirer, un peu de tissu ou du cuir perforé serait le bienvenu. Idem pour le volant dont le toucher du TEP est indigne d’un véhicule de ce genre.
Et surtout, il y a le problème du tarif : près de 63 000 €, certes, tout équipé et sans malus, c’est presque sans concurrence. Voire carrément sans équivalent car le MG Cyberster est bien le seul véhicule à mêler le plaisir de l’électrique à celui du cabriolet. Mais cela reste élevé dans l’absolu. Si seulement MG trouvait la formule magique pour le rendre 15 à 20 000 € moins onéreux, SAIC aurait la voiture passion idéale. En attendant et pour moins cher, il reste la Mazda MX-5.
Verdict : Cyberster & real balls

Au fond, que c’est triste de se dire que MG a mieux compris que les constructeurs « historiques » européens que la puissance d’une marque est la principale valeur d’une entreprise. Avec le Cyberster, MG légitime enfin son nom et SAIC met une claque à ses rivaux européens qui semblent porter le deuil plutôt que de faire montre de leur puissance.
Alors oui, il est bien nommé, ce MG Cyberster, en mêlant le riche passé de MG, la tradition européenne du Roadster avec la modernité Cyber de l’électrique et des gadgets qui en jettent (à défaut d’être tous aboutis !), à commencer par ses portes magiques. J’en viens à en conclure une chose : quel dommage que la voiture soit chinoise et pas européenne ! Merci encore à SAIC d’avoir eu le cran de la faire (et merci à Xi pour les subventions…), puissent vos concurrents en prendre de la graine !







Photos : Le Nouvel Automobiliste