Ikeda, rattachée à la mégapole d’Osaka ne semble pas être la destination phare pour les touristes. Mais ce petit bourg industriel cache à une vingtaine de minutes de marche depuis la gare un petit joyau pour les amateurs de petites cylindrées.
Bienvenue à Daihatsu HuMobility World, un musée situé non loin de l’usine d’où sortent ces petites voitures.

A part la Copen et la Trevis, qu’est-ce donc que Daihatsu ?
A travers ce musée perdu dans la zone industrielle, les visiteurs accèdent gratuitement à l’histoire de la firme d’Osaka. A l’instar de Peugeot en France, Daihatsu est la plus vieille marque automobile japonaise encore existante. Son nom ancre d’ailleurs bien l’entreprise dans la baie, puisqu’il s’agit d’un acronyme composé d’une partie des kanji d’Osaka (‘Dai’), et de moteur (‘Hatsu’). L’usine de ‘moteurs d’Osaka a été fondée en 1907, et elle s’est d’abord spécialisée dans la conception de motorisation alliant efficience et économie. Ses premiers véhicules, au commencement des motos à trois roues, sont apparus en 1930.





Des champs agricoles aux quartiers commerçants, Daihatsu s’est alors montré et se montre encore aujourd’hui comme une des références sur le marché automobile en répondant aux préoccupations des Japonais. Elle propose pour cela une gamme d’automobiles aussi grandes qu’une Twingo, mais dotées d’une polyvalence supérieure ; l’idéal pour les rues étroites du pays.





Daihatsu, l’un des «Trois trésors sacrés» des familles japonaises
Lorsque les familles Etats-Uniennes rêvaient de posséder leur maison et leur réfrigérateur, les familles Japonaises rêvaient de télévision en couleur et de climatisation. Toutefois, ces deux civilisations aspiraient aussi au même objet : l’automobile. C’est dans ces jolies mises en situation en deux-dimensions que Daihatsu veut nous apprendre qu’elle s’est présentée comme l’actrice principale de cet «American Dream» à la Japonaise. Et c’est avec le mini utilitaire Midget que la firme a commencé à s’imposer dans les années cinquante dans l’univers automobile.




Mais ces tri-cycles étaient surtout plébiscités par les artisans. Sans compter que l’architecture à trois roues devenait obsolète dans les années soixante. Pour continuer à donner la mobilité au plus grand nombre, la solution était vite trouvée : répondre au cahier des charges de la catégorie fiscalement avantageuse des KeiJidosha en appliquant la même recette que ses Midget abordables à l’achat et à l’utilisation. Avec une quatrième roue, la Fellow est née en 1966, et a eu pour mission de convaincre non plus seulement les livreurs et leur utilitaires à trois roues, mais bien toute la population.



Des voitures pour toutes et pour tous, partout dans le monde, et respectueuses de l’environnement.
Si cette Fellow a réussi à démocratiser davantage l’automobile, il semblait pour Daihatsu qu’une partie de la population ne prenait pas encore complètement le volant. La Daihatsu Mira de 1980 s’est alors vue confier la mission d’inciter le plus de femmes possible à prendre le volant comme l’explique le décors entourant ce modèle rouge.

Précurseur, Daihatsu se présente aussi comme tel en matière de climat avec sa Charade présente en vert. Alors que le Clean Air Act a été voté aux Etats-Unis sur fond de crise pétrolière en 1973, Daihatsu a planché cette même décennie dans le développement de moteurs plus économiques et écologiques, dont le trois cylindres CB-10 présenté non loin de la Charade verte qui en a été équipé.



L’écologie a été par la suite la préoccupation principale de la marque qui a proposé divers modèles hybrides comme la Mira e:S ou la Rocky, voire même des électriques comme la DBC-1 dès 1970 et la Tentou-Kun en 1990.







Et pour faire briller son expertise dans le monde, Daihatsu a bien tenté une incursion en Europe avec les Copen et les Trevis, des citadines qui sont sans doute oubliées par une large majorité des automobilistes occidentaux aujourd’hui. Mais la marque séduit tout de même en Asie du Sud-Est, avec notamment l’Ayla.


Promouvoir un siècle d’histoire et une industrie encore massivement présente.
Après avoir gravi les quatre étages traversant les décennies de la marque, les visiteurs arrivent au cinquième étage présentant tout le processus de développement d’une Daihatsu ainsi que le fonctionnement de divers organes mécanique. On y trouve des jeux interactifs, une Tanto coupée en deux, un châssis dépourvu de carrosserie, et la dernière génération de Copen qui continue son petit bonhomme de chemin sur l’archipel, et dans laquelle on peut monter à bord. Grâce à cela la marque tente d’émerveiller petits et grands, et peut-être trouver ses futurs ingénieurs et ouvriers de demain.




Plus qu’un musée ventant son passé et sa présence notable sur le marché Asiatique, cette exposition sensibilise aussi les visiteurs de tous âges et de tous genres à l’industrie automobile et aux enjeux sociaux-économiques et écologiques.
Si Daihatsu a disparu sous nos latitudes, la marque n’en reste pas moins l’un des « Trésors sacrés », un trésor méconnu chez nous, mais bien authentique au Japon.
Envie de découvrir la marque Daihatsu lors de votre séjour à Osaka ?
Voici quelques informations utiles:
Daihatsu HuMobility World
Daihatsu Motor Co., Ltd. HuMobility World
1-1 Daihatsucho, ville d’Ikeda, préfecture d’Osaka, 563-0044
TÉL. 072-754-3048
Le site de Daihatsu HuMobility World
Texte et photos: Nicolas Pernel
