Skip to main content

45 ans que le Mercedes Classe G existe et même si ce baroudeur de l’extrême est passé de l’image de crapahuteur rustique à un objet élitiste, il s’en vend toujours autant. Et pour parfaire le tout, celui-ci passe même à l’électrique avec cette version G580. Du coup, nous voulions voir si ses aptitudes n’avaient pas changé et surtout savoir si cette version électrique se montrait aussi intéressante que les autres versions thermiques. Alors direction le Loiret pour découvrir ce mastodonte de plus de 3 tonnes.

Essai Mercedes G580 : un design intemporel

Clairement il est difficile de trouver un véhicule qui, du haut de ses 45 ans, n’a pas évolué sur le plan du design depuis son lancement. Et on va même pouvoir vous le dire, le Mercedes Classe G est le seul. Débutant sous le nom de Geländewagen et produit avec Magna Steyr en 1979, son nom évolue au cours des années 90 pour devenir simplement Classe G. Pour rappel, il s’agissait à la base d’un véhicule utilitaire et présenté en 1975.

Essai Mercedes G580

Puis, c’est en 2018 (près de 40 ans après son lancement) que le Mercedes Classe G s’améliore en profondeur tout en conservant cependant des dimensions proches de l’original, mais surtout tout en offrant les mêmes capacités de franchissement. La calandre avant s’adoucit, les feux sont retravaillés et l’arrière se montre moins carré avec des lignes plus en courbe. Bref, vous l’aurez compris, il évolue dans la continuité.

Par la suite en 2024, Mercedes scotche tout le monde en introduisant une version électrique dénommée G580. Et pour le différencier des autres versions, ce Mercedes électrique adopte une calandre spécifique (disponible en noir en option comme sur notre modèle d’essai), un capot avant légèrement surélevé, un becquet de toit et des prises d’air dans les passages de roue arrière.

Essai Mercedes G580 : une touche de modernité à l’intérieur mais une modularité plus rustique

Avant de parler de l’intérieur, il faut tout de même préciser que pour y accéder, il vous faudra escalader le marchepied sans quoi il vous sera impossible de vous insérer dans l’habitacle. Mais passé ce détail, vous découvrirez un intérieur très orienté vers le luxe avec une qualité d’assemblage vraiment poussée. Le cuir des sièges et de la planche de bord ainsi que les inserts décoratifs accentuent cette impression de grand luxe. Rien à voir avec les anciennes versions du Classe G il y a quelques années.

Niveau ergonomie, tout tombe plus ou moins sous la main avec cette touche Mercedes comme les réglages de sièges dans les contre-portes (un pli à prendre comme toujours). Quelques boutons physiques subsistent sur la console centrale mais on ne s’en plaindra pas comparé à certaines productions du tout tactile. Seul petit bémol mais déjà évoqué sur d’autres essais Mercedes, les boutons du volant sensibles au toucher.

Essai Mercedes G580

Côté assise, les passagers auront droit à des sièges plutôt confortables avec une multitude de fonctions (électriques, chauffant et ventilés). Seuls les passagers arrière seront un peu moins choyés qu’à l’avant car le dossier se montre un peu trop droit et avec un espace plus réduit. Difficile de mettre trois personnes sur la banquette. Cependant, la garde au toit étant impressionnante (près de 2 mètres en hauteur pour ce Mercedes G580), les grandes personnes ne seront pas embêtées sur ce point.

Pour le coffre, c’est un peu moins bien car, du fait de la présence du système électrique, il perd 85 litres face aux thermiques pour ne proposer plus que 555 litres. Ce qui reste tout de même bien mais au vu des dimensions du Mercedes G580, c’est un peu dommage. A noter malgré tout que les câbles de recharge se rangent dans le compartiment extérieur en lieu et place de la roue. Très pratique lorsque les courses sont chargées. Cependant, si vous prenez l’option roue de secours… ceux-ci atterriront dans le coffre…

Essai Mercedes G580 : complétement déluré niveau sensations et technologie

Sur ce Mercedes G580, tout n’est que profusion de technologies. Tout d’abord, côté moteur électrique, ce n’est d’ailleurs pas un ni même deux mais … quatre moteurs électriques de 108 kW disposés à chaque roue. Grâce à cela, la puissance s’élève à 432 kW (soit 587 chevaux pour le commun des mortels) pour une couple de 1 164 Nm. Oui oui vous lisez bien, un vrai couple de camion. Même si la puissance ne paraît pas impressionnante (d’autres voitures plus modestes profitent de plus de puissance maintenant), on ressent de vraies bonnes sensations au volant de ce Mercedes G580. La puissance est instantanée et on a l’impression d’avoir toujours des chevaux sous le capot même lors de fortes accélérations.

Essai Mercedes G580

Et la seconde surprise colossale c’est la batterie de ce Mercedes G580 avec une capacité nette de 116 kWh, soit l’une des plus grosses sur le marché. A noter pour les férus d’électricité, que ce ne sont pas moins de 216 cellules NMC811 (fournies par CATL) qui sont entassées dans un coffre résistant à la torsion. Et à noter que le dit caisson est protégé par une plaque inférieure de 26 mm d’épaisseur réalisée en alliage et en fibre de carbone. De quoi protéger le soubassement de ce monstre tout-terrain.

Essai Mercedes G580

Et les consommations dans tout cela ? Et bien c’est sûrement là que le bât blesse et on pouvait s’y attendre. Avec un poids de 3 085 kg à vide sur la balance et une aérodynamique d’armoire comtoise, il nous a été difficile de descendre sous les 30kWh aux 100 km, et cela même en ville. Et c’est encore pire sur autoroute avec une moyenne vers les 45kWh aux 100 km. Ce qui équivaut à disposer d’environ 400 km en conduite mixte et d’à peine 200 km sur autoroute.

Cependant, même si son architecture est en 400V (là où les dernières CLA ou GLB sont passées au 800V), sa puissance de charge ne se montre pas si ridicule que cela. Avec un 10 à 80% en 32 minutes annoncé par le constructeur, nous avons relevé un 30 à 80% sur borne Ionity en 25 minutes. Ce qui reste plutôt honorable face à l’annonce.

Essai Mercedes G580 : ca tourne tout seul ?

Globalement, sur route, ce Mercedes G580 est épatant en termes de liaison au sol. Il conserve un niveau de confort très correct avec une direction plutôt bien précise malgré le gabarit impressionnant de ce mastodonte. Les nids-de-poule ou coussins berlinois ne sont qu’une simple formalité pour lui. On peut lui souligner un très léger roulis dans des virages serrés mais en partie dû au poids du pachyderme. Mais rien de grave car l’électronique est là pour redresser la barre. Bref, un vrai tapis roulant sur quatre roues.

Essai Mercedes G580

Mais ce qui fait la particularité de ce Mercedes G580, ce sont ses fonctions « G-Turn » et « G-Steer » rendues possible grâce à l’architecture à quatre moteurs. Pour la première, en effectuant une série de manipulations, vous pourrez faire tourner à 720 degrés votre Mercedes G580 sur lui-même. Vers la gauche ou vers la droite (fonction des palettes au volant), vous transformerez ce SUV de l’extrême en véritable toupie. Pratique pour se sortir de situations difficiles en tout-terrain ou pour simplement amuser la galerie.

Essai Mercedes G580

Pour la seconde fonction et qui semble plus utile que la précédente, elle vous permettra de bloquer l’une des roues arrière afin de faire pivoter le Mercedes G580 dans des endroits réduits. Comme le précise la marque aux étoiles, ces deux fonctions sont plutôt à privilégier sur des surfaces meubles (type terre, boue, neige) pour ne pas fumer les pneus de votre Mercedes G580 et en payer le prix.

Essai Mercedes G580 : sans réel concurrent

Difficile de lui trouver un adversaire direct à ce Mercedes G580 étant donné son côté très élitiste et complétement décalé de la production (même en version thermique d’ailleurs). En interne Mercedes, on pourrait le confronter à un EQS SUV mais les aptitudes tout-terrain de ce dernier sont quasiment inexistantes face au baroudeur de l’extrême. Cependant, son prix moins élevé (débutant à 150 000 euros) et son habitabilité meilleure vont fera peut-être réfléchir.

Essai Mercedes G580

SI on reste dans un monde sélectif, on pourrait aussi lui accoler un Lotus Eletre. En effet, avec son style très personnel, ce SUV électrique se montre un peu décalé du marché mais ses aptitudes tout-terrain ne semblent pas certes être un vrai guerrier des sentiers battus. Du coup, le seul qui pourrait peut-être le défier, c’est le prochain Rolls-Royce Cullinan qui devrait être proposé en version électrique mais pas avant 2027. Sans compter sur sa tenue luxueuse qui pourrait faire rire ce Mercedes G580.

Essai Mercedes G580 : un cas à part… pas totalement

Sincèrement, cette motorisation 100% électrique va plutôt bien au Mercedes Classe G. La démarche du constructeur allemand peut amener à des critiques mais grâce à cela, vous pourrez vous balader en ville dans des zones à faible émission sans être affiché de pollueur. De plus, grâce à son architecture à 4 moteurs, il conserve son appétence au tout-terrain en offrant même de nouvelles fonctionnalités. Sans parler de son design toujours si attachant et qui fera tourner les têtes, là où vous passez.

Essai Mercedes G580

Cependant, c’est surtout ses consommations gargantuesques et son poids de rugbyman qui lui font défaut. Et puis le prix aussi car avec tous les packs ou options de notre modèle d’essai, il faudra tabler sur un tarif de 186 000 euros. Et oui les choses géniales ont un prix… et ce Mercedes le démontre.

Crédits photos : Christian CONDÉ