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La CLA nouvelle génération marque un tournant chez Mercedes. Cette fois, la compacte coupé arrive directement en version électrique, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les versions thermiques et hybrides suivront plus tard, tout comme un Shooting Brake déjà confirmé. Mais la figure centrale du lancement, c’est bien cette CLA 250+, première interprétation 100 % électrique du modèle, pensée pour faire face aux références du marché que sont les Tesla Model 3 et BMW i4, avec le confort et la technologie Mercedes comme signature.

La CLA 250+ développe 277 chevaux, propulse ses roues arrière via une batterie de 85 kWh et démarre à 52 900 euros. La voiture que nous avons essayé grimpe à près de 62 000 euros avec un pack AMG Line autour de 5 300 euros et un pack Premium proche des 4 000 euros intégrant affichage tête haute, keyless go, services connectés et climatisation automatique. La version 350 bimoteur de 354 chevaux arrivera un peu plus tard pour ceux qui souhaitent davantage de puissance et quatre roues motrices. Le positionnement tarifaire est clair : premium assumé.

Design extérieur : moins conceptuel, plus mature

Le concept annonçait une berline profilée et sensuelle. En série, la CLA devient plus sage, plus classique, mais toujours élégante. Le dessin est fluide, assez épuré, sans outrance stylistique. Le regard est soigné, avec une signature lumineuse parsemée de petites étoiles qui rappelle immédiatement la marque. La silhouette reste agréable, avec une poupe bien plantée et une identité discrète mais chic. Rien de tapageur, mais une cohérence qui fait mouche. La CLA 250+ ne cherche pas à impressionner, elle cherche à séduire dans la durée.

Intérieur : plus qualitatif, toujours Mercedes

À bord, l’ambiance est typiquement Mercedes. Finitions en progrès, matériaux valorisants, touches chromées, configuration lumineuse agréable. Ça respire la rigueur et la qualité perçue. Quelques plastiques durs subsistent, mais globalement l’ensemble étonne par sa maturité. L’habitabilité arrière permet d’accueillir deux adultes sans effort. L’absence de tunnel central permet même, ponctuellement, de voyager à trois. Jusqu’à 1m80, on tient sous le pavillon même avec le grand toit vitré. Ce n’est pas une limousine mais une vraie quatre places.

Le coffre offre 405 litres, complétés par un frunk très pratique de 100 litres. De quoi loger les câbles sans encombrer, voire plus. Banquette rabattue, un vélo rentre sans difficulté. L’ensemble se montre donc plus polyvalent qu’attendu pour ce format.

Tableau de bord et interface : du numérique, mais bien pensé

Face à soi, un combiné 10,4 pouces pour l’instrumentation et un grand écran central vertical de 14 pouces. Beaucoup d’informations disponibles immédiatement, dont le pourcentage de batterie, la régénération et les modes de conduite. On navigue dans les menus sans chercher, sans se perdre. Le système répond vite, l’affichage tête haute complète parfaitement les infos essentielles. Les touches tactiles du volant, dont j’étais méfiant, fonctionnent ici très bien. Elles donnent même un ressenti plus qualitatif que de simples boutons mécaniques basiques.

On peut couper les alertes sonores, y compris la vitesse, d’un seul appui sur un un « bouton » de l’écran central. Désactiver l’aide au maintien de voie ou l’alerte fatigue se fait aussi rapidement. Un vrai soulagement, tant nombre de constructeurs imposent aujourd’hui des alertes insistantes voire oppressantes. Petit bémol surprenant : pas de commande directe de changement de piste audio sur le volant, il faut repasser par l’écran. Rien de rédhibitoire, mais notable.

Conduite : un confort bluffant et une efficience remarquable

Sur route, la CLA impressionne tant elle sait gérer les compromis. Plus de deux tonnes sur la balance, un chassis bien « tenu » un confort digne de berlines supérieures. Pas de suspension pneumatique ici et pourtant un filtrage remarquable. On retrouve le toucher Mercedes : doux, progressif, jamais sec. La Tesla Model 3 paraît plus rigide en comparaison.

À vitesse stabilisée, le silence est frappant. Le Cx très performant de 0,21 n’est pas au détriment des bruits d’air (c’est souvent le cas) , et la boîte deux rapports permet d’exploiter efficacement la puissance à haute vitesse. Le résultat se voit immédiatement à la consommation. Sans conduite éco, sur un parcours mixte, j’ai observé autour de 14 kWh. Sur autoroute à 130 km/h de moyenne (donc, avec une vitesse réelle plus élevée), l’ordinateur affichait 18,9 kWh. Cela permet entre 300 et 400 km réels sur le 20_80% de batterie selon usage. Pour une voiture aussi lourde, c’est impressionnant. Très impressionnant même.

La gestion du freinage by-wire, intégrant régénération et frein mécanique dans un seul circuit électronique, supprime les transitions perceptibles entre les deux. Le système combine freinage régénératif et freinage hydraulique/électro-hydraulique. La pédale est naturelle, sans changement de consistance. En ville comme sur route, la CLA se révèle douce, sereine, très agréable dans la vie quotidienne.

Recharge : rapide quand les planètes sont alignées

En théorie, avec sa plateforme 800V, la CLA 250+ annonce une recharge avec 320 kW en pointe. En pratique, sans préconditionnement, la voiture a plafonné à 250 kW. La courbe est stable et permet une session rapide d’une vingtaine de minutes. Mais le préconditionnement n’est possible que si l’on programme une borne via la navigation intégrée. Impossible de le déclencher manuellement pour l’instant. Mercedes promet une mise à jour future.

Autre point important : aujourd’hui, la CLA ne charge pas en DC 400V faute de convertisseur. Certaines bornes en particulier Tesla restent donc inaccessibles. Un module optionnel arrivera plus tard pour offrir cette possibilité de recharge. En AC, on retrouve du 11 kW de série avec un 22 kW en option.

Tarifs et concurrence : plus chère qu’une Model 3, mais plus d’émotion

La CLA demande un effort financier supérieur à une Tesla Model 3, entre 5 et 10 000 euros en équivalent d’équipement, parfois davantage. Mais elle donne en retour une qualité perçue plus chaleureuse, un confort remarquable, une présentation raffinée et une ambiance intérieure premium. Là où Tesla mise sur l’efficacité brute et la techno épurée, Mercedes propose une voiture attachante, valorisante, agréable à vivre. Face à une BMW i4, la CLA paraît plus compacte mais plus moderne dans sa philosophie. Deux interprétations différentes du premium électrique.

Conclusion

Cette nouvelle Mercedes CLA électrique est une vraie réussite. Pas révolutionnaire visuellement mais très bien pensée, très agréable à vivre, étonnamment efficiente et terriblement confortable. Elle voyage vite, loin, sereinement. Quelques limites existent, notamment en recharge et en tarification, mais la base est solide et les mises à jour promises la renforceront encore. Pour ceux qui roulent beaucoup, qui veulent une électrique douce, valorisante, premium, la CLA mérite largement un essai. C’est l’une des propositions les plus cohérentes du moment dans sa catégorie.

Les plus et les moins

Les plus

Le confort impressionnant,

l’efficience remarquable

Ambiance premium

Les Moins

Tarif élevé face à Tesla

Préconditionnement perfectible

Absence temporaire de recharge DC 400V

François Bouet

Si vous êtes fan de données techniques pointues, n’hésitez pas à consulter l’excellent essai de mon confrère Soufyane Benhammouda.