Le Volvo EX30 c’est un peu la poule aux œufs d’or pour la marque suédoise. Car en 2024, il s’est hissé parmi le TOP5 des véhicules électriques les plus vendus en Europe. Après avoir essayé la version 2 roues motrices avec sa grosse batterie de 69 kWh, nous voulions voir ce que la version bi moteur avait de plus à offrir. Et pour plus de nouveauté, nous avons opté pour la récente déclinaison Cross Country, bien connue par les aficionados de la marque. Ce Volvo EX30 nous donnera-t-il la banane avec ses 315 kW de puissance ? Quels sont les plus de cette version Cross Country ? Réponse dans notre article qui a permis de découvrir les performances de ce Volvo EX30 au look de baroudeuse.
Essai Volvo EX30 Cross Country : : un style dans l’air du temps
L’appellation Cross Country, cela dure depuis des années. Plus de 25 ans même puisque le premier véhicule à l’avoir adopté est la Volvo V70 en 1997 (un temps appelée XC70). Pour faire simple, le but de cette déclinaison est de rendre le look plus baroudeur en surélevant la garde au sol et en y ajoutant des protections plastiques sur le pourtour de la voiture. Le ramage et le plumage vont de pair, avec une transmission à 4 roues motrices. Et le Volvo EX30 Cross Country adopte donc toutes ces caractéristiques.

Commençons tout d’abord par les boucliers (avant et arrière) qui sont spécifiques sur cette version Cross Country avec un traitement de plastique brut. D’ailleurs, la face avant est pourvue d’un dessin cartographique indiquant les coordonnées GPS du mont Kebnekaise situé en Laponie. Petite touche personnelle d’un des designers.



Pour le reste, on retrouve des protections d’arches de roues en plastique brut, une inscription Cross Country sur le montant arrière et sur le hayon arrière et des jantes de 19 pouces spécifiques. A noter également qu’au passage, cette version baroudeuse gagne 19mm de garde au sol et culmine ainsi à 19 cm, permettant de pouvoir crapahuter hors des sentiers battus. Au Nouvel Automobiliste, on lui trouve une certaine sympathie face peut-être à une version de base un peu trop fade. Mais bien sûr tout est affaire de goût… Et de prix, car il faut rajouter 2 100 euros à la version Ultra bi moteur, ce qui emmène cette version Cross Country à 55 900 euros.
Essai Volvo EX30 Cross Country : un intérieur à la mode Tesla ?
Comme l’avait souligné Eric lors de son essai de la version propulsion, l’intérieur reste très épuré de la même manière que Tesla notamment. Et sur cette version crossover, rien ne change. On retrouve ainsi l’écran central vertical qui regroupe toutes les fonctions à la fois pour le conducteur mais aussi d’info-divertissements comme le système de navigation, la radio ou encore les commandes de climatisation. Cela peut paraître intéressant sur le papier mais au final il faut par exemple passer par l’écran central pour ouvrir la boîte à gants ou encore régler simplement les rétroviseurs extérieurs. Typiquement à la mode Tesla… et ce n’est pas la meilleure en terme d’ergonomie non plus.

Côté éléments décoratifs, c’est à souligner mais une grande partie est faite à partir de plastique recyclé (30%, annonce la marque suédoise). Sur le principe, c’est un très bon point à l’heure où l’on demande aux constructeurs de favoriser ce type d’initiatives, mais visuellement, cela ne fait pas très premium. Et même au toucher, le bandeau traversant du tableau de bord (au look de toile marine) fait un peu cheap. L’appréciation est au goût de chacun mais à ce tarif, on aurait aimé un peu plus de classe.


Par contre, on peut noter l’assemblage global tout à fait honorable. C’est le moins que l’on pouvait espérer. Et surtout, aucun bruit de mobilier ne vient perturber la vie à bord lorsque l’on roule.


Autre petit bémol que nous voulions souligner, l’ergonomie au niveau des lève-vitres. Tout d’abord, ceux-ci se situent au niveau de la console centrale, ce qui n’est malheureusement pas intuitif. Et depuis l’avant, pour activer les lève-vitres arrières, il faut appuyer sur un bouton REAR pour sélectionner celles-ci. Comme sur les modèles électriques de Volkswagen, qui est d’ailleurs revenu en arrière sur ses dernières productions. On espère que Volvo prendra le même tournant car c’est très vite énervant.
Essai Volvo EX30 Cross Country : juste pour un SUV urbain
Les sièges avant se montrent tout à fait confortables, avec une bonne assise et un bon maintien latéral. De plus, il est facile pour les passagers avant de trouver une bonne position de conduite avec des réglages électriques au millimètre près. A noter que notre modèle d’essai était équipé de la sellerie en tissu Pin Scandinave de couleur verte, qui égaye l’intérieur.


Mais c’est à l’arrière que le bât blesse… en effet, si vous avez de grandes jambes, il vous faudra vous contorsionner pour les installer, du fait d’une distance réduite avec le dossier des sièges avants. Côté largeur et hauteur sous plafond, c’est un peu mieux mais ne vous attendez à du grand espace. Tout ceci est dû en partie avec l’empattement réduit, de seulement 2,65 mètres.


Pour le coffre, l’espace est là encore réduit, avec 318 litres dédiés à vos bagages. Très léger pour un voyage à 4 (voire 5) personnes. Et même si un frunk (coffre avant) existe, celui-ci n’est que de 7 litres, à peine de quoi y installer le câble de recharge domestique. On se console avec un easter egg, sous le couvercle, vous découvrirez un dessin de la voiture mais surtout un animal typiquement suédois : un élan.
Essai Volvo EX30 Cross Country : ça envoie des watts
Niveau motorisation, cette finition Cross Country reprend tout simplement celle de la version haut de gamme, à savoir le bi moteur. Avec un moteur à aimants permanents sur chaque essieu, elle affiche une puissance de 315 kW (soit 428 chevaux) et un couple de 543 Nm. Grâce à cela,l’EX30 est propulsé de 0 à 100 km/h en 3,6 secondes. Clairement, cela envoie des watts surtout en mode Performance (où vous serez totalement collé au fond du siège). Cependant, il est possible de limiter la réactivité de l’accélération suivant trois modes : Autonomie, Normal et Performance.

Ce Volvo EX30 Cross Country n’est disponible qu’avec la grosse batterie de 69 kWh bruts (en chimie NMC) – La petite batterie de 51 kWh bruts en chimie LFP est disponible sur les autres versions de la gamme EX30. Mais côté autonomie, elle perd plus de 20 kms face à la version de base avec la grosse batterie et ne revendique plus que 436 kms (comparé aux 460 kms annoncés sans cette version Cross Country). Cela peut paraître peu en terme de perte mais en électrique, maison connaît l’importance de cette donnée pour les potentiels acheteurs d’un véhicule électrique.

Pour la partie recharge, ce Volvo EX30 adopte un convertisseur AC de 22 kW lui permettant de faire le plein d’électricité en 4 heures (0 à 100%) et sur borne rapide, il accepte une puissance de recharge DC de 155 kW, ce qui donne lieu à un 10 à 80% en 26,5 minutes. Cela reste correct mais des concurrents font mieux depuis. A noter que ceci est dû en partie à l’architecture 400 volts de notre Volvo EX30 là où ces adversaires commencent à installer du 800 volts un peu partout.
Essai Volvo EX30 Cross Country : un châssis typé plutôt confort
Ayant été réhaussé de 19mm, le Volvo EX30 Cross Country se montre beaucoup plus typé confort que les autres versions. Ce n’est pas plus mal mais, en entrée de virage, on a la sensation que le roulis se révèle un peu plus important. Et avec 315kW, il vous faudra vous montrer raisonnable pour ne pas perdre le train avant sur des virages appuyés. Cet effet est accentué notamment par le poids de l’engin avec ses presque 2 tonnes sur la balance (1 960 kg pour être plus précis). Mais pas d’inquiétude, l’électronique est là pour vous sortir de toute situation.


La direction qui nous a semblée assez légère. Tandis qu’il est possible de régler la dureté de la direction suivant 3 modes (Faible, Moyenne et Élevée), la différence était peu perceptible en termes de toucher de route. En revanche, ce Volvo EX30 s’est montré performant, notamment avec le mode One Pedal. Suivant trois modes disponibles (Sans, Faible et Élevé), il est possible de ressentir une vraie différence entre chaque mode de freinage.

Autre point à noter, l’acoustique. Bien que sous 110 km/h, tout est bien filtré, dès que l’on dépasse cette vitesse, on note un sifflement un peu désagréable au niveau des rétroviseurs extérieurs. Un peu dommage pour un véhicule plutôt premium où on aurait voulu qu’aucun bruit ne vienne entacher l’aspect zen de ce Volvo EX30.

Enfin, la capacité à cette version Cross Country à évoluer en dehors des chemins battus s’avère assez limitée. Les angles d’attaque et de fuite ont été certes améliorés mais ne vous attendez pas à un véritable tout-terrain, son véritable terrain de jeu sera surtout les trottoirs de nos rues.
Essai Volvo EX30 Cross Country : un seul concurrent ? Pas sûr à 100%
Le véritable concurrent du Volvo EX30 Cross Countru est sans conteste son frère jumeau basé sur la même plate-forme, à savoir le Smart #1 en version Brabus. Testé par Eddy il y a quelques temps, il présente les mêmes problématiques que ce Volvo EX30 Cross Country. Basé sur la même plate-forme de Geely, il offre une puissance tout aussi impressionnante mais en faut-il autant pour se faire plaisir ? De plus, Smart ne propose pas de version « off road » sur son #1 malgré un tarif toujours aussi élitiste (comptez plus de 50 000€ pour laversion Brabus).


Si vous rechercher un véhicule au look baroudeur avec une transmission à 4 roues motrices, le Suzuki eVitara pourra représenter une alternative crédible. En effet, ce futur SUV sera disponible en 2 et 4 roues motrices et en connaissant la capacité de la marque japonaise à proposer des véhicules tout chemin, la polyvalence devrait être au rendez-vous. Sa longueur est quasiment identique pour un look tout aussi off road, et il s’affiche surtout à des prix bien plus accessibles, pour qui est prêt à renoncer à l’univers premium. Comptez environ 39 000€ en version 4 roues motrices.
Essai Volvo EX30 Cross Country : il n’y a pas que le look qui séduit
Alors certes, si vous cherchez un look tout-terrain avec des performances de sportive, ce Volvo EX30 Cross Country est clairement fait pour vous. Puissant à souhait, il vous donnera la banane à chaque coup d’accélérateur. Cependant, avec ses suspensions surélevées, il perd en dynamisme et surtout n’a pas les capacités de franchissement d’un vrai off road. Nous vous conseillons clairement une version propulsion avec grosse batterie, largement satisfaisant pour le commun des mortels.

Crédits photos : Christian CONDÉ























































































