Le Nouvel Automobiliste

Essai Hyundai i30 Fastback 1.4 T-GDI 140 DCT-7 : fast, not furious

Cela fait 28 ans que la marque Hyundai est présente sur le marché français. De la voiture accessible au slogan enfantin « daï Hyundaï », la marque s’est peu à peu transformée. Les véhicules ont gagné en maturité, la gamme s’est élargie et le constructeur ose certaines déclinaisons. Le Hyundai Kona égaie la gamme actuelle, après la tentative du coupé Veloster qui n’a pas connu de suite sur le marché Français. Mais aujourd’hui, nous allons essayer un dérivé plus discret, la Hyundai i30 Fastback, un coupé 5 portes au nom évocateur pour les fans de Ford Mustang. Nous avons pris en main la Hyundai i30 Fastback associée au moteur 1.4 T-GDI 140 et à la boite DCT-7, et voici ce que nous en pensons.

Une Hyundai i30 Fastback, caisse qu’essai ?

En Europe, la Hyundai i30 a pris la relève de la Hyundai Elantra, qui poursuit sa carrière ailleurs dans le monde. L’Elantra était le fer de lance de la gamme, et il a fallu attendre la troisième génération en l’an 2000 pour voir apparaître une version 5 portes, au profil liftback (arrière fuyant ou remonté). Ce profil était populaire chez la japonaise des années 1980 jusqu’au début des années 2000. En 2007, Hyundai change de stratégie et propose la Hyundai i30, au profil Hatchback (arrière vertical), plus adapté à la catégorie compacte européenne, façon Volkswagen Golf. Mais les modes changent et voilà qu’apparaissent même des coupés avec des portes arrière…

2016, la troisième génération de la Hyundai i30 est présentée au Mondial de Paris pour une commercialisation en 2017. Et c’est un an plus tard que réapparait un profil liftback. C’est pas bô comme nom, hein ? Histoire de la rendre plus désirable, son petit nom sera Fastback. Terme longtemps utilisé aussi bien chez les américains que les japonais pour désigner un coupé à l’arrière fuyant : une belle référence qui sied bien à sa ligne, n’est-ce pas ?

La Hyundai i30 Fastback, en chiffres

Finalement, c’est la même recette que pour les Volkswagen Arteon ou Mercedes-Benz CLS, appliquée au monde des compactes. Pas si compacte que ça d’ailleurs, car avec 4,455 m, elle figure dans ce qui fut un temps le standard de la gamme supérieure. Par rapport à la version classique, ce sont +12,5 cm pour un coffre avoisinant les 450 dm3 (+55 dm3). Accessible par un hayon, le seuil est un peu élevé et il manque un peu de hauteur sous tablette. Mais sa surface au plancher est généreuse, et la double hauteur de rangement est très bien pensée avec des petits coffres permettant le rangement de petits objets (du triangle de sécurité au sac cabas pour faire ses courses).

La garde au sol de la Hyundai I30 Fastback perd 5 mm par rapport à la version hatchback, et la hauteur hors tout, 28 mm. Un peu plus basse, un peu plus élancée, avec une ligne agréable au faux-airs de Mercedes-Benz C-Coupé pour l’arrière, elle semble mériter son nom. L’habitabilité, de plus, ne perd pas nécessairement au change. Notre modèle, équipé d’un toit ouvrant, ne nous a pas aplati la chevelure. Et l’habitabilité arrière est satisfaisante : pas de quoi déranger la plupart des gabarits européens. 

Beauté discrète

Si la ligne de la Hyundai i30 Fastback gagne en fantaisie, l’intérieur est repris tel quel et reste désespérément noir. Du cuir des sièges aux matériaux de la planche de bord, tout ceci est un peu tristounet. Enfin il y a quand même une ou deux exceptions, 2 des 4 branches du volant sont en plastique imitation aluminium et une encoche laquée noire vient marquer une verticalité au bas du volant. Rien de révolutionnaire mais agréable à regarder. Le pédalier ainsi que le repose-pied sont en aluminium comme sur une voiture sportive. Le levier de vitesses ressemble quant à lui à un levier de boîte manuelle. 

La qualité des matériaux est de bon niveau et les assemblages ne présentent aucun défaut. L’ergonomie nous a rappelé l’agencement propre aux Ford, avec un écran central qui tombe bien sous la main. La lisibilité des compteurs est bonne avec un écran central digital. C’est par lui que vous contrôlerez l’ordinateur de bord avec beaucoup de réglages. Comme le choix du nombre de clignotements des clignotants par impulsion (de 3 à 7) !

Autre point appréciable, la quantité de rangements. En plus de la boîte à gants, la console centrale propose un rangement fermé pour téléphone avec recharge à induction, une fente pour y glisser son portefeuille ou son téléphone, les porte-gobelets habituels avec volet occultant et un rangement sous l’accoudoir. Les contre-portes sont prévues pour accueillir documents ou bouteille. Les passagers arrière ne sont pas en reste, avec une petite attention : un crochet sur le montant B intérieur pour suspendre sac ou veste. Si vos passagers sont deux, ils pourront se partager l’accoudoir central. Détail peut-être, mais élément de confort certain au quotidien : les 4 lève-vitre sont impulsionnels. 

Prenons le volant !

Une fois assis à son volant, la conducteur de la Hyundai i30 Fastback trouvera rapidement une position de conduite adaptée, grâce aux réglages électriques du siège. Le volant tombe bien en main, tout comme le levier de vitesses. La boîte à double-embrayage limite cependant son usage. Le moteur de la Hyundai i30 Fastback propose 140 ch avec un couple de 242 Nm à 1500 tr/min. Une puissance confortable, qui doit malgré tout déplacer 1 362 kg.

Nous n’avons jamais été en manque de puissance. La Hyundai i30 Fastback équipée de ce moteur est une force tranquille. Qu’il ne faut pas trop brusquer, car le train avant peut être un peu débordé lors d’une accélération un peu franche au démarrage. D’autant plus si le sol est un peu détrempé. Le freinage n’a en revanche jamais montré de faiblesse, que ce soit en intensité ou en tenue de cap. L’ordinateur de bord vous laisse le choix entre plusieurs modes, et le mode Sport a eu notre préférence sur cet essai. Il n’est pas trop violent et rend la boîte un peu plus réactive.

Douce Fastback

Le confort de suspension est bon, jamais trop souple ni trop dur. Le maintien des sièges est satisfaisant et ils ne se montrent pas trop fermes. Nous n’en parlons pas souvent, mais le lave pare-brise est très efficace. Tellement efficace que la lunette du hayon reçoit aussi sa dose de nettoyant ! Il n’y a malheureusement pas d’essuie-glace pour l’évacuer… La ligne est passée en priorité sur le côté pratique. Mais la forme en bec de canard du hayon permet de ne pas trop faire remonter la poussière de la route. L’absence d’essuie glace accentue le point faible de la Hyundai i30 Fastback : la visibilité arrière. Heureusement, la caméra de recul prend le relais pour les manœuvres.

Hyundai ne communique pas encore sur les normes WLTP de la Hyundai i30 Fastback. Annoncée en cycle mixte à 5,7 l/100 km, l’ordinateur affichait au terme du trajet 7,0 l /100 km. Au moment de faire le plein, nous avons plutôt constaté une moyenne proche de 8,0 l /100km. Le réservoir de 50 litres vous permettra de parcourir un peu plus de 600 km avant de devoir passer à la pompe. Avec 123 g de CO2, la Hyundai i30 Sportback sera taxée à hauteur de 330 €. A confirmer après le 1er mars.

Fastback ou grand tourisme ?

Notre Hyundai i30 Fastback était en finition Executive. Si vous souhaitez un peu plus de sport, vous pourrez vous orienter vers la finition N Line qui est au passage plus accessible. En effet, la finition Executive est très bien équipée et correspond à notre goût plus à l’esprit GT du modèle. Les sièges sont par exemple en cuir, chauffants et ventilés. Le toit ouvrant est de série, et les équipements de sécurité sont nombreux (assistance active du maintien de voie, freinage d’urgence, lecture des panneaux). Ces équipements devraient encore s’élargir avec un restylage prévue au salon de Genève de cette année 2020.

Cette finition est proposée à partir de 33 000 €. La couleur « Stellar Blue » s’échange contre 630 €. Et ce sera la seule option disponible ! Il faudra passer par les accessoires pour personnaliser un peu plus la Hyundai i30 Fastback. Entre les classiques tapis de sol et l’ambiance LED (bleu ou blanc), ils ne transformeront pas non plus votre modèle. Il n’y a pas d’autres choix de jantes. Sans être très original, le modèle 18 pouces 5 doubles branches diamantées gris lui confère une certaine prestance.

Pro Fastback

Difficile de lui trouver une concurrente : les coupés 5 portes ne sont pas légion sur le segment des compactes. Sa cousine Kia ProCeed est devenue break de chasse, et avoisine les 4,60 m. Nous l’avions essayée en version GT 1.6 essence T-GDi 204 ch ISG DCT7 proposée à 35 090 €. Équipée du même moteur et de la même boîte, avec le bleu « fusion » optionnel, la Kia ProCeed GT Line Premium est proposée à 33 520 €. L’écart est faible et tout se jouera alors sur la ligne. Ou aux options, la Kia ProCeed proposant en effet le régulateur avec fonction embouteillage ou la détection des piétons dans un pack à 800 €.

La Hyundai i30 Fastback, la bonne surprise ?

Au terme de cet essai, que retenir de la Hyundai i30 Fastback ? Pour commencer, qu’elle a très peu de défauts, la visibilité arrière constituant peut-être le plus rédhibitoire. La hauteur du seuil de coffre vous gênera aussi de temps en temps. Et si vous avez le pied lourd, l’adhérence peut être perturbante. Côté positif, la Hyundai i30 Fastback est très homogène, très bien équipée et offre une ligne classique mais particulière dans le paysage actuelle. Nous aurions aimé un intérieur un peu plus gai, mais comme il présente bien, ce sera vite oublié.

Toutefois, il lui manque peut être un peu de passion encore pour sauter le pas de l’achat. Car au fur et à mesure de l’essai, nous nous sommes attachés au modèle, sans gros défaut et qui permet de se démarquer discrètement dans le paysage automobile français. Finalement, une voiture familiale au look de coupé, c’est pas mal comme programme ! Peut-être faut-il patienter jusqu’au prochain salon de Genève pour découvrir si le restyling de la Hyundai i30 lui permettra d’attirer encore plus les regards sur elle ?

Article : Guillaume AGEZ
Crédit Photographies : Guillaume AGEZ