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Essai Renault Talisman 2.0 Blue dCi 190 EDC Initiale Paris

Essai Renault Talisman 2.0 Blue dCi 190 EDC Initiale Paris : toutes les bonnes choses ont une fin

Dernier essai Renault Talisman : la grande berline Renault n’est plus, nous avons cependant souhaiter vérifier si elle était toujours d’actualité.

La Renault Talisman n’est plus. L’usine Georges Besse (Douai) fait sa Renaulution, et les actuelles productions vont laisser peu à peu la place à la Renault Mégane E-Tech Electric essayée il y a quelques semaines. La Renault Talisman n’est pas la seule à être sacrifiée. La production du Renault Scénic a aussi été stoppée, d’abord en version courte, puis enfin le Renault Espace qui partira le dernier, qui est pourtant le plus vieux de tous ! Un peu nostalgique, notre essayeur et ancien propriétaire d’une Renault Talisman a voulu essayer la dernière version.

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Essai Renault Talisman, remontons le temps

Née en en 2015, la Renault Talisman a pris le relais de 3 générations de Renault Laguna. Ne nous leurrons pas, le Renault Talisman n’existerait pas s’il n’y avait pas eu la Samsung SM6, clone sud-coréen seulement disponible en berline 4 portes. Si celle-ci continue sa carrière en Corée du Sud, depuis l’usine de Busan, les derniers trains sont plutôt en route pour Douai. L’usine a en effet arrêté la production de la Renault Talisman, berline ou Estate fin février. Étonnamment, ce sont exclusivement les moteurs diesel qui ont alimenté les chaînes de production de ses deux derniers mois de fabrication.

En plus de la carrosserie berline ou break, seuls deux choix étaient laissés au client : soit la finition Intens associé au Blue dCi 160 EDC (360 Nm), soit la finition Initiale Paris associée au Blue dCi 190 EDC. C’est cette version dont nous vous proposons l’essai. En dehors du logo, ce moteur est probablement la seule chose reprise de la Renault Laguna. Le M9R est apparu sous le capot de cette dernière en 2005 !

Ce moteur à chaîne, un temps réservé aux utilitaires de la marque, est revenu sous le capot de la Renault Talisman en janvier 2019, lors de la mise à place de l’homologation WLTP. Il était alors disponible en 160 et 200 ch, mais il a perdu 10 ch en 2021. Le couple de la version plus puissante n’a pas évolué à 400 Nm entre 1 750 et 3 000 tr/min. Détail important, il a gardé dans ses gênes le bruit typique du diesel, très présent au démarrage. Heureusement, il se fait plus discret en conduite.

Berline en voie d’évolution

Outre son moteur du monde « d’avant », la Renault Talisman est aussi l’une des dernières représentantes des grandes berlines françaises. Aucune remplaçante n’est prévue, alors profitons-en. Après une première mise à jour en avril 2017 (amélioration des matériaux et réplication téléphone), une seconde mise à jour technique en 2019, la Renault Talisman est passée sous le bistouri en février 2020 (le monde « d’avant » on vous dit !).

Faisons un peu le tour des modifications : à l’avant, le pare-chocs a évolué, pour accueillir plus de chrome sur la prise d’air agrandie. Si la forme des phares n’a pas évolué, ils ont adopté la technologie Matrix LED, et les crosses se sont affinées. La calandre s’est élargie avec des angles un peu moins arrondis, alors que la taille du logo a été revue à la baisse. A l’arrière, seuls les feux ont évolué avec une ligne de chrome et une refonte de la signature lumineuse.

Le profil n’a pas évolué ? Lorsqu’on regarde bien, si : les poignées accueillent un bouton de verrouillage des portes, il était intégré jusqu’alors. Un peu plus haut, l’antenne requin fait son apparition, il n’y avait pas d’antenne visible sur la phase 1. Trois nouvelles teintes sont ajoutées au catalogue, le Gris Highland, le Gris Baltique et le Rouge Millésime, celui de notre voiture d’essai. La finition Initiale Paris ne propose plus sa teinte spécifique Noir Améthyste, aux reflets violet profond. Contrairement à l’Espace, la version Initiale Paris garde ses jantes du même nom, sans autre possibilité. Toutes les autres jantes de la gamme ont été redessinées.

Berline en voie de disparition

L’intérieur connaît plus d’évolution. Les compteurs sont désormais 100% numériques (10,2 pouces), l’écran tactile évolue à 9,3 pouces (+0,5) avec l’Easy Link, qui prend le relai du R Link 2. L’interface climatisation a abandonné la gestion via l’écran pour des commandes classiques. Enfin ! La console centrale est entièrement redessinée avec une finition métal de part et d’autre. Les porte-gobelets ont perdu le cache coulissant, et le rangement devant le levier de vitesse accueille la charge à induction.

Autre disparition de la console centrale : le sélecteur limiteur / régulateur de vitesse. Il a migré sur le volant, mais le mode devra être sélectionné à chaque démarrage. À vous de juger si c’est une avancée ou un retour en arrière. Et pour regarder en arrière, vous profiterez du nouveau rétroviseur intérieur, qui est désormais sans cadre.

La Renault Talisman n’accueille toujours pas de réplication téléphonique sans fil, et les prises USB restent en « A ». « C » dommage ! Le passage à l’Easy Link n’a pas supprimé le Multi-sense, mais a supprimé un mode, le « neutre ». Il donne toujours la possibilité de choisir entre Comfort, Eco, Sport et le mode personnalisé « My Sense ». La Renault Talisman Initiale Paris étant équipée du 4Control, le Multi-sense gère aussi 3 niveaux sur l’angle des roues arrière.

Discrète joueuse

Nous personnalisons le 4Control en mode Sport, avec l’angle de braquage le plus fort. L’impact n’est pas seulement réservé aux routes à virages, il se fait ressentir en ville. Au moindre changement de direction, le train arrière rappelle sa mobilité. C’est en fait assez amusant et permet de mieux manœuvrer en ville. Le 4Control est néanmoins moins vif que celui de feu la Renault Laguna.

Outre le gabarit, 2 bémols sont à souligner en ville : l’absence d’une vision à 360° et… le bruit du diesel. Même le Renault Trafic nous a semblé plus discret, c’est dire ! L’aide au stationnement est efficace pour gérer le gabarit (485,3×186,9 cm). C’est, à quelques millimètres près, celui de la Renault Vel Satis.

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Spacieuse

Avec un tel gabarit, la Renault Talisman est spacieuse tant à l’avant qu’à l’arrière (26,2 cm de rayon aux genoux). Le coffre est aussi généreux avec 515 l disponibles, plus 93 l sous le double plancher. Las, Renault a abandonné le hayon sur le segment D, et la malle offre une ouverture peu généreuse en hauteur pour atteindre le fond du coffre facilement. Le double plancher abrite l’accès à la roue de secours, et les ingénieurs ont pensé à mettre un petit crochet pour maintenir le plancher en position haute.

Il faudra être prudent avec les enceintes Bose qui empiètent sur la hauteur utile. Avec la pénurie des semi-conducteurs, les derniers exemplaires de la Renault Talisman sont équipés chez Arkamys pour l’Audio ! Il faudra avoir le volume réglé au plus haut pour entendre la différence. Pour revenir au coffre, son volume, lui, ne nous aura pas fait défaut la durée de l’essai. Nous n’aurons pas eu besoin de rabattre le dossier pour porter le volume à 1022 l !

Essai Renault Talisman : cap vers l’Est

La Renault Talisman Initiale Paris est livrée d’office avec la sellerie cuir (Noir Titane ou Gris Sable). Les sièges sont légèrement différents des versions Intens : les appuis-tête sont plus larges, l’assise est réglable en longueur (manuellement). Un plus pour le confort, mais un autre élément fait la différence : l’amortissement piloté. Alors que 2 ans au volant de la Renault Talisman pouvait faire naître une gêne en bas du dos, il n’en a rien été sur les 1500 km de notre essai.

Autre gain de confort de la version Initiale Paris, ce sont les vitres latérales feuilletées. Le bruit au niveau des rétroviseurs constaté sur la version Intens est relégué aux oubliettes. Cependant, nous avons fait notre premier trajet jusqu’à Strasbourg sous une pluie battante, avec un vent fort. Notre vitesse de croisière oscillant entre 110 km/h et 130 km/h faisait entendre au rythme des essuie-glaces un bruit sourd au niveau du toit vitré. Arrivé en Allemagne avec le retour du soleil, le bruit est réapparu à partir de 150 km/h pour devenir insupportable au-delà de 170 km/h.

Française en Allemagne

Le trafic routier ne nous a pas permis de rouler à vive allure en Allemagne. Nous avons donc pu y tester l’Assistant Autoroute & Trafic. Jusqu’à présent, la Renault Talisman était juste équipée d’un régulateur adaptatif et une vibration sonore au franchissement des lignes. Un grand pas technologique appréciable sur long trajet dont nous avons abusé avec confiance. Le maintien sur la voie se désactive cependant sous 70 km/h. Vous ne pourrez donc pas l’utiliser pleinement sur le périphérique parisien.

La lecture des panneaux nous a apporté satisfaction avec très peu d’interprétations hasardeuses. Malheureusement, le limiteur a perdu avec le restylage la possibilité en un clic long sur le commodo + ou – d’adapter la vitesse au panneau lu. Et le régulateur n’a pas récupéré cette fonction.

En haute vitesse, le confort de la Renault Talisman est d’autant plus appréciable que son comportement routier est exemplaire. Il n’a pas la lourdeur rassurante d’une Volkswagen Arteon mais il est à la fois plus stable, plus agile, plus joueur. Merci au 4Control qui adapte l’angle et le sens de braquage en fonction de la vitesse. Il est même étonnant d’enchaîner les virages aussi sereinement à bord d’une berline de ce gabarit. Le couple du moteur M9R répond toujours présent et sans à-coup grâce au bon étagement de la boîte EDC.

Le prix du fabriqué en France

Il aurait même tendance à avoir un peu trop de couple en ville au démarrage. Nous avons désactivé le fonction Start & Stop, qui devenait inconfortable au démarrage, alors que sa gestion était jugée exemplaire sur le 1.6 dCi. Avec le restylage, la capacité du réservoir est passé à 50 l, associé au réservoir de 18l de l’Adblue. Notre moyenne de consommation a été de 6,73 l/100 km, avec un minima à 5,73 l/100 km sur un parcours mixte autoroute / route secondaire sur 700 km. De quoi assurer une autonomie de 740 à 870 km. Renault annonce une consommation mixte de 5,8 l/100 km WLTP.

Le taux de C0₂ est annoncé à 153 g/km, ce qui nous donne 1 276 € de Malus. Soit 2,47% du prix de base de la Renault Talisman 2.0 Blue dCi 190 EDC Initiale Paris. On vous laisse faire le calcul pour trouver le prix d’achat ? Pour ceux qui ont fait le calcul de tête, bravo, vous avez trouvé qu’il est de 51 500 € . Côté option, notre modèle d’essai était équipé de :

  • Pack Hiver (volant chauffant, lave-phares) + 350 €
  • Appel d’Urgence Renault +200 €
  • Roue de Secours Galette +180 €
  • Toit ouvrant panoramique avec occultation + 1300 €
  • Rouge Millésime + 950 €


Soit 54 480 €, ne cherchez pas d’autres options, il n’y en a pas. Sachez cependant que les modèles équipés du système Audio Bose étaient facturés 500 € de plus.

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Talisman Diesel, espèce en voie de disparition

Difficile de trouver une berline concurrente ? Ça l’est encore plus en diesel et à ce niveau de puissance. Proposée à partir de 51 100 €, la Skoda Superb 2.0 TDI 200 ch Laurin & Klément est encore distribuée, mais elle est aussi en fin de carrière. Pour être équipée de façon équivalente à la Renault Talisman Initiale Paris, le prix grimpe à 53 845 €. Skoda annonce une consommation mixte à 5,1 l/100 km, et des émissions de C0₂ de 131 g, soit 125 € de malus.

Toujours dans le même groupe, la Volkswagen Passat équipée du même moteur n’est disponible qu’en 4 roues motrices 4Motion. Équipée comme la Renault Talisman, la Passat Élegance s’affiche à 60 980 € (56 900 € en base). La consommation annoncée est de 5,9 l/100 km, soit 156 g/km de CO₂ (+ 1 074 €). Attention, la Volkswagen Passat berline vit aussi ses derniers mois. Sa Sœur Volkswagen Arteon est minimum proposé 3 530 € en plus, le prix du hayon peut-être ?

Plus exotique, l’Alfa Romeo Giulia 2.2 190 ch AT8 Ti est proposée à partir de 49 200 €. Avec un équipement approchant, elle est proposée à 52 800 €, + 210 € de malus (135 g/km de CO₂, 5,2 l/100 km. Des économies qui ne compenseront peut-être pas une habitabilité moindre !
Modèle en fin de vie, la Jaguar XE est proposée en diesel MHEV 200 ch. Proposée à partir de 55 885 € en version HSE, il faut ajouter près de 5000 € d’options pour arriver aux équipements équivalents. Grâce à l’hybridation, les consommations sont annoncées à 4,3 l/100 km et le malus est supprimé malgré ses 137g/km de CO₂.

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Essai Renault Talisman : baroud d’honneur

Berline et diesel, c’est un cocktail qui n’est plus à la mode. Il a pourtant un charme suranné appréciable. Pour ce qui est du diesel, avec sa flambée à la pompe récente, les interdictions en ville qui s’annoncent, difficile de conseiller ce choix. Surtout qu’il s’accompagne d’un vrai bruit de diesel au démarrage. Mais les consommations sont très raisonnables.

Alors que tout le monde cherche un véhicule pour se différencier, est-ce que le choix d’une berline ne serait pas celui de l’originalité ? Sous une ligne classique, son habitabilité est son point fort, accompagnée d’une belle agilité. Côté équipement, elle accuse un peu le coup face aux dernières nouveautés, mais c’est largement suffisant. Et dans cette finition initiale, la Renault Talisman combine le confort et la tenue de route à un haut niveau.

Alors, pourquoi ne pas sauter le pas ? Mais dépêchez-vous, la Renault Talisman n’est désormais plus disponible que sur stock si vous la souhaitez en neuve. Il sera sûrement possible de bien négocier malgré le manque de disponibilité de voitures neuves chez l’ensemble des constructeurs. Si vous arrivez à trouver une Renault Talisman, neuve ou occasion, il y a peu de chance que vous soyez déçu, c’est une discrète berline qui a de beaux atouts cachés.

Crédits photos : Guillaume AGEZ

Essai Renault Talisman : quelques clichés supplémentaires :