Le Nouvel Automobiliste

L’Atelier Renault conjure la Covid-19 avec une nouvelle exposition ‘E-Tech’

L’absence de salon automobile vous fruste ? Il existe encore quelques espaces pour vivre sa passion. Et bien que désertée, l’avenue des Champs-Élysées reste un de ces espaces clé. Il n’est pas rare d’y croiser des supercars et il reste encore deux espaces automobiles, dont l’Atelier Renault que nous avons visité vendredi dernier pour l’inauguration de la nouvelle exposition sur la gamme E-Tech. Elle était prévue en mars dernier, mais ce n’est que depuis le 5 septembre qu’elle a pu être mise en place. Elle restera jusqu’au moins la fin de l’année 2020. Suivez le guide !

Quand Renault expose ses dernières nouveautés E-Tech…

En vitrine, vous être accueilli par la monoplace de F1 Renault Sport R.S. 20, qui permet de rappeler que la technologie E-Tech est inspirée par la recherche menée en Formule 1, et par l’étude de style Zoé E-Sport Concept de 2016, qui met en avant sa teinte bleue matte. Car même si l’exposition met en avant la technologie hybride E-Tech, le tout électrique a sa place à l’Atelier Renault, avec d’une part la dernière Renault Zoé mais aussi le Renault Twizy, que nous venons de comparer à la Citroën Ami

« La technologie électrique est la base du développement de la gamme E-tech », comme le rappelle Grégoire Ginet, directeur marketing Powertrain, présent pour exposer la technologie particulière de l’hybridation chez Renault. Les Clio, Captur et Mégane Estate en profitent en premier, et un moteur « éclaté » permet de comprendre le fonctionnement des deux moteurs électriques qui leur fait se passer de boîte de vitesses. L’exposition évoluera dans les semaines à venir. Pour en savoir plus, nous avons posé quelques questions à celui qui est le mieux placé pour y répondre : David Ménochet, directeur de l’Atelier Renault.

Sept questions à David Ménochet

Le Nouvel Automobiliste : Bonsoir Monsieur Ménochet, comment se porte l’Atelier Renault depuis la réouverture après le confinement ?

David Ménochet : L’Atelier Renault a d’abord dû préparer la ré-ouverture. Nous sommes sur les Champs-Elysées, nous sommes la vitrine de la marque Renault. Pendant une semaine, une dizaine de personnes a travaillé d’arrache-pied pour mettre en place les mesures sanitaires. Pas seulement pour la partie ouverte au public, mais aussi pour la face cachée, car derrière le showroom se trouvent des bureaux, sur 12 niveaux. Nous avons ouvert nos portes fin mai, après deux audits pour s’assurer de la sécurité de tous.

Ensuite, nous avons un regard global sur la fréquentation des Champs-Élysées. En temps normal, 53 % sont des touristes étrangers. Sans voyage possible, cette clientèle ne pouvait fouler les pavés de l’avenue. Mais n’oublions pas non plus, que pendant un temps, il était interdit de s’éloigner de plus de 100 km de chez soi. Les touristes français représentant 20 % du trafic, cela donne -70 % de clientèles, qui correspond exactement à la baisse de notre chiffre d’affaires. Petit à petit, la clientèle revient, mais tant que les voyages seront limités, l’ensemble des Champs-Élysées restera fortement impacté.

David Ménochet devant le Renault Captur E-Tech

L’Atelier Renault, par sa présence historique, fait partie du comité des Champs-Élysées. Le Comité a fortement participé à la réouverture de l’ensemble des commerces pour créer un effet de masse. Mais sans touriste, la situation est compliquée pour tous. Et finalement, c’est la fermeture de la rue Rivoli aux véhicules de tourismes, et sa large ouverture aux 2 roues, qui ont permis aux Parisiens de se rappeler qu’ils pouvaient aller jusqu’à la place de la Concorde, puis aux Champs-Élysées. C’est donc en partie grâce aux parisiens que la fréquentation a pu se maintenir, sans compenser pleinement la perte des milliers touristes.

Nous avons travaillé la communication, avec vous, médias, mais aussi en invitants des influenceurs, qui permet de faire parler autrement du lieu. Merci à vous, notamment Le Nouvel Automobiliste ! Il faut aussi rappeler que le restaurant est fermé. C’est la première fois que le restaurant est fermé, depuis le Pub Renault (dans les fameuses diligences, qui s’inspiraient des taxis de la Marne).

LNA : Avez-vous un objectif de réouverture de cet espace de restauration ?

DM : Nous travaillons pour une ouverture du Bar dans un premier temps, avec un objectif à début octobre. Sans utiliser la terrasse, car d’une part cela arrive trop tard vis-à-vis de la saison, et d’autre part notre droit de voirie s’achève le premier octobre. 

Il faut aussi rappeler que c’est notre toute première exposition post-confinement, la Covid a chamboulé tous nos plannings. Le salon de Genève a été annulé et nous avions rapatrié les nouveautés à l’Atelier Renault avec l’exposition ‘Sauvez Genève’. Il y avait une partie de la gamme E-Tech, ainsi que le concept-car Renault Morphoz. Gamme que l’on retrouve aujourd’hui pour l’ouverture de l’exposition, avec la Clio E-Tech, Captur E-Tech et Mégane E-Tech. Sans mauvais jeu de mots, nous sommes dans une configuration ‘hybride’ ! Dès le 8 septembre, l’exposition a évolué avec la remise du prix de l’Homme de l’année (remis à Gilles Leborgne, qui a rejoint le Groupe Renault il y a quelques mois). Puis bientôt, l’arrivée de la Twingo Z.E. Vibe, qui sera accompagnée de la Renault 4 e-Plein-Air !

David Ménochet & Grégoire Ginet

LNA : Cette année, faute de Mondial de l’Automobile, est-il prévu des évènements à l’Atelier Renault pour prendre le relai ?

DM : Oui, il y aura un évènement, à destination de la presse principalement, vers mi-octobre, mais pas à l’Atelier Renault. Mais nous allons quand même faire de la co-animation. 

Pour animer l’Atelier Renault également, nous avons repris la diffusion des Grand-Prix de F1, adaptée aux contraintes Covid (moins de places assises), même en direct par duplex avec l’équipe pour le Grand Prix de Monza par exemple. 

LNA : Autre perspective d’évènement, les fêtes de fin d’année. Aura-t-on quelques surprises ?

DM :  Il y a une réalité, dure, qui est économique. Donc, nous n’aurons pas les mêmes budgets que les années précédentes. L’an passé, nous avions pour thématique « Initiale Paris », avec une somptueuse Renault Reinastella de 1932 carrossé par Binder. L’exposition a été plébiscitée par le public (selon nos sondages). Nous travaillons pour cette saison sur une surprise, mais je ne peux rien dire ! Elle sera sympa, très très sympa… très très très sympa. Pour le moment, c’est compliqué logistiquement, mais nous travaillons dessus. Mais si on y arrive, petit scoop, ça se passera à l’étage ! L’exposition « E-Tech » continuera au rez-de-chaussée, Noël se passera à l’étage à partir de novembre. 

Il se passe beaucoup de chose, y compris au niveau du Groupe avec l’arrivée du nouveau PDG, Luca de Meo. Il est très actif, et je l’apprécie beaucoup. 

LNA : N’est-ce pas une crainte pour l’Atelier Renault ce changement à la direction ? On peut le penser avec la disparition de Peugeot, Citroën, Toyota, et pas loin d’ici, BMW et DS récemment ? 

DM : L’avantage avec Luca de Meo, c’est que c’est un grand fan d’automobile. Il réfléchit beaucoup en tant que fan avant de prendre une décision. Donc, non, ce n’est pas une crainte. Nous sommes en train de discuter avec lui de ce qu’il voudrait faire avec l’Atelier Renault. Je pense que ça va évoluer. 

Je me permets de vous rappeler que c’est Luca de Meo qui a décidé de l’ouverture du MotorVillage Fiat à l’époque sur le rond-point des Champs-Élysées. Il est très honnête sur ce qu’il a fait et il sait aussi faire son autocritique. Il souhaite donner une nouvelle perspective à cette espace. Louis Renault a ouvert un showroom en 1910, le « Renault Élysées ». En 1962, le lieu est reconstruit entièrement pour devenir le Pub Renault. Et en 2000, le nouveau concept est mis en place, sur le thème de Loft. Nous réfléchissons à donner une nouvelle dynamique à cet espace. 

LNA : Aucun risque de voir disparaitre le lieu , donc?

DM : Le gros avantage de l’Atelier Renault, c’est qu’il n’a jamais été comme objectif de gagner de l’argent : c’est une vitrine de Marque. La crise de la Covid est là, mais nous espérons tous que c’est une parenthèse. Il y a une perspective avec les JO 2024, il y a une dynamique avec des groupes comme LVMH qui est très actif dans le quartier. Le comité des Champs-Élysées a travaillé avec PCA Stream sur l’avenir de l’avenue, et le résultat est exposé au Pavillon de l’Arsenal, sous le titre « Les champ des possibles » (jusqu’au 13 septembre). C’est une vision, qui a été soutenue par l’actuelle Maire de Paris.

LNA : Mais ce projet réduit encore la place de l’automobile. Nous avons fait la Traversée de Paris à bord d’une Renault 16, mais il est impossible de se regrouper avec d’autres voitures de votre marque devant l’Atelier Renault. 

DM : Aujourd’hui c’est compliqué. Mais nous y travaillons. Dans les discussions que nous avons avec le comité des Champs-Élysées, nous l’évoquons dans cette perspective. Nous sommes présents depuis 110 ans, qui fait de Renault le plus ancien commerce sur les Champs-Élysées, et à la même adresse. Guerlain, qui nous fait face, nous accompagne depuis 1914. Notre démarche est d’avoir un champ plus large que le seul Atelier Renault, nous réfléchissons à comment s’inclure dans la vie de l’avenue. Nous mettons en avant l’aspect historique de notre présence, rappeler que nous avons participé à la création de l’automobile. La France est un des pays pionnier, il faut le rappeler.

Louis Renault a choisi cette adresse pour sa position à proximité du salon de l’Automobile. Ce dernier a commencé au jardin des Tuileries, puis au Grand Palais. Et à l’époque, choisir sur une automobile était bien plus complexe qu’aujourd’hui. On choisissait son châssis, puis son carrossier, les matières, les couleurs. Ça prenait du temps, et l’adresse était un salon où on prenait son temps pour choisir son modèle. Aujourd’hui encore, nous proposons la vente automobile à l’Atelier Renault. Nous restons positifs pour l’avenir, les ventes reprennent, nos gammes fonctionnent. Et l’arrivée des versions E-Tech correspond à ce que les gens cherchent aujourd’hui. La Renault Zoé cartonne, et correspond aux envies de la clientèle. 

LNA : Merci pour votre disponibilité.

DM : Merci à vous.

Article et crédit photographies : Guillaume AGEZ & François MORTIER