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Renault continue de revisiter ses classiques ! Après les R5 et R4, et après la résurrection du patronyme Scénic, voici le renouvellement de la grenouille avec la Renault Twingo E-Tech… au moyen de clins d’œil très appuyés à la première génération lancée en 1993 !

Petits phares ronds, face avant qui sourit, design arrondi, banquette arrière coulissante, gamme restreinte avec des couleurs pétillantes… Les fondamentaux sont respectés ! Pourtant dans le détail, la Renault Twingo E-Tech a bien 5 portes, un moteur électrique et un peu plus de 260 km d’autonomie. Alors, allez-vous inventer la vie qui va avec ? Premier tour d’horizon de cette nouvelle Twingo E-Tech !

Renault Twingo E-Tech : retour aux fondamentaux

L’offensive de Renault sur les citadines et le marché électrique continue, pied au plancher. Après la Clio VI il y a quelques semaines et la Renault 4 au printemps, qui complètent le segment B avec la Renault 5, le Losange descend dans le segment A, celui des mini-citadines comme la Fiat 500. Objectif : renouveler la Twingo III, tout en surfant sur la nostalgie et en garantissant un tarif le plus accessible pour une électrique produite en Europe, en Slovénie comme les générations précédentes.

Le résultat ? C’est une surprise… qui avait été largement annoncée dès le 15 novembre 2023 et la présentation aux investisseurs d’Ampère, le Capital Market Day. En effet, les lignes de la maquette Twingo Prototype révélées ce jour-là sont quasi toutes conservées, encore plus qu’entre la R5 Prototype et le modèle de série !

« Cette voiture doit faire sourire »

Dans le détail, tout se joue une fois de plus dans le regard et celui de la Twingo est d’une grande simplicité : deux traits de LED dont un en arc de cercle comme paupière, et l’intérieur du phare à moitié entre couleur carrosserie et projecteur. « Cette voiture doit faire sourire, dit Paula Fabregat, responsable du design des citadines Renault, c’est un clin d’œil à la première génération qui avait une personnalité unique, comme une mascotte. Luca de Meo voulait sortir une voiture unique avec du sens, avec le projet Micro. Nous avons capturé l’âme de la Twingo, unique et attachante ».

Les pare-chocs ? Limités à deux butoirs oblongs en plastique moucheté, et à un bouclier incurvé pour afficher un sourire. La prise d’air frontale ? Transformée en grille à motifs dégradés et gravée au nom Twingo. Même les trois prises d’air de capot sont conservées, mais désormais elles donnent accès au réservoir de liquide lave-glace. Le capot ne pourra être ouvert qu’en atelier, comme pour une Audi A2.

Une silhouette de monospace

Côté taille, la Twingo E-Tech affiche 3,79 m longueur, 1,49 m de hauteur et 1,79 de largeur. La marque assume de dire que cette Twingo a une « silhouette de monospace », comme un retour en grâce pour une terminologie mise à l’écart par les SUV, et souvent critiquée par les designers. « On va voulu garder des volumes purs, gonflés, parfaits, pour passer de la nostalgie à la modernité », ajoute Paula Fabregat. Proportions compactes, roues dans les coins, et surtout des jantes de 18 pouces qui permettent d’asseoir la Twingo et de lui éviter tout effet « sauterelle » (un comble, pour une grenouille !)

Dans le détail, comme pour la Clio VI, Renault a investi dans le style pour garantir un effet visuel immédiat, y compris pour des éléments comme les lécheurs de vitres, cachés dans les portières avant, une première dans l’histoire du segment A. Idem pour les jantes 18 pouces (pensez, la première Twingo était en 13 pouces !) qui accompagneront aussi des enjoliveurs 16 pouces. « On est à la frontière entre jouet et voiture, la Twingo ne se prend pas au sérieux mais avec des petites roues, elle aurait été ridicule », explique Paula Fabregat.

Chose rare aussi, les essuie-glaces sont très visibles : il aurait fallu une énorme pièce pour les masquer, alors il sera bien visible, comme en 1993 ! Autre hommage, l’antenne reste un fouet en version Evolution et devient une antenne requin sur la version « Techno ».

Tromper l’aérodynamique avec des astuces

Reste un défi pour les stylistes : conserver l’allure rondouillarde de la Twingo. Pourquoi ? Parce que la meilleure signature aérodynamique est offerte par des pans coupés saillants, et non des formes organiques. Or sur une électrique à seulement 27,5 kWh de batterie cell-to-pack, tout kilomètre gagné compte… Alors la lunette arrière a été subtilement entourée d’une pièce en plastique noire, qui prolonge la carrosserie, évite de donner à la Twingo un profil de break, et des petites ailettes ont été ajoutées sur les feux pour guider le flux d’air.

Ainsi, le style est préservé et les performances aussi. Le SCx est de 0,656 et la plateforme bénéficie d’un carénage sous caisse.

A l’arrière, les feux sont allumés en permanence, et seuls les trois modules inférieurs s’illuminent pour le freinage ou pour les clignotants. Cela renforce la visibilité du modèle. Et parmi les détails subtils, on remarquera les passages de roues creusés (comme sur une Micra) à la cuiller à glace, et les poignées de portes arrondies. Renault jure que c’est une première mais les Fiat Doblo et Citroën C3 Picasso en avaient aussi, par le passé.

Côté couleurs, la Twingo n’en aura que 4 : Jaune Mango, Rouge Absolu, Noir, et le Vert Absolu du prototype. « Chaque teinte invite à la bonne humeur et c’est un élément crucial pour la personnalité », souligne Frédéric Aparici. L’une de ces couleurs sera gratuite à l’ouverture des commandes, début 2026. Signalons enfin que seules les vitres avant descendent, celles à l’arrière s’ouvrent toujours en compas.

Un alphabet et des produits dérivés spécifiques

Depuis la Renault 5, le Losange crée tout un univers de produits dérivés pour chacun de ses lancements. Avec la Twingo E-Tech, la marque va encore plus loin avec un alphabet spécifique : 27 lettres dessinées, uniquement pour la com’ de la Twingo ! Ces idéogrammes automobiles sont en plus des évocations au quotidien : le T est un + comme celui d’une PlayStation ; et le G ressemble à un « pin » de Google Maps…

On retrouve ces lettrages sur les produits dérivés, qui vont des traditionnelles miniatures aux accessoires, en passant par une peluche et même un flipper !

« Les enfants vont apprendre l’alphabet avec la Twingo ! »

On retrouve cet alphabet à l’intérieur, gravé dans le pavillon : « les enfants vont pouvoir l’apprendre dans la Twingo » indique Paula Fabregat, qui insiste aussi sur le bouton de warning spécifiquement créé. Certes ce n’est pas le nez de clown de la première, mais il ressort bien dans l’habitacle !

Parmi les autres accessoires, des pièces en impression 3D pour compartimenter la console centrale avec un bac de rangement, une pièce articulée, à chaque fois en 3 couleurs et réalisées à Flins, ainsi que des tapis anti-dérapants. Pour la première fois dans une Renault européenne (on les connaît chez Dacia), 3 YouClip sont dans la Twingo : 1 à l’avant, 2 dans le coffre pour, comme chez Dacia, clipser des accroche-sac, une lampe à LED, un enrouleur de câble USB… ou accrocher un tendelet pour cacher le contenu du coffre.

La coque de la carte de démarrage est personnalisable, de même que, comme sur la R5 et la R4, le sélecteur de mode appelé « ePopShifter » en 3 couleurs. Vingt accessoires sont prévus au total.

De la couleur et de la vie à bord

La surprise est plus réduite à l’intérieur : l’habitacle avait été dévoilé voilà plusieurs mois par Renault. Il est constitué d’une planche de bord coloré avec de larges bandeaux qui reprennent la teinte de la carrosserie, mais aussi de deux écrans, 7 pouces face au conducteur, 10 pouces tactile au centre, avec des graphismes créés uniquement pour elle. Comme le responsable du design de la Twingo Frédéric Aparici l’indique, « On a pris un pied de dingue à imaginer tous les détails et animations de la Twingo E-Tech, on a fait un compteur comme une bande dessinée et un monde enfantin. »

L’ensemble forme un cylindre suspendu, un peu moins lumineux que le « race track » de la Twingo III, mais comporte de nombreux espaces pour déposer des objets. Pratique ! Pratique aussi, l’intégration native de Google Automotive dans l’écran Open R-Link : le magasin Google propose jusqu’à 100 applications et comme sur la Clio, 2 Giga-octets de données par mois pendant 3 ans, de quoi satisfaire 3 h de film ou 70 h de musique embarquée. En sus, l’assistant vocal Reno est présent et amélioré, puisque doté pour la première fois de ChatGPT embarqué pour répondre à toutes les questions et piloter à la voix l’ouverture des fenêtres ou les choix de station de radio notamment. En revanche, aucun éclairage d’ambiance n’est prévu.

« L’habitabilité du segment B dans l’encombrement du segment A »

« C’est l’extérieur qui se faufile à l’intérieur, avec des formes ludiques, des couleurs et des touches de modernité supplémentaires », note Paula Fabregat, qui agrémente l’ensemble d’une innovation accessoire qui arrivera courant 2026 normalement : des accroches ludiques pour les appuie-têtes. Porte-sac, porte-manteau… ce ne sont que des fils de fer de cintre, en cours de finalisation au sein de Renault, mais à l’image du porte-baguette de la R5, c’est une pièce d’aménagement pensée pour faciliter la vie.

La banquette coulissante arrière est de retour !

Mais ce qui va le plus faciliter la vie, c’est la banquette arrière à deux sièges coulissants. La Twingo E-Tech n’est qu’une 4 places, mais elle offre 17 cm de coulissement (depuis une sangle dans le coffre ou un palonnier aux places arrière) :

  • Soit pour obtenir jusqu’à 160 mm de rayon de genoux pour les passagers arrière, record pour le segment A ;
  • Soit pour obtenir jusqu’à 360 litres de volume de coffre, avec un double fond en 2 parties pour cacher le câble de recharge ou compartimenter (max 210 à 240 sur la Twingo III),
  • A cela s’ajoute le siège passager avant qui se replie comme sur la Renault 4, et permet d’embarquer des objets longs, jusqu’à 2 mètres de longueur.

« Tout a été fait pour avoir l’habitabilité du segment B dans l’encombrement du segment A », résume Frédéric Aparici.

Jusqu’à 263 km d’autonomie

Parlons technique à présent : un seul moteur de 60 kW, soit 82 ch et 175 Nm, est prévu avec une seule batterie, 27,5 kWh et chimie LFP, une première chez Renault. La marque promet le 0 à 50 en 3,85 secondes et le 0 à 100 km/h en 12,1 s. De quoi obtenir 263 km d’autonomie, 70 de plus que l’ancienne Twingo. La Twingo est bien aidée en cela par les 1 200 kg de son poids total… qui reste une masse identique à l’ancienne Twingo Z.E. ! Pour récupérer de l’énergie, la Twingo E-Tech disposera même du OnePedal.

Sauf qu’entre temps, on passe de la plateforme Edison, partagée avec Smart, à l’AmpR Small, plus moderne et reprise de la R5, jusqu’aux trains avant, tandis qu’à l’arrière, c’est le train arrière torsible du Captur qui a été utilisé. L’agilité de la Twingo III reste aussi avec un rayon de braquage à peine supérieur, 9,87 m contre 8,69m par le passé – ça reste très peu et suffisant en ville !

Les clients auront le choix entre 3 types de chargeurs :

  • 6,6 kW en AC1 (4h15 pour faire une recharge de 10 à 100 %) en série
  • 11 kW en AC3 (2h35 pour faire une recharge de 10 à 100 %) en option
  • Jusqu’à 50 kW en DC (30 min pour recharger de 10 à 80 %) en option

Une offre V2G/V2L sera aussi proposée, pour recharger un vélo ou alimenter le foyer, seulement avec le pack « Advanced charge » pour obtenir le chargeur bidirectionnel.

Enfin, la Twingo E-Tech comptera 24 aides à la conduite, parmi lesquelles un pack parking pour l’alarme en recul et le parking mains libres, un pack safety pour éviter les collisions en cas d’ouverture de porte… Toutes ne seront pas de série : seules 13 aides seront dans la finition Evolution, et 16 aides dans la finition Techno.

Concevoir une voiture en 2 ans

C’est l’autre fait saillant de la Twingo : sa durée extrêmement courte de conception, à peine 2 ans, depuis le prototype de novembre 2023 et le lancement qui interviendra en janvier 2026. Une prouesse, puisque c’est une durée 2 fois plus courte que d’ordinaire, de 4 ans voire 3,5 ans à 2 ans seulement, et qui a imposé des changements d’organisation.

« On s’est mis en mode commando, avec un casting de profils exceptionnels, des gens prêts à tout surmonter et contourner les règles, se rappelle Paula Fabregat. Les réunions hebdo sont devenues quotidiennes, avec des groupes Teams quand c’était nécessaires », ajoute Frédéric Aparici.

« Une empreinte carbone diminuée de 60 % »

C’est donc un nouveau standard de développement qu’inaugure Renault, avec l’appui de son centre de conception ACDC basé à Shanghai. « C’est en avril 2023 qu’on a rencontré au salon de Shanghai l’écosystème d’entreprises capable d’accompagner cette aventure », indique Olivier Laik, le directeur du programme de la Twingo. A la fin, ça représente 20 % de coûts en moins, et de nouveaux fournisseurs chinois qui ont été intégrés, sans qui la cible de prix de cette Twingo n’aurait pu, d’après Renault, être tenue. Pour la même raison de garantir un tarif sous les 20 000 euros pour la Twingo E-Tech Evolution, la production est, comme depuis 2007, assurée à Novo mesto en Slovénie dans l’usine Revoz.

La Twingo E-Tech face au défi de relancer le segment A

Tombé à 600 000 ventes seulement en 2024 au niveau européen contre plusieurs millions par le passé, le segment A est devenu trop cher notamment en raison des normes de sécurité ou d’émissions polluantes. Pour Olivier Laik, « il fallait proposer une électrique abordable sous le prix d’entrée de 20 000 euros avant aides, et dont le coût d’usage est inférieur au thermique, et avec une empreinte carbone 60 % plus faible sur l’ensemble du cycle de vie qu’une thermique équivalente. »  A tel point que le constructeur annonce que l’empreinte carbone de la seule batterie est compensée en moins de 35 000 km, beaucoup moins que pour d’autres électriques.

Pour différencier la finition Evolution de la Techno, c’est au niveau du pilier B (grainé sur Evolution, noir brillant sur Techno) mais pas des roues qu’il faudra regarder, puisque les 2 versions proposeront des enjoliveurs 16 pouces et jantes 18 pouces, aux doux noms de « Domino / Diabolo / Mikado / Reverso ». A bord, la différence sera dans les matériaux (plastique « Starkle » sur la version Evolution » par exemple), sur les écrans et sur les tissus, puisque la version Evolution aura la sellerie de l’Austral, en textile dégradé.

Rendez-vous en janvier 2026 !

L’ouverture des commandes se fera tout début 2026 : on connaîtra alors la date de lancement, pressentie pour le printemps 2026. Comme en 1993, Renault a restreint l’offre au maximum pour convenir au plus grand nombre d’usages, et espère qu’elle deviendra la référence des voitures du quotidien.

Au-delà, le Losange voit dans sa Twingo son « game changer », on note qu’elle va au-delà de la seule nouveauté : sa nouvelle méthode de conception peut devenir la règle pour les prochaines Renault. Et l’histoire de recommencer : la première Twingo avait été la première Renault du biodesign ; la Twingo IV sera peut-être, à sa façon, la première Renault de l’électrique accessible à tous.

Toutes nos photos de la Renault Twingo E-Tech

Photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste