Onze ans après sa création, cinq après son lancement en Allemagne et en Suisse, la marque premium coréenne Genesis arrive enfin en France en 2026 ! Un événement qui était attendu par les fans de modèles aussi bien classieux qu’originaux par leur style, et qui se fait par une gamme de trois modèles électriques : 2 SUV, et une grande berline. Avec quelles ambitions et quelles motivations ? C’est ce que nous avons voulu savoir en rencontrant Charles Fuster, le directeur de la marque Genesis en France.

Le Nouvel Automobiliste : Pourquoi avoir mis autant de temps à arriver en France ?
Charles Fuster : C’est une bonne question, mais je crois qu’il n’y avait peut-être pas toutes les conditions de marché il y a encore quelques années pour arriver en France. Et comme vous le savez, en 2020, avec le Covid, le marché a été extrêmement changeant et je pense qu’en fait, en 2025-2026, c’est le moment pour arriver, parce que le marché est extrêmement mouvant, il y a beaucoup de nouveaux acteurs, beaucoup d’acteurs historiques qui sont en difficulté. C’est probablement le meilleur moment pour proposer quelque chose de nouveau.
Le Nouvel Automobiliste : Avec tous ces nouveaux acteurs en provenance de Chine, Genesis identifie-t-elle aujourd’hui des concurrents chinois ?
Charles Fuster : Maintenant, on ne s’identifie pas à des concurrents chinois, on ne s’identifie pas à des concurrents mainstream. On veut vendre de la valeur, on ne veut pas vendre du prix. On veut vendre de la qualité, on veut vendre une expérience. On a des objectifs de volume, des objectifs de volume réalistes qui nous permettent aussi de bien travailler, de travailler proprement. On s’identifie aux premium historiques qui ont du succès depuis 100 ans, aux marques européennes.
Le Nouvel Automobiliste : Justement, vous avez commencé dans des pays comme l’Allemagne, la Suisse qui sont aussi en chasse gardée des premium. Qu’est-ce qui fait venir les clients chez vous plutôt que de rester chez ces marques établies ?
Charles Fuster : Ce qui est intéressant, c’est que les clients qui viennent chez nous sont déjà dans le premium et sont à la recherche de quelque chose de nouveau parce qu’ils ont sûrement eu une très belle expérience avec leurs marques actuelles. Toujours des 50 nuances de gris, je parle des concurrents allemands, mais c’est ma blague personnelle ! Avec Genesis, on offre quelque chose de totalement différent et en fait beaucoup plus aspirationnel.

Je ne sais pas si vous avez découvert les véhicules, mais en termes de finition intérieure, le GV60, qui n’est même pas notre modèle haut de gamme, c’est un C-SUV, offre une qualité comparable à des voitures à 150 000 euros. Si vous regardez la qualité des finitions aujourd’hui, je pense qu’il n’y a rien de mieux sur le segment. En toute objectivité, regardez le cuir, les plastiques, les chromes, l’aluminium brossé. En termes de qualité perçue, de touch & feel. C’est vraiment remarquable.
Le Nouvel Automobiliste : Vous parlez de plastique moussée, est-ce qu’on est encore à l’époque du plastique alors qu’on sait que c’est difficile à recycler ? Est-ce que vous mettez en avant la question environnementale dans votre différenciation ?
Charles Fuster : Dans la qualité des intérieurs, la qualité des matériaux, oui, on le met en avant parce que c’est un vrai facteur différenciant. Ce n’est pas parce que le marché, au cours des dernières années, a adopté une approche plus axée sur la réduction des coûts qu’on doit nous aussi suivre cette tendance. Aujourd’hui, on a des véhicules qui sont extrêmement bien finis, qui délivrent des promesses client fortes, avec des places arrière extrêmement confortables. Ce sont des choses qu’on voit beaucoup moins aujourd’hui sur le marché, mais voilà, c’est ce qu’on a envie d’offrir.
Le Nouvel Automobiliste : Est-ce que vous serez amenés à être les premiers à bénéficier de certaines nouvelles technologies au sein du groupe Hyundai?
Charles Fuster : Oui, on aura des exclusivités au sein du groupe.
Le Nouvel Automobiliste : Vous arrivez sur le marché français avec des modèles qui sont déjà un peu anciens, notamment la berline G80 qui est magnifique. Pouvez-vous parler du style Genesis ?
Charles Fuster : Ça va être compliqué pour moi de parler de design parce que je ne suis pas designer, mais le chef du style de Genesis, Luc Donckerwolke, vous connaissez tous sa carrière, a marqué cette marque de manière extrêmement versatile. Je crois que le style de nos voitures est extrêmement versatile. Et vous avez raison, il est différenciant, il n’a pas d’équivalent sur le marché. Et ce qui va arriver plus tard va toujours répondre à cette philosophie. Il y a une volonté de proposer de belles voitures, de proposer des objets nouveaux.

Le Nouvel Automobiliste : Vous avez beaucoup parlé de valeurs coréennes. Est-ce que vous allez chercher à cultiver cette image coréenne ou par exemple surfer sur tout ce qu’on a à l’heure actuelle de moderne dans la culture coréenne, que ce soit la gastronomie, la K-pop ? Est-ce que vous allez essayer de capter les clients aussi par ce canal ?
Charles Fuster : On ne va pas forcer les choses. Aujourd’hui, pour nous, c’est important d’expliquer la culture coréenne, parce que Genesis naît de la culture coréenne : c’est cette attention au client, cette attention aux détails. On va retrouver ça sur l’expérience, sur le produit. Ça s’inscrit vraiment dans une culture. Donc aujourd’hui, pour nous, on voulait expliquer ça. Est-ce que ça veut dire qu’on va forcer ce trait ? Pas nécessairement. Ce qui est important pour nous, c’est de parler de valeurs qui parlent au client final.
Le Nouvel Automobiliste : Kia et Hyundai ont largement réussi à percer en Europe et à très bien s’installer. Est-ce que vous comptez sur ce vivier de clients pour pouvoir grimper, comme d’autres constructeurs ont fait venir des clients dans leurs marques premium ?
Charles Fuster : Complètement. Parce que je pense que ce sont des clients qui ont évolué dans le temps et qui peuvent retrouver un intérêt dans notre proposition de produit nouvelle qui correspond à leurs besoins.
Le Nouvel Automobiliste : Question sur les espaces de vente — vous avez montré une image très grande du showroom. Est-ce que vous allez aussi faire des choix urbains par rapport à Paris, en banlieue, dans les régions ?
Charles Fuster : On n’aura pas de flagship de 2 000 mètres carrés sur les Champs-Élysées. Mais oui, on aura de beaux espaces sur la région parisienne. Aujourd’hui, les standards de Genesis pour l’Europe, ce sont des espaces qui font entre 250 et 450 mètres carrés. C’est un choix stratégique, parce que c’est ce qui, en termes de retour sur investissement, est plus efficace. C’est ce qui, en termes d’expérience client, correspond le mieux au marché européen. C’est aussi ce qui pour un investisseur est le plus facile à implémenter.
Merci Mr Fuster pour vos réponses.

Portrait : Fabien Legrand
