Il aura fallu quelques mois à DS Automobiles pour revoir sa copie. Alors que la N°8 démarre (très) doucement sa carrière commerciale, la marque vient d’ajouetr un nouveau niveau de finition situé sous les versions Pallas et Étoile. Une finition sans nom, mais dont la raison d’être semble assez évidente : faire passer le prix d’accès du haut de gamme de la marque sous la barre des 47 000 € afin de le rendre éligible au bonus écologique français. Un cas d’école qui illustre une nouvelle fois les effets parfois surprenants des aides publiques à l’achat.

DS Numéro 8

Une DS N°8 « déshabillée » pour passer sous le plafond

Jusqu’à présent, la gamme DS N°8 (retrouvez notre essai) débutait avec une finition Pallas déjà généreusement équipée. Mais cette version plaçait le modèle au-dessus du seuil de prix permettant d’accéder au bonus écologique. Ainsi, la nouvelle version d’accès, sans nom, en FWD Long Range 245 ch est proposée à 46 570 € (et carrément 41 360 € en 230 ch « petite » autonomie).

Pour contourner cet obstacle du plafond de 47 k€, DS a créé une version simplifiée dont plusieurs équipements sont retirés de la dotation de série :

·       assistant vocal IRIS ;

·       système de navigation intégré ;

·       chargeur embarqué plus performant ;

·       hayon motorisé ;

·       sièges électriques ;

Une contrainte pour le client ? Pas vraiment : une fois le véhicule devenu éligible au bonus, le client peut ensuite reconstituer tout ou partie de l’équipement perdu au travers de différents packs optionnels.

Des packs qui recréent les anciennes finitions

L’examen du configurateur et des tarifs montre en effet que DS propose désormais toute une série de packs permettant de remonter progressivement en gamme. Le Pack Pallas est ainsi facturé 13 930 €, tandis que les combinaisons associant les contenus Pallas et Étoile atteignent des montants compris entre 15 280 € et plus de 21 900 € selon les équipements retenus.

Grâce à cela, le constructeur peut afficher un tarif d’appel plus attractif, tout en conservant la possibilité de vendre des véhicules fortement équipés et plus rémunérateurs. Et le client peut enfin récupérer le bonus écologique sur un véhicule dispendieux. En l’occurrence, il est possible d’arriver à un tarif de 75 410 € par le jeu des options… tout en restant éligible au bonus !

Une pratique devenue courante… et qui met en valeur les limites du système

DS n’est d’ailleurs pas le premier constructeur à utiliser ce mécanisme. Renault emploie déjà une logique comparable sur le Scénic E-Tech électrique, par exemple. Les packs « Esprit Alpine » ou « Iconic » sont proposés en complément de la version Techno (située sous la barre fatidique des 47 k€) afin de maintenir le prix officiel sous les seuils ouvrant droit aux aides publiques (voir notre article).

Le véhicule reste alors techniquement éligible au bonus lors de la commande, même si le client ajoute ensuite plusieurs milliers d’euros d’équipements. Le cas de la DS N°8 et des autres voitures ayant recours à cette astuce met toutefois en évidence une limite du dispositif français.

Le bonus écologique avait été conçu pour favoriser l’accès aux véhicules électriques et permettre à des personnes de se payer une voiture « propre » à laquelle ils n’auraient pas pu prétendre sans cette aide. Les constructeurs appliquent les règles telles qu’elles existent aujourd’hui. Mais elle soulève une question légitime : a-t-on besoin de dilapider l’argent public pour subventionner des véhicules destinés à une clientèle clairement aisée ?

DS n’est certainement pas coupable de cela, pas plus que les autres constructeurs. Ils composent avec les règles locales. Furent-elles discutables. Doit-on vraiment distribuer entre 3 500 € et 5 700 € d’aide publique à un client pouvant débourser 75 410 € pour une voiture neuve… qui n’est pas fabriquée en France ? A méditer !

Source : DS

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