Citroën a publié ce vendredi 10 juillet, sur son site presse, ses résultats du premier semestre 2026 : 373 700 véhicules vendus dans le monde, une hausse de 4,4 %. En Europe, la progression atteint 8 %, portant la part de marché de la marque à 3,4 % (+0,1 point sur un an).

Une gamme entièrement renouvelée porte ces résultats, complétée par le programme de garantie « Citroën We Care » (jusqu’à 8 ans). Xavier Chardon, CEO de Citroën, y voit « le retour de Citroën » et promet, pour la suite de l’année, « une nouvelle étape » de l’offensive commerciale de la marque.

 

La gamme renouvelée tient ses promesses

En France, Citroën consolide sa troisième place du marché VP+VUL, avec 8,4 % de part de marché (+0,2 point). La C3, le C3 Aircross et le nouveau C5 Aircross portent la croissance des ventes de véhicules particuliers, en hausse de 7 %.

 

Citroën C3 Aircross, vue trois quarts avant

Le C3 Aircross confirme sa dynamique, avec des commandes en hausse de 57 % depuis janvier et le titre de « Best Users’ Car of Europe 2026 ». Le nouveau C5 Aircross, lui, enregistre 47 % de commandes supplémentaires par rapport à l’an dernier, et des immatriculations en hausse de 7 % en France, 10 % en Espagne et 80 % au Portugal.

 

Citroën C5 Aircross, vue trois quarts avant

L’électrique accélère aussi : les commandes de véhicules électriques progressent de 98 % sur un an, portant l’électrique à un tiers des commandes de la marque. En France, les ventes BEV grimpent de 20,3 %, portées par l’ë-C3 et l’ë-C3 Aircross, tous deux dans le top 2 de leur segment.

Sur le plan créatif, Citroën cultive aussi son image via le concept ELO, dévoilé fin 2025 avec Decathlon et présenté au Salon de Bruxelles en janvier. Ce monospace électrique ultra-modulable de 4,10 mètres, pensé pour le repos, le jeu et le travail, incarne une ambition qui dépasse les seuls chiffres de vente : redonner à la marque une identité reconnaissable.

 

Citroën ELO concept, vue trois quarts avant

 

Un ralentissement plus discret que les chiffres officiels

Un rapide recoupement des deux communiqués publiés par la marque nuance un peu ce tableau. Au premier trimestre, Citroën revendiquait 190 000 ventes mondiales, en hausse de 10 %. Sur l’ensemble du semestre, la progression retombe à 4,4 %.

Il reste donc environ 183 700 unités pour le seul deuxième trimestre, un volume proche de celui de la même période en 2025. La dynamique du printemps semble s’être largement essoufflée entre avril et juin.

Nous évoquions déjà cette prudence dès avril, en soulignant que l’embellie du premier trimestre « ne devait pas masquer les défis » à venir. Le deuxième trimestre semble, au moins en partie, leur donner raison.

 

Face à Fiat, la hiérarchie interne ne bouge pas

Ces bons résultats commerciaux ne changent rien à la place de Citroën dans l’organigramme de Stellantis. Depuis mai 2026, le groupe a formalisé une nouvelle hiérarchie de ses quatorze marques. Seules quatre d’entre elles sont désormais considérées comme mondiales et prioritaires : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. Elles captent à elles seules 70 % des investissements du groupe.

Citroën, comme Opel, Alfa Romeo, Chrysler et Dodge, est reléguée au rang de marque régionale, catégorie qui se partage les 30 % d’investissements restants. Une compensation existe malgré tout : Citroën hérite de la tutelle de DS (dont le nouveau N°7 illustre déjà cette réorganisation), pendant que Lancia passe sous celle de Fiat.

Reste la question du volume. Rien qu’au Brésil, Fiat a vendu 270 946 véhicules au premier semestre 2026 (+12 %). En Italie, 106 629 de plus (+29 %). Additionnés, ces deux seuls marchés dépassent déjà les 373 700 unités écoulées par Citroën sur l’ensemble de la planète. La marque italienne conserve par ailleurs son leadership en Turquie et en Algérie.

Difficile, dans ces conditions, d’imaginer Citroën inquiéter Fiat dans la hiérarchie du groupe, quels que soient ses propres progrès. La diffusion mondiale de la marque italienne, construite sur des décennies de leadership au Brésil et en Italie, forme un socle que la seule bonne dynamique commerciale ne suffit pas à ébranler.

 

Une base solide à l’international

Hors Europe, Citroën progresse aussi : +6,4 % dans la région Moyen-Orient/Afrique, +40 % au Maroc, +101 % en Tunisie. En Inde, les ventes plus que doublent (+107 %), portées par la C3, toujours modèle le plus vendu du pays. En Colombie, la progression atteint 77 %.

De bons chiffres, donc, sur presque tous les marchés. Mais dans l’organigramme de Stellantis, ils ne suffisent pas à faire bouger les lignes. Prochaine étape pour Citroën : le Mondial de l’Auto de Paris, en octobre, où la marque promet une nouvelle étape de son offensive. Reste à savoir si elle y gagnera en volume, ou seulement en visibilité.

 

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