La marque aux chevrons débute 2026 sur une dynamique commerciale encourageante. Au premier trimestre, Citroën a vendu 190 000 véhicules dans le monde (+10 %), progressant de 12,3 % en Europe où elle atteint 3,5 % de part de marché. En France, la marque s’affiche en troisième position avec 9,2 % de PDM (+0,7 point), portée par un renouvellement complet de sa gamme. Des chiffres solides — mais qui méritent d’être mis en perspective dans un marché automobile sous forte tension.
La C3 et le C3 Aircross, moteurs de la croissance

Au cœur de la reprise, deux modèles tirent le jeu. La C3 — et plus encore sa version électrique, l’ë-C3 — s’impose comme le pivot de la stratégie commerciale de la marque. Avec 32 % de son mix déjà électrifié, elle se classe N°1 du segment BHatch BEV en Italie et N°2 en Espagne, tout en conservant le statut de voiture électrique la plus accessible du marché français. Son accessibilité tarifaire, combinée à un espace intérieur généreux pour sa catégorie, lui permet de toucher une clientèle que les autres acteurs du BEV peinent encore à convaincre.
Le C3 Aircross monte également en puissance. Fort de 50 000 unités vendues en 2025, il enregistre une hausse de 57 % des commandes depuis janvier 2026 et vient d’être sacré « Best Users’ Car of Europe 2026 ». Sa configuration 7 places à prix contenu le positionne sur un segment où Citroën dispose d’un avantage concurrentiel rare.
C4 et C5 Aircross : la montée en gamme se confirme

Sur les segments supérieurs, la C4 confirme son rebond avec une hausse de 55 % des immatriculations en France et une première place en Espagne. Le nouveau C5 Aircross, lancé récemment avec une autonomie électrique atteignant 680 km, affiche des débuts prometteurs : +60 % de commandes et +40 % d’immatriculations sur ses principaux marchés européens. Un modèle que nous avons pu tester en détail dans ces colonnes, et qui confirme l’ambition de Citroën de proposer de l’espace et du confort à prix maîtrisé.
Une stratégie lisible, des questions qui demeurent
La philosophie « Power of Choice » — proposer thermique, hybride et électrique en parallèle — est présentée par Citroën comme un avantage concurrentiel face à des clients encore indécis sur l’énergie. Elle peut aussi être interprétée comme une difficulté à trancher clairement en faveur de l’électrification, dans un contexte réglementaire européen qui continue de pousser vers 2035. La question des marges reste entière : une stratégie fondée sur l’accessibilité tarifaire génère des volumes, mais pas nécessairement de la rentabilité — dans un groupe Stellantis qui traverse une période de restructuration difficile.
Sur le terrain, la concurrence s’intensifie. Sur le segment des voitures abordables, terrain de chasse privilégié de Citroën, les marques chinoises — BYD, MG, et Leapmotor, paradoxalement co-détenu par Stellantis — renforcent leur présence en Europe à des tarifs agressifs. La bataille pour le BEV accessible promet d’être rude.
Le premier trimestre 2026 confirme que Citroën a retrouvé une cohérence de gamme et un cap commercial clair. Le retour à la croissance est réel. Mais 3,5 % de part de marché en Europe reste en deçà des 5 à 6 % que la marque affichait dans ses meilleures années. L’élan est là, les produits sont au rendez-vous — reste à transformer cette dynamique en performance durable. → Communiqué officiel Citroën / Stellantis Media