Le Nouvel Automobiliste

Citroën C3 restylée : rencontre avec la cheffe de produit Murielle Bondil

Pourquoi le restylage de la C3 est-il si léger ? C’est la question que nous nous sommes posés en rencontrant celle qui a dirigé le produit de « mi-vie » de la citadine-phare des Chevrons, Murielle Bondil. Et si esthétiquement les changements peuvent sembler légers, ils demeurent l’aboutissement d’un peu plus de deux ans de travail. Voyons de quoi il retourne.

Le Nouvel Automobiliste : Pourquoi si peu de changements sur cette C3 restylée ?

Murielle Bondil : C’est un restylage, pas un nouveau projet. L’idée était que, malgré des moyens limités, on puisse assurer la visibilité pour qu’on voit la différence entre avant et après, autour de trois axes qui nous ont guidés lors de nos travaux :

  • Un design plus affirmé, en donnant plus de caractère et de robustesse au véhicule ;
  • Aller encore plus loin dans le registre de la personnalisation ;
  • Et continuer à aller plus loin aussi dans le confort de la C3.

LNA : On atteint 97 possibilités de personnalisation : combien y en avait-il avant ?

MB : 36 ! Sachant que ce qui nous a permis d’atteindre un tel chiffre, c’est d’avoir pu dissocier les coloris du toit des coloris de décors inférieurs. Avant, un client qui voulait un toit rouge se trouvait obligatoirement avec des décors rouges en partie inférieure (NDLR : pare-chocs et airbumps latéraux). A présent, on peut avoir un toit noir et un pack coloré, ce qui permet de doser la couleur et répondre à des attentes de clients qui peuvent ne pas vouloir un pack totalement coloré.

LNA : Des configurations sont-elles interdites ?

MB : Les combinaisons de rouge et de bleu émeraude ne sont pas possibles.

LNA : Deux nouveaux coloris de caisse arrivent…

MB : Oui, le Spring Blue et le Rouge Elixir qui est un rouge vernis, beaucoup plus lumineux et dynamique que le Rouge rubis. Un nouveau coloris de toit aussi arrive : on a conservé les blanc, noir, et rouge, et introduit la teinte émeraude.

LNA : Pourquoi un toit émeraude et pas un toit Spring Blue ?

MB : Les coloris sont proches mais différents pour des questions de technologie.

LNA : Donc si on veut sa C3 complètement bleue, est-ce possible ?

MB : C’est un version mono-ton, totalement Spring Blue, de même que l’on ne peut pas avoir un bi-ton noir sur du noir, ou blanc sur du blanc. On n’aura donc pas de Spring Blue en teinte de caisse avec un toit émeraude. Les montants de pare-brise restent toujours noirs, c’est un élément de design qui ne change pas, et on n’a le sticker de custode arrière uniquement si l’on prend un décor de toit, décor de toit que l’on peut avoir sans le bi-ton.

LNA : Par conséquent, on va au-delà de 97 dans le nombre de personnalisations ?

MB : Dans les 97 possibilités, on compte les teintes de caisse, les teintes de toit et les pack color, c’est-à-dire les zones décorées inférieures. Mais cela n’inclut pas les décors stickers, ni les ambiances intérieures en option, ni les jantes… qui arrivent en plus.

LNA : Justement, dans les ambiances intérieures semble avoir disparu le simili cuir en TEP de teinte havane. Vous nous le confirmez ?

MB : On a conservé, en option, le même matériau en bandeau que la série Urban Red tout en changeant le décor de cerclage. Sur l’autre ambiance, le matériau a en effet changé pour un film effet bois clair, dans un esprit scandinave. C’est cette ambiance qui remplace le TEP havane. Les matériaux ont été conservés pour les sièges avec une association de tissu accompagné de simili cuir sur les côtés.

LNA : L’idée de faire revenir le bois dans vos habitacles va à contre-courant du marché, où il a disparu de toutes les citadines…

MB : C’est un marqueur de Citroën qu’avoir un peu d’audace dans les décors.

LNA : Les phares deviennent 100 % LED à l’avant, et ce sera pour toutes les finitions ou seulement les plus hautes ?

MB : Cela concerne tous les types de versions dans la gamme.

LNA : A l’arrière, les feux ne changent pas en revanche et n’adoptent pas de LED par exemple. Pourquoi ?

MB : On s’est concentré sur les évolutions visibles en particulier sur la face avant, les couleurs et matières et les matériaux, car comme je le disais tout à l’heure nous n’avions les moyens que d’une mi-vie. On s’est aussi assuré de l’allure d’ensemble de la voiture et l’arrière tel qu’il est reste cohérent.

LNA : Les Airbumps ont changé de forme : est-il toujours possible de ne pas les avoir ?

MB : Comme avant, ils sont proposés de série mais peuvent être retirés en option négative. Mais la voiture s’est installée dans l’esprit du public avec son bi-ton, ses Airbumps et ses passages de roues et au total, les Airbumps sont un choix retenu dans 55 % des modèles vendus. Et le bi-ton, c’est 65 % de prise d’option.

LNA : Côté jantes, quels sont les changements ?

MB : Les jantes de 17 pouces sont désormais en série en Shine Pack, notre nouveau niveau haut-de-gamme. Sur le niveau Shine, les jantes 16 pouces Matrix sont de série, remplaçables en option par des jantes bi-ton.

LNA : Ces jantes 17 pouces sont inédites en Europe ?

MB : En effet puisqu’elles viennent du C4 Cactus produit en Amérique Latine !

LNA : On sait que l’électrification complète ou l’hybridation lourde de la C3 n’est actuellement pas envisageable car sa plateforme n’est pas adaptée pour supporter une telle technologie, mais une hybridation légère 48 volts aurait-elle pu être envisagée ?

MB : Pas à ce stade, nos motorisations thermiques, essence ou Diesel, sont de dernière génération et nous modernisons ces blocs constamment pour les rendre efficients en matière d’émissions.

LNA : En termes d’objectifs commerciaux, qu’envisagez-vous ?

MB : On envisage de continuer de voir la C3 être le best-seller de Citroën !

LNA : Quand on a dépassé les 750 000 unités vendues, on vise le million ?

MB : Eh oui, on aimerait bien !

LNA : Cette C3 reste européenne, la version sud-américaine sur base de l’ancienne génération ayant été restylée l’an passé, n’est-ce pas ?

MB : Cette C3 est produite uniquement à Trnava mais elle est diffusée dans l’ensemble des régions du monde. On la vend aussi en Amérique du Sud au Chili par exemple, en Equateur, mais pas au Brésil. La C3 est européenne dans sa conception et sa fabrication, mais elle reste mondiale dans sa commercialisation. Au Japon par exemple, elle se vend très bien et dans des niveaux de finition très élevés !

LNA : D’ailleurs, quelles sont les proportions de finitions les plus hautes vendues ?

MB : On atteint les 45 % de ventes en finition haute, et très peu de niveaux d’entrée de gamme. Cela donne un mix de voitures bien équipées, très personnalisées et même dans les niveaux intermédiaires, les clients choisissent les options de personnalisation.

LNA : Quel a été votre parcours avant ce projet ?

MB : J’ai toujours travaillé pour Citroën et commencé à la Communication, avant d’aller aux études clientèles. Un long séjour Couleurs & Matières a suivi au produit, et la C3 est mon premier modèle en tant que chef de produit. C’est une voiture très attachante la C3, par son esprit et notamment sa silhouette qui est assez unique, plus haute et horizontale sur le segment, quand les autres sont plus basses et dynamiques. Par son confort et ses couleurs de personnalisation, on a une vraie carte à jouer dans les années qui viennent, même si ce n’est qu’une mi-vie.

LNA : Merci Madame Bondil pour ces réponses.