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Renault Twingo Electric LNA Thibaut Dumoulin (51)

Essai Renault Twingo Electric : Good Vibes only

Renault Twingo Electric LNA Thibaut Dumoulin (51)

Pauvre Twingo, petite star déchue ! Autrefois coqueluche intergénérationnelle, elle est quelque peu rentrée dans le rang (mais pas trop) sur un segment, il n’y a pas si longtemps, concurrentiel… mais désormais en déclin. Pas assez rentables, les petites C1, Aygo, 108, Karl et autres Ka+ seront bientôt toutes du passé. Pour survivre, c’est l’électrochoc, littéralement : la Twingo devient électrique ! La touche Twingo et son petit prix lui permettront-ils de remonter sur son piédestal ?

Renault Twingo Electric : une nouvelle déclinaison plutôt que le déclin

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Nous avions croisé la Twingo Electric pour la première fois la semaine précédent l’essai. Et si nous l’avions remarquée, c’était uniquement à cause de sa teinte Orange Valencia, exclusive à la série limitée Vibes de cette Twingo à batterie. Et à ses jantes blanches, qui créent ce contraste ayant attiré notre regard. En arrivant à la doubler, nous avions aussi remarqué les motifs blancs de la calandre inférieure qui la distinguent des versions thermiques (qui, elles, ne les reçoivent que sur la calandre supérieure). Mais à part cela, cette Twingo cherche à se fondre dans le décor !

Étonnamment, ça ne marche pas. Est-ce sa teinte vitaminée ? Ses stickers contrastants ? Ou son silence ? Les regards braqués avec insistance sur notre véhicule d’essai nous ont laissés pantois. On serait tentés de dire que le restylage de l’an dernier a maintenu la fraîcheur de la ligne, née il y a déjà 6 ans, pour que les têtes se tournent encore ainsi sur elle.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas son allure de grosse Fiat 500, sa hauteur étonnante (1,54 m), la Twingo jouit toujours d’un capital sympathie intéressant engendrée par sa bonne bouille et tous ces petits détails qui font son charme.

À bord de la nouvelle Twingo Electric : dur dur d’être un EV !

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Ces détails craquants, nous les retrouvons aussi dans l’habitacle, où les plastiques durs et brillants sont presque oubliés quand on commence à regarder un peu partout. Sellerie mêlant cuir sombre à surpiqûres orange et tissus blanc à rayure orange, intérieur des rangements de portes blancs, décoration du tableau de bord également immaculée, cerclage orange à la base du levier de vitesses… Les petites touches de gaieté mettent du baume au cœur ! Attention cependant, tout cela est propre à la version Vibes… Sur la finition d’entrée de gamme Life, attendez-vous à un intérieur autrement plus austère où le noir domine !

Dans tous les cas, l’électrification n’a rien changé à l’espace intérieur et à son aménagement. À l’avant, les sièges marquent littéralement par leur raideur, surtout au niveau du dossier, bien trop droit. Les appuis-tête intégrés limitent la visibilité vers l’arrière et, inversement, gâchent la luminosité pour les passagers du deuxième rang. Ceux-ci disposent en contrepartie d’un espace satisfaisant, plus important que celui proposé par ses rivales de chez PSA, et de vitres qui s’entrebaillent, comme sur ces dernières. Les 2 portes arrière facilitent l’accès à bord, sont dotées de ces fameuses poignées arborant la silhouette du véhicule et révèlent un rangement astucieux. En parlant de rangement, le volume de coffre est aussi inchangé et garde ses 219 dm3. MAIS il contient désormais les câbles de recharge encombrants, ce qui empiète sur l’espace disponible…

Essai Renault Twingo Electric : c’est la watt qu’on préfère

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Pour mouvoir la petite Twingo sans émettre de CO2, Renault utilise le moteur électrique R80 (pour 80 ch, mais la puissance est de 82 ch exactement). Le surpoids par rapport à la version thermique n’est que de 169 kg, soit 1 168 kg au total. La puissance devrait donc suffire étant donnée la relative légèreté. Sur le papier, le 0 à 100 est donné pour 12,9 secondes et le couple affiche 160 Nm. Des valeurs pas très impressionnantes, mais qui se traduisent dans la réalité par une vivacité appréciable. Le cocktail électrique prend : avec le couple instantané, les départs au passage au vert sont fulgurants. Et comme c’est une propulsion, les roues ne patinent pas au démarrage en trombe. Pour arrêter la citadine bien lancée, il y a le freinage classique, plutôt facile à doser, et le mode B, qui produit un frein moteur plus ou moins important en fonction de l’intensité choisie : 1, 2 ou 3. Il n’y a qu’en 3 que l’effet est vraiment perceptible. Dommage, s’il ralentit fortement le véhicule, il ne permet pas d’aller jusqu’à l’arrêt.

En plus de ces 3 modes de freinage régénératif, la Twingo électrique dispose de deux modes de conduite. Le mode normal, activé par défaut, et un mode éco, pour préserver l’autonomie. Ce mode ne dégrade pas les performances à l’excès et autorise encore des dépassements sereins, en retirant quelque peu le piquant de la conduite électrique sans latence. Mais la différence avec le mode normal est toutefois notable. Cela ne gêne ni en ville, où le diamètre de braquage rikiki est toujours aussi hallucinant et réjouissant, ni au-delà. La Twingo dispose de suffisamment de ressources pour s’aventurer jusque sur l’autoroute (la vitesse est bridée à 135 km/h). Nous nous sommes contentés de voies à 110 km/h, sur lesquelles la puce de Renault s’est avérée à l’aise, malgré une sensibilité marquée au vent latéral. Mieux, les bruits de roulement sont contenus et on apprécie d’autant plus le silence de fonctionnement de la mécanique.

Avec sa petite batterie de seulement 22 kWh, la Twingo annonce une autonomie en cycle mixte d’homologation WLTP de 190 km. De quoi vivre ses aventures quotidiennes sans problème, surtout si elles sont urbaines puisque l’homologation WLTP en utilisation exclusivement citadine atteint alors 270 km. Au départ de notre essai, notre Twingo affichait, sur son écran monochrome pas très lisible, 177 km d’autonomie. Au bout de 49 km, principalement en mode normal, freinage en B3 et avec pas mal d’accélérations insistantes, il nous restait 70% et 137 km d’autonomie. Notre consommation s’est établie à 13,6 kWh/100 km. Un score honorable.

Pour recharger, la Twingo est livrée de série avec un chargeur caméléon permettant de récupérer 80 km d’autonomie en 30 minutes, et 80% en 1 heure. En revanche le câble mode 3 pour Wallbox est en option à 250 € et il n’existe pas d’option de charge rapide. Pour l’installation d’une Wallbox à domicile, Renault préconise Proxiserve, à la libre appréciation du client.

Équipements Renault Twingo Electric : de 0 à sans.

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Qu’elle est belle, notre orange mécanique…électrique ! Pleine de pep’s, la série spéciale Vibes est aussi la plus chère du catalogue, 1 000 € de plus que la version haut de gamme Intens. Ce surcoût est expliqué par la peinture métallisée Orange Valencia de série, les jantes alliage 16” Monega diamantées Blanc avec écrous de roue orange, la personnalisation intérieure, le système audio spécifique avec subwoofer et l’alerte de franchissement de ligne.

Comme sur une Intens, la Twingo Electric Vibes reçoit le système multimédia Easy Link 7” avec navigation connectée, compatible Android Auto et Apple Carplay. Ni très lisible ni réactif, ce système a au moins le mérite d’être plutôt simple d’utilisation. Les sièges chauffants sont aussi de la partie, une nouveauté sur la Twingo. Mais en dehors de ce raffinement, l’équipement de confort et d’aides à la conduite est plutôt chiche. On trouve un régulateur et limiteur de vitesse, les radars de stationnement et la caméra de recul, et guère plus.

Prix Renault Twingo électrique : la plus abordable… pour l’instant !

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Renault Twingo Electric à partir de 21 350 € hors bonus écologique.
Modèle essayé : Renault Twingo Electric Vibes à 26 750 € incluant l’option stickers extérieurs (300€), hors bonus écologique.

Concurrence

C’est du côté du groupe Volkswagen qu’il faut se tourner pour trouver les rivales toutes désignées de la Twingo Electric. La Seat Mii pouvait jusqu’à présent se revendiquer citadine électrique la moins chère du marché (on parle de voiture et pas de la Citroën Ami qui est un quadricycle sans permis !), mais la Twingo lui pique ce titre en se plaçant 600 euros moins cher en entrée de gamme. Mais la petite ibère propose la climatisation automatique et l’alerte de franchissement de ligne dès l’entrée de gamme, et affiche 260 km d’autonomie en cycle mixte, et jusqu’à 360 km en cycle urbain. La Volkswagen e-Up offre les mêmes caractéristiques mais débute quant à elle à 23 740 euros. Enfin, cousine technique de la Twingo, la Smart EQ Forfour est proposée à partir de 27 350 euros et dispose de seulement 153 km d’autonomie. La Twingo est donc pour l’instant la citadine électrique la moins chère… en tout cas jusqu’à l’arrivée de la nouvelle Dacia Spring !


La Twingo se renouvelle, mais cela ne se voit presque pas ! Avec ses nouvelles entrailles ioniques, la citadine iconique du losange conserve son charme, ses atouts et ses petits défauts… le chauffage dans le coffre dû au moteur thermique en moins ! Convaincante, cette nouvelle proposition électrique ne devrait pourtant pas faire trop d’ombre à la Zoé au vu de son autonomie moindre. Ni à la Twingo thermique, qui reste au catalogue et représentera, selon Renault, toujours 70 à 80% des ventes de Twingo. Mais alors, fera-t-elle peur à ses concurrentes de chez Seat et Volkswagen ? Avec 80 km d’autonomie en moins et un prix pas si intéressant compte tenu de l’équipement réduit à néant de l’entrée de gamme, pas sûr…

Galerie Photos Renault Twingo électrique

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