Le Nouvel Automobiliste

Essai nouvelle Audi A3 TDI 150 Sportback: No future ?

L’A3, c’est une figure emblématique de la marque aux anneaux. Preuve en est que malgré un marché (sur)saturé par les SUV, elle en est à sa 4ème génération. Face aux BMW Série 1 et Mercedes Classe A qui se sont renouvelées pour mieux se distinguer ainsi qu’une Golf 8 qui monte en gamme, la nouvelle A3 saura t-elle en faire de même?

Nb : Notre version d’essai n’est pas représentative des finitions françaises (en revanche la motorisation, oui) car non commercialisée sur ce marché.

Un style indémodable mais modernisé

Toujours reconnaissable de loin, la nouvelle A3 subit toutefois un certains nombres de transformations et changements. À commencer par la disparition des version 3 portes et cabriolet qui sont jugées peu rentables.

Place donc à la silhouette sportback (avec la berline) qui se reconnaît au 1er coup d’oeil à son profil. Avec un épaulement nettement marqué, celui-ci est dorénavant plus musclé, un peu à l’image de la face avant. La calandre est plus imposante et anguleuse qu’auparavant. Pour compléter le tout, les phares arborent également un style tranché et une cinématique à l’allumage plutôt stylée.

À l’arrière, les feux évoluent également et deviennent dynamiques, un peu à l’image de ce qui a été introduit sur l’A1 à son époque et repris depuis sur les autres productions de la marque.

Les assemblages des panneaux de carrosserie sont de très bonne qualité et n’affichent aucun jeu ou traces de soudures apparentes : on est dans la catégorie premium et cela se voit.

À l’intérieur, il y a une ambiance science-fiction qui se dégage au 1er coup d’oeil. Avec une planche de bord étirée sur toute sa longueur, des aérateurs aux arrêtes saillantes venant se poser dessus ou encore ses immenses dalles numériques de 12,3 pouces et 10,1 pouces, on entre dans un autre monde. Ok, revenons sur terre 2 secondes : l’ensemble est cohérent mais il y a quelques endroits qui semblent un peu vide, tel que sur la console centrale ou encore entre le GPS et le reste de la planche de bord.

La qualité est toujours au rendez-vous même s’il y a quelques plastiques peu flatteurs en bas de console et portières mais honnêtement, ce n’est pas ce que le client ira pas vérifier tous les matins. En revanche, face à une Golf 8 qui continue de monter en gamme, l’écart se resserre peu à peu. Mais l’A3 conserve tout de même son avance au travers des matériaux utilisés et de l’harmonie de ceux-ci, renvoyant bien à la classe du dessus. Et que dire de ces magnifiques sièges en cuir à surpiqûres blanches !

L’A3 est un peu basse au niveau de l’assise mais une fois installé, il est aisé de trouver sa position de conduite, notamment grâce aux différents réglages des sièges électriques. Bien ancré dans ces sièges typés sport, les commandes tombent naturellement dans la main, tout comme le volant à quatre branches, quoiqu’un poil trop grand… Quand on goûte au petit volant de Peugeot, il est compliqué de revenir en arrière.

Le tout est complété par une bonne lisibilité des informations grâce au digital cockpit. Ce dernier affiche des dimensions supérieures par rapport à ceux des autres marques du groupe afin de conserver (justifier?) une certaine légitimité par rapport aux autres.

Pour une compacte, l’A3 ne propose pas un grand espace pour ses passagers arrière et l’assise des sièges n’est pas assez creusée pour les grands gabarits. Toutefois, ils pourront supporter un long trajet et caser leurs bagages dans les 380l de volume de coffre. C’est correct pour le segment global mais pas si mal sur la partie constructeurs premium, face à une BMW Série 1 et ses 360l ou encore la Classe A avec ses 314l.

Efficace mais sans brin de folie

Un autre atout de l’A3, c’est son insonorisation. Dès que la portière se ferme, on est surpris par le calme qui règne à bord. Pour les mélomanes, l’option Bang & Olufsen qui équipe notre modèle (avec ses 15 haut-parleurs, option à 610 euros) permet de se plonger instantanément dans un cocon de musique.

Tout serait parfait si la sonorité du bloc TDI ne venait pas perturber le tout. Car comparé aux blocs diesel équipant les BMW ou Mercedes, il se montre un poil plus présent, trahissant son existence mais aussi son origine.

Cette version TDI 150 (plus parlant que la dénomination officielle du constructeur, TDI 35), est un bloc bien connu dans le groupe VAG et qui devrait représenter le coeur de gamme. Dorénavant plus vertueux, il est modernisé avec l’implémentation d’une double injection d’AdBlue lui permettant de réduire ses émissions de NOX de 80 % par rapport à sa devancière. Ces dernières vont de 119 à 132g et permettent à l’A3 d’échapper de justesse au malus 2021.

La boîte S-Tronic à 7 rapports, unique transmission disponible, se montre toujours aussi efficace dans son ensemble, avec des passages imperceptibles et rapides. Si, auparavant, on pouvait reprocher un contraste trop prononcé entre les modes confort (rapports courts) et sport (rapports longs), des progrès permettent d’homogénéiser le tout.

En soi, le combo TDI 150 et S-Tronic s’avère redoutable sur la route, par ses performances (avec un 0 à 100 en 8.3s, il n’a pas à rougir) et sa consommation raisonnable. 5,5l /100 km ont été relevés durant notre essai, ce qui permet à l’A3, avec son réservoir de 50l, de couvrir environ 900 km avec un plein. On vous avoue que de ce fait, on cherche l’intérêt d’une éventuelle variante hybride…

C’est d’autant plus plaisant car l’A3 nouvelle génération se montre toujours efficace sur la route (en tout cas avec les suspensions adaptatives en option à 1 120 euros), avec un châssis incisif et une direction communicative. On enchaîne les virages sans que le train avant ne se retrouve débordé par le couple de 360Nm. L’A3 se relance ainsi sans difficulté et continue d’offrir une conduite irréprochable.

On reste également bien installé, dans les sièges sport, ces derniers assurant un bon maintient aussi bien au niveau latéral que des cuisses mais surtout offrant un bon confort des lombaires, notamment au niveau de l’assise.

Bien qu’équipée de jantes 19 pouces, l’A3 reste confortable (une fois le mode approprié choisi via le Drive Select parmi les différents modes) même s’il subsiste une légère fermeté, pas rédhibitoire pour autant. Les plus fragiles pourront conserver des jantes de 18 pouces de série.

La nouvelle A3 se met à la page d’un point de vue équipements et propose une solution complète d’aides à la conduite avec le régulateur adaptatif couplé au maintien dans la voie ou encore l’avertisseur d’angles morts et la lecture des panneaux. Cette dernière est peut être un peu trop écolière et manque de jugement dans certains cas de figure.

On retrouve également un écran tactile ultra-réactif ainsi qu’un affichage tête haute aux dimensions généreuses reprenant les instructions de route, telles que la signalisation et la distance restante avant un changement (virage, insertion…).

L’A3 coche toutes les cases sur le comportement routier et se montre plaisante au quotidien. Mais ce qui lui fait défaut, c’est un plaisir de conduite qui lui soit propre, surtout si on la compare à la concurrence.

Toujours aussi exclusive ?

C’est là que le bas blesse. Il manque à l’A3 une « killer feature » aujourd’hui, ce petit plus qui lui permettra d’attirer votre regard et de s’attirer votre préférence. Elle dispose certes des feux Matrix LED ou encore du digital cockpit mais cela reste semblable à ce que la concurrence propose.

D’un côté, la BMW Série 1 opère un changement radical de comportement et de style, tout en maintenant un certain niveau d’exigence côté matériaux et ambiance. Elle propose également des équipements inédits tels que le reversing assistant (la voiture enregistre les mouvements effectués sur les 50 derniers mètre et peut reproduire ceux-ci à l’envers afin de vous sortir d’un endroit complexe) ou encore le déverrouillage avec le smartphone.

Quant à la Mercedes Classe A, elle affiche clairement la nouveauté avec ces immenses écrans ou encore un GPS en réalité augmenté.

L’A3 dispose de 4 niveaux de finitions (Sportback / Design / S-Line / Design Luxe) et de 3 moteurs (1 essence de 150ch et 2 diesels de 116 et 150ch). Cette dernière motorisation et associée uniquement à la boîte S-Tronic, et ses tarifs s’échelonnent de 34 050 euros à 42 750 euros.

En comparaison, la BMW Série 1 118d voit ses tarifs osciller entre 32 949 et 40 399 euros tandis que la Classe A 200d Automatique 8 rapports coûte de 34 449 à 39 949 euros (le diesel 150 n’étant pas proposé sur les plus hautes finitions).

Sur une finition S-Line (semblable à celle de notre véhicule d’essai), les 3 concurrentes offrent un niveau d’équipement similaire et la différence se fera sur les options.

Mais l’A3 se voit également chahutée par la concurrence interne, avec une Golf 8 qui vient de franchir un cap en exhibant une qualité de finition en hausse ainsi qu’une pléthore de nouveauté technologiques.

Elle peut bénéficier à son tour des feux Matrix LED, du Digital Cockpit Pro ou encore de l’affichage tête haute et des aides à la conduites disponibles sur l’A3. Pour un tarif inférieur de 7 000 euros, seriez-vous prêt à faire l’impasse sur cette touche « premium » ?


Bilan de l’essai nouvelle Audi A3

La nouvelle A3 voit son style évoluer et sait rester sexy. Elle est également toujours aussi efficace sur la route tout en se montrant confortable. Même si elle s’établie un cran en dessous de celle de la génération précédente d’A3, sa finition lui permet actuellement de rester dans la catégorie premium. Mais il lui manque de réels atouts pour se distinguer de la concurrence et surtout justifier un tel écart de prix avec sa cousine la VW Golf 8. À voir si les fidèles de la marque aux anneaux… le resteront.

Article et crédits photos : Fabien LEGRAND