Déjà un an et demi s’est écoulé depuis le reveal à Madrid des Cupra Formentor et Leon restylées. Même si nous avons été bien occupés entre temps à essayer d’autres nouveautés, notamment des SUV qui prolifèrent comme des lapins, il était grand temps de prendre le volant du best-seller de la marque espagnole ! S’est-on habitué à son nouveau design qui ne nous avait pas totalement convaincus par rapport à la version initiale du modèle ? Le Formentor est-il toujours dans le coup, et surtout, cette motorisation hybride rechargeable la moins puissante, avec tout de même 204 ch, offre-t-elle l’agrément et la sportivité que la marque se revendique ?
Cupra Formentor hybride rechargeable : fort en gueule

En considérant le design de ce Formentor hybride rechargeable dans son ensemble, par sa silhouette et dans ses grandes lignes, celui-ci se caractérise par son aspect trapu, tout en muscle, avec sa hauteur réduite de 1,51 m, sa largeur d’1,99 m rétroviseurs déployés et sa longueur compacte de 4,45 m. Ses deux trappes (ça y est, vous avez le jeu de mots du titre) qui caractérisent quant à elle, visuellement parlant, la version hybride rechargeable des autres motorisations de la gamme. L’une à l’avant gauche pour la recharge de la batterie, l’autre à l’arrière-droit pour le plein d’essence.


A la question « s’est-on habitué au design du Formentor depuis son restylage » ? La réponse est oui. A condition de ne pas considérer la version précédente, qui avait une personnalité sympathique mais sans doute plus consuelle avec ses feux additionnels ronds, quand cette nouvelle itération mise sur les triangles et les traits acérés pour un résultat beaucoup plus affirmé voire agressif.


Mais il n’en reste pas moins que ce véhicule est séduisant, par ses lignes qui font mouche – à en croire les commentaires spontanés reçus lors de cet essai. Cohérent dans son ensemble, le design l’est aussi dans le détail, avec l’adoption des codes de la marque qui la distinguent aujourd’hui clairement de ses concurrents, notamment de la marque cousine Seat : touches cuivrées, motif triangulaire dans les optiques, bandeau lumineux arrière reliant les feux en passant par le logo rétroéclairé.

Ce qui continue de nous interpeler, dans le fond, c’est sans doute juste la calandre supérieure réduite à une simple fente, rabotée au profit du « nez de requin », ce pli de carrosserie horizontal entre les deux phares, et d’une calandre inférieure plus grande. C’est peut-être plus sportif, mais moins élégant. Ceci étant dit, la Leon est quant à elle totalement dépourvue de calandre supérieure. En comparaison, le Formentor est plus réussi !

Et si on le considère de profil ou de 3 quarts arrière, c’est là que le charme opère. La nervure en partie haute, au-dessus du passage de roue arrière, élance le véhicule vers l’avant tout en lui donnant l’air bien posé au sol, et le bandeau de feux rétroéclairés, légèrement incliné, offre largeur et prestance au crossover sous cet angle.

Petit sourire en coin tout de même en constatant que les canules d’échappement cuivrées sont factices. Ces ornements permettent toutefois de distinguer la motorisation sous le capot du Formentor, qui propose aussi des sorties d’échappement noires, doubles ou quadruples selon le bloc étrenné et signées Akrapovic sur la version VZ 333ch.
A bord du Cupra Formentor : du sport, du confort

A bord également, le Formentor reprend les éléments clés de différenciation de la marque Cupra, avec notamment les touches cuivrées à peu près partout qui font écho au logo de la marque espagnole (qui cèdent leur place au chrome foncé sur les versions haut-de-gamme). Et pourtant, pour qui a l’habitude de monter à bord de véhicules d’autres marques du groupe Volkswagen, les points communs sont nombreux !




Commodos, boutons, écrans et interface multimédia ont en effet un air de déjà-vu. L’écran central affiche depuis le restylage du Formentor une diagonale de 12,9 pouces. Quant au digital cockpit, – l’ordinateur de bord – il s’étend sur 10,25 pouces.

Le choix de la finition impacte la présentation intérieure, notamment les sièges et les inserts décoratifs. Mais il est également possible de personnaliser soi-même son habitacle selon différents paramétrages comme ceux de l’éclairage d’ambiance et des écrans.
Le premier, le Smart Ambient Light, permet de choisir parmi un large panel la couleur du bandeau lumineux courant de part en part du tableau de bord, indépendamment de l’éclairage des contre-portes. Cela peu paraître gadget mais la couleur influe clairement sur l’ambiance et sur l’état d’esprit des occupants, donc sur l’expérience du conducteur.



L’ordinateur de bord dispose quant à lui de plusieurs modes d’affichage, dont malheureusement un seul qui affiche la vitesse au centre et en grand – ce qui empêche alors d’accéder à d’autres informations disponibles dans les autres affichages. Les deux offrent des affichages mettant plus ou moins en avant certaines informations comme le compte-tours ou les informations de conduite. La vitesse est alors reléguée au rang d’info secondaire. On notera d’ailleurs que cette donnée est particulièrement précise, alignée au km/h près de celle fournie par Waze ou par les radars pédagogiques.




Considérons également les passagers et leur accueil. A l’avant, le copilote profite d’un espace dégagé et de l’accoudoir central à hauteur réglable. Sous son siège se trouve un tiroir de rangement ; ingénieux pour valoriser cet espace.
A l’arrière, les passagers latéraux profitent également d’un espace correct – avec des passagers avant de taille standard qui ne reculent pas leur siège à fond – et d’un accoudoir également, dissimulé dans la place centrale. Pas de rangement ou d’accessoire particulier pour la vie de famille, pas de fantaisie de présentation, le Formentor fait simplement l’effort d’accueillir dignement les passagers arrière.

La contenance du coffre du Cupra Formentor hybride rechargeable s’élève à 345 dm3. Un volume amputé par la batterie par rapport aux versions thermiques, qui proposent 420 à 450 dm3. Notre Cupra Formentor PHEV n’en demeure pas moins suffisamment logeable en encaissant l’équivalent de 4 valises cabines. Outre le volume, il se montre également pratique. Derrière l’accoudoir rabattable se cache par exemple une trappe à skis. Cela faisait des lustres qu’on n’avait pas vu ce petit accès à la soute qui peut s’avérer appréciable de temps en temps.
Essai Cupra Formentor : efficace sans effort

Présenté comme sportif, le « Form‘ » est-il ferme ? Quand il dispose de la suspension adaptative DCC comme notre modèle d’essai, ce n’est pas forcément le cas. Au contraire, il peut même être très souple et tanguer comme un bon SUV familial si l’on place le curseur sur « confort » dans le paramétrage de la suspension. Les modes de conduite peuvent être sélectionnés via le bouton dédié à gauche du volant, orné du logo de la marque, et il est alors possible de modifier les paramètres via l’écran central.


Effet opposé en orientant le curseur vers « Performance ». A l’instar de la direction, la suspension devient alors sensiblement plus ferme. Que l’on conduise seul ou en famille, sur des routes lisses ou abimées, de façon dynamique ou douce, on apprécie de pouvoir changer ainsi le comportement du SUV au gré des envies.
Lors des premiers kilomètres de notre essai, effectués sur l’autoroute, nous réglons également le régulateur adaptatif en mode Performance. Il agit alors de manière un peu brutale, en nous replaçant dans la voie d’un coup de volant quand on traîne trop à son goût pour le faire manuellement. Pas dangereux, mais intimidant. En revanche, quand il s’agit de lui faire changer de voie tout seul comme son fonctionnement le permet en théorie, il fait le timide ! Le reste du temps, il agit sagement et on conduit sereinement en changeant la vitesse du bout des doigts par paliers de 10 km/h.

Après avoir réalisé ces premières observations particulières, rappelons que nous sommes à bord d’un véhicule hybride rechargeable qui est censé être aussi économe que puissant, deux notions antinomiques qui peuvent expliquer le caractère schizophrénique du Formentor. Pour atteindre ces deux objectifs, il s’appuie sur un moteur thermique 1,5 de 150 ch et un moteur électrique de 116 ch – soit 204 ch cumulés. Le couple cumulé de 350 Nm s’avère intéressant pour lancer ce véhicule de 1,7 tonne tandis que l’autonomie électrique annoncée de 117 à 126 km laisse espérer un coût d’utilisation modéré.
Dans les faits, par défaut, le Formentor hybride rechargeable se montre doux et favorise l’utilisation de l’énergie électrique, sauf lors des plus fortes sollicitations de l’accélérateur. Avec sa puissance mesurée, le moteur électrique à lui seul ne suffit bien évidemment pas à fournir des performances enthousiasmantes. Mais la gestion des deux modes de propulsion est plutôt pertinente et s’adapte aux besoins en temps réel en répartissant intelligemment les 117 à 126 km d’autonomie annoncée.
Après 260 km de route en mode normal, nous disposions encore de 9 km d’autonomie électrique. Et une fois à zéro, le moteur thermique continuait à se faire discret lorsque son intervention n’était pas nécessaire, le groupe motopropulseur continuant à fonctionner comme un hybride classique.
Mais avec une batterie théoriquement vide, le boost électrique n’est alors plus disponible pour profiter de toute la puissance cumulée. Puisque, bien entendu, nous tenions à vérifier le dynamisme et les performances de cette Cupra. Après tout, l’ordinateur de bord dispose d’un mode chronomètre !

Et niveau dynamisme, le Cupra Formentor est effectivement un engin fort recommandable. Par son châssis bien stable, rassurant et précis (pour le peu, une fois de plus, qu’on choisisse un typage sportif), et par sa mécanique volontaire en mode normal et sport, de surcroit en positionnant le levier de vitesse sur S (pour Sport). De souple et un peu trop tranquille, le Formentor peut donc montrer un deuxième visage plus vif et plaisant, qui donne envie d’essayer d’autres versions plus puissantes.
En chiffres, le 0 à 100 km/h abattu en 7,9 secondes suffit pour donner le sourire. C’est seulement 7 dixièmes de moins que l’hybride rechargeable de 272 ch, mais bien entendu la motorisation 333 ch creuse l’écart avec seulement 4,8 secondes sur le même exercice.
Côté consommation, le compromis dynamisme/économie fonctionne bien puisque nous obtenons pile 6 litres/100 km en ayant effectué près de 750 km en partant avec une charge presque complète et un plein de 40 litres. Sur la deuxième partie du trajet, avec une batterie affichée à 0, la consommation moyenne s’est établie à 6,5 litres/100 km. Honorable pour un SUV de 200 ch mené de façon normale, en mode normal, se comportant alors comme un « simple » hybride.
Mieux, depuis sa mise à jour, le Cupra Formentor hybride rechargeable dispose d’une recharge en courant continu de 50 kW, qui lui permet de se recharger en 26 minutes seulement. En courant alternative AC 11 kW, comptez 2h30.
Equipements Cupra Formentor : digne d’un coffre fort

La finition V – celle de notre modèle d’essai – ouvre la gamme du Cupra Formentor et donne accès aux motorisations les plus modestes, de 150 ch (micro-hybride et diesel) et de 204 ch (PHEV). Les jantes 18 pouces (19 pouces sur les autres versions ) et les sièges classiques (baquets sur les autres finitions) trahissent sa position d’entrée de gamme, mais son niveau d’équipements est déjà riche : hayon électrique, accès et démarrage mains libres, lumière d’ambiance et lumière d’accueil extérieur, régulateur de vitesse adaptatif, alerte de trafic transversal, système d’infodivertissement avec Android Auto sans fil (quelques bugs à noter mais le smartphone en était probablement la cause), volant chauffant, projecteurs Full-LED… Tous ces équipements cités en vrac sont de série.

Deux packs dont était équipé notre Cupra Formentor viennent compléter la dotation, les packs Advanced drive ( phares matriciels et suspension adaptative DCC) et Intelligent drive (Camera 360° à vue aérienne, système d’aide active au stationnement, système de prévision des collisions, Assistants d’obstacle latéraux et à la sortie du véhicule, ainsi que le système de conduite autonome de niveua 2)
Au niveau des options individuelles, on trouve les sièges baquets en cuir ou encore des jantes 19 pouces cuivrées (18 de série), la sono Sennheiser à 11 haut-parleurs et le toit ouvrant panoramique. Une des 3 peintures mates vous coûtera 2 200 €.
La montée en gamme débute avec le Formentor VZ, qui ouvre le choix aux motorisations puissantes de 265 ch (essence), 272 ch (PHEV) et 33 ch (essence 4 roue motrices). La finition VZ Extreme coiffe la gamme et reçoit tous les équipements de série et propose des options pour en faire un engin qui commence à devenir sportif, notamment des freins de plusgrande dimension. Il n’est proposé en hybride rechargeable qu’en version 272 ch, et en essence 265 et 333 ch. La finition Tribe Edition soigne quant à elle son look intérieur et extérieur.
Prix Cupra Formentor : le cador pas au prix fort

Cupra Formentor à partir de 37 825 €
Modèle essayé : Cupra Formentor V 1.5 eHybrid 204 ch à 45 945 € hors options soit 50 225 € incluant les options peinture métallisée Gris Magnétique (800€), jantes 19 pouces Sandstorm usinées (1 000 €), Pack Advanced Drive (1 545 €), Pack Intelligent Drive ( 935 €)
Concurrence
Au sein du groupe VAG, le lVolkswagen Tiguan eHybrid fait figure de concurrent interne direct, mais se veut beaucoup plus familial…et plus cher, à partir de 55 500 €.
Pour le même prix exactement que le SUV de Wolfsburg, Mercedes-Benz propose son GLA 250e, de taille comparable au Formentor, avec une puissance légèrement supérieure (218 ch) mais une autonomie électrique de seulement 75 km.
Si l’on se tourne vers la France, le Peugeot 3008 hybride rechargeable 195 ch est propsé à partir de 43 490 € et s’échange à des prix comparables à notre SUV espagnol, soit 50 650 € à équipement équivalent (finition GT + options).
Pour trouver un SUV hybride rechargeable moins cher, il faut se tourner vers le constructeur chinois MG, dont l’EHS PHEV Luxury 272ch, avec son autonomie électrique annoncée à 100 km, est proposé à seulement 35 640 €.
Bilan essai Cupra Formentor : on l’aime fort
Ce Formentor nous a toujours fait de l’oeil avec son design aguichant, même après une phase d’adaptation entre la première et la seconde interprétation. Une fois au volant, il ne nous a pas déçus ; cela est difficile tant il peut se plier à nos envie avec son amplitude de paramétrages. Au-delà de ça, il se montre spacieux en restant compact, chaleureux malgré son petit côté « germanique » heureusement égayé par Cupra, et économique tout en ne rechignant pas à montrer son petit caractère. Un petit coup de coeur !
Album photos Cupra Formentor




































Crédit photos Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste
