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J’avais déjà découvert cette version allongée du CX-80 lors de son lancement, aux côtés de mon camarade Nicolas Laperruque. Une prise en main alors assez rapide, typique d’un essai presse. Cet article vient donc la compléter par un usage beaucoup plus représentatif, avec plus d’une semaine au volant et 1500 km parcourus, dans des conditions bien plus proches de la vraie vie.

Design extérieur

Le CX-80 est clairement le grand frère du CX-60. Très long, très imposant, il assume pleinement son statut de grand SUV familial. On est face à une voiture très grande, très large, très logeable, et ça se voit immédiatement. Ce n’est pas un véhicule fait pour se faufiler en ville ou se garer dans un trou de souris à Lyon ou à Paris, mais ce n’est clairement pas sa vocation.

Dans cette finition haut de gamme Homura, avec la peinture métallisée et le grand toit ouvrant – devenu presque une rareté aujourd’hui et qu’il faut vraiment saluer – le CX-80 dégage une vraie présence sur la route. Un véhicule statutaire, mais sans excès ostentatoire.

Aménagement intérieur et modularité

À l’intérieur, cette version est en finition Homura: cuir intégral, très beau design de sellerie, ambiance soignée, même si l’on retrouve encore un peu de plastique dur sur la planche de bord et les panneaux de porte.

L’espace est tout simplement impressionnant. La version essayée est une 7 places en configuration 2-3-2, avec une banquette arrière coulissante et une troisième rangée qui disparaît entièrement dans le plancher. Il existe aussi des versions 5 places et 6 places (2-2-2).

Même en configuration 7 places, le coffre reste acceptable avec 258 litres. Et surtout, Mazda a eu une excellente idée : le cache-bagages se range dans le plancher lorsqu’on n’en a pas besoin. Simple, malin, efficace.

À l’arrière, on trouve des connecteurs usb-c, une climatisation dédiée et surtout une vraie habitabilité. On peut être trois sur la banquette du rang 2 sans que ce soit insoutenable. C’est une vraie voiture familiale, pensée pour transporter des personnes autant que des objets.

Pour preuve, à mon retour de Lyon, je transportait près de 450 kg de livres, répartis entre la banquette arrière et le coffre, avec donc quasiment toute la masse postionnée à l’arrière. Malgré cette charge très déséquilibrée, le CX-80 ne s’est avachie sur ses suspensions n’a dégradé son comportement.

Conduite et comportement routier

Sous le capot, on retrouve un six cylindres diesel, en version 4 roues motrices, développant 254 chevaux. À froid, on entend un peu les claquements du diesel, mais cela reste très supportable. Et dès qu’on accélère, le moteur délivre un son agréable, sans être noble, mais suffisamment valorisant pour un SUV de ce gabarit.

Le châssis est en net progrès par rapport au CX-60. Mazda a clairement travaillé sur les réglages de suspension : la voiture ne pompe quasiment plus, même chargée. Le confort est très bon, peut-être un peu ferme pour certains, mais sur 1500 km, dont beaucoup d’autoroute, je ne ressentirai aucune fatigue.

Même lourdement chargé, le comportement reste sain, stable et rassurant. La voiture conserve sa qualité de tenue de route, ce qui est particulièrement appréciable lorsqu’on tracte ou qu’on transporte des charges importantes. Le CX-80 peut d’ailleurs tracter jusqu’à 2,5 tonnes.

Côté ergonomie, Mazda a écouté ses clients. Par rapport aux premiers CX-60, il est désormais possible d’interagir avec l’écran tactile en roulant, ce qui change tout.

Les aides à la conduite sont toutes déconnectables, même si la manipulation reste un peu fastidieuse. Mais Mazda a ajouté un bouton dédié pour couper les alertes sonores, notamment celles de vitesse ce qui change un peu le confort  » sonore » . Résultat : les aides restent actives, mais deviennent enfin supportables. L’alerte de fatigue, par exemple, s’affiche sans sonner.

On apprécie aussi la présence de boutons physiques pour la climatisation, les sièges chauffants et ventilés, ainsi qu’une molette centrale à l’ancienne, façon BMW, très agréable à utiliser. Le volant en cuir est excellent, les commandes bien placées.

Seul vrai petit défaut au quotidien : un temps de latence entre le démarrage en position P et l’enclenchement de la marche arrière. Rien de grave, mais perceptible.

Consommation, autonomie et recharge

C’est l’un des grands points forts de ce CX-80 diesel. Sur 1500 km d’essai, avec beaucoup d’autoroute, de la ville à Lyon, des démarrages à froid et une grande partie du trajet en charge, la moyenne s’est établie à 7 litres/100 km.

Pour un véhicule de plus de deux tonnes, 4 roues motrices, 254 chevaux et capable d’embarquer 500 à 600 kg de charge, c’est remarquable.

Mieux encore : l’autonomie. En roulant raisonnablement, on flirte avec 900 à 1000 km. Le confort de ne pas penser en permanence au ravitaillement est tout simplement génial. On s’arrête quand on veut, où on veut, sans contrainte, loin des réservoirs ridicules de certains véhicules essence ou hybrides.

Prix

Dans cette configuration toutes options, finition Homura, transmission intégrale, grand toit ouvrant et peinture métallisée, le CX-80 est affiché à 73 000 €, sans rien à rajouter. sauf le malus au poids qui s’envole à : 16 130 € et le malus tout court de Malus Co2 : 4 543 €

Si vous avez trois enfants Le malus écologique CO₂ ne disparaît pas : il reste de 4 543 € car l’abattement ne ramène pas les émissions assez bas pour annuler le malus.
Par contre le malus au poids est fortement réduit pour une famille nombreuse, car la réduction familiale peut soustraire jusqu’à ~600 kg de la base de calcul.
Bilan : 5 500 € à 7 500 € pour les 2 malus au total ( suivant la finition choisie).

Dans l’absolu, c’est une somme importante, mais au regard de la concurrence, cela reste raisonnable pour un véhicule de ce gabarit, aussi polyvalent et aussi bien équipé.

Concurrence

Face au CX-80, il y a peu d’alternatives réellement crédibles. Le Volvo CX80 hybride est plus chers, vieillissants et pas forcément plus agréables à vivre. Un Hyundai Santa Fe a été essayé également, mais la déception était au rendez-vous, notamment sur l’hybridation et l’électronique embarquée.

Conclusion

Le Mazda CX-80 diesel est un véhicule qui sait presque tout faire. Transporter une famille, tracter lourd, avaler des kilomètres d’autoroute, rouler chargé sans se dégrader, offrir une vraie autonomie et un confort durable.

Il n’est évidemment pas fait pour la ville dense ni pour se garer facilement, mais ce n’est pas son rôle. Pour qui cherche un SUV 5, 6 ou 7 places, réellement polyvalent, confortable, efficient et agréable à conduire, le CX-80 fait clairement partie des meilleurs choix actuels Un produit à essayer sérieusement en concession.

François Bouet

Ps: si vous êtes fan de Mazda et en particulier de MX-5, découvrez comment j’ai acheté la 65ième MX-5 produite.