La BYD Sealion 7 AWD ne vient pas simplement élargir la gamme du constructeur chinois. Avec 520 ch, une transmission intégrale et une batterie de grande capacité promettant une grande autonomie, ce SUV électrique veut afficher des chiffres dignes des références du segment. Mais au-delà de la fiche technique, c’est une ambition qui se dessine : celle d’un modèle capable de conjuguer performances musclées, autonomie généreuse et présentation premium. Reste à savoir si la Sealion 7 sait transformer la puissance en agrément, la technologie en émotion, et l’ambition en véritable alternative crédible aux ténors du segment.

Design extérieur de la BYD Sealion 7
La BYD Sealion 7 dans sa version haut de gamme Excellence se présente comme un SUV coupé de près de 4,80 mètres, affichant 2,43 tonnes sur la balance. Visuellement, la face avant évoque immédiatement Porsche, tout comme l’arrière d’ailleurs. Ce n’est pas désagréable, mais ce n’est pas non plus un style très original. L’ensemble est massif, posé sur des jantes de 20 pouces chaussées de pneus Michelin. Un aileron arrière assez imposant veux évoquer un côté coupé, accentué par un design arrière très « fuyant ».
A l’avant, on découvre également un coffre (frunk) de 58 litres qui complète un grand coffre de 520 litres. Le coffre avant permet de loger facilement le câble de recharge domestique et 11 kW. C’est un vrai plus pour éviter de devoir fouiller sous le plancher du coffre arrière quand on en a besoin et que le coffre est plein.
Bienvenue à l’intérieur
À bord de la BYD Sealion 7, l’espace est généreux, y compris à l’arrière. La sellerie est annoncée en cuir, mais en réalité seule la partie centrale perforée l’est réellement. A l’avant, les sièges sont ventilés, ce qui s’avère très appréciable par forte chaleur. La ventilation n’est pas violente mais suffisamment efficace pour rafraîchir vos petites fesses.
Les sièges avant sont électriques à mémoire, avec un accès à cette mémorisation pas très intuitive à trouver. La qualité perçue est correcte avec de nombreuses coutures décoratives et des panneaux de porte habillés de simili cuir. En revanche, les ajustements et l’assemblage ne sont pas irréprochables, sans que cela soit rédhibitoire.
Un point très positif concerne l’emplacement du téléphone : il est bien positionné, face aux places avant, doté d’une recharge sans fil et ventilé (ce qui évite toute surchauffe). La sono à 12 enceintes signées Dynaudio diffuse un son excellent, bien aidé, par un habitable très silencieux.
En revanche, l’accès aux réglages de la voiture repose quasi exclusivement sur l’écran central, ce qui complique l’usage quotidien. Régler la climatisation demande plusieurs manipulations, le réglage du débit d’air manque de finesse, même en mode automatique. La climatisation, globalement, n’est pas un point fort surtout si elle est confrontée à de très fortes chaleurs comme celles rencontrées lors de notre essai cet été.
Autre regret : l’absence de prise allume-cigare dans le coffre, ce qui empêche de brancher une glacière (ou un autre accessoire), pourtant bien utile lorsqu’on ramène fromages et viande du Cantal en pleine canicule.

Conduite du BYD Sealion 7
Dès l’installation au volant, les sièges se montrent très confortables et le restent même sur de longs trajets. La position de conduite surprend toutefois : la colonne de direction est assez verticale, donnant une sensation plus proche d’un utilitaire que d’un SUV coupé sportif, ce qui est paradoxal au regard des 520 chevaux et des quatre roues motrices.
Sur autoroute, la BYD Sealion 7 est très silencieuse, reposante, avec des pneus Michelin particulièrement discrets. Aucun bruit aérodynamique notable ne pertube le confort sonore, même à des vitesses élevées. À 150–160 km/h, l’insonorisation reste très bonne avec 69 dB enregistrés à 130 km/h.
Le comportement routier se dégrade dès que l’on hausse le rythme de conduite. Avec plus de 2,5 tonnes en ordre de marche avec deux passagers, la masse se fait sentir. La suspension, réglée plutôt souple contribue à une sensation de floue au volant. Plus problématique, le train avant et le train arrière manquent de cohésion lorsqu’on hausse le ton, même sur autoroute.
Sur route secondaire, ce ressenti de déconnexion entre l’avant et l’arrière est encore plus marqué. Coté freinage, l’attaque n’est pas franche et le ressenti à la pédale n’est pas agréable. Pour autant l’endurance est là, avec la présence de disques de très grand diamètres. Ces deux constatations n’inspire pas confiance pour une conduite dynamique, notamment sur des routes comme celles de l’Aubrac.
Coté moteur, la puissance est bien là : les accélérations sont très impressionnantes, mais le châssis ne suit pas réellement, ce qui rend cette version AWD moins homogène que la version inférieure à deux roues motrices , pourtant moins puissante mais plus cohérente.
Enfin, le détecteur facial d’attention et de fatigue, imposé par la réglementation, est particulièrement mal calibré. Il déclenche des alertes dès que le conducteur tourne légèrement la tête, et ne peut pas être désactivé. Pire : lorsqu’il s’active, il baisse automatiquement le volume de la musique, ce qui devient vite pénible.
L’éclairage à LED simple n’est pas Matriciel, ce qui le met au niveau d’un bon éclairage halogène classique.

Consommation et recharge
Côté consommation, les chiffres sont élevés. Impossible de descendre sous 18 kWh/100 km en ville ou en mixte « campagne ». À 130 km/h, la consommation atteint 32 kWh/100 km. En roulant entre 110 et 130 km/h, elle oscille entre 24 et 28 kWh/100 km avec un usage intensif à la climatisation.
La recharge repose sur une architecture 800 volts, enfin vulgarisée à « 800 V » sur les brochures pour séduire les acheteurs. la batterie de 91,3 kWh de capacité utile fonctionne en effet sous une tension réelle de 538 V.
La puissance de recharge annoncée est de 250 kW en pointe en DC , et 11 kW en AC. La montée en puissance est rapide, mais la fin de charge est extrêmement lente. Entre 80 et 92 % par exemple, il faudra compter 15 à 20 minutes, ce qui pénalise les recharges à 100% avant un long trajet par exemple.
Retrouvez l’analyse chiffrée détaillé de la recharge du BYD Sealion par mon camarade et ami : Découvrez l’essai de Soufyane BENHAMMOUDA.
Autre détail peu pratique : en recharge domestique, arrêter la charge nécessite de débrancher physiquement la prise. Autre bizarrerie, l’ouverture du véhicule interrompt la charge et quand on la referme, il n’y a pas de reprise automatique.

Prix de la BYD Sealion 7
La BYD Sealion 7 AWD Excellence est affichée à 56 490 €, pour une autonomie WLTP annoncée de 530 km. La version inférieure ( 2 roues motrices 313 ch) débute à 46 990 €, avec une batterie plus petite (82,5 kWh brut ) et une recharge plafonnée à 150 kW.

Concurrence
Face à elle, la référence reste la Tesla Model Y. La version Long Range AWD affiche environ 600 km WLTP, une batterie d’environ 75 kWh, une efficience nettement supérieure, un châssis plus abouti, des phares Matrix LED, et un prix de 52 990 €.
La Model Y propulsion Long Range descend même à 46 900 €, avec 455 km WLTP, et bénéficie en plus d’aides gouvernementales absentes chez BYD.

Conclusion
La BYD Sealion 7 AWD est une voiture imposante, puissante et très équipée, capable d’avaler les kilomètres dans un grand confort acoustique. Elle impressionne par ses performances… en ligne droite et son niveau d’équipement, mais déçoit par son manque d’homogénéité, son châssis dépassé par la puissance, sa consommation élevée et son ergonomie perfectible.
Son positionnement tarifaire clairement décalé trop face à une concurrence très compétitive. Mais il faut tenir compte des remises possibles chez BYD qui rééquilibrent la donne de façon très importante (on parle de 20 à 30% de remise).
François Bouet

Points positif
- Performances impressionnantes (520 ch, AWD)
- Silence de fonctionnement
- Sièges confortables et ventilés
- Recharge rapide en début de courbe ( 0-80%) (800 V, 230 kW)
- Frunk pratique pour les câbles
- Sono de très bon niveau
Points négatifs
- Châssis dépassé par la puissance
- Freinage peu rassurant
- Consommation élevée
- Ergonomie tout écran peu intuitive
- Aides à la conduite intrusives
- Positionnement prix catalogue ambitieux face à Tesla
