Une fois n’est pas coutume, on ne va pas vous parler de voitures sur Le Nouvel Automobiliste… enfin si, un peu quand même : on ne se refait pas ! Direction Aeropark, le musée en plein air situé à côté du Terminal 2B de l’aéroport Ferenc Liszt de Budapest. Et par la même occasion, on vous recommande chaudement de visiter la splendide capitale hongroise. On se rend donc à Aeropark, pour admirer des avions, du matériel lié à l’aéroport et… des voitures, pardi !

Aeropark Budapest : l’avion, ça fait lever les yeux

Vous le savez, on aime beaucoup visiter Budapest par ici… Ca vous a même valu un article sur le parc local (à retrouver ici) et sur le musée de Szentendre (à lire ici), près de la capitale hongroise. Alors après 26 voyages à Budapest, principalement en voiture, mon cher frère m’a servi d’excuse pour une virée à l’aéroport afin de le récupérer et pouvoir enfin passer par là ! Köszönöm à lui pour sa venue. Un petit coup d’œil à un rond-point : quelques avions intriguent, me voici à ne pas repartir directement en ville mais à garer la voiture devant un endroit qui vaut le détour. Aeropark est donc un musée en plein air près du terminal 2B de l’aéroport international Ferenc Liszt de Budapest.

Fondé en 1988 et installé à son emplacement actuel depuis 1991, Aeropark est dédié à l’histoire de l’aviation civile hongroise, avec un accent particulier sur l’ancienne compagnie nationale Malév, qui a cessé ses activités en 2012. Le musée est géré par la Légiközlekedési Kulturális Központ, une organisation à but non lucratif créée par des passionnés d’aviation.

Aeropark abrite une grande collection d’avions, principalement d’origine soviétique, ayant servi pour Malév et d’autres opérateurs. Parmi les appareils exposés, on trouve pêle-mêle un Ilyushin Il-18, quelques Tupolev (Tu-134, Tu-154), un Lisunov Li-2, un MIG-21B, un Antonov An-2, ou un hélicoptère Mil Mi-2.

Il n’y a pas que des choses volantes ou ayant volé qui se trouvent à Aeropark : des équipements au sol, comme des radars, des véhicules de suivi, des bus Ikarus aux couleurs de Malév, ou un tracteur de piste Aerotrak figurent au sein du musée qui comporte également un simulateur de vol et, bien entendu, une boutique riche en goodies.

Aeropark Budapest : les forces en présence

Faisons un petit état des lieux des avions, hélicoptères et équipements exposés au sein du musée Aeropark de l’aéroport de Budapest. Commençons par les avions.

Lisunov Li-2 

  • Année : 1940-1950 (premier vol en 1939, production pour la Hongrie dans les années 1940-1950).
  • Moteur : Deux moteurs en étoile Shvetsov ASh-62IR de 1 000 ch chacun. 
  • Version soviétique sous licence du Douglas DC-3, surnommé « Dakota soviétique ». Utilisé par Malév pour des vols commerciaux dans les années 1950. C’est l’un des rares Li-2 encore en état de vol, entretenu par la Goldtimer Foundation, et parfois utilisé pour des vols nostalgiques depuis l’ancien terminal 1. L’appareil exposé à Aeropark (HA-LIX) est un des symboles de l’aviation civile hongroise d’après-guerre. Les visiteurs peuvent explorer la cabine et le cockpit, pour revivre l’expérience de l’époque, inutile de préciser que le confort a fait quelques progrès depuis !

Ilyushin Il-14 

  • Année : 1950-1960 (premier vol en 1950, utilisé par Malév jusque dans les années 1960). 
  • Moteur : Deux moteurs en étoile Shvetsov ASh-82T de 1 900 ch chacun. 
  • L’Ilyushin Il-14 a été un pilier des vols régionaux de Malév, reliant les grandes villes hongroises et européennes. Conçu pour être robuste et fiable, il était adapté aux pistes courtes.

Ilyushin Il-18 

  • Année : 1957-1987 (utilisé par Malév de 1960 à 1987). 
  • Moteur : Quatre turbopropulseurs Ivchenko AI-20M de 4 250 ch chacun. La carte grise doit commencer à être chère…
  • L’Ilyushin IL-18 était le premier avion à turbopropulseurs de grande envergure utilisé par Malév pour des vols long-courriers européens et pouvait transporter jusqu’à 120 passagers. L’Il-18 exposé est un point fort de la collection, avec un intérieur bien préservé permettant aux visiteurs de découvrir l’aménagement des cabines des années 1960-1970.

Tupolev Tu-134 

  • Année : 1968-1987 (utilisé par Malév à partir de 1968). 
  • Moteur : Deux turboréacteurs Soloviev D-30-II de 6 800 kg de poussée chacun. 
  • Le Tupolev Tu-134 était le premier avion à réaction de Malév, marquant la transition vers l’ère des jets pour les vols moyen-courriers. Surnommé « le petit frère du Tu-154 », il était apprécié pour sa maniabilité et sa capacité à opérer sur des pistes courtes. Il est en outre possible d’accéder au cockpit, où les instruments analogiques reflètent la technologie des seventies.

Tupolev Tu-154 

  • Année : 1972-2001 (utilisé par Malév jusqu’au début des années 2000). 
  • Moteur : Trois turboréacteurs Soloviev D-30KU de 11 000 kg de poussée chacun. 
  • Le Tupolev Tu-154 était l’un des avions les plus emblématiques de Malév, utilisé pour des vols long-courriers vers l’Europe et le Moyen-Orient. Sa configuration tri-réacteur et sa robustesse en faisaient un pilier de l’aviation civile soviétique.

Antonov An-2 

  • Année : 1947-2000 (premier vol en 1947, utilisé en Hongrie jusque dans les années 1990). 
    • Moteur : Un moteur en étoile Shvetsov ASh-62IR de 1 000 ch. 
    • Surnommé « Anushka », cet avion biplan robuste était utilisé pour des missions agricoles, de transport léger et de parachutisme. Sa conception simple et sa capacité à opérer sur des terrains non préparés en font un classique de l’aviation soviétique. Les visiteurs peuvent explorer son intérieur spartiate et son cockpit.

MiG-21B

  • Année : mis en service en 1979 et a effectué son dernier vol le 9 avril 1998.
  • Moteur : Il est équipé d’un moteur turboréacteur Tumansky R-25-300, capable de fournir une poussée de 70,6 kN avec postcombustion.
  • Le MiG-21bis est connu pour sa maniabilité et sa capacité à atteindre des vitesses supersoniques, avec une vitesse maximale de Mach 2.05. Il est également équipé d’un radar RP-22 Sapfir et peut transporter une variété d’armements, y compris des missiles air-air et des bombes.
Aeropark Budapest

Au tour des autres véhicules et objets exposés à Aeropark à l’image de l’hélicoptère

Mil Mi-2 

  • Année : 1965-1985 (utilisé en Hongrie principalement dans les années 1970-1980). 
    • Moteur : Deux turbines Isotov GTD-350 de 400 ch chacune. 
    • Petit hélicoptère polyvalent de conception soviétique, utilisé pour des missions de transport, de sauvetage et d’entraînement. Sa configuration à double rotor de queue et sa compacité en faisaient un choix populaire pour les opérations civiles et militaires légères en Hongrie.
Aeropark Budapest

 Autres équipements notables comme le radar Tesla RP-4G :

  • Radar d’approche de précision de 1975, donné au musée en 1991.
    • Un PAR (Precision Approach Radar) est utilisé par la tour de contrôle pour suivre la trajectoire d’approche finale d’un avion afin d’évaluer les écarts horizontaux et verticaux afin de guider le pilote et l’aider à effectuer des corrections. Comme quoi, Tesla et les radars, ça n’a rien d’incompatible…
    • Il s’agit, vous l’aurez compris, surtout si vous nous suivez de Tesla a.s., une entreprise tchèque spécialisée l’électronique mais aussi dans la fabrication d’équipements de radiocommunication et de sécurité pour des usages militaires et commerciaux. Fondée en 1921 sous le nom d’Elektra, elle a été renommée Tesla en 1946 en hommage à Nikola Tesla. Sous le régime communiste, elle était un conglomérat d’État et le principal producteur d’électronique en Tchécoslovaquie. Après la chute du communisme, elle a été privatisée et a perdu de sa superbe, les produits étant toutefois encore visibles en République tchèque et en Slovaquie. Depuis 2010, un accord de coexistence des marques entre les deux entreprises Tesla a été conclu.

Et enfin, un moteur Soloviev D-30K, un turboréacteur à double flux qui a équipé plusieurs avions soviétiques à l’image du Tupolev Tu-134.

Aeropark Budapest

Et vous les attendiez avec impatience : les bagnoles !

  • Lada 2104 break police (quelque part entre 1984 et 2010), produite à 2 500 000 exemplaires environ, version modernisée de la légendaire Zhiguli.
  • Lada 2102 Ziguli break Malév (quelque part entre 1971 et 1986), produite à 667 000 unités, dérivant directement de la Fiat 124
  • VW Polo Marshaller 1991 (restylage de la seconde génération)
  • VW T3 (entre 1979 et 1992), produit à 1 227 669 exemplaires
  • Avia A20 escalier d’embarquement, basé, vous l’aurez reconnu sur les Saviem SG2 et SG4, produit sous licence à partir de 1967 en ex-Tchécoslovaquie.
  • Faun (1975), véhicule de pompier fabriqué en Allemagne
  • Simba (1984), autre véhicule de pompier, cette fois fabriqué par Rosenbauer en Autriche
  • Un push (tracteur de piste) Aerotrak de 1990
  • Enfin, divers bus Ikarus sont utilisés pour le transport des passagers à l’aéroport, aux couleurs de Malév, vous les verrez près de l’entrée.

Aeropark Budapest : derniers conseils

Le musée est donc accessible en transports publics ou en taxi si vous demandez gentiment à ce qu’on vous y dépose avant de rejoindre votre terminal. Les horaires dépendent de la saison, n’hésitez pas à regarder sur le site du musée Aeropark avant d’y aller. L’entrée coûte 3200 Ft (environ 8 €) pour un adulte, les enfants se contenteront de 2000 Ft (5 €).

Inutile de repréciser qu’on vous recommande chaudement la visite de Budapest, une des plus belles capitales européennes, tout comme ses environs. Profitez-en pour déguster une pâtisserie chez Gerbaud, manger au Mazel Tov, vous baigner à Széchenyi (a minima), explorer les rives du Danube, grimper à Buda, déambuler à Városliget, explorer l’ancien ghetto juif, vous recueillir devant le Michael Jackson Memorial Tree, bref, profitez à fond de l’expérience ! Et ne manquez pas la palanquée de voitures banales en spec US qui hantent les rues de Budapest… Au fond, on sait pourquoi vous y viendrez. Enfin, asseyez-vous à droite de l’appareil pour avoir une vue imprenable sur Budapest à l’atterrissage (sauf si la météo se fait contrariante).

Sources : Aeropark, Wikipedia.

Photos : Le Nouvel Automobiliste

Inscrivez-vous pour recevoir chaque mois notre contenu dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.