Le Nouvel Automobiliste
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Mercedes W124, elle célèbre ses 40 ans en 2024 ! (épisode 2/2)

En 1989, la gamme 124 accueille de nouvelles motorisations et en décembre 1990, Mercedes présente la 500 E ! Voici le deuxième épisode de l’histoire de la Mercedes W124 (1989 – 1995).

Le début des années 90 est marqué par l’arrivée de la mythique 500 E développée avec Porsche et motorisée par le V8 de 326 chevaux issu de la prestigieuse 500 SL.


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L’épisode 1 de l’histoire de la Mercedes W124 est à lire dans la rubrique Culture du site Le Nouvel Automobiliste.

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En 1989, alors que le Coupé a été présenté il y a peu, la gamme accueille de légères améliorations de style. La ligne est affinée grâce à des pare-chocs et à de larges protections latérales couleur carrosserie.

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La gamme 124 hérite de légères modifications esthétiques qui allègent sa ligne (photo Mercedes Benz Group)

De nouvelles motorisations font leur apparition sous le capot, à l’instar du 6 cylindres de 3 litres à 24 soupapes issu du roadster 300 SL qui est intégré sous le capot de la berline, du break et du coupé.

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Mercedes 300 CE 24 (photo Mercedes Benz Group)

Ce dernier prend alors le nom de 300 CE 24. Il est opposé à la Maserati 222 E dans le n°338 de Sport Auto publié en mars 1990.

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Le n°338 de Sport Auto publié en mars 1990 (photo Archives de l’auteur)

Didier Ganneau nous dit : « Les performances de la Mercedes, très bonnes dans l’absolu (elles sont en tous points comparables à celles d’une 605 SV 24 ou d’une BMW 535i), déçoivent pourtant par rapport à celles de la version de base. On a peine à croire que ce moteur produit vraiment 220 chevaux si l’on compare ses performances à celles réalisées par l’ancien 188 chevaux.  […] Seules les reprises révèlent un progrès spectaculaire. […] Au fur et à mesure que le rythme augmente, cette auto qui semblait lâche et mollassonne parait se raidir, se tendre, et la paresse fait alors place à une véritable rigueur de comportement. […] La 300 CE est non seulement très efficace, mais surtout d’une étonnante facilité. »

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Mercedes 300 CE 24 (photo Mercedes Benz Group)

La Mercedes W124 part à l’assaut de la M5… voici la 500 E !

En décembre 1990, Mercedes présente la sauvage 500 E. Développée et fabriquée avec Porsche, cette dernière abrite sous son capot le V8 à 32 soupapes de la 500 SL développant 326 chevaux et elle bénéficie de liaisons au sol adaptées.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Dans Le Moniteur Automobile n°976 du 2 mai 1991, Tony Verhelle revient longuement sur la conception et la fabrication de la 500 E.

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Le Moniteur Automobile n°976 du 2 mai 1991 (photo Archives de l’auteur)

Voici un extrait de son article : « L’importance de ces adaptations apportées au châssis et à la structure de carrosserie interdisait à la 500 E le chemin des lignes d’assemblage classiques réservées aux autres W124. La série limitée, comprenant une part plus importante d’assemblage à la main, semblait mieux convenir à la philosophie de la 500 E.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

L’usine de Sindelfingen étant saturée, et puisqu’on allait tout de même travailler en collaboration avec Porsche pour le développement général ainsi que pour résoudre quelques problèmes techniques, il semblait naturel de demander à Züffenhausen s’il restait de la place chez eux pour assurer le montage de la 500 E. Il en restait. En effet, la production des quelque 284 Porsche 959 était terminée. C’est donc là que sera assemblée la 500 E, composée de nombreuses pièces de grande série, auxquelles viennent s’ajouter quelques pièces spécifiques.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Mercedes ne souhaitant connaître aucun problème de peinture ou de protection contre la corrosion, les coques effectuent quelques allers-retours entre Züffenhausen et Sindelfingen. […] La structure cage et les zones de déformation subissent également de profondes modifications. Il a bien fallu y loger le volumineux V8 et son gros collecteur d’admission à double paroi, tout en respectant les normes en vigueur en matière de sécurité passive pour les occupants. Il a fallu également sérieusement élargir le tunnel central pour lui permettre d’accueillir les 2 grands catalyseurs en céramique.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Extérieurement, on reconnait la 500 E à l’élargissement de 28 mm apporté au niveau des ailes avant, aux jantes de 16 pouces et au large spoiler avant intégrant une paire d’antibrouillards de type ellipsoïdal. […] Sur le plan mécanique, et outre l’adoption du gros V8, on note l’élargissement des voies avant et arrière de respectivement 37 et 38 mm, ainsi que l’abaissement général de la voiture de 23 mm et l’adoption d’une suspension spécifique.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Les jantes en alliage de 16 pouces permettent l’adoption de disques de freins, tous ventilés, de plus grand diamètre. […] Hormis la BMW M5, cette 500 E connaît bien peu de réelles concurrentes. Il faut se diriger vers quelques séries spéciales (genre Lotus Omega) ou vers l’arsenal de quelques préparateurs pour pouvoir trouver quelque chose d’approchant. Quant au prix, il défie l’imagination. En comparaison, la M5 fait véritablement figure d’affaire, même si elle est moins bien équipée. »

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Ainsi gréée, « la 500 E s’apparente davantage à un ours sous une peau de mouton. La puissance et la souplesse de son V8 de 5 litres sont tout bonnement phénoménales. Sous une apparence un peu pataude, on découvre en réalité des performances de haut niveau, une bonne maniabilité et un comportement quasi sans faille. »

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

Sous ses airs de ne pas y toucher, la 500 E cache bien son jeu. […] Ne vous fiez pas aux apparences.

Alain Bernadet, L’Auto-Journal n°7 du 15 avril 1991
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Dans L’Auto-Journal également, la 500 E fait son show ! (photo Archives de l’auteur)

Dans le n°7 de L’Auto-Journal publié le 15 avril 1991, la Mercedes 500 E est confrontée aux Lotus Omega, BMW M5 et Lancia Thema 8.32. Alain Bernadet écrit : « Sous ses airs de ne pas y toucher, la 500 E cache bien son jeu. […] Ne vous fiez pas aux apparences. […] Cette Mercedes 500 E est une véritable force tranquille, croisant aisément à 250 km/h, et encore, parce que ses géniteurs ont délibérément limité cette vitesse à ce maximum. Sinon, tout comme la M5, cette 500 E serait capable de beaucoup plus. »

Et voici le cabriolet !

En 1991, la gamme accueille une toute nouvelle silhouette : la version cabriolet ! Proposé dans un premier temps avec le 6 cylindres du coupé CE 24, le cabriolet bénéficie d’une capote entièrement automatisée et de quatre vraies places. Si son poids est supérieur de 130 kg à celui du coupé, ses performances sont « dignes d’une voiture de sport » écrit Götz Leyrer dans L’Automobile Magazine n°553 publié en juillet 1992.

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L’Automobile Magazine n°553 publié en juillet 1992 (photo Archives de l’auteur)

A la première goutte, la douillette capote de… 43 kg remonte automatiquement. Le nouveau cabriolet Mercedes place très haut la barre de l’agrément et du confort.

Götz Leyrer, L’Automobile Magazine n°553 publié en juillet 1992
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Mercedes 300 CE 24 Cabriolet (photo Mercedes Benz Group)
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Mercedes 300 CE 24 Cabriolet (photo Mercedes Benz Group)
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Mercedes 300 CE 24 Cabriolet (photo Mercedes Benz Group)

1992, de nouveaux moteurs pour la Mercedes W124

Sur le stand du Mondial de l’Automobile à Paris en 1992, Mercedes présente en première mondiale le roadster 600 SL, de nouvelles motorisations sur sa récente classe S ainsi que sur la famille W124.

Tous les moteurs essence sont désormais multisoupapes. Il s’agit de moteurs 4, 6 et 8 cylindres dont les puissances vont de 136 à 279 chevaux. La nouvelle 400 E forme le « top-model » de la nouvelle gamme.

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Mercedes 400 E (photo Mercedes Benz Group)

La 500 E poursuit sa carrière en tant que modèle exclusif.

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Mercedes 500 E (photo Mercedes Benz Group)

La version d’accès à la gamme, la 200 E équipée d’un 4 cylindres de 136 chevaux, fait l’objet d’un banc d’essai dans le n°10 de L’Auto-Journal publié le 1er juin 1993.

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Le n°10 de L’Auto-Journal publié le 1er juin 1993 (photo Archives de l’auteur)

Voici ce qu’en dit Thierry Emptas : « La 200 E bénéficie d’un nouveau 4 cylindres à seize soupapes plus puissant, plus onctueux et donc plus à l’aise pour mouvoir les 1404 kg de la voiture. […] Mais il est clair que la 200 E n’est pas destinée à battre des records. Son unique ambition est d’offrir confort et sérénité, le tout enveloppé dans une carrosserie qui symbolise pour bien des clients le nirvana automobile. Cela étant posé, les performances de la 200 E sont tout à fait satisfaisantes eu égard au calibre de la mécanique. […] Ces prestations sont associées à un châssis dont les mérites ne sont plus à vanter. »

Dans Le Moniteur Automobile n°1023 du 10 février 1993, les 6 cylindres 280 E et 320 E sont essayées par Tony Verhelle : « Les nouveaux 6 cylindres prennent l’avantage sur leurs prédécesseurs dans quelque domaine que ce soit, tant en matière de performances que de consommation ou de caractère écologique. »

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Le Moniteur Automobile n°1023 du 10 février 1993 avec l’essai des 6 cylindres 280 E et 320 E (photo Archives de l’auteur)

C’est également Le Moniteur Automobile qui publie, dans le n°1024 du 4 mars 1993, l’essai de la 220 E de 150 chevaux. La conclusion de Gaétan Philippe est sans appel : « Huit ans après, la W124 s’affirme comme la Mercedes de tradition type insensible à l’érosion du temps et de la mode. Sous le sigle 220 E, sa carrosserie d’hier porte un moteur de demain, écologique et souple. Par contre, on ne sait plus trop bien si son standing date d’avant-hier ou d’aujourd’hui ? ».

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Le Moniteur Automobile publie, dans le n°1024 du 4 mars 1993, l’essai de la 220 E (photo Archives de l’auteur)

A l’autre bout de la gamme, la 400 E se distingue par son moteur V8 de 279 chevaux. Déjà présente aux USA et au Japon, cette dernière fait son apparition sur le marché européen pour concurrencer la toute nouvelle BMW 540i équipée elle aussi d’un moteur V8.

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Mercedes 400 E USA (photo Mercedes Benz Group / Wheelsage)

Opposée à cette dernière dans le n°1018 du Moniteur Automobile publié le 10 décembre 1992, la 400 E est considérée, au même titre que la BMW, comme « une voiture exceptionnelle. […] La BMW se présente comme la plus sportive et constitue sans doute une berline luxueuse moins discrète. La Mercedes s’affiche comme la plus confortable et passera parfaitement inaperçue ».

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Un deuxième V8 dans la gamme Mercedes W124 avec la 400 E (photo Mercedes Benz Group)

Une nouvelle proue pour la Mercedes W124

En 1993, la Mercedes W124 bénéficie de nouvelles évolutions. La proue évolue légèrement, dans l’esprit de la récente Classe S et de la toute nouvelle classe C qui succède à la 190.

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En 1994, la Mercedes W124 calque son design sur celui la nouvelle Classe C (photo Mercedes Benz Group)
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Le break est toujours au programme ! (photo Mercedes Benz Group)
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Une proue affinée pour le coupé de la gamme 124 (photo Mercedes Benz Group)
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Le cabriolet et sa nouvelle calandre (photo Mercedes Benz Group)

La calandre est mieux intégrée dans le capot et elle présente une taille plus réduite. Toute la gamme prend désormais le nom de Classe E.

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La Mercedes 500 E trône toujours au sommet de la gamme Mercedes W124 (photo Mercedes Benz Group)

1995, clap de fin pour la Mercedes W124

En avril 1995, une toute nouvelle Classe E est présentée. A cette occasion, Xavier Daffe écrit, dans le n°1079 du Moniteur Automobile publié le 25 avril : « en 1994, pour sa dernière année de commercialisation, la Classe E a encore été immatriculée à 144.106 exemplaires en Europe. Elle s’est ainsi classée à la 23ème place du hit-parade, loin devant l’Opel Omega (31ème avec 110.103 unités) et la BMW Série 5 (35ème avec 99.135 unités). […] Ainsi, de décembre 1984 à décembre 1995, la Mercedes W124 a été produite à 2.606.501 exemplaires, ce qui constitue la plus forte production globale jamais réalisée par la marque souabe »

La berline cesse d’être fabriquée en 1995, le break et le coupé et 1996 et le cabriolet en 1997.

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En 1995, une toute nouvelle Classe E fait son apparition (photo Mercedes Benz Group)

Mercedes W124, les modèles hors-série

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Une ambulance construite sur la base d’une Mercedes de la gamme 124 (photo Mercedes Benz Group)
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Le taxi… un incontournable pour Mercedes ! (photo Mercedes Benz Group)
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La gamme 124 a souvent servi de base pour les tuners allemands, à l’image de ce beau coupé AMG (photo Mercedes Benz Group)

La Mercedes W124 en miniature

La berline W124 n’est pas une inconnue au 1/18ème. Ce modèle a en effet été reproduit notamment par Modelcar, Auto Art, iScale ou bien encore OttOmobile dans différentes couleurs et finitions. Norev est en revanche le premier à décliner l’intégralité de la gamme 124.

Mercedes W124 Norev photo LNA 32

Après avoir commercialisé les coupés et cabriolets, le fabricant nous propose aujourd’hui la berline et il présentera dans quelques mois le break (le prototype a été vu sur le stand Norev au Salon de Nuremberg). Cerise sur le gâteau, tous ces modèles bénéficient d’ouvrants et de suspensions fonctionnelles !

Mercedes W124 Norev photo LNA 5

De très beaux modèles qui raviront sans nul doute les fans de Mercedes, du film Taxi et plus globalement, des Youngtimers !


📸Archives de l’auteur / Mercedes Benz Group

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