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En 2025, la Renault 16 fête ses 60 ans ! Et tout a déjà été écrit sur l’histoire de cette berline Renault qui a réinstallé le Losange dans le haut de gamme tout en devenant la première des voitures à vivre, grâce à son hayon et à son aménagement intérieur. Tout ? Presque car il y a toujours de l’inattendu et c’est le cas à Epoqu’Auto où la collection Renault The Originals expose des maquettes longtemps restées secrètes !

Des Renault 16 jamais vues à Epoqu’Auto !

A l’origine de la Renault 16, il y a l’échec de la Frégate et le traumatisme de Renault face à la DS qui a positionné Citroën au sommet du haut de gamme français. La Régie veut répliquer et le Service des études imagine le projet 114, la maquette bleu gris à grande calandre inox, en 1961. Sous la forme d’une berline tricorps, elle comporte un 6 cylindres 2,2 l et une suspension pneumatique.

Les essais sont prometteurs, mais la 114, dont vous noterez que les feux viennent d’une Renault 8, est bien trop coûteuse : la gamme Renault aurait eu un « trou » béant entre la Dauphine et la 114, un problème que connaît d’ailleurs Citroën entre l’Ami et l’ID. Alors que la pré-industrialisation est donnée, le projet 114 est stoppé par Pierre Dreyfus qui impose un tarif inférieur à 9 500 Francs et un moteur 4 cylindres pour viser plus large. La porte est ouverte au projet 115.

1964 : du projet 114 au projet 115

Changement de cap pour le bureau d’études Renault : Yves Georges donne comme consigne à ses équipes « Imaginez la voiture moyenne supérieure telle que vous la voudriez ». La chasse à la DS est (temporairement) remise à plus tard et c’est une berline, d’allure plus sportive, qui voit le jour avec le projet 115. Au point qu’à côté de la berline est envisagé une silhouette de coupé « sage », comme l’appelle les techniciens de la Régie. Long de 4,27 et large d’1,63 m, le volume est harmonieux et inspiré, comme une mini Facellia.

On retrouvera cette politique de gamme berline + coupé avec la 16 et les 15/17, qui pour être rentable doit partager un maximum d’éléments. Ce n’est hélas pas le cas de cette maquette, dont les investissements sont trop importants pour un potentiel de vente trop restreint. Le projet s’engage alors dans une autre voie.

Renault 16 coupé : la carrosserie qui ne verra pas le jour

Le projet 115 suit son cours et, cette fois, va donner naissance à la Renault 16. Sa silhouette bicorps à hayon est créée par Gaston Juchet au sein du bureau de style Renault, mais peut-être a-t-il en cela été inspiré par Ghia qui proposa à Renault dès 1958 un profil à 2-volumes. Toujours est-il que la « 16  » trouve ses marques et qu’un coupé est trop envisagé : une nouvelle maquette, qui colle au style de la berline, est réalisée, alors que les stylistes étudient aussi en parallèle un break, et même un cabriolet.

Les optiques sont partagées, le tableau de bord aussi, la plateforme bien sûr, mais malgré les apparences, trop de pièces diffèrent entre la 16 et la 16 Coupé. Seul le capot et la calandre étaient communs ! Le projet ne peut donc pas être rentable par rapport à la berline bicorps. Malgré une apparence convaincante, et la possibilité de succéder à la Caravelle / Floride, la Renautl 16 Coupé est annulée. Il faut attendre 1971, six ans après le lancement de la 16, pour que Renault retrouve une offre de coupé avec les 15 et 17.

Au salon Epoqu’Auto, Renault expose donc ses 3 Renault 16 prototypes, aux côtés d’une autre 16 méconnue, la R16 USA, aussi appelée Sedan-Wagon, vendue en Amérique du Nord de 1968 à 1972. On la reconnaît à ses chromes sur les pare-chocs renforcés, ses finitions poussées, ses appuie-têtes ainsi que ses phares sealed beam, et ses catadioptres.

Toutes nos photos des prototypes Renault 16 exposés à Epoqu’Auto

Photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste