Le Nouvel Automobiliste

Visite de l’Autostadt (3/3) : découverte du musée automobile Zeithaus

Au sein du parc de loisirs Autostadt de Wolfsburg, Volkswagen met en avant ses produits, sa vision du « monde » ainsi que son mode de production, à côté de sa plus grande usine. Le groupe allemand aurait pu s’arrêter là et se contenter de cette démonstration autotélique, comme nombre d’espaces promotionnels de marques. Cependant, avec le musée multimarque Zeithaus, c’est un véritable voyage à travers les moments forts de l’histoire automobile auxquels l’Autostadt invite. Découvrons-le ensemble.

Zeithaus, le musée automobile de l’Autostadt

Zeithaus, « la maison du temps » dans la langue de Goethe. C’est un temple de verre et d’acier qui retrace les 130 années de l’histoire automobile en cinq étages, avec des modèles pour la plupart à l’état neuf. Plus de 60 marques y sont représentées dont VW mais pas seulement. Les françaises et notamment la DS 19 ou la R16 sont représentées, au même titre que d’autres modèles majeurs de l’histoire : Trabant, Mini, DeLorean et même une Matra Djet ! Une façon pour VW, constructeur assez jeune puisque né commercialement après la Seconde Guerre Mondiale, de se replacer dans la continuité historique. Une façon qu’avait aussi Ferdinand Piëch, disparu en août 2019, de présenter l’histoire de l’automobile tel qu’il voyait lui-même.

Des icônes de design sur leur piédestal

Une attention particulière est consacrée aux modèles considérés comme des jalons majeurs de l’histoire du style automobile. Ils sont positionnés dans un espace à l’abri de la lumière naturelle sur des plateformes lumineuses, de manière à mieux mettre en valeur leur design mais aussi leur histoire avec des documents historiques. Ici des sketchs, là des publicités d’époque, et à chaque fois le nom du designer principal du modèle – pour la R16, Gaston Juchet par exemple.

Il n’est pas ici question de juger de la rareté des modèles : une Type 57 Atlantic de Jean Bugatti (de son nom complet Gianoberto Maria Carlo Bugatti) côtoie une Audi A2 (Peter Schreyer) et une Bentley Continental Type R (John Blatchley).

A l’étage inférieur, les visiteurs ont rendez-vous avec des icônes : la DS 19 de Flaminio Bertoni, la Jaguar Type E (Malcolm Sayer) considérée comme la plus belle voiture du monde (par Enzo Ferrari), ou encore une Cisitalia, une Oldsmobile Tornado (David North) et une Bentelzy signée Sir Alfred Roy Fedden.

On quitte les années 50/60 pour entrer dans les années 70 de plain pied : le « choc », c’est bien sûr la Countach de Gandini, puis la Golf de Giugiaro en 1974. Un prototype de la KdF, le Porsche Typ 60 est aussi présenté avec une Karmann Ghia de Mario Boano, une K70 et une Rometsch, symbolisant la fin de la monoculture « Cox » chez VW et l’émergence d’un style chez le constructeur allemand.

Le parcours s’achève avec une Audi Quattro tandis que côté façade, il y a aussi du beau monde…

Des modèles majeurs de l’histoire automobile

Cette fois, les modèles exposés le sont en pleine lumière, en façade. Et les couleurs sont à l’honneur, lorsqu’il le faut ! Car bien sûr, ni la DeLorean ni la première Volkswagen de 1938 ne sont colorées, la première car son inox est d’un gris intangible, la seconde car c’était sa couleur initiale. L’exposition débute cependant de manière classique et chronologique par une Daimler de 1886, première expérimentation d’un moteur à explosion sur un tricycle.

Les premières et dernières Coccinelles y sont présentées, de celle « type » de 1938 lorsqu’elle n’était encore que la KdF wagen, jusqu’à l’ultime exemplaire sorti le 30 juillet 2003 de Puebla au Mexique. La millionième Mini est aussi présente, au même titre que quelques Golf célèbres (cabriolet, Synchro), une Borgward Isabella ou encore, bien sûr, une Ford T. L’aspect libre et aérien est permis par l’absence de barrières, particulièrement appréciable pour prendre ces modèles en photos.

De la Trabant à la Golf GTI W12, il n’y a rien de commun si ce n’est peut-être que l’usine de Zwickau appartient désormais à VW. Il s’agit surtout cette fois de voir les transformations de l’automobile comme outil de masse : Alfa Romeo lance l’Alfasud, Porsche lance la 911 qui s’écoule elle aussi abondamment et l’Est s’oppose à l’Ouest, le luxe et l’opulence des Corvette à l’ascétisme (plus exactement, au duroplast) d’une Trabi’.

La visite s’achève avec de beaux morceaux telle cette Diablo SV, symbole de la reprise du Taureau italien par Audi, mais aussi une Tatra 87 et une VW XL1 pour parler d’aérodynamisme. On note la présence d’un des derniers Kombi T2 au rez-de-chaussé (issu d’une fin de série produite au Brésil).

Et l’exposition continue à l’extérieur…

…de manière temporaire, où tous les six mois environ sont installées, dans des cubes de verre, des voitures. Il y a quelques temps, des françaises étaient à l’honneur ; lorsque nous y sommes passés, c’étaient des Porsche, notamment une 906 Carrera 6, première Porsche de course conçue uniquement pour la piste en 1966, une 550 A 1500 RS Spyder de 1956, et une 356B 2000 Carrera GT de 1963, la dernière Porsche de compétition construite avec une carrosserie en aluminium avant que Zuffenhausen passe aux composites.

Si une visite de l’Autostadt – ou a minima du Zeithaus- vous tente, le lieu est ouvert toute l’année sauf les 24 et 31 décembre, de 9h à 18h.

Crédit photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste

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