ViaMichelin souffle ses 25 bougies. Derrière le service d’itinéraires lancé en 2001 se cache une histoire beaucoup plus ancienne : celle d’un bureau parisien qui préparait déjà, en 1908, des feuilles de route sur mesure pour les automobilistes. Pour l’occasion, la plateforme publie cinq itinéraires maison.

Guide MICHELIN de 1900, cartes routières et automobile ancienne, héritage de ViaMichelin

Avant le GPS, il y avait le courrier

Tout commence en 1900 avec le premier Guide MICHELIN, distribué gratuitement aux chauffeurs. Huit ans plus tard, le manufacturier ouvre son Bureau de Tourisme, boulevard Pereire à Paris.

Le principe : l’automobiliste écrit, le bureau lui renvoie un itinéraire personnalisé, avec le parcours conseillé, les distances, les temps de trajet et les curiosités à voir en chemin. Le tout gratuitement.

En 1923, le service devient le Bureau d’Itinéraires Michelin et ajoute une idée qui n’a pas pris une ride : proposer, à côté du trajet le plus direct, des parcours pittoresques pour découvrir les régions traversées.

Le saut numérique arrive en 1989, avec le 3615 MICHELIN sur Minitel. ViaMichelin naît ensuite en 2001, suivi des applications mobiles en 2013, d’un site recentré sur la carte en 2015, puis d’une refonte complète en 2024.

225 millions de visites, et beaucoup de restaurants

Le dossier de presse livre quelques ordres de grandeur. La plateforme revendique 225 millions de visites en 2025 et 264 millions d’itinéraires calculés chaque année, en sept langues.

Parmi eux, 17 millions d’itinéraires dits « découvertes », c’est-à-dire des trajets pensés pour le paysage plutôt que pour le chronomètre.

Côté base de données, ViaMichelin annonce 19 323 restaurants issus des sélections du Guide MICHELIN, 29 000 sites touristiques du Guide MICHELIN Voyage & Cultures et près de 3,85 millions d’hébergements référencés.

Un détail de vocabulaire mérite d’être relevé : le dossier présente ViaMichelin comme le « seul acteur européen de la cartographie et de l’itinéraire ». La formule est un peu rapide, le néerlandais TomTom et l’allemand HERE étant, eux aussi, bien européens.

Le coût du trajet, l’argument de la période

L’angle mis en avant cette année n’a rien d’un hasard. ViaMichelin insiste sur le calcul du budget : l’utilisateur renseigne son propre modèle de véhicule dans son profil, et le site estime le carburant selon sa consommation réelle, péages compris.

Application mobile ViaMichelin affichant un itinéraire et le coût détaillé du trajet

Difficile de faire plus d’actualité. Le gazole a battu son record historique à 2,39 € le litre à la mi-septembre, et la flambée déclenchée par les tensions sur le détroit d’Ormuz pèse sur les arbitrages des automobilistes, comme nous l’écrivions dans notre bilan du premier semestre.

Quand le plein devient un poste de dépense scruté, savoir ce que coûte un aller-retour avant de partir n’a plus rien d’anecdotique.

Cinq itinéraires pour l’anniversaire

Pour marquer le coup, ViaMichelin a mis en ligne cinq parcours éditorialisés, découpés en cinq étapes chacun.

Les cinq itinéraires anniversaire publiés sur le magazine ViaMichelin

Au menu : les gorges de Daluis pour rejoindre la Côte d’Azur, le Périgord noir, la route des vins d’Alsace, la Côte d’Émeraude en Bretagne et une échappée dans le Morvan.

Chacun mélange routes remarquables, adresses du Guide MICHELIN et étapes locales. L’ensemble est consultable librement sur le magazine de ViaMichelin.

C’est aussi un positionnement. Face à Google Maps et Waze, imbattables sur le trafic en temps réel, ViaMichelin joue la carte éditoriale et celle du trajet comme destination.

« Un voyage ne commence pas à destination : il commence au moment où l’on prépare son itinéraire », résume Caio Favero Teixeira, directeur général de ViaMichelin.

Le trajet lent revient à la mode

Le discours colle à une tendance réelle. Les automobilistes qui prennent le temps de la route plutôt que celui de l’autoroute ne sont plus une niche de nostalgiques, comme le rappelle le récit de ce raid en Tunisie au volant d’une Citroën Traction.

Reste une question que l’anniversaire ne tranche pas : celle de la place d’un acteur français face aux géants américains de la navigation. Michelin, lui, continue d’avancer sur plusieurs fronts, y compris celui du pneu transformé en capteur.

Vingt-cinq ans après le lancement du service, et plus d’un siècle après les premières feuilles de route envoyées par la poste, la logique n’a pas changé. Seul le support a évolué.

Source : ViaMichelin

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