Stellantis a annoncé ce jour la fin de la production automobile dans son usine de Poissy après 2028. Le site historique des Yvelines, en activité depuis 1938, ne disparaît pas pour autant : il sera reconverti en centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules. Une mutation profonde, soutenue à la fois par les représentants syndicaux et les élus locaux.

Une reconversion, pas une fermeture
L’annonce ne signe pas la mort du site de Poissy. Le site conserve une vocation industrielle, recentrée sur deux activités en développement : la production de pièces détachées et la déconstruction de véhicules en fin de vie. Ce second volet s’inscrit dans la logique d’économie circulaire que Stellantis pousse depuis plusieurs années à l’échelle européenne.
La décision est présentée comme le fruit d’un consensus social. Pierre Bédier, Président du Département des Yvelines, indique qu’elle est « appuyée par l’immense majorité des employés et leurs représentants syndicaux ». Le Conseil Départemental s’engage à poursuivre le compactage foncier du site, afin de dégager des capacités financières que Stellantis pourra réinvestir sur place, en coordination avec l’État, la Région Île-de-France, la Communauté Urbaine Grand Paris Seine & Oise et la Ville de Poissy.

1938–2028 : 87 ans sur les lignes
Mise en service en 1938 par Ford SAF, l’usine de Poissy passe sous contrôle de Simca après la Seconde Guerre mondiale. On y assemble successivement les Simca Aronde, 1000, 1100, puis la 1307/1308, élue Voiture de l’année 1976. Après le rachat de Simca par PSA à la fin des années 1970, Poissy devient un site Peugeot dédié aux citadines et compactes : la 205 d’abord, puis la 206 — produite à plusieurs millions d’exemplaires entre 1998 et 2012 — et la plus confidentielle 1007 aux portes coulissantes.
Dans les années 2010, le site accueille l’assemblage de la DS3, puis de l’Opel Mokka. Deux modèles qui illustrent la capacité de Poissy à s’adapter aux évolutions du groupe — mais aussi l’érosion progressive des volumes qui a fini par rendre intenable le maintien de la ligne d’assemblage.

Les Yvelines apportent leur soutien
Pierre Bédier ne cache pas une certaine nostalgie — « l’attachement que nous portons au site d’assemblage d’automobiles de Stellantis Poissy nous rend forcément nostalgique » — mais il tranche sans ambiguïté : « les regrets ne préparent pas l’avenir ». Le Président du Département des Yvelines salue la décision de la direction et annonce le soutien du Conseil Départemental pour accompagner la transformation du site.

Un symptôme de la crise du secteur
La fermeture de la ligne d’assemblage de Poissy s’inscrit dans un contexte plus large : l’industrie automobile française est sous pression depuis plusieurs années, confrontée à la montée en puissance des constructeurs chinois, aux exigences réglementaires liées à l’électrification et à un marché européen atone. La démission surprise de Carlos Tavares fin 2024 avait déjà mis en lumière les tensions internes du groupe. Poissy n’est pas un cas isolé — c’est le reflet d’une industrie en pleine recomposition. Pour suivre l’actualité du constructeur, retrouvez le site officiel de Stellantis.