Le renouvellement du DS 7 par le DS Numéro 7 est peut-être l’un des plus grands défis de l’histoire de DS Automobiles. En effet, ce modèle est sa meilleure vente, son premier modèle lancé dès 2017 mais aussi celui qui s’est le mieux installé dans le marché le plus porteur au niveau européen. En d’autres termes, le projet D74 n’a pas le droit à l’erreur.

Or, comment s’est-il passé en pleins remous réglementaires, entre électrification forcée et retour récent à l’hybride, c’est ce que nous avons cherché à savoir avec son chef de produit, Sylvain Champomier.

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Le Nouvel Automobiliste : Quand le projet a-t-il démarré ?

Sylvain Champomier : Le projet a débuté en 2019, et il y a eu des péripéties, c’est la vie d’un projet, avec des périodes de haut et de bas. La voie était quand même tracée car on savait qu’il faudrait un jour remplacer DS 7.

LNA : Seulement deux ans après le lancement du DS 7 Crossback vous saviez qu’il faudrait partir sur un SUV 100 % électrique à plus de 700 km d’autonomie par exemple ?

Sylvain Champomier : On est allé au-delà des objectifs qu’on s’était fixés à l’époque, et le cahier des charges a évolué car on a des pressions au niveau européen assez fortes sur l’électrique, et il a fallu qu’on renforce nos armes sur ces motorisations. Cela nous a permis d’activer des leviers pour aller plus loin en termes d’autonomie.

LNA : Sur ce DS N°7 vous annoncez 740 km d’autonomie, c’est la limite optimiste ou vous pensez qu’on peut faire encore mieux avec cette silhouette ?

Sylvain Champomier : Avec cette chimie de batterie, et cette taille-là, on est aux limites.

LNA : Le DS 7 est devenu la meilleur vente de DS : Numéro 7 doit le rester ?

Sylvain Champomier : Bien sûr, on l’espère bien ! On a un potentiel de clients qu’on souhaite faire basculer vers Numéro 7, puisqu’on a vendu un peu plus de 190 000 DS 7 dans le monde, mais on a aussi un potentiel de conquête car on a un argument avec cette voiture qu’on n’avait pas du temps DS 7, en plus de tout ce qui fait une DS dont le confort, la technologie, le raffinement : c’est la chaîne de traction super performante, qui est meilleure que celle de nos concurrents allemands en termes d’autonomie.

LNA : Vous avez évoqué les évolutions de cahier des charges : y a-t-il eu un moment critique, un moment bascule dans le projet ?

Sylvain Champomier : Il n’y a jamais eu de remise en question du projet. On savait que s’il y avait un modèle qu’on devait faire chez DS, c’était celui-ci. Et il y a eu des moments clés, quand on a décidé notamment de ne pas être que 100 % électrique et d’ajouter des motorisations hybrides.

LNA : A quel moment l’ajout de l’hybride est arrivé ?

Sylvain Champomier : C’est arrivé il y a deux ans ce qui, pour un projet comme ça, est tout récent en fait.

LNA : Ce qui explique pourquoi vous n’annoncez pas encore l’autre hybridation prévue ?

Sylvain Champomier : Oui, ce sera avec un moteur qui viendra compléter la gamme hybride plus haut en termes de puissance.

LNA : le DS N°7 d’entrée de gamme s’appellera « Aura » : pourquoi ce choix ?

Sylvain Champomier : L’idée est de transmettre le charisme de la voiture.

LNA : L’habitacle est commun avec la DS N°8 : c’était prévu, de commonaliser les pièces ?

Sylvain Champomier : Oui, ça permet de rationaliser les coûts, de simplifier la production et de bénéficier globalement de plus de variantes d’intérieur, puisqu’on jouait sur deux silhouettes. On a pu proposer l’Alezan sur N°8 et le Gris céleste sur N°7 et l’harmonie Noir byzantin pour le cuir. Par certains côtés, on rationalise, et par d’autres, ça nous offre plus de latitude pour faire plus de personnalisation par silhouette.

LNA : Combien y a-t-il de pourcentage de pièces communes ?

Sylvain Champomier : Bonne question ! On ne le communique pas.

LNA : L’absence de toit ouvrage, et le choix d’un toit vitré intégral, c’est pour bénéficier à l’autonomie, à la garde-au-toit… ?

Sylvain Champomier : C’est surtout pour la place à bord et pour la luminosité. On souhaitait offrir un maximum de luminosité aux passagers arrière. La tendance sur le marché est aux toits fixes, on voit de moins en moins de toits ouvrants, et on a donc suivi cette tendance.

LNA : Ce sera un toit sans rideau, au risque de la chaleur, mais vous envisagez peut-être un système façon Solarbay de Renault ?

Sylvain Champomier : On n’a pas non plus de système électrique pour opacifier, mais on a un traitement qui permet de limiter les UV en été, une couche extérieure, et une couche intérieure pour garder l’air chaud dans l’habitacle et éviter les déperditions de chaleur. On est au meilleur niveau de l’état de l’art en protection thermique pour le toit. J’ajoute que les systèmes opacifiants ne jouent pas sur la protection thermique des habitacles, c’est du visuel seulement. Ce sont les traitements qui assurément la protection.

LNA : Quelle a été votre carrière le DS N°7 ?

Sylvain Champomier : J’ai été chef de projet dans la division Véhicules utilitaires et notamment le projet K0 (c’est-à-dire les Traveller, Jumpy NDLR) et on était à l’époque en binôme avec Philippe Barriac et j’ai repris ensuite la vie série de K0, avant d’obliquer sur N°7 en 2019. Mais j’étais d’une façon déjà dans le haut-de-gamme car un SpaceTourer ou un Traveller en finition haute, c’est déjà les véhicules les plus chers de Citroën et Peugeot ! On explorait de nouveaux territoires avec ces versions, et la conquête de nouveaux clients en particulier.

LNA : Et comment fait-on pour diriger sans trop de stress un projet automobile alors que la réglementation ne cesse d’évoluer ?

Sylvain Champomier : Eh bien il faut faire les choix les moins risqués possibles, qui permettent d’avoir la meilleure couverture du marché sans savoir exactement quelle sera la fiscalité, qui évolue beaucoup en ce moment, et on s’appuie sur toute l’équipe de conception, avec le directeur de projet qui gère plus l’aspect conception, industrialisation, qui s’assure de concrétiser ce qu’on demande, ce qu’on a en tête avec toutes nos contraintes… mais oui, il faut d’abord faire les choix les moins risqués possibles.

LNA : Quel a été l’élément le plus complexe du projet ? Le bois ? L’électrification ?

Sylvain Champomier : Clairement le bois, les décors en bois. On les a en plus implantés dans des endroits très complexes avec la poignée de tirage où il y a de l’éclairage et de la hi-fi derrière. Et en plus, le bois doit résister à l’humidité, à l’ensoleillement alors que c’est un matériau vivant. L’implanter sur des décors automobiles, qui sera exposé à des contraintes fortes comme des écarts de température, doit convenir au Japon en milieu humide, à des pays très chauds aussi, comme à des pays très froids. Il faut que ça tienne dans tous ces pays-là !

LNA : D’ailleurs, dans combien de pays le DS N°7 sera-t-il vendu ? Avec un retour en Chine ?

Sylvain Champomier :  L’Europe, les pays méditerranéens dont la Turquie qui est notre 4e pays, mais aussi Egypte et Maroc, certains pays d’Amérique latine en Argentine et au Chili, et le Japon. Ce n’est pas à l’ordre du jour en revanche pour la Chine.

Merci pour vos réponses.

Retrouvez notre présentation complète du DS Numéro 7

https://www.youtube.com/watch?v=vs34t1w6KjM