
L’automobile a encore sa place dans les rêves de gosses. En 2006, le studio d’animation Pixar s’associe à Walt Disney pour produire un film d’animation baptisé “Cars”. L’action se déroule dans un monde entièrement peuplé de voitures parlantes anthropomorphes et met en scène la star Flash Mcqueen. Le rutilant bolide de course rouge va croiser la route, bien malgré lui, de Sally, une très séduisante Porsche 911. Le début d’une belle histoire d’amour qui va s’échapper des écrans de cinéma grâce à Porsche.
Dernier film produit indépendamment par Pixar après son rachat par Disney en janvier 2006, cars fait appel à une belle brochette de vedettes en voix off. On retrouve, entre autres stars, Paul Newman, Richard Petty, Bonnie Hunt, Jenifer Lewis, Michael Keaton, mais aussi les pilotes Mario Andretti , Michael Schumacher ou encore Jay Leno. Mais la vraie star du film est faite de pixels et s’appelle Flash McQueen.

Les voitures ont des sentiments.
Au début du film, on découvre Flash McQueen, une voiture de course, qui participe à la Piston Cup, un championnat américain sur ovale, inspiré par le championnat Nascar. Le rookie Flash McQueen se retrouve en finale pour décrocher sa première Piston Cup. Mais alors qu’il est en route pour la grande finale, il se retrouve perdu dans la ville délabrée de Radiator Springs. Poursuivi par le Shériff, il est arrêté après avoir détruit la route traversant la ville, le bolide rouge est condamné à réparer les dégâts. La star des circuits, trop confiante et vaniteuse, se retrouve bloqué à Radiator Springs où il fait la rencontre d’habitants très différents de lui. Au contact de la dépanneuse à bout de souffle Martin, des marchands de pneus Luigi et Gildo ou de Doc Huston, une ancienne gloire des circuits, Flash McQueen apprend la patience et l’humilité. Mais c’est la rencontre avec l’avocate Sally, prenant la forme d’une Porsche 911 Carrera 2002, qui va changer McQueen.
Un réalisateur passionné
Pour le réalisateur, John Lasseter, l’objectif du film était de partager avec la jeune génération la vision du temps révolu de la Route 66, avec les belles autos chromées, les “drive-ins”, motels et autres fast-foods plantés au bord du bitume. Cette Amérique des néons flashys et des pompes à essence au milieu du désert, le tout synonyme de liberté. Cette Amérique que l’on retrouve dans “Easy Rider”, les “Blues Brothers” ou “Thelma et Louise”. Pour John Lasseter, la voiture est une vraie passion. Né à Los Angeles où la bagnole est reine, il passe son enfance dans le garage de son père, qui travaille au service pièces détachées d’une concession Chevrolet. Des journées entières passées à parler grosses cylindrées, courses de NASCAR, ou mécanique, vous imaginez… Le réalisateur l’avouera à la sortie du film : “Avec Cars, j’ai pu réunir mes deux passions les plus chères, le dessin et l’automobile”.

Une inspiratrice
Dans le film, Sally est décrite comme une avocate californienne, victime d’une crevaison à Radiator Springs. Coincée dans la ville, elle tombe sous le charme des habitants et des lieux avant d’y ouvrir le motel Cozy Cone et de s’y installer définitivement. Dans la vraie vie, en 2001, Pixar envoie une petite équipe en reconnaissance sur la Route 66 afin de s’imprégner des lieux. C’est ainsi qu’ils tombent en admiration devant le “Rock Café” et décident de lier connaissance avec la patronne du lieu, Dawn Welsh. Une rencontre qui va inspirer le scénario de Cars. Tout comme Sally, Welsh a fait des études secondaires. Si Sally continue son parcours scolaire et embrasse ensuite la carrière d’avocate, Welsh, de son côté, arrête l’école et se met à travailler sur un bateau de croisière, pour découvrir le monde. Un jour, alors qu’elle se rend à Stroud pour visiter un restaurant-grill en vente, elle crève un pneu. La situation va inspirer le scénario de Cars. Charmée par les gens et l’atmosphère du café, Welch se retrouve propriétaire du restaurant. Dans le film, Sally ouvre un motel. Lors d’une des visites des dirigeants de Pixar dans son établissement, l’équipe constate que les néons géants du motel sont en panne. Qu’à cela ne tienne, au cinéma les néons de Radiator Spring le seront aussi ! Au cours des mois suivant cette visite, l’équipe de Pixar se rendra à plusieurs reprises chez Welsh, afin de s’inspirer de sa personnalité et de son univers, à travers une multitude de détails, pour étoffer le personnage de Sally.

Convaincre Porsche
Au début du projet, la production pense utiliser une Mustang des années 60 pour lui donner le nom de “Mustang Sally” (référence à une célèbre chanson de Wilson Pickett). Mais sa calandre horizontale évoque davantage une moustache, impossible pour un personnage féminin. La Porsche 911, avec ses nombreuses courbes, se prête davantage à une personnalité féminine. Reste alors à convaincre Porsche. L’idée de faire de la 911 un personnage féminin ne convient pas aux dirigeants de la marque de Stuttgart. Les producteurs finissent par convaincre Porsche avec un argument massue : si 85% de leurs clients sont effectivement des hommes, il est important de commencer à s’adresser aux femmes. Affaire conclue !
Des yeux trop ronds pour Sally in Cars
Les graphistes du film se rapprochent donc de la firme allemande et basent leurs travaux sur la 996. Mais entre le début de la gestation de Cars et sa finalisation, Porsche sort la nouvelle génération, la 997. Le constructeur allemand demande donc à Pixar d’utiliser cette dernière dans le film animé. Requête refusée, à cause des phares…trop ronds de la nouvelle 911. Les personnages de Cars ont les yeux dans le pare-brise, et on risquait de les confondre avec les phares ronds de la dernière évolution du modèle mythique.
Une “Sally Carrera” grandeur nature.
Pour aider les graphistes du film, Porsche fait don à la production d’une 911 Carrera de 1999, jusqu’ici utilisée par le service presse de la marque. Cette voiture va servir de base à une Sally grandeur nature, créée par Pixar, à des fins marketing. En sept mois, la Porsche 911 subit d’importantes modifications pour conserver le style bande dessinée. On réduit l’empattement, on relève le toit, on reconstruit les portes, les ailes, les vitres et les phares. Quant au pare-brise, le conducteur de Sally pourra voir à travers, sans que le public puisse apercevoir l’intérieur, grâce à un film spécial. La “Sally Carrera ” est née, elle soutiendra la promotion du film partout dans le monde et elle est désormais exposée au Musée Porsche en allemagne. Modèle unique, elle aura pourtant une suite.
Sally Special, l’héritière.
Le 20 août 2022, dans le cadre de la Monterey Car Week en Californie, une nouvelle Sally est mise en vente, au profit d’associations caritatives, destinées à aider les jeunes femmes et les réfugiés ukrainiens. En collaboration avec Pixar, Porsche a choisi de redonner vie une nouvelle fois à l’esprit de Sally. Cette 911 dernière génération, réalisée à un seul exemplaire reprend les couleurs de l’originale. Le projet débute en novembre 2021 et implique Jay Ward, directeur créatif de la franchise chez Pixar Animation Studios, ainsi que Bob Pauley, dessinateur de la Sally Carrera. Assistés par les membres de l’équipe Sonderwunsch de Porsche Exclusive Manufaktur à Stuttgart et par les designers du centre de style Porsche de Weissach, ils vont recréer une Sally basée sur une 911 Carrera GTS contemporaine. Evidemment peinte en “Sallybluemetallic”, elle hérite également de l’indispensable tatouage que Sally arbore dans le film. Le bleu migre également à l’intérieur du véhicule, alors que les sièges reçoivent un traitement spécial en tissu pied-de-poule Pepita trois couleurs. Porsche organisera en vidéo les “adieux” entre la Sally Special et la Sally Carrera dans les allées du musée Porsche, marquant encore, si besoin était, l’importance de Sally pour la marque.
Retrouvez cet te histoire dans le livre A Life In Porsche 911

Par Nicolas Laperruque / François Bouet / Roger Ellis
crédit photos : Porsche et Pixar
Retrouvez cet te histoire dans le livre A Life In Porsche 911
