Si vous vous souvenez, la marque japonaise proposait deux motorisations pour son Vitara et son S-Cross mais Suzuki a préféré harmoniser son offre hybride en ne proposant plus qu’une motorisation hybride 48 volts dont elle est pionnière depuis 2016. A savoir le 1,4 litre Boosterjet qui passe à 110 chevaux. Après avoir essayé cette version il y a deux ans en version 2 roues motrices et boîte manuelle, nous voulions découvrir si cette version en boîte automatique en 4 roues motrices pouvait être la meilleure des versions ? Saurait-elle se démarquer des concurrents actuels du marché ? Réponse dans notre essai qui nous a amené sur les routes sarthoises en mêlant autoroute et ville afin de découvrir les consommations et les performances de ce Suzuki S-Cross.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : style inchangé mais toujours robuste depuis le début
Etant donné que nous avions détaillé le style du S-Cross dans notre précédent article, concentrons-nous plutôt sur l’histoire de ce SUV japonais. Et avant de s’appeler S-Cross, celui-ci se dénommait SX4 et il s’agissait d’une collaboration entre Suzuki et Fiat (qui s’appelait Sedici chez le constructeur italien). Le projet consistait à créer une nouvelle plateforme, développée à partir de l’expérience de celle de la Suzuki Swift. Et c’est en 2005 lors du salon de Tokyo que le Suzuki a été présenté et celui-ci offrait le choix entre deux moteurs : un essence 1,6 de 100 ch d’origine Suzuki et un Diesel 1,9 Multijet 120 ch de chez Fiat.

Puis c’est en 2013 que le modèle du constructeur japonais devient SX4 S-Cross lors du salon de Genève. Le style s’adoucit pour être plus en accord avec le design de Suzuki avec un gain en habitabilité et volume de chargement mais c’est en 2016 que le patronyme SX4 disparaît pour ne devenir que S-Cross à l’occasion du salon de Paris. Et c’est principalement sur la face sur les changements sont notables avec un travail sur les feux avants et sur la calandre plus verticale et avec une abondance de chromes.

Du coup, c’est en 2021 que la seconde génération du Suzuki S-Cross (vous arrivez à suivre ?) est présentée. Dessiné su centre e style de Turin, le style se veut plus consensuel afin de répondre aux codes stylistiques européens. A noter que cette nouvelle génération est un remaniement de l’ancienne mouture datant de 2013, dont il reprend la base technique ainsi que de nombreux éléments mais en s’adaptant aux nouvelles normes européennes tels que le GSR phase 2 (General Safety Regulation) introduit depuis 2024.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : un intérieur simple mais pensé pour la famille
Alors il est vrai que depuis que nous avions testé il y a deux ans ce Suzuki S-Cross, il n’y a pas eu d’évolutions à l’intérieur. Mais un petit résumé ne fait jamais de mal à quiconque pour souligner que celui-ci se montre à la fois simple mais plutôt bien pensé. On retrouve ainsi le combiné d’instrumentations en face du conducteur avec des compteurs à aiguilles. On peut également noter que l’écran central positionné plus haut permet une meilleur lisibilité en adoptant une interface tout aussi tactile et facile d’utilisation. Sans compter que la climatisation continue à bénéficier de touches physiques. Un vrai bon point pour ce Suzuki S-Cross qui fait dans la simplicité.


A l’avant, le conducteur et son passager trouveront facilement leur position idéale tout en étant confortablement bien installés. Et pour les passagers arrières, ceux-ci profiteront d’un bel espace aux jambes pour de longs voyages. Peut-être un petit bémol au niveau des coudes où il sera difficile de faire rentrer trois adultes avec un place centrale un peu étroite.



Enfin pour le coffre, celui-ci culmine à 430 litres en version 5 places ce qui reste tout à fait honorable pour ce type de véhicule. Et il peut bénéficier d’un volume pouvant aller jusqu’à 1230 litres avec la banquette rabattue. Ce qui reste un bon volume de chargement au global.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : une évolution technologique réglementaire dès le bas de gamme
Bien que présent depuis 2021, la Suzuki S-Cross a su s’adapter au marché européen avec notamment les différentes évolutions réglementaires. Et il faut noter que dès le début de gamme dénommé Avantage, il embarque une multitude d’aides à la conduite nécessaire à pouvoir s’installer en Europe. On retrouve ainsi l’allumage automatique des projecteurs avec gestion automatique entre feux de croisement et de route, l’adaptation intelligente à la vitesse, l’aide au maintien dans la voie (LKA), l’alerte de changement de voie, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore le système d’appel d’urgence eCall.

Le deuxième niveau de finition Privilège y ajoute les détecteurs d’angles morts, l’alerte de trafic en marche arrière, la fonction Stop&Go sur le régulateur adaptatif. Sur notre modèle d’essai, cette finition s’accompagne des palettes au volant et le sélecteur de mode de conduites (avec 4 modes) dû à la présence de la transmission AllGrip.

Enfin, sur la version haut de gamme dont notre version d’essai était équipée, s’adjoint la caméra de stationnement avec vue à 360°, des jantes en 17 pouces polies, une sellerie cuir/tissu ou encore un toit ouvrant panoramique. Ce qui prouve que la marque Suzuki n’a pas lésiné sur le contenu technologique de son S-Cross.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : un moteur qui évolue mais convaincant ?
Si vous vous souvenez, le Suzuki Vitara et S-Cross disposaient de deux motorisations. A savoir le fameux 1,4 litre Boosterjet micro-hybride (MHEV) et le 1,5 litre Dualjet Hybrid (HEV). Cependant, ce dernier n’a pas réussi à convaincre son public en Europe et du coup, la marque japonaise a décidé de le retirer pour ne garder que le moteur 1,4 litre Boosterjet en leur modernisant pour répondre à la dernière norme d’émissions de CO2 dénommée Euro 6e-bis. Et malheureusement, ce bloc moteur perd quelques chevaux au passage pour ne proposer plus que 110 chevaux (contre 129 précédemment) pour un couple toujours identique de 235 Nm.

Mais ses performances en retrait sont-elles visibles pour le client ? Au final, pas vraiment car avec son système hybride 48V de 12 kW, on retrouve toujours de bonnes accélérations et relances notamment à bas régime. Il se montre plutôt bien vaillant dû notamment à sa masse contenue de seulement 1320 kg. Le seul petit bémol pourrait être au niveau de la transmission un peu lente puisque notre modèle d’essai était équipe d’une boîte de vitesse automatique. Mais rien de rédhibitoire car on ne cherche pas forcément la performance avec ce Suzuki S-Cross.


Et pour la consommation, il y a du bon et du moins bon. En effet, si sur route nationale ou en ville, la consommation moyenne s’est établit à 5,7 litres aux 100 kms, elle peut vite s’envoler sur autoroute. Nous avons obtenu un 7,4 litres aux 100 kms ce qui est légèrement plus que certains concurrents qui peuvent annoncer un 7 litres aux 100 kms.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : ce que cherche le client en terme d’agilité ?
Côté comportement, c’est aussi plutôt bien géré. On retrouve une bonne agilité avec un train avant qui se place bien en virage. Aucun roulis perceptible même si on chahute le Suzuki S-Cross. Sans parler de sa direction précise et légère et qui se durcit modérément lorsque l’on passe en mode Sport.

Passons sur la partie suspensions, le Suzuki S-Cross se défend plutôt bien. Globalement, les irrégularités de la route sont assez bien absorbées notamment à vitesse modérée. Malgré tout, une petite nuance à apporter à faible vitesse et singulièrement sur les dos-d’âne ou coussins berlinois où l’amortissement s’st montré un peu sec.

Dernier détail à notifier, les bruits aérodynamiques qui se sont montrés plutôt bien maîtrisés. Que cela soit à faible vitesse ou bien sur autoroute, ceux-ci ont été assez inaudibles. Peut-être un peu plus bruyants lorsque la pluie vient s’immiscer sur autoroute mais c’est assez bien contrôlé pour ce Suzuki S-Cross.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : une concurrence que roumaine ?
Alors bien sûr quand on pense adversaire pour le Suzuki S-Cross, le premier qui nous vient en tête c’est le Dacia Duster. Disponible en mild-hybrid 130ch et en 4 roues motrices, le SUV roumain est à la fois moins cher (comptez 27 100 euros pour le Dacia contre 30 530 euros pour notre modèle d’essai pour le Suzuki) avec un rapport prestations/équipements aussi bon que le SUV japonais. A noter tout de même que la qualité des matériaux et l’ajustement se montre un peu en deçà sur le Dacia Duster.

Autre concurrent qui pourrait venir ternir les plates bandes du Suzuki S-Cros, c’est le Toyota Yaris Cross. Bien que profitant d’une puissance de 130 chevaux, le SUV de Toyota ne profite que d’une transmission à 4 roues motrices sans arbre de transmission, là où le Suzuki S-Cross en est équipé. Même si en termes de prix, les deux se valent, l’habitabilité arrière et le manque de coffre est en défaveur du Toyota Yaris Cross.
Essai Suzuki S-Cross BVA 110ch : de quoi rester bon en tout point ?
Au global, ce Suzuki S-Cross se montre toujours comme un bon compromis entre performance suffisante et prix. Son moteur se révèle agréable même s’il a perdu quelques chevaux au passage et son intérieur simple mais plutôt bien doté reste une bonne alternative pour ceux cherchant un véhicule bon à tout faire à un prix raisonnable.
Seul peut-être sa boîte de vitesses automatique fera réfléchir certains acheteurs avec une lenteur surtout à basse vitesse et ses quelques à-coups. Mais il a un atout que beaucoup de SUV urbains n’ont pas, sa transmission à 4 roues motrices et ce pour un peu plus de 30 000 euros. De quoi se poser la question pour ceux souhaitant un véhicule polyvalent et pouvant crapahuter un peu partout hors des routes goudronnées.
Crédits photos : Christian CONDÉ

































































