Pendant une semaine, le Mondial de l’Auto a vu défiler plus de 500 000 visiteurs et une avalanche de concepts. La Bourse, elle, a regardé ailleurs. Les valeurs automobiles françaises ont surtout réagi aux annonces venues de Bruxelles, Paris et Berlin. Et Renault et Stellantis n’en sortent pas du tout au même niveau.

Citroën 2CV Concept, présentée au Mondial de l'Auto 2026

Les marchés suivent la politique

Le premier signal est arrivé d’Allemagne, avant même l’ouverture du salon. Le 7 octobre, le quotidien Handelsblatt affirme que Paris et Berlin veulent assouplir l’objectif européen de 2035.

À la mi-journée, Renault prend 1,9 % et Stellantis 1 %, selon BFM Bourse.

Le 12 octobre, jour de la presse au Mondial, Bruxelles et Pékin s’accordent pour plafonner à 350 000 par an les hybrides importés de Chine. Renault gagne plus de 2 % en séance.

Pour Oddo BHF, ce quota ramènerait la part des hybrides chinois sous les 3,5 % du marché européen, là où on en attendait environ 10 %. De quoi rassurer des constructeurs qui voient les marques chinoises gagner du terrain jusque dans les allées du salon.

Le 16 octobre enfin, Paris et Berlin officialisent leur position commune sur la fin du thermique en 2035. Renault, Stellantis, Forvia et Valeo terminent la séance en hausse de 1,8 % à 3,3 %, d’après Boursorama.

Les nouveautés exposées Porte de Versailles, elles, n’ont fait bouger aucun cours de façon notable.

Stellantis : la 2CV n’a pas suffi

Le 12 octobre, Stellantis dévoile pourtant la 2CV électrique, annoncée autour de 15 000 €, et resserre ses liens avec Leapmotor. La voiture devient la vedette du salon.

L’action, elle, termine la journée en baisse de 0,9 %, à 3,97 €.

Une semaine plus tard, le 19 octobre, le titre recule encore de 3,2 %, à 3,86 €. Le groupe vient d’annoncer 1,3 million de véhicules livrés au troisième trimestre, en baisse de 1 % sur un an.

Antonio Filosa, directeur général de Stellantis

Depuis le 1er janvier, l’action a perdu près de 60 %. Le marché garde en mémoire les 22,2 milliards d’euros de charges annoncés en février pour revoir la stratégie électrique, et la suspension du dividende 2026. L’Amérique du Nord continue de peser.

Côté produits, le calendrier ne joue pas en sa faveur. Peugeot a perdu 1,3 point de part de marché en France sur neuf mois, et la future 208, son modèle clé, n’arrivera pas avant 2027.

Antonio Filosa a fixé un cap avec le plan FaSTLAne 2030, qui vise un flux de trésorerie industriel positif en 2027. Les résultats du troisième trimestre, attendus le 28 octobre, diront si le marché a raison de douter.

Renault : un rebond, pas encore une remontée

François Provost, directeur général de Renault

Renault s’en sort mieux. Entre le 14 et le 20 octobre, l’action est passée de 26,47 € à 27,74 €, soit environ 5 % de hausse. François Provost a qualifié l’accord sur les hybrides chinois d’« étape majeure ».

Il faut toutefois garder la mesure. Le titre reste en baisse d’environ 21 % depuis le début de l’année.

Les analystes ne sont pas d’accord sur la suite. Selon BFM Bourse, Deutsche Bank craint une révision de l’objectif de marge opérationnelle (environ 5,5 % en 2026), quand Citi parie sur son maintien. Réponse le 29 octobre, avec le chiffre d’affaires du troisième trimestre.

Le Losange a aussi ses propres conditions. Son directeur général a lié plus de 10 milliards d’euros d’investissements en France au contexte politique et social.

Les équipementiers en première ligne

Chez les fournisseurs, la semaine a été plus brutale. Le 8 octobre, OPmobility (ex-Plastic Omnium) annonce des résultats 2026 en recul et environ 770 suppressions de postes en France et en Allemagne.

Le titre chute de près de 20 % en début de séance. Forvia (-8,3 %) et Valeo (-6,6 %) suivent dans la foulée.

Le groupe met en cause la hausse des matières premières et de certains composants électroniques, la baisse de la production en Chine et des arrêts d’usines chez plusieurs constructeurs.

Michelin a confirmé mardi soir ses objectifs annuels. OPmobility publie le 21 octobre, Valeo le 22.

Des valorisations au plus bas

Renault E-Space Concept au Mondial de l'Auto 2026

Ces variations interviennent sur des niveaux de valorisation rarement vus. D’après le consensus FactSet cité par France Transactions, Renault se paie moins de 5 fois ses bénéfices attendus pour 2026, Stellantis un peu moins de 9 fois.

UBS estime que le secteur automobile européen vaut environ la moitié de ses fonds propres comptables. La moyenne des vingt dernières années tourne autour de 0,9 fois.

Le Mondial a montré que les marques françaises savaient encore attirer les foules. Les investisseurs, eux, attendent les comptes de fin octobre.

Sources : BFM Bourse, BFM Bourse (Renault), MoneyVox, Boursorama, ABC Bourse (Stellantis), ABC Bourse (OPmobility), Zonebourse, France Transactions

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