Le Nouvel Automobiliste
24 Heures du Mans 2024 Fabien Legrand LNA 31

Les 24 Heures du Mans 2024 en images : Voyage au bout du suspense !

On savait que l’ère des Hypercars amènerait de nouveaux concurrents et davantage de compétition sur la piste. On savait que 2024 sonnerait la première année de la nouvelle catégorie GT3. On savait enfin qu’après une édition du Centenaire à l’affluence record, les billets de l’année 2024 avaient été écoulés en à peine 48 heures. En somme, on savait que ces 24 Heures du Mans seraient folles. Mais le savoir est une chose, le vivre en est une autre. Voici nos images.

Les Hypercars tiennent toutes leurs promesses

Oubliez les années à deux ou trois constructeurs rivalisant dans la catégorie reine. Avec les hypercars, pas moins de 23 voitures de 9 constructeurs différents étaient réunies, avec quatre nouveaux entrants : Alpine, BMW, Lamborghini et Isotta Fraschini.

S’y ajoutent les deux Peugeot 9×8 intégralement repensées et dotées d’un aileron, et vous obtenez un plateau d’une très grande richesse. Sans compter qu’au jeu des engagements, on comptait au total 3 Ferrari 499P, 3 Cadillac V-Series.R et même 5 Porsche 963. Les autres écuries se contentaient d’une à deux voitures seulement.

Une fois l’hyperpole obtenue par la Porsche n°6 et le pilote français Kevin Estre, devant deux Cadillac, on se disait que les cartes étaient rebattues par rapport à l’an passé, où Ferrari avait dominé les débats avec Toyota. Pourtant, dès le départ donné, Ferrari prenait le commandement avec les Toyota à faible distance, initiant un duel à 4 marques et une dizaine de voitures. A l’arrivée, 9 voitures étaient dans le même tour et les 4 premiers se tenaient en moins d’une minute ! Du jamais vu.

Débuts contrastés pour Alpine, BMW et Lamborghini au Mans 2024

Derrière, les débuts de BMW et Alpine étaient plus complexes. Malgré leur présence en Hyperpole, chaque marque a souffert de sa relative inexpérience (BMW étaient en LM GTE avant, Alpine plus de 10 ans en Endurance notamment en LMP2) et, dans le cas d’Alpine, de la fragilité de sa mécanique. Les A424 n°35 et 36 ont dû abandonner après 6 heures de course. Côté BMW, le bilan est entaché d’accident, avec abandon pour la M Hybrid V8 n°15 et une anonyme 47e et dernière place au classement général pour la n°20, une art car dont les réparations ont été longues à mener.

Autre inexpérimenté, Lamborghini et sa SC63 codéveloppée avec le français Ligier, mais au bilan plus flatteur puisque les deux voitures sont à l’arrivée et même dans le top 10 pour la n°63 ! Des débuts prometteurs aussi pour Isotta Fraschini, qui a surpris par sa pointe de vitesse (345,6 km/h dans la ligne des Hunaudières, record de la Journée Test, 341,3 km/h en course) mais, fragile, termine dernière des Hypercars.

Mais, terminer Le Mans est déjà un exploit (Alpine le sait) et c’est à cette aune-là que les performances d’Isotta, Lambo et BMW peuvent être saluées.

Intercalées au classement général se trouvent les deux Peugeot 9×8 « recarrossées » mais hélas, pas remotorisées. Ni l’aérodynamique ni la fiabilité n’ont bloqué les n°93 et n°94, mais le poids, la balance de performance et la pointe de vitesse (3’31’’ pour leur tour le plus rapide, plus de 2 secondes derrière les leaders) empêchaient d’espérer jouer la gagne.

Espérons que le Lion ne jette pas l’éponge après ce nouveau revers. C’est qu’on attend une victoire française en Sarthe, comme en 1992, 1993 et 2009 !

Duel à quatre en tête des 24 Heures du Mans

Devant, en revanche, c’était festival avec des changements de positions incessants jusqu’au terme de la course. A 2 heures de la fin, une scène est plus parlante que toute autre : le quintuple arrêt simultané des 2 Ferrari, 2 Toyota et de la Cadillac, soit tout le top 5 réuni dans les stands au même instant !

Sous un climat toujours incertain, le risque de pluie était permanent et la course a même été neutralisée de 3h44 jusqu’au petit matin afin d’éviter tout accident. Un record de longueur qui figea les positions mais pas la tension, qui n’a fait que redoubler avec le jour levé.

Des sorties de route côté Cadillac et Porsche, un accrochage entre Ferrari et Toyota, la fatigue et le poids de l’enjeu ont fait monter la tension jusqu’à 16h. Alors que le Toyota GR010 semblaient de plus en plus difficiles à déloger de la tête, et prêtes à prendre leur revanche sur 2023, Ferrari AF Corse a tenté le tout pour le tout en sautant un ravitaillement.

Du suspense jusqu’au bout

Pour les spectateurs, le suspense a tenu jusqu’au drapeau à damier, agité devant une Ferrari n°50 avec moins de 2 % d’énergie et moins de 15 secondes devant la Toyota GR010 ! Presque un record, qui rappelle le duel homérique Audi / Peugeot où les anneaux devançaient le Lion de 11 secondes en 2011. Les Ferrari sont à égalité (une victoire pour la 50 et 51), la 499P privée n°83 aurait même pu se mêler à la gagne si elle n’avait pas eu un souci de surchauffe au niveau des freins.

Bonne surprise, la fiabilité et la vélocité des Cadillac confirme qu’il faudra compter sur elles l’année prochaine, tandis que les belles promesses des Porsche 963 devront à nouveau revenir sur le métier pour pouvoir se hisser en tête lors de la course en 2025.

Derrière les Hypercars, les LMP2 offraient un plateau étoffé (16 voitures, dont 6 avec des équipages mixtes pro/amateurs). United Autosports l’a emporté devant Inter Europol et IDEC Sport. La bataille a duré jusqu’au bout là encore, comme en Hypercar.

Les LMGT3 également prometteuses au Mans 2024

Longtemps séparées entre LM GTE Pro et GTE Am, la catégorie des voitures « proches » de la production a disparu au profit d’une unique catégorie LM GT3. Conséquence, le jeu est plus ouvert avec des modèles jamais vu auparavant au Mans, à l’image des McLaren 720S GT3 ou encore des Lexus RC F GT3 engagées par le team français Akkodis ASP.

Au total, 23 voitures étaient en compétition, certaines connues de l’époque GTE (Aston Martin Vantage, Porsche 911 R, Corvette Z06…) et d’autres nouvelles venues (Lamborghini Huracan, BMW M4) et même créées pour l’occasion (Ford Mustang et Ferrari 296). Mais comme au foot, à l’issu du match c’est l’Allemagne et Porsche qui l’emporte avec le Manthey EMA devant BMW et Ford.

Quid des 24 Heures du Mans 2025 ?

Les dates sont déjà connues (14 et 15 juin 2025) mais un nouveau concurrent a profité de cette édition pour s’annoncer : Aston Martin ira en Hypercar ! On espère y retrouver le plateau actuel, doublé du retour de la Vanwall Vandervell 680 déjà concurrente en 2023 ! Cela porterait à 11 constructeurs le nombre de marques engagées dans la catégorie de tête : de la folie. Voire bientôt 12 puisqu’à l’horizon 2027, c’est McLaren qui pourrait se mêler à la danse !

D’ici là, la plupart des concurrents a rendez-vous avec la 5e manche du WEC 2024, qui se courra au Brésil le 14 juillet pour les 6 heures de Sao Paulo.

Le top 5 :

  • Ferrari 499P n°50 (Antonio Fuoco / Miguel Molina / Nicklas Nielsen) en 311 tours
  • Toyota GR010 Hybrid n°7 (José María López / Kamui Kobayashi / Nyck de Vries) à 14’’221
  • Ferrari 499P n°51 (Alessandro Pier Guidi / James Calado / Antonio Giovinazzi) à 36’’730
  • Porsche 963 n°6 (Kévin Estre / André Lotterer / Laurens Vanthoor) à 37’’897
  • Toyota GR010 Hybrid n°8 (Sébastien Buemi / Brendon Hartley / Ryo Hirakawa) à 1’02’’824

Vainqueur LMP2 (15e à l’arrivée) : United Autosports avec l’Oreca 07-Gibson n°22 (Oliver Jarvis / Bijoy Garg / Nolan Siegel) en 296 tours

Vainqueur LMGT3 (27e à l’arrivée) : Manthey EMA avec la Porsche 911 GT3 R LMGT3 n°91 (Yasser Shahin / Morris Schuring / Richard Lietz) en 280 tours.

Rendez-vous est déjà pris pour les 14 et 15 juin 2025 pour la 93e édition des 24 Heures du Mans.

Photos : Fabien Legrand – Le Nouvel Automobiliste

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