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Lenouvelautomobiliste Essai KIA PV5 34

Il y a des essais que l’on fait presque par habitude, et puis il y a ceux qui marquent un vrai tournant. Le Kia PV5 fait clairement partie de la seconde catégorie. Kia ne s’est pas contenté d’ajouter un utilitaire électrique à son catalogue, la marque a tenté une approche différente : proposer un fourgon pensé comme un véhicule moderne, presque comme une voiture, et non comme un simple outil de mobilité électrifié.

Lenouvelautomobiliste Kia pv5

Sur le papier, on pourrait se dire qu’il s’agit d’un utilitaire électrique de plus. Dans la réalité, une fois au volant, on comprend rapidement que le PV5 ne joue pas tout à fait le même jeu. Il affiche une vraie ambition : changer la perception de l’utilitaire, le rendre plus désirable, plus confortable, plus technologique, sans jamais perdre de vue sa fonction première et cela semble pas fini avec le Pv7 et Pv9 qui sont annoncés également.

Kia PV5 : Un design qui rompt avec les codes

Dès l’approche, le PV5 interpelle. On est loin du fourgon discret qui cherche à se faire oublier. Il rompt clairement avec l’habituel, un peu à la manière du futur Renault Trafic E-Tech. Les lignes sont géométriques, tendues, presque futuristes, avec une signature lumineuse très graphique qui donne une vraie personnalité au véhicule. Pour une fois, un utilitaire attire réellement les regards. Lors de notre galop d’essai, on a surpris plusieurs passants se retourner, ce qui est assez rare pour être souligné.

Les designers de la marque assument pleinement un style audacieux. Les grandes surfaces vitrées, le large pare-brise et les volumes bien dessinés apportent à la fois une impression de robustesse et de modernité. Le PV5 ne cherche pas à se cacher, il s’affirme.

Kia PV5 : Une vraie conception pensée pour l’électrique

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Là où le PV5 marque un vrai point, c’est dans sa conception. Il n’est pas issu d’un modèle thermique adapté à l’électrique. Il a été pensé dès le départ autour de cette motorisation, et cela change profondément l’expérience. L’architecture est plus cohérente, le centre de gravité est bas, l’espace intérieur est mieux exploité.

Dans cette version Cargo L2H1 (Long de 4m70), la silhouette cubique optimise clairement le volume utile. La batterie N.M.C. (Nickel, Manganèse, Cobalt) de 71,2 kWh associée au moteur de 163ch offre un compromis très pertinent pour un usage professionnel quotidien. En ville, la consommation nous a agréablement surpris. Elle reste contenue, ce qui permet d’envisager de longues journées de travail sans stress. Kia et Guiness World Record ont même démontré le potentiel de sobriété du PV5 avec un modèle ayant parcouru plus de 693km en usage urbain, ce qui en dit long sur ses capacités dans ce terrain de jeu.

Sur autoroute, la réalité est plus classique pour un véhicule électrique de ce gabarit. La consommation grimpe logiquement. On se situe autour de 19 à 21 kWh/100 km, et davantage encore lorsqu’on roule chargé, parfois proche des 23 à 24 kWh/100 km. Ce n’est pas un défaut, mais une donnée à intégrer pour les gros rouleurs.

Kia PV5 : Un comportement routier étonnamment “automobile”

C’est sans doute l’un des points les plus surprenants de cet essai. Le PV5 se conduit presque comme une voiture. Le centre de gravité bas apporte une vraie stabilité, la direction est précise, et le rayon de braquage rend les manœuvres en ville particulièrement faciles. On est très loin de l’image de l’utilitaire pataud et difficile à manier.

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Ce pv5 possède un excellent rayon de braquage de 5,5 m

Même s’il subsiste quelques bruits sourds lorsque le véhicule est à vide, l’ensemble est bien plus agréable qu’un utilitaire traditionnel. On se surprend à oublier que l’on est au volant d’un fourgon. En ville comme sur voie rapide, la conduite est fluide, rassurante, presque apaisante. Les ADAS sont du même niveau que sur une voiture particulière.

Le confort participe beaucoup à cette sensation. Sièges chauffants, volant chauffant, équipements qu’on attend plutôt dans une berline que dans un utilitaire, prennent ici tout leur sens, notamment pour les artisans travaillant tôt le matin ou en extérieur. Les rangements sont nombreux et bien pensés : tiroir central, boîte à gants éclairée, espaces pratiques, prises USB-C bien positionnées. Tout est fait pour rendre la vie à bord plus simple et plus agréable.

Un mot également sur la stabilité par vent latéral. Les utilitaires sont souvent de véritables prises au vent, surtout à vide. Kia a travaillé ce point avec un système de correction automatique qui agit dès que les rafales deviennent trop présentes. Dans les faits, c’est bluffant d’efficacité. On n’a presque plus cette sensation d’être ballotté, même sur autoroute.

Kia PV5 : Un outil de travail connecté et polyvalent

Le PV5 s’inscrit clairement dans une vision moderne de l’utilitaire. La recharge rapide permet de récupérer rapidement de l’autonomie, un point crucial pour les professionnels. Dans des conditions idéales, la montée de 10 à 80 % est très rapide. En pratique, cela dépend beaucoup du pré conditionnement de la batterie (pouvant se faire via la navigation). Lors de notre essai, nous sommes montés jusqu’à 115 kW (annoncé 150kW) sur une borne rapide, ce qui reste déjà très satisfaisant.

L’autonomie annoncée est d’environ 416 km en cycle WLTP. En usage réel, il faut plutôt tabler sur 300 à 330 km, ce qui reste une excellente valeur pour un utilitaire électrique.

La fonction V2L est un vrai plus. Pouvoir brancher directement de l’outillage électroportatif, de l’éclairage ou divers équipements électriques transforme le PV5 en véritable atelier mobile. Pour un artisan, c’est une valeur ajoutée très concrète au quotidien.

Une application smartphone permet également de suivre la charge, de gérer certaines fonctions à distance comme le chauffage, et d’avoir un œil permanent sur l’état du véhicule. Là encore, on est dans une approche très moderne de l’utilitaire.

Kia PV5 : Un utilitaire taillé pour la modularité, il passe partout ?

Côté pratique, le PV5 coche presque toutes les cases. Le seuil de chargement un des plus bas du marché (419mm), ce qui facilite énormément les manipulations. Le volume de chargement est de 4,4 m³ ; ce qui en fait un véritable utilitaire, capable de répondre à de nombreux usages professionnels.

En revanche, la hauteur intérieure reste un peu limitée. Les portes latérales sont assez hautes et pratiques, mais l’absence d’un girafon se fait sentir pour le transport de charges longues. Avec cet équipement, il frôlerait la perfection pour certains métiers.

Autre point très concret : sa hauteur extérieure de 1,92 m. Deux centimètres de plus que la limite de nombreux parkings souterrains à 1,90 m. Cela peut paraître anecdotique, mais dans la vie quotidienne, c’est parfois déterminant.

Kia PV5 verdict : une nouvelle vision de l’utilitaire

Le Kia PV5 ne se contente pas d’être un bon utilitaire électrique. Il propose une véritable nouvelle vision du véhicule de travail. Quelques détails auraient pu en faire un produit totalement abouti, mais pour une première, il se défend extrêmement bien. Face à une concurrence déjà bien installée comme l’ID. Buzz, le Renault Kangoo, le Citroën ë-Berlingo ou encore lePeugeot E-Expert, cet utilitaire compte clairement leur faire de l’ombre.

On sent un produit réfléchi, conçu pour améliorer le quotidien des professionnels, et pas simplement pour répondre à une obligation de transition électrique. Il pourrait devenir un compagnon idéal pour les artisans urbains, mais aussi une excellente base pour une future vision de la vanlife électrique.

Kia signe ici une entrée très forte sur le marché des utilitaires électriques, confirmée par son titre d’« Utilitaire de l’année 2026 » à Solutrans. Le PV5 donne l’impression que l’utilitaire de demain est déjà là, et qu’il est bien plus agréable à vivre que ce que l’on imaginait encore il y a quelques années.

Pour finir le constructeur nous à annoncé des modèles complémentaires au PV5, avec notamment une future version L1H1 (plus courte d’environ 30 cm)

Prix et informations techniques :

  • 32 500 € ht pour la version dite châssis cabine (pour après une transformation possible avec Gruau, Lamberet, Jpm…)
  • 33 500 € ht en batterie plus petite de 51,5 kW/h
  • 36 800 € ht en batteirie plus puissante de 71,2 kW/
  • et 1500 € pour le second niveau de finition (version essayé)

Points positifs :

  • Excellente autonomie en usage urbain
  • Conduite très maniable, excellent rayon de braquage
  • Très bonne connectivité et application efficace
  • Comportement routier

Points négatifs :

  • Acoustique légèrement perfectible à vide
  • Hauteur intérieure de chargement qui mériterait un girafon
  • Pas de troisième siège passager pour la version L2H1
  • Hauteur extérieure de 1,92 m problématique pour certains parkings

Crédits photos : Sébastien Huille