Le Vitara, c’est un peu le SUV compact de Suzuki qui fonctionne bien (voire même le best-seller de la marque japonaise si on considère la Swift comme nouvelle arrivante). Mais pourquoi tester ce SUV au look robuste et simple qui accuse 10 années de carrière ? Tout simplement en raison de sa mise à jour technologique destinée à répondre aux nouvelles normes réglementaires tout en profitant d’un quatrième restylage. Alors petite révolution ou tout simplement une modernisation permettant de le mettre à jour face à la loi ? Réponse dans notre article qui nous a permis de l’essayer sur les routes de l’Eure.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : le jeu des 7 erreurs ?
Avant de rentrer en détails sur ce « nouveau » Suzuki Vitara, plongeons-nous dans l’histoire de ce véhicule tout-terrain produit par la marque japonaise. Et c’est en 1988 que le premier Suzuki Vitara voit le jour (ou voir même Escudo pour certains marchés). Cette première génération est disponible en cabriolet ou toit rigide à deux portes puis apparaît une version à 4 portes et se dénomme tout simplement Grand Vitara. Arrive ensuite le second opus en 1998 et qui garde le nom Grand Vitara/Escudo tout en conservant des versions trois portes, cinq portes et cabriolet.

Puis c’est en 2005 que la troisième génération apparaît et cela sera aussi la dernière qui portera le nom de Grand Vitara. En effet, à partir de 2015, seul le nom Vitara reste au catalogue avec une carrosserie à 4 portes. A noter que le style de la quatrième génération a été annoncée au Mondial de l’Auto 2014 à Paris avec le concept-car iV-4 avec un look robuste et assez carré qui en fera un best-seller pour la marque japonaise.

Mais du coup, sur cet opus, la marque nous propose un énième restylage (phase 4 selon Suzuki) mais saurez-vous faire le jeu des sept erreurs ? Pour faire bref, c’est assez simple puisque cela se situe principalement sur la face avant avec notamment la grille d’entrée d’air supérieure qui adopte des lamelles verticales et non plus horizontales avec une calandre d’un noir piano qui lui va bien. Le bouclier avant subit également un léger restylage au niveau des feux diurnes et les feux principaux ont été retravaillés.

Pour ce qui est de la face arrière, pas de changement mis à part des déflecteurs arrières sur le hayon et un déflecteur. Juste de quoi le rendre plus homogène ? Chacun pourra donner son avis. A noter que notre modèle d’essai adoptait une peinture biton rouge et noire qui lui va plutôt bien.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : toujours aussi accueillant
A l’intérieur, rien de bien nouveau en soi avec quelques subtilités tout de même. Tout d’abord l’écran central tactile est un peu plus grand (9 pouces contre 7 pouces précédemment). Bien qu’il soit fonctionnel au global (avec des menus et sous-menus assez faciles à trouver) c’est sur le plan de la réactivité qu’il pêche. A noter d’ailleurs qu’il adopte les connectivité AppleCar Play et Android Auto. Même si le tout tactile devient la norme pour beaucoup de concurrents, le Suzuki Vitara conserve toujours des boutons physiques et c’est plutôt bien au global. On pense notamment à la partie climatisation qui reste facile à régler sans rentrer dans un menu tactile.


Pour le reste, c’est certain, la qualité de fabrication et le niveau qualitatif peut se montrer en deçà de certains concurrents comme un Renault Captur ou encore un Peugeot 2008. Mais pour les clients du Suzuki Vitara, ce n’est pas le critère de choix, qui recherchent plutôt le côté fonctionnel et robuste de leur véhicule. Et si on compare ce Vitara face à un Dacia Duster, le japonais n’a pas à rougir face au roumain fraîchement renouvelé.

Côté confort, on est plutôt bien assis et accueilli dans ce Suzuki Vitara avec un très bon rapport habitabilité/taille du véhicule. Les sièges avants sont confortables et la position de conduite correcte au final. Pour ce qui est de l’arrière, c’est plutôt bon avec une banquette agréable même si la place centrale est un peu plus raide et convient pour du dépannage. Et pour le coffre, il n’a pas à rougir car dans une longueur de 4,18m, il profite d’un volume de 375 litres ce qui le place dans la moyenne de sa catégorie.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : plus équipé pour rentrer dans le rang
Et oui, ce titre peut faire sourire mais avec toutes les nouvelles réglementations et normes qu’impose l’Union Européenne notamment avec cette fameuse norme GSR2 (General Safety Regulation phase 2), le Suzuki Vitara a dû aussi passer la case « enrichissement technologique » pour ainsi pouvoir rester dans le rang. Et du coup, dès le premier niveau de finition dénommé Avantage, le Vitara embarque le régulateur de vitesse actif, la caméra de recul, l’aide au stationnement arrière, le freinage d’urgence automatique avec détection des piétons et cyclistes, la détection de somnolence et le maintien dans la voie. Sans compter d’autres (mais qui ne sont pas obligatoire) à savoir par exemple la climatisation automatique, l’allumage automatique des phares ou les clés mains libres.



En ce qui concerne le second niveau (Privilège), le SUV japonais y ajoute en plus, l’accoudoir central avant, la détection d’angles morts, l’alerte de trafic en marche arrière, les vitres arrière électriques et surteintées et le plancher de coffre modulable. Pour la dernière finition haute « Style » dont notre modèle d’essai était équipe, le Suzuki y adjoint les jantes alliage polies, le toit ouvrant panoramique, les rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement et la sellerie mixte cuir.



Dernier petit détail qui a son importance, le Suzuki Vitara n’a que très d’options qui se comptent sur les doigts de la main : la peinture métallisée au tarif de 590 €, la peinture biton pour seulement 850 € et l’attelage au prix de 990 €. De quoi faire réfléchir peut-être face à certains constructeurs sur le nombre des fois affolant d’options qui se croisent et où on peut vite s’y perdre.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : une transmission intégrale convaincante ?
Avant de parler de la transmission, côté moteur, rien n’évolue. On retrouve toujours les deux moteurs que nous avons déjà testé : le 1.4 Boosterjet Hybrid en 48V et le 1.5 Dualjet Hybrid auto-rechargeable. C’est pour cette raison que nous ne détaillerons pas la partie mécanique ici et nous vous laisserons aller sur les liens pour découvrir nos points de vue.

Ce qui nous intéresse sur ce Vitara restylé, c’est plus la transmission intégrale AllGrip que nous n’avions pas encore testé avec le moteur 1.5 Dualjet Hybrid. Et très clairement, c’est un bon point pour le Suzuki qui offre plusieurs modes de conduite (Normal, Sport et Snow) et est doté d’un blocage de différentiel central. Très convaincante, cette transmission vous permet de vous sortir des sentiers battus sans aucune difficulté et apporte une bonne motricité sur sol mouillé. De plus, avec ce type de transmission, le SUV japonais apporte un argument de poids sur un marché où peu de concurrents offrent cela.


Et pour la consommation, c’est assez maîtrisé puisque nous avons pu obtenir 5,2 litres aux 100 kms sur un mixte route nationale et ville. Pour l’autoroute, la consommation augmente mais reste plutôt contenue avec un 6,4 litres aux 100 kms. Bref, nous ne sommes pas loin des consommations d’un moteur diesel, bravo Suzuki.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : plutôt confortable pour son prix
Niveau comportement routier, ce Suzuki Vitara se montre très correct et confortable. Les suspensions absorbent bien les aspérités de la route notamment les nid-de-poules ou coussins berlinois. Avec son poids contenu de 1 347 kg, les mouvements de caisse sont quasiment inexistants. Bref, on se sent bien dans le SUV japonais, sans être un vrai tapis roulant tout de même.


Côté direction, même si elle se montre précise pour l’enchaînement des virages (à faible ou vive allure), elle reste un peu légère (notamment en mode Normal). Rien de rédhibitoire au global mais on aurait aimé un ressenti un peu plus tonique. Surtout que le train avant se révèle plutôt précis pour placer la voiture dans les virages. A noter qu’en mode Sport, la direction se durcit légèrement mais il faut sans cesse mettre le mode sportif pour en bénéficier.

Dernier détail l’insonorisation. A basse vitesse, peu de bruit mais lorsque vous augmentez le rythme, surtout en autoroute, l’acoustique se dégrade avec des bruis d’air sur les rétroviseurs notamment. Mais pour vous rassurer, ce n’est pas non plus trop présent mais face à certains concurrents, le Suzuki Vitara se montre un peu en retrait sur ce point.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : un rival roumain ?
Considéré comme un SUV urbain, le Vitara peut se frotter à des références du marché actuel tels que le Renault Captur, le Peugeot 2008 ou encore le Toyota Yaris Cross. Cependant, face à sa qualité de fabrication en retrait et son comportement, certes bon, mais un cran en dessous, le Suzuki Vitara ne peut rivaliser même si son rapport prix/équipements est bien meilleur.

Mais alors, il n’aurait aucun concurrent ? Mais bien sûr que oui et il s’appelle tout simplement Dacia Duster. Fraîchement restylé, le SUV roumain est le véritable adversaire pour le Suzuki avec un niveau d’équipements légèrement meilleur et surtout dans sa version à quatre motrices qui est vendue moins chère que le SUV japonais. Bref de quoi faire pencher la balance pour le roumain.
Essai Suzuki Vitara AllGrip : de quoi tenir le coup ?
En tenant compte que ce Suzuki Vitara reste une voiture à tout faire, le dernier opus du SUV japonais se montre convaincant en étant bien équipé avec de bonnes prestations routières. Certes, malgré son grand âge et son augmentation de prix, il conserve son statut de bon SUV urbain avec un rapport prix/équipements intéressant.

Cependant, il a en face de lui un adversaire de poids à savoir le Dacia Duster qui se montre un peu moins cher au global. A noter que les prix débutent à partir de 22 240 euros (en version 1.4 Boosterjet) et notre modèle d’essai culminait à 29 240 euros en finition Style et moteur 1.5 Dualjet Hybrid.
Crédits photos : Christian CONDÉ











































































