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Essai Kia XCeed Launch Edition 1.6 CRDi 136 ch : plumage sans ramage ?

Présentée il y a quelques mois, la Kia XCeed est une nouvelle déclinaison de la berline compacte Ceed du constructeur Coréen. Après la berline, le break et le break de chasse ProCeed – que nous avions essayé ici -, voici la version crossover ! Avec autant de versions, n’y a-t-il pas un risque à tout embrouiller ? D’autant que cette XCeed est une compacte au style spécifique, bardée d’attributs SUV et croisée avec un coupé, sans réelle concurrence frontale. Alors, que vaut cette nouveauté ? Réponse en essai avec la version Diesel la plus « puissante », animée par le 1.6 Diesel CRDi développant 136 chevaux.

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Graine de Ceed

Si elle reprend le nom de sa base, à savoir la Ceed, la Kia XCeed n’en reprend pas les dimensions. Plus haute de 52 mm, plus large de 26 mm, cette dernière dispose de ses propres atouts pour pouvoir s’en démarquer. A commencer par un design plus étiré, lui conférant l’impression d’être mieux posée sur la route. Elle dispose d’une face avant retravaillée et spécifique, dont les traits sont plus marqués avec un décrochement intérieur des optiques qui vient s’intercaler naturellement avec le fameux « tiger nose » tandis que la partie inférieure de la calandre est mise en avant avec ses joncs chromés, presque semblables à des mandibules.

De profil, il n’y a plus de doute sur son identité, prenant une part de l’esprit SUV pour l’intégrer à celui d’un coupé. Le mélange nous semble réussi, ne tombant ni dans la caricature ni dans la surenchère. La XCeed s’affiche comme dynamique et baroudeuse, avec sa garde au sol rehaussée, ses passages de roues plus marqués ainsi que des barres de toit à effet chromé.

A l’arrière, le diffuseur est visuellement plus présent, avec sa double canule d’échappement ainsi qu’une signature lumineuse plus fine. Il s’en dégage également un petit côté chic, sobre, qui tire aussi parti de la chute de toit ainsi que du côté bombé (qui rappelle une Infiniti QX30) et loin du côté aseptisé d’un Mercedes-Benz GLA ou encore de l’esthétique du BMW X2.

De baroudeuse, la XCeed n’a que les attributs stylistiques, étant une simple traction et ne proposant pas de versions 4 roues motrices ni de protections supplémentaires pour les bas de caisse.

À l’intérieur, pas de dépaysement, ce dernier reprenant une grande partie du dessin de la planche de bord de la berline. Le tout reste de bonne facture et propose une finition agréable à l’œil comme au toucher, avec des matériaux moussés sur la planche de bord ainsi que les contre-portes. La XCeed se démarque toutefois de la Ceed et de ses autres déclinaisons avec l’apparition d’un combiné numérique de 12,3 pouces ou encore avec une dalle tactile de 10,25 pouces pour le GPS, mieux intégrée à la planche de bord.

Cette nouvelle déclinaison est moins généreuse que la moyenne de la catégorie en termes d’habitabilité arrière mais demeure toutefois accueillante avec un espace aux jambes correct ainsi que des sièges arrière chauffants (de série sur la plus haute finition « Premium »). La garde au toit est cependant assez réduite pour les grands gabarits.

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Au quotidien, le coffre se montrera plutôt accessible et extrêmement généreux en volume, avec 426 litres, ce qui le classe parmi les meilleurs de la catégorie. Il est juste dommage qu’il n’y ait qu’une seule poignée pour rabattre le hayon et que la fermeture automatique de ce dernier soit uniquement possible avec la finition la plus haute malgré une liste d’équipements déjà bien fournie pour cette finition intermédiaire Launch Edition.

La meilleure des Ceed ?

Installés confortablement dans les sièges mêlant cuir et tissu, ornés de surpiqûres jaunes faisant écho à la (très réussie) teinte de carrosserie jaune Equinoxe (en option à 650 euros), il est temps d’éveiller le 1.6 CRDi. Assez bruyant à froid, il développe 136 ch.

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Avec un couple confortable de 320 Nm disponible dès 1 500 tours, ce bloc moteur arrive à propulser la nouvelle XCeed avec aisance dans le trafic urbain, où les manœuvres sont facilitées par un rayon de braquage réduit (10,6 m) ainsi qu’une direction douce à basse vitesse. Cerise sur le gâteau, en introduisant les nouvelles suspensions à butées hydrauliques sur son train avant, la Kia se montre confortable malgré la présence de jantes de 18 pouces.

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Pris dans la circulation, si la visibilité avant est bonne, cette dernière est très limitée à l’arrière avec un montant C épais ainsi qu’une lunette réduite. Les rétroviseurs et surtout le détecteur d’angles morts (de série uniquement sur la plus haute finition ou en option à 1000 euros via un pack uniquement sur Launch Edition), seront vos précieux alliés. Rien d’insurmontable mais à garder à l’esprit si vous êtes urbains avant tout.

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Le montant C diminue considérablement la visibilité arrière

Une fois sur autoroute, la boîte automatique à 7 rapports montre rapidement ses limites lors des phases d’accélérations et de dépassements, la plaçant loin derrière la DSG7 de VW ou encore l’EAT8 de PSA. La boîte de Kia s’obstine à conserver le rapport engagé malgré les sollicitations de l’accélérateur et nous avons finalement préféré opter pour le mode Sport afin d’avoir un comportement un peu plus vif.

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En mode sport, l’affichage digital change

On reste toutefois sur des performances modérées avec un 0 à 100 km/h abattu en 10,6 s et si en ville les 136 ch sont amplement suffisants, la vivacité de la XCeed sur autoroute est bien plus modeste.

En cause, les 1 360 kg qu’il faut déplacer et surtout une cartographie moteur qui fait que le couple n’est ressenti qu’un bref instant, incitant à appuyer avec plus d’insistance sur l’accélérateur afin de forcer la boîte automatique à rétrograder de 2 rapports d’un coup. Vous seriez vous-mêmes tentés d’utiliser les palettes au volant mais celles-ci manquent à l’appel, ne vous laissant plus le choix que du « simple » levier de boîte.

Avec une telle gestion, autant dire que cela se ressent sur la consommation. Notre version d’essai affichait une moyenne plutôt élevée pour un diesel, avec 6,8 l / 100 km à la fin de notre périple composé essentiellement d’autoroutes et de voies rapides.

Si nous avons été un chouïa déçu par cette association boîte/moteur, la bonne surprise vient de la direction et du châssis, qui se sont montrés précis notamment en conduite soutenue sur petites routes. Le train avant s’inscrit parfaitement dans les courbes tandis que les mouvements de caisses restent contenus.

Autant dire qu’avec un moteur plus pêchu, la Kia XCeed promet de pouvoir s’amuser en tout sécurité. Toutefois l’offre moteur reste limitée en termes de puissance, le 136 ch étant le plus élevé en Diesel tandis qu’en essence, seul le 1.6 T-GDI développant 204 ch pourrait prétendre à un tel amusement (ce que nous avons pu vérifier avec l’essai du ProCeed ainsi motorisé).

Très à l’aise sur petites routes et chemins, ce 136 ch diesel l’est moins sur autoroute

D’un point de vue technologique, la XCeed se montre au niveau de ses concurrentes mais le fait payer cher. En effet, l’assistance active à la conduite dans les embouteillages ainsi que le régulateur de vitesse adaptatif sont uniquement disponibles avec la boîte DCT7, à laquelle il faudra ajouter 1 000 euros pour avoir le pack d’options d’aides à la conduite. Ce dernier ajoute le système de freinage d’urgence automatique avec détection des piétons et des cyclistes, le système de détection de trafic arrière ou encore le système de surveillance des angles morts.

Rien à redire toutefois quant au comportement de ces aides qui se sont montrées efficaces en toutes circonstances.

Sur le long terme, l’ergonomie se montre optimale et ne vient pas distraire le conducteur mais si les différents écrans restent plaisants à regarder, ils se montrent toutefois fatigants pour les yeux lors des trajets nocturnes et ce malgré quelques réglages effectués.

Un mot sur le GPS Kia qui n’est toujours pas un exemple en termes d’interface, cette dernière étant très complexe. L’ensemble se montre toutefois réactif et juste dans les informations de navigation communiquées.

Tarifs XCee(d)cifs ?

Sur un tel segment, la Kia XCeed est un cas à part. Il s’agit bien d’un nouveau modèle et non d’une version simplement surélevée et c’est du côté des premiums qu’il faut alors se tourner pour y trouver un équivalent tel que le Mercedes-Benz GLA ou encore le BMW X2. La clientèle ciblée pour ce type de modèle est avant tout à la recherche d’un design plus typé sportif et baroudeur sans pour autant sacrifier la philosophie et les aspects d’une berline.

La XCeed est ainsi proposée en 4 niveaux de finitions et 5 motorisations (3 essence et 2 Diesel) dont les puissances s’échelonnent de 115 ch à 204 ch. Côté tarifs, ceux de cette nouvelle Kia sont plus élevés par rapport à ses autres variantes, exception faite de la version SW. Comptez environ 3 000 euros de plus, avec des tarifs allant de 24 990 à 37 590 euros.

Si le 1er niveau de finition reste anecdotique en équipements, le 2e niveau démarrant à 27 490 euros se montre intéressant avec l’aide au maintien en file, les capteurs de pluie et de luminosité, la caméra de recul ainsi que le GPS de 10,25 pouces ou encore la climatisation bizone.

Moyennant 2 000 euros de plus, la Launch Edition comme sur notre véhicule d’essai (qui démarre à 29 490 euros) propose, entre autres, les compteurs digitaux ou encore le toit vitré entrebâillant. Les aides à la conduite telles que le système de détection des piétons, le freinage d’urgence ou encore la surveillance des angles morts sont disponibles en option avec un pack à 1 000 euros.

Le surcoût de 3 000 euros pour passer à la finition Premium se justifie par les équipements incluant les sièges en cuir (ventilés et chauffants, une première dans la catégorie), toutes les aides à la conduite ou encore la petite mesquinerie de l’ouverture du coffre mains libres (car uniquement disponible sur cette finition). Enfin, avec 117 g de CO2 (pour cette motorisation CRDI 136 ch), il faudra ajouter un léger malus de 210 euros.

En face, comme nous avons un modèle premium il n’est guère étonnant que les tarifs du Mercedes GLA (de 1ère génération) aillent de 29 749 à 49 600 euros. Sont proposés 4 niveaux de finitions et 3 motorisations essence allant de 122 à 211 ch. Cette faible diversité s’explique par l’arrivée prochaine de son remplaçant.

crédit photo : NetCarShow.com

Malheureusement, à l’heure où nous écrivons, le configurateur n’est plus accessible sur ce modèle et il nous faudra donc nous tourner vers le BMW X2.

Ce dernier dispose de 5 finitions et d’une offre moteur plus étendue avec 4 essence et 5 Diesel et dont les puissances vont de 116 ch à 306 ch. Les tarifs sont plus salés avec un démarrage à 33 600 euros allant jusqu’à 58 750 euros pour la version M35i de 306ch. A finition « équivalente » (en terme d’équipements), c’est la M Sport qui s’en rapproche accouplée à la motorisation 18d de 150 ch.

Parmi les principaux équipements, nous retrouvons les sièges avant chauffants, la caméra de recul, le GPS tactile ou encore l’avertisseur de risque de collision et le système anti-collision à basses vitesses.

Il faudra bien évidemment piocher dans le catalogue d’options afin de compléter le tout, faisant vite grimper la facture. Lot de consolation : le malus CO2 n’est que de 190 euros (116 g de rejet).

Comparer le Kia XCeed n’est pas une mince affaire étant donné que ce genre de véhicules se fait rare. Même la 2e génération de Mercedes GLA voit ses proportions évoluer pour lorgner vers les SUV familiaux et non plus les Crossover.

Toutefois, en prenant un peu de recul, le Kia XCeed peut être perçu comme un véhicule intéressant avec une qualité de matériaux correcte, de très bonnes qualités routières ou encore des équipements complets. Seule la motorisation peut paraître juste pour ce type de véhicule. Dommage que le constructeur ne propose pas de Diesel plus puissant (pour le moment ?).

Véhicule atypique par son positionnement, la Kia XCeed a su nous séduire par ses qualités routières ou encore un positionnement tarif/équipement intéressant. Seul bémol : le Diesel de 136 ch reste trop juste pour le poids de cette Kia en dehors de la ville. Pour le reste, c’est quasiment un sans-faute pour qui veut rouler en compacte mais avec un style différent.