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Nous nous retrouvons enfin pour découvrir une voiture dont je vous ai beaucoup parlé ces derniers mois : la nouvelle Honda Prelude. Un nom mythique, longtemps disparu, qui revient sur le devant de la scène. Et surprise, la voiture que j’essaie aujourd’hui n’est pas bleue comme vous l’attendiez, mais gris foncé. Une teinte sobre, élégante, qui souligne bien ses lignes.

La Prelude a longtemps symbolisé la sportive élégante de Honda avant de disparaître. Aujourd’hui, grâce à la base technique de la Civic e:HEV, le constructeur a trouvé un bon moyen pour faire renaître le mythe. Pour ce galop d’essai, j’ai la chance d’être accompagné de Jimmy Meloni, journaliste à Monaco Hebdo. Un local de l’étape, parfait pour dénicher les plus belles routes de la Riviera. Pas de parcours imposé par Honda, pas de GPS à suivre : juste l’envie de se perdre un peu, au bon sens du terme.

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Design : équilibre et modernité

L’avant donne le ton avec ses phares LED adaptatifs, sa calandre fine et son allure tendue. Honda n’a prévu qu’un seul niveau de gamme, mais il est très complet. Le regard se pose sur les grandes jantes et les étriers de frein empruntés à la Type R. Rien que ça. De profil, la Prelude paraît longue mais dynamique, bien campée sur ses roues. Les poignées affleurantes manquent un peu de praticité, mais visuellement la ligne reste fluide. En gris foncé, la voiture dégage une belle présence, renforcée par un diffuseur arrière discret et quelques détails de style comme le bas de caisse sculpté ou l’extracteur latéral derrière les roues avant.

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Intérieur de la Honda Prélude, entre sobriété et raffinement japonais

À bord, première surprise : la finition. Cette version grise reçoit un intérieur noir rehaussé de surpiqûres bleues. La planche de bord et la console sont recouvertes d’une matière inspirée du papier japonais, un revêtement original, ni cuir ni Alcantara, à la texture aussi belle qu’inhabituelle. Les détails sont soignés, des seuils de porte siglés Prelude aux moquettes personnalisées. Les sièges sont bien pensés : le conducteur bénéficie d’un maintien latéral renforcé avec des joues plus marquées que celles du siège passager, volontairement plus confortables et plus faciles d’accès. Une subtilité d’ingénieurs japonais jusqu’au boutiste.

Le volant en cuir avec un méplat dans sa partie basse a une prise en main agréable, la planche de bord reprend la présentation de la Civic avec un écran central bien intégré et des commandes physiques  toujours bienvenues. Deux boutons attirent l’attention : le Drive Mode, qui gère les modes de conduite, et le fameux S+, qui transforme le comportement de la voiture.

Un second coloris d’habitacle est proposé, bleu et beige, facturé trois cents euros de plus. L’accord avec la teinte bleu extérieur est superbe. Les coutures bleu clair et blanches ajoutent une vraie touche de sophistication, tandis que la texture “papier japonais” reste présente sur la planche de bord et la console centrale. Cet intérieur clair rend l’intérieur encore plus lumineux.

En passager, je suis très bien installé. Il faut souligner le confort des sièges, l’ergonomie parfaite, le volant et le siège réglables, et l’espace généreux pour la tête comme pour les jambes. Malgré le format coupé, on est à l’aise à deux. À l’arrière, l’espace reste mesuré mais suffisant pour un usage occasionnel. Globalement, la Prelude se montre accueillante et ergonomique, sans compromis excessif sur le confort.

En ouvrant le hayon, on découvre un coffre de 264 litres. Ce n’est pas immense, je pensais que ce serait plus, mais l’ensemble reste fonctionnel. La plage arrière amovible est très bien pensée et la banquette rabattable depuis le coffre permet de charger des objets longs. Ce n’est pas une familiale, bien sûr, mais on peut tout de même y caser quelques cartons. Faire un déménagement en Prelude, c’est quand même la classe.

Aux places arrière, il est possible de s’asseoir sans se contorsionner si on ne dépasse pas un mètre cinquante-cinq. Au-delà, c’est du dépannage, mais pour un coupé de cette taille, la Prélude est plutôt habitable.

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Châssis et suspension : l’empreinte Type R

Sous sa robe sage, la Prelude cache une belle fiche technique. On retrouve les suspensions adaptatives et les trains roulants de la Civic Type R, notamment à l’avant, où le carrossage accentué garantit une excellente motricité. Les modes de conduite incluent Sport et GT, ce dernier visant un compromis entre dynamisme et confort. Les différences se perçoivent davantage dans l’ambiance à bord, avec des voyants rouges et une réponse plus vive, que dans les suspensions, mais le résultat est convaincant.

Sur route humide, aucun souci de motricité ni de sous-virage. Le roulis est bien contenu, et la voiture inspire confiance. Le châssis est surdimensionné par rapport à la puissance, et c’est une bonne chose. Même constat pour le freinage, qui reprend les éléments de la Type R, avec une attaque franche et une endurance remarquable.

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Shift+ : le gadget intelligent

La grande originalité de la Prelude, c’est ce fameux bouton Shift+. Les palettes situées derrière le volant ont deux fonctions selon le mode choisi. En Drive, elles règlent la régénération sur huit niveaux, avec un mode roue libre idéal pour l’économie. En S+, elles simulent une boîte de vitesses, avec montées, rétrogradages et petits à-coups de couple inclus.

En enclenchant le mode Shift+, la voiture révèle une autre facette. Les rétrogradages sont instantanés, les montées de rapports rapides et fluides, avec ce léger coup d’épaule qui donne l’illusion d’une vraie boîte. Le système refuse intelligemment un rétrogradage trop brutal et veille à maintenir un bon régime moteur. Sur les petites routes, on retrouve le plaisir d’un moteur thermique, la satisfaction de jouer avec les palettes, d’entendre le moteur s’animer. Ce n’est pas une Type R, c’est sûr, mais c’est une voiture vivante, équilibrée et saine.

Sur route de montagne, le plaisir est réel : en descente, la voiture se prête volontiers au jeu, avec un comportement précis et une sonorité agréable. En montée, on touche la limite : les 184 chevaux se montrent trop mesurés, tandis que le châssis en accepterait bien plus.

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Coté consommation

La Prelude mesure quatre mètres cinquante pour 1475 kilos, et affiche des chiffres très actuels : 184 chevaux, 117 grammes de CO₂/km et une consommation mixte de 5,2 litres aux cent kilomètres. En pratique, on tourne autour de 4,5 litres en conduite douce avec régénération, et jusqu’à 9 litres quand on s’amuse en montée en montagne. Le seul vrai défaut reste le réservoir de quarante litres, qui oblige à repasser régulièrement à la pompe en conduite dynamique. Mais la sobriété globale, pour un coupé essence hybride, est remarquable.

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Équipement complet et prix justifié

Une seule finition est proposée, tout équipée : phares LED adaptatifs, sièges cuir, suspension pilotée, jantes généreuses, système audio Bose à huit haut-parleurs. À équipement équivalent, une Civic que nous avons essayé ici avoisine les 44 000 euros. La Prelude, elle, s’affiche à 49 900 euros. Le surcoût, environ six mille euros, paraît raisonnable au regard des améliorations : châssis, freins, exclusivité du format coupé. Quatre teintes sont disponibles, noir, gris foncé, bleu et blanc nacré aux reflets changeants.

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Verdict : un coupé unique sur son segment

La Prelude réussit son retour. Un coupé hybride de 184 chevaux, au châssis exemplaire, au freinage surdimensionné, et à la double personnalité : sobre au quotidien, joueur sur petites routes. Son tarif de 49 900 euros peut sembler élevé, mais à équipement égal, elle reste raisonnable face à sa quasi seule concurrente, la BMW Série 2 Coupé, plus chère et durement frappée par le malus dès que l’on fait joujou avec la liste des options.

La Honda Prelude 2025 n’est pas une sportive radicale, ni une simple déclinaison de Civic. C’est une voiture plaisir, équilibrée, homogène, au comportement exemplaire et à la présentation originale. Elle prouve qu’entre SUV et électriques massives, il reste une place pour un coupé passionnant et intelligent. Et rien que pour ça, merci Honda.

Faute de concurrence directe, la Prelude domine son segment ou elle est quasi seule. Et surtout, elle prouve qu’en 2025, on peut encore aimer conduire une voiture raisonnable, légère, bien pensée et amusante.

Les plus

  • La boite Shift plus
  • La consommation
  • Le look

Les moins

  • Réseau réduit
  • Manque de puissance

François Bouet

Photos FB/Honda