Le Nouvel Automobiliste

Découverte statique de la nouvelle Toyota Yaris IV 2020

La voiture la plus produite en France s’apprête à faire peau neuve ! Non, ce n’est pas du côté d’un constructeur hexagonal qu’il faut chercher mais du côté du Japon, avec la Toyota Yaris. La 4e génération de la citadine nippone à succès arrivera en 2020 sur nos routes, mais nous l’avons d’ores et déjà découverte afin d’appréhender son allure et ses nouvelles caractéristiques.

Toyota Yaris : 4ème génération !

2019 restera décidément comme une année chargée pour la catégorie des citadines, dite segment B. Trois des « stars » en avaient déjà été dévoilées (Renault Clio, Peugeot 208, Opel Corsa) mais voici que pointe la calandre d’une quatrième protagoniste qui monte, qui monte : la Toyota Yaris. En l’espace de 20 ans, la citadine de Toyota s’est écoulée à 4 millions d’exemplaires, dont 1,2 million produits à Valenciennes depuis 2001. Elle a permis à n°1 japonais de passer de 3 à 5 % de parts de marché, et avance des ventes sur le segment B ayant atteint 7,3 % de parts de marché en 2018, un record. Elle est, à ce jour, la voiture la plus produite en France.

La renouveler apparaissait donc tout… sauf simple. Est-ce une raison pour laquelle la précédente version est restée au catalogue 8 ans au total, une durée assez rare dans la production actuelle ? La Yaris IV fait en tout cas table rase du passé, et voici comment.

Les secrets d’un renouvellement complet

La nouvelle Yaris IV ne garde guère que le nom de sa lignée. Et elle en repense tout le reste : plateforme, motorisation, design, architecture intérieure.

Commençons par ses dimensions : 3,94 m en longueur, c’est 5 cm de moins qu’avant, gagnés sur les porte-à-faux, tandis que l’empattement progresse lui de 5 cm à 2,56 m. C’est une dizaine de centimètres plus petit que les 208, Clio ou Polo. La Yaris en profite pour afficher un rayon de braquage de 4,9 m, mieux qu’une Clio par exemple (5,2 m). En largeur, 1,75 m, soit 5 cm de plus. 4 cm sont aussi perdus en hauteur, sans pour autant que les occupants aient la tête dans le pavillon puisqu’au rang 1, la place conducteur est 3,6 cm plus basse.

Esthétiquement, la Yaris ne ressemble pas aux précédentes générations mais plutôt à un savant mélange entre une mini-Corolla et quelques traits de Mazda 2. Il faut dire que cette dernière sert de base à la Yaris vendue aux Etats-Unis et l’allure arrondie des portières arrière se retrouve sur la Yaris IV européenne. Cependant, les designers et le premier d’entre eux sur le projet, Mario Majdandzic, qui a créé le thème de cette Yaris, préfère parler de deux inspirations non-automobiles : le kuromame, des haricots noirs, et l’allure d’un taureau. Pourquoi ? « C’est pour leur forme arrondie, et leur front puissant dans le cas du taureau. Mais, pour ne pas nuire à la place à bord, on a relevé la cellule arrière et fait ressortir les roues avec des passages galbés, comme des muscles », explique Mario. 4 mots commençant par un B ont guidé sa recherche : Bold (audacieux), Boost (puissant), Beauty et Brisk (dynamique).

Dans le détail, on remarquera une nouvelle signature lumineuse à l’avant full LED, ainsi qu’une calandre façon « hamster ». A l’arrière, c’est un large bandeau lumineux sur fond noir qui enserre les feux, tandis que le profil se prête mieux (mais ce n’est pas encore tout à fait parfait) à un toit bi-ton. Remarquez les jeux de lignes du profil, avec une carre partant du capot et mourant dans la portière avant, et un creusement prononcé autour du passage de roues arrière.

Un intérieur entièrement repensé

Plus petite d’extérieur, la Yaris fait cependant tout pour ne pas le paraître à bord. Cela passe par une planche de bord plus verticale, creusée de multiples rangements « dépose objets ». Les aérateurs centraux sont dissimulés sous l’écran central, équipé de la même connectivité que le dernier C-HR restylé (à savoir, compatible Android Auto et CarPlay). Peu de couleur, malgré des surpiqûres rouges sur notre exemplaire de démonstration, sauf pour la projection tête haute des informations sur une surface de 10 pouces couleur. D’après Andrea Carlucci, en charge de la planification produit en Europe, « le principe de cet habitacle est less is more, pour le rendre plus clair, ce qui passe par des cadrants qui attirent le regard. » Notons la présence d’un grand toit vitré, et si l’on ne peut vous donner le volume du coffre qui demeure non confirmé, celui-ci propose un double fond. Enfin, la partie centrale du tableau de bord intègre un inédit airbag central afin de protéger au mieux les occupants en cas de choc.

Côté moteurs : destination hybride

La Yaris sera dotée de 3 moteurs : un L3 1,0 en entrée de gamme, un L3 1,5 l ainsi qu’une version Hybride de ce dernier, tous en essence. Les puissances demeurent en cours d’homologation, mais les ingénieurs parlent d’une puissance de 15 % supérieure (pour l’hybride) à celle actuelle. Autant miser donc sur 115 ch environ, pour 141 Nm de couple à 1700 tours/min.

L’hybride, justement, est appelé à représenter le gros des ventes, bien que sa commercialisation ne soit prévue qu’à la mi-2020. De 60 % des ventes, Toyota compte bien lui faire atteindre 80 % du mix de gamme. Comment y parvenir ? Avec des moteurs 20 % plus efficients en consommation, mais aussi et surtout grâce à un renouvellement complet de la chaîne de traction hybride. Boîte de vitesses, batterie, PCU et moteur thermique sont inédits. La nouvelle boîte compte 50 % de matériaux en moins et est 9 % plus compacte. La batterie est pour la première fois Lithium-ion et non plus NMH (nickel – métal – hydrure). Plus légère de 20 kg, elle est aussi plus réactive en accélérations. Le PCU (Power control Unit) est mieux climatisé et réalise 10 000 calculs à la seconde pour répondre au mieux aux sollicitations de conduite. La Yaris HSD promet aussi, comme ses consoeurs Prius IV ou Corolla hybride, d’être en mesure de réaliser 80 % de ses déplacements en ville en électrique uniquement, et de monter en tout-électrique jusqu’à 130 km/h. Reste le moteur thermique injection directe 1,5 l à cycle Atkinson, au rendement 40% supérieur à un Diesel classique, avec une compression de 14:1.

Comme l’explique Stefan Ramaekers, « Toyota persiste à penser que l’hybride est la meilleure solution technique, avec à ce jour 14 millions d’hybrides vendues dans le monde dont plus de 500 000 sont des Yaris HSD. » Précisons que si la production de la Yaris se fera en France, la batterie viendra elle du Japon et le moteur de Pologne.

La Yaris passe à la TNGA-B

C’est enfin le dernier secret, structurel, de cette Yaris IV : elle change de plateforme. A l’image d’une Clio (sur base CMF-B) ou d’une 208 (sur base CMP), voici la Yaris sur une plateforme modulaire. Chez Toyota, cela s’appelle TNGA, pour Toyota New Global Architecture. Il en existe 3 déclinaisons : GA-C pour les compactes (type Corolla, Prius), GA-K pour les berlines (type Lexus ES) et enfin GA-B pour le segment… B. La Yaris est donc la première à l’adopter mais le fait que Valenciennes la maîtrise explique l’arrivée prochaine d’un second modèle dans l’usine, un dérivé SUV urbain.

« Cette plateforme présente une rigidité améliorée et un centre de gravité plus bas, pour plus de précision de conduite, explique Luc Nuyts, expert de la TNGA-B. Elle répond à la promesse d’une conduite « fun », et son typage a été entièrement pensé pour une clientèle européenne qui est en forte demande de dynamisme. Elle est plus légère de 20 kg que l’ancienne, grâce notamment à l’emploi d’aciers à haute limite élastique et à des panneaux plus fins, obtenus grâce à l’optimisation virtuelle lors de la conception assistée par ordinateur de la structure. Elle est enfin flexible afin d’accueillir d’autres carrosseries que des berlines. »

Cette plateforme TNGA-B sera celle des Yaris européennes, japonaises et australiennes, celles américaines dérivant de la Mazda 2 ne l’adoptant pas.

Bonus : retour en images sur 20 ans de Yaris !

Toyota avait dépêché, pour la présentation de la Yaris IV, un modèle de chaque génération précédente. L’occasion de retrouver en images le style de cette citadine qui sillonne à plus de 4 millions d’exemplaires les routes du monde.

Bonus : dans les coulisses de la genèse design de la nouvelle Yaris

Ce n’est pas tous les jours qu’un constructeur révèle au grand jour son processus de recherche stylistique. Sketchs préparatoires, dessins finaux, fraisage et maquettes en clay, jusqu’à une étrange maquette noire qui servit de fil « rouge » pendant tout le projet : l’ensemble de la genèse design de la Yaris IV était présentée en images… que voici.

Crédit photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste