Parmi les noms que l’on imaginait définitivement disparus chez Audi, l’A2 figurait en bonne place ! Petite, frugale, intelligente, monocorps, efficiente (et bigrement chère !), la petite Audi A2 était aux antipodes des gros mastodontes qui pullulent aujourd’hui sur la route. Mais à la faveur d’une nouvelle plateforme électrique et avec un peu de bon sens, l’Audi A2 fait son come-back sous le nom d’Audi A2 e-tron.

Audi A2 e-tron

Audi A2 e-tron : le retour du bon sens ?

Vingt et un ans après l’arrêt de la première génération, la marque aux anneaux remet en scène l’une des voitures les plus atypiques de son histoire. La nouvelle Audi A2 e-tron, dévoilée aujourd’hui, prend désormais la forme d’une compacte électrique pensée avant tout autour de l’efficience énergétique. Un salvateur retour aux sources après avoir abandonné la petite A1.

Derrière son habillage moderne évoquant l’avant-gardiste A2 du début des années 2000, ses batteries de 52, 61 ou 84 kWh (puissances allant de 167 ch à 322 ch) et son autonomie annoncée pouvant atteindre environ 645 km, tandis que la version la plus efficiente se contente de 12,8 kWh/100 km. Frugale, comme dirait Tavares !

Longue de 4,34 m avec un empattement de 2,77 m, la compacte allemande mise davantage sur l’efficience que sur la débauche de puissance, avec une aérodynamique particulièrement soignée (Cx de 0,24), une recharge rapide jusqu’à 183 kW, ainsi que la recharge bidirectionnelle V2L et V2H. Le châssis reçoit des jantes de 18 à 20 pouces, la configuration optimale en matière d’autonomie étant celle équipée de roues aérodynamiques de 19 pouces.

Audi reparle enfin d’efficience

La fiche technique rappelle d’ailleurs celle de la nouvelle Volkswagen ID.3 Neo (essayée ici) avec laquelle elle partage une grande partie de sa base technique. Les batteries, les niveaux de puissance et l’architecture générale sont très proches. Mais le look et les détails d’ingénierie diffèrent.

Ainsi, les ingénieurs parlent davantage d’aérodynamique que de puissance. Coefficient de traînée réduit à 0,24, travail poussé sur les soubassements, roues optimisées, poignées affleurantes, gestion active des flux d’air : tout semble avoir été conçu autour d’un objectif unique, l’efficacité énergétique. Mais point de carrosserie tout alu, cette fois, votre budget réparation vous dira merci !

À bord, l’A2 e-tron se veut premium avec un toit panoramique malheureusement fixe de 1,6 m², un combiné numérique de 11,9 pouces associé à un écran tactile central de 12,8 pouces, un assistant vocal enrichi par l’IA, un planificateur d’itinéraire spécifique aux véhicules électriques, ainsi que l’intégration de Microsoft Teams et Outlook. Audi annonce également un coffre de 396 à 1 336 litres

A bord, il semble que l’on doive faire une croix sur les superbes harmonies de couleurs et matières de l’originelle, l’habitacle étant très grisâtre. Mais la voiture est lancée avec 5 places alors que l’ancienne avait pâti de ses 4 places. Quant au tarif français, il n’est cependant pas communiqué et il débute à 38 200 € hors bonus en Allemagne. Nous attendrons de voir dans quelques semaines.

L’A2 originelle : une voiture arrivée trop tôt

Bien qu’elle n’ait pas été un grand succès, l’Audi A2 originelle mérite sa place dans la liste des voitures visionnaires parmi lesquelles la Prius, la Mini ou la DS figurent sans hésiter. Son histoire commence au Salon de Francfort 1997 avec le concept Al2. À l’époque, Audi cherche déjà à réduire le poids et la consommation de ses véhicules. Deux ans plus tard, la version de série apparaît.

L’A2 est commercialisée à partir de 1999. Sa carrosserie adopte une structure en aluminium Audi Space Frame, un procédé alors réservé à la dispendieuse Audi A8 ! Son architecture monocorps privilégie l’espace intérieur et l’aérodynamique. Certaines versions proposent un grand toit ouvrant panoramique en deux parties. Même le capot avant n’est pas conçu pour être ouvert régulièrement par l’utilisateur.

En bref, plutôt que de nous pondre une mini A3, Audi a sorti une voiture révolutionnaire pour son retour dans le segment des citadines. Le sommet de cette démarche arrive avec l’A2 1.2 TDI dite « 3L ». Pour atteindre cet objectif, tout est optimisé : poids, aérodynamique, pneumatiques, transmission et gestion moteur.

Mais voilà, le marché n’était pas prêt. Trop chère pour sa taille, trop originale pour la clientèle traditionnelle Audi, l’A2 peine à convaincre malgré ses qualités. La production cesse en 2005 après environ 176 000 exemplaires produits.

Succès d’estime mais un bel héritage pour Audi qui réhabilite l’A2 à travers cette nouvelle mouture électrique. Et il faut dire que la chasse au CO₂, la recherche d’autonomie maximale et la nécessité de réduire les consommations ont redonné une étonnante actualité aux idées développées par l’A2.

Audi boucle la boucle

L’A2 e-tron n’est donc pas seulement un nouveau modèle dans la gamme Audi. C’est une fort belle manière de répondre au besoin d’une petite voiture efficiente en s’appuyant justement sur son patrimoine.

Dans une industrie qui a longtemps misé sur des batteries toujours plus grosses pour gagner en autonomie, Audi semble rappeler qu’il existe une autre voie : construire des voitures plus efficientes. Et on se dit que le bon sens semble enfin faire son come-back après des années à faires des voitures grosses et lourdes ! Et si l’Audi A2 rencontrait enfin son époque ?

Source : Audi

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