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Essai BMW XM

Essai BMW XM : non ce n’est pas une Citroën !

Lorsque l’on évoque le nom de XM, on pense tout de suite à la marque française aux chevrons, Citroën. Cependant, ce n’est pas de la berline 5 portes sortie en mai 1989 que nous allons vous parler, mais d’un engin radicalement différent, un SUV haut de gamme hybride rechargeable produit par BMW. Avec son look très controversé, sa puissance de 653 chevaux et son poids de plus de 2,7 tonnes à vide, ce BMW XM est-il capable de se faire un nom ? Avec ses performances de sportives, n’est-il pas en contradiction avec les mœurs actuelles ? Réponses dans notre article qui nous a permis de découvrir cet engin à la fois sportif et « respectueux » de l’environnement sur les routes de l’Eure et de la vallée de Chevreuse.

Essai BMW XM : un look à part entière

Bon, il faut se lancer et ce n’est pas une mince affaire face au look très atypique de ce BMW XM. Mais avant de détailler le physique de ce SUV, effectuons un petit retour dans le passé et sur le département Motorsport de BMW. Tout le monde se souvient de la BMW M1, véritable joyaux, fruit du département M. Avec ses lignes acérées lui donnant les traits d’un coupé futuriste, elle a su se hisser dans le très haut du classement des véhicules de collection.

Et puis il a fallu attendre près de 45 ans pour que le département sorte son deuxième bébé. Et vous l’avez sous les yeux, c’est ce surprenant et déroutant BMW XM. Celui-ci a été entièrement développé par BWM M, mais on peut légitimement se demander ce qui est passé par la tête des ingénieurs pour nous sortir cet engin hors normes.

Passons maintenant à ce style très particulier qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. Calandre surdimensionnée et rétro-éclairée la nuit, feux à double étage et pare-chocs très agressif, il vous sera bien difficile de louper ce SUV s’il se retrouve dans votre rétroviseur. De plus, avec ses jantes de 23 pouces pour notre modèle d’essai (oui, oui, vous lisez bien) et son arrière ultra sculptural surplombant de monstrueuses sorties d’échappement positionnées de façon verticale, ce BMW XM donne le ton sans particulièrement faire dans la finesse…

Vous en voulez plus ? Pas de souci, afin de renforcer encore plus son look tape-à-l’œil, l’entourage doré de la calandre se retrouve également autour du vitrage latéral mais aussi sur les jantes. Pour résumer, certains n’y verront qu’un côté très bling-bling quand d’autres y percevront une nouvelle vision du luxe. Ne serait-ce finalement pas la même chose ? En tout cas, sachez-le, vous ne passerez absolument pas inaperçus avec ce BMW XM sur la route et vous ne compterez plus le nombre de pouces levés.

Essai BMW XM : une profusion de luxe pour l’intérieur

En ce qui concerne l’intérieur, les aficionados de la marque allemande ne seront pas trop dépaysés. En tout cas ceux qui ne sont pas attachés viscéralement à la tradition bavaroise des compteurs aux aiguilles orange. Le BMW XM reprend en effet la double dalle numérique, baptisée Curved Display, présente désormais sur la quasi totalité des modèles de la gamme, ou en passe de l’être.

On dispose ainsi d’une instrumentation numérique de 12,3 pouces en face du conducteur complétée par un large affichage tête haute. L’écran multimédia tactile central mesure pour sa part 14,9 pouces et certains remarqueront la présence de la molette iDrive (très pratique) pourtant disparue sur certains modèles récents de la marque (Série 2 AT, X1).

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Du côté de la qualité des matériaux, on est bien dans du haut de gamme et même dans du très haut de gamme. En effet, avec son intérieur entièrement en cuir surpiqué dénommé Merino Deep Lagoon, (2 600 euros en option), ce BMW XM affiche une présentation et une finition de haut vol. Petit bémol à titre personnel néanmoins, la présence des contre-portes de couleur marron me laisse un peu pantois.

Mais bon, tous les goûts sont dans la nature dit le dicton. Et vu que les configurations permises par le programme Individual se rapprochent doucement de la notion d’infini chacun trouvera nécessairement la combinaison qui lui convient pour peu qu’il y mette le prix.

Soulignons également une particularité de ce modèle, le seuil du pavillon à effet 3D qui procure une ambiance absolument unique et vous donne la banane rien qu’en le regardant.

Essai BMW XM : une habitabilité royale

Évidemment, avec des dimensions si imposantes (5,11 m en longueur, 2 m en largeur et 1,75 m en hauteur), ce BMW XM offre une habitabilité incroyable. Tout d’abord à l’avant, où les sièges sont très confortables et vous offrent une position de conduite optimale. Vous aurez l’impression de conduire comme si vous étiez les fesses posées dans un sofa.

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Et c’est encore plus impressionnant à l’arrière puisque l’espace aux jambes est digne d’une limousine. On n’est pas loin du summum proposé par une Bentley ou encore d’un Rolls-Royce, c’est dire. De plus, avec sa garde au toit très importante grâce au profil du SUV, vous ne serez pas embêtés si vous faites plus d’1,90 m. Et puis le fin du fin (c’est Plantafin…), c’est le moelleux de la banquette arrière qui saura chouchouter vos passagers. D’ailleurs des coussins supplémentaires sont fournis de série pour augmenter le côté cocooning de ce BMW XM. Et puis, histoire de bien vous faire comprendre qu’à ce niveau de gamme on ne laisse aucun détail de côté, vous apprécierez le magnifique sac en cuir permettant de loger les câbles de recharger.

Essai BMW XM : une seule finition mais quelques options

Il faut savoir que le BMW XM est disponible avec un seul niveau d’équipements mais il faudra quand même débourser quelques milliers d’euros supplémentaires pour vous confectionner le XM de vos rêves.

Tout d’abord, sachez que vous disposerez de série de la banquette arrière rabattable 2/3-1/3, des sièges avant électriques à mémoire et massants/chauffants, de la climatisation automatique 4 zones, de la commande gestuelle, du hayon automatique, du régulateur de vitesse, de la compatibilité AppleCarPay et AndroidAuto, du système de stationnement avec caméra 360° et mémorisation des derniers mètres parcourus, du système audio Harman Kardon, des jantes 21 pouces, du ciel de pavillon en alcantara, de l’intérieur cuir, de la recharge par induction et de la connectivité 5G avec notamment le guidage en réalité augmentée. A 178 000 euros c’est bien le minimum…

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Mais pour doter votre BMW XM d’un équipement véritablement digne de son standing, il faudra passer par la case Pack. Ainsi, le Pack « Drive Assist Pro » qui comprend certaines aides à la conduite comme le régulateur de vitesse adaptatif, la conduite semi-autonome de niveau 2, l’assistant de circulation à contresens ou l’arrêt d’urgence vous sera facturé 1800 euros. C’est un peu pingre et on aurait vraiment apprécié que celui-ci soit disponible de série.

Et pour enfoncer le clou, notre BMW XM d’essai adoptait le système Hi-Fi Bowers & Wilkins de 1 475 W à 4 500 euros. Bien que le son soit au top pour les mélomanes, cela semble mesquin de ne pas le proposer de série au prix déjà pharaonique de l’engin.

Essai BMW XM : un moteur vivant mais sans trop de vocalise

Déjà impressionnant visuellement, la fiche technique de ce BMW XM se montre tout aussi spectaculaire sur le papier. Motorisé par un moteur V8 de 4,4 litres de cylindrées bi-turbo de 489 chevaux, il est secondé par un moteur électrique disposant de de 197 chevaux. La première BMW M hybride rechargeable conçue par le département Motorsport, développe ainsi une puissance cumulée de 653 chevaux. Qui dit hybride dit batterie et pour mouvoir en tout électrique ce mastodonte on lui en a greffé une de 25,7 kWh (net) lui permettant sur cycle WLTP de profiter de 88 km en mode ZE.

Cependant, malgré cette fiche technique très alléchante, il y a un paramètre qui vient immédiatement poser des limites à l’engin : la physique (non pas son physique, encore que…). En effet, avec un poids de 2 700 kg à vide, les sensations se révèlent un tout petit peu en deçà de ce que nous espérions. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas un veau asthmatique, puisqu’il affiche un 0 à 100 km/h abattu en 4,3 secondes et une vitesse maximale autolimitée à 250 km/h (270 km/h avec le pack Experience M de notre modèle d’essai). Mais on sent que ce BMW XM se montre un cran en-dessous par rapport à une BMW X5 M pouvant faire l’exercice du 0 à 100 km/h en seulement 3,8 secondes malgré moins de puissance moins puissant.

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En terme de consommation, on reste aussi assez loin du 1,6 litres aux 100 km annoncé lors de l’essai sur cycle WLTP. S’il sera assez facile de faire moins de 9 litres aux 100 km en conduite type économique, une consommation dans l’absolu tout à fait remarquable compte tenu de l’engin, on peut en revanche largement fleurter avec les 14 litres (et plus…) en conduite un tant soit peu sportive ou lorsque la batterie est vide. Et pour la partie électrique, on se situe en moyenne aux alentours de 22/24 kWh, c’est très correct. A noter que le BMW XM peut accepter des recharges de 7,4 kW en courant alternatif (comptez environ 4h pour être à 100%) et ainsi rouler en électrique sur environ 65 km (contre les 88 km annoncés).

Essai BMW XM : ça braque peu et c’est raide

Afin de profiter de toute la puissance de l’engin sur la route, ce BMW XM est équipé de la fine fleur de la technologies. Ainsi, de série, ce SUV adopte 4 roues motrices et directrices, une première pour le département M. Néanmoins, si les roues directrices à l’arrière se montrent très appréciables à haute vitesse, on aurait aimé que le système offre un peu plus d’angle au moment de garer l’engin. En effet, avec un empattement de 3,1 m et des jantes de 23 pouces particulièrement exposées, il faut beaucoup manœuvrer pour ranger ce mastodonte.

Et le confort dans tout cela ? Que cela soit en terme d’insonorisation ou de conduite, ce BMW XM s’est révélé agréable à conduire et particulièrement silencieux (sauf quand vous poussez le moteur V8 dans ses retranchements, mais c’est tellement jouissif). Les bruits d’air sont imperceptibles et on se retrouve dans un cocon au confort royal et à l’ambiance monacale. Seul petit bémol, l’amortissement est un peu raide à allure réduite (notamment les dos-d’âne ou les nids-de-poule). Mais avec une telle monte pneumatique ce n’est guère une surprise. On peut tout à fait supposer qu’avec des jantes en 21 pouces, ce confort se montrera encore meilleur.

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De même, avec son poids important, on se retrouve confronté à quelques mouvements de caisse, notamment lors de freinages appuyés ou de changements d’appuis en virages. Ceci est d’ailleurs un peu amplifié par une direction un peu trop légère à notre goût. Rien de bien dramatique tout de même pour un SUV de ce gabarit.

Essai BMW XM : une concurrence quasiment inexistante

Lorsque l’on cherche des adversaires à ce BMW XM, la liste n’est pas si longue que cela. Le concurrent le plus direct est sans doute le Porsche Cayenne Turbo S-E Hybrid. Avec ses 680 chevaux, le SUV de Stuttgart est nettement plus onéreux (185 950 euros de base mais la liste d’option est interminable), offre une une autonomie électrique moindre et un malus important alors que le BMW XM se paie le luxe d’en être exonéré. Reste la question du prestige du blason, point sur lequel la bavaroise peut se défendre aussi.

Et si on se tourne vers les thermiques purs, on peut également lui confronter le Mercedes GLE 63 S AMG ou encore l’Audi RS Q8. S’ils sont globalement proches en terme de prix, ces deux concurrents sont dépourvus d’hybridation. Conséquence, ils subissent un malus de 50 000 euros qui les mettent presque automatiquement hors jeu face au XM.

Essai BMW XM : un OVNI dans un monde de luxe

Au moment de conclure cet essai il faut tout d’abord constater que ce BMW XM est un véritable OVNI (ORNI pour être plus rigoureux) sur le marché actuel. Son design très particulier (qui peut déplaire à certains par son exubérance), la profusion de luxe dans l’habitacle, le confort des places arrières ou encore la technologie embarqué en font un objet totalement décalé. Et c’est forcément un argument fort pour qui cherche un véhicule en dehors des stéréotypes actuels.

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Cependant, avec un tel badge et au vu de la fiche technique, on aurait aimé avoir un véhicule plus dynamique et rageur. C’est ici que le poids élevé de ce mastodonte pèse… Et c’est bien dommage car les gênes du département Motorsport ne sont malheureusement pas vraiment présents (ce qui ne semble pas décourager le moins du monde les acheteurs, les ventes de ce XM étant déjà largement au-dessus des autres M). Et puis si vous voulez plus de folie, sachez que le BMW XM est disponible en version Red Label de 748 chevaux !!!!

Crédits photos : Christian CONDÉ

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