Leapmotor a livré 106 127 voitures en octobre, un record, en hausse de 51 % sur un an. Sur dix mois, le constructeur chinois, dont Stellantis détient environ 21 %, a déjà dépassé ses ventes de 2025. En France aussi, la marque bat son record mensuel. L’objectif d’un million de voitures en 2026 reste toutefois hors de portée sans nouvelle accélération. Côté Stellantis, le partage des usines et des technologies commence à prendre forme.

Stand Leapmotor au Mondial de l'Auto 2026 avec la B05

Plus de 100 000 par mois depuis juillet

Selon le communiqué publié le 2 novembre, Leapmotor a livré 106 127 voitures dans le monde en octobre, contre environ 70 300 un an plus tôt. C’est le quatrième mois consécutif au-dessus de 100 000.

Sur les dix premiers mois de 2026, le cumul atteint 772 666 voitures, en hausse de 65,9 %. Le constructeur avait livré 596 555 voitures sur toute l’année 2025, un total dépassé dès septembre, selon CnEVPost.

Depuis sa création, Leapmotor revendique plus de 1,9 million de voitures livrées. La marque se présente comme la première des jeunes marques chinoises de voitures électrifiées, et la quatrième marque mondiale sur ce créneau.

Le million, encore loin

En mars, Leapmotor visait un million de livraisons en 2026, selon CnEVPost. Le communiqué d’octobre ne reprend pas ce chiffre.

Pour l’atteindre, il faudrait livrer 227 334 voitures en novembre et décembre, soit environ 113 700 par mois. C’est plus que le record d’octobre.

La croissance repose surtout sur les nouveautés lancées en Chine. L’A10, vendue en Europe sous le nom de B03X, a reçu le 18 octobre une version A10s. L’A05, qui deviendra la B03 en Europe, est commercialisée en Chine depuis août.

En France, 7 294 voitures en dix mois

En France, Leapmotor annonce un record de 1 390 immatriculations en octobre. La marque revendique 2,13 % du marché des voitures électriques et 2,94 % auprès des particuliers.

La petite T03 a été le deuxième modèle le plus vendu du segment A en octobre, avec 14,23 % de part de marché, selon la marque. Sur dix mois, Leapmotor cumule 7 294 immatriculations, soit 1,51 % du marché électrique.

Le rythme reste soutenu : sur neuf mois, les ventes de la marque avaient progressé de 161 %, comme nous le relevions dans notre article sur les marques chinoises en Europe.

Leapmotor B03X exposé au Mondial de l'Auto 2026

Saragosse, première usine européenne

Le lien avec Stellantis passe par deux étages. Le groupe détient environ 21 % de Leapmotor depuis 2023. Il contrôle aussi 51 % de Leapmotor International, la coentreprise qui vend la marque hors de Chine, contre 49 % pour le constructeur chinois.

Le partenariat a franchi une étape industrielle en octobre. Pendant le Mondial, l’usine Stellantis de Saragosse, en Espagne, a officiellement lancé la production du SUV B10. Le B05, que nous avions essayé cet été, doit suivre, sans date annoncée.

Selon L’argus, Stellantis prévoit d’investir près de 200 millions d’euros sur le site, pour une capacité d’au moins 208 000 voitures électriques par an. Produit en Europe, le B10 échappe aux droits de douane européens sur les électriques chinoises. Selon Raphaëlle Holderith, directrice de Leapmotor France, citée par L’argus, cette production doit aussi lui permettre de prétendre à l’éco-score, donc au coup de pouce CEE et au leasing social.

Leapmotor B05 jaune lors de notre essai

Une Opel sur base Leapmotor en 2028

Le partage ne se limite plus à l’assemblage. En mai, Stellantis et Leapmotor ont annoncé un SUV électrique Opel du segment C, prévu pour 2028 à Saragosse. Il utilisera l’architecture électrique de Leapmotor et la technologie de batterie lithium-fer-phosphate (LFP) du B10, selon CnEVPost.

Le même accord évoque un possible transfert de l’usine Stellantis de Villaverde, à Madrid, à Leapmotor International. Aucune décision définitive n’a été annoncée depuis.

Plus largement, Stellantis étudie l’utilisation de plateformes et de logiciels Leapmotor pour de futurs modèles Fiat, Opel et Peugeot, selon Bloomberg, cité par Motor1 en mars. À ce jour, seul le projet Opel a été officialisé. En mars, l’avenir des plateformes maison STLA Small et Smart Car sur ces segments n’était pas tranché, selon Motor1.

Un partenaire qui devient concurrent

Leapmotor est distribué en France dans le réseau Stellantis, notamment chez des concessionnaires Fiat. Comme nous l’écrivions dans notre billet sur Dacia, Fiat et Citroën, le concurrent chinois le plus direct de Fiat se vend donc chez Fiat.

Pour Stellantis, l’équation a deux faces. Les technologies Leapmotor permettent de réduire les coûts de développement d’électriques abordables. Mais plus les marques du groupe s’appuient sur elles, plus la valeur se déplace vers le partenaire chinois.

Plusieurs échéances diront jusqu’où ira ce partage : la montée en cadence de Saragosse, la décision sur Villaverde, et l’arrivée de l’Opel conçue avec Leapmotor en 2028.

Sources : Leapmotor (communiqué du 2 novembre 2026), CnEVPost, L’argus, Motor1, Bloomberg, Path to Park.

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