Ford et Geely viennent d’officialiser la création d’une coentreprise dédiée au marché européen, installée sur le site historique de Valence, en Espagne. L’accord, encore soumis aux autorités de la concurrence, doit démarrer au premier semestre 2027, avec des premiers modèles sortant des chaînes en 2028.
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Une usine mutualisée pour faire baisser les coûts
Concrètement, Ford détiendra 66 % de la nouvelle entité, Geely 34 %. L’objectif affiché est de mutualiser les volumes sur une usine capable de produire jusqu’à 500 000 véhicules par an, pour faire baisser le coût de fabrication de chaque exemplaire. Valence produit des Ford depuis 1976, année de lancement de la première Fiesta.
Le Kuga continuera d’y être assemblé sans interruption. À partir de 2028, l’usine accueillera un nouveau membre compact de la famille Bronco pensé pour l’Europe, ainsi qu’un crossover familial multi-énergies développé avec Geely. De son côté, le constructeur chinois y produira deux SUV électriques de sa propre marque.

Derrière l’accord, une part de marché qui fond
Sur le papier, l’opération se présente comme un partenariat industriel gagnant-gagnant. Dans les faits, elle intervient alors que Ford recule année après année sur le marché européen.
La marque ne pesait plus que 3,5 % du marché européen sur les cinq premiers mois de 2026, contre 7,8 % en 2019. Ses ventes ont reculé de 16,9 % sur la même période, loin derrière un trio de tête (Volkswagen, Stellantis, Renault) qui continue de dominer les immatriculations. Un plan social distinct, annoncé fin 2024, prévoit déjà la suppression de 4 000 postes en Europe d’ici 2027, principalement en Allemagne et au Royaume-Uni.
Dans ce contexte, confier une partie de la production européenne à un partenaire extérieur ressemble moins à une offensive qu’à un ajustement de format. Nous avions déjà détaillé cette bascule progressive, entre succès sportifs très visibles et repli discret sur les routes du continent.
Kuga, toujours là, pour combien de temps
Le maintien du Kuga à Valence a de quoi rassurer, à court terme. Le SUV reste l’un des hybrides rechargeables les plus vendus d’Europe et continuera d’être produit sans interruption pendant la mise en place de la coentreprise.
Mais l’essentiel de la croissance annoncée à Valence repose désormais sur des modèles co-développés ou directement signés Geely. Une manière, pour Ford, de continuer à faire tourner une usine performante sans porter seul le risque industriel d’une gamme européenne en pleine recomposition.

Plus de détails sur l’accord sont disponibles dans le communiqué officiel publié par Ford.