La Renault 4 Plein Sud se sera fait attendre. Un an et demi s’est écoulé entre sa présentation au Mondial de l’Auto et cette première prise en main dans la région de Barcelone, qui nous a enfin permis de profiter des rayons du soleil à bord de la petite française !

Le constructeur au losange semble considérer qu’il pouvait prendre son temps, cette version étant, selon lui, attendue de pied ferme par des clients prêts à patienter. Pas de crainte de les voir partir à la concurrence, la Renault 4 Plein Sud étant « le seul B-SUV électrique découvrable du marché ». Et face à la carrière à succès de la Renault 5, ce lancement permet de remettre la « 4L des temps modernes » en lumière, même en toit dur.

Une simple capote peut-elle redonner de l’intérêt à ce modèle dans l’ombre de sa petite sœur ?
La nouvelle vocation plaisir va-t-elle à l’encontre des aspects pratiques et techniques de la version traditionnelle ?
Et en conclusion, le surcoût est-il justifié par rapport à la version fermée ?

Renault 4 E-Tech Plein Sud : une ligne iconique préservée

Essai Renault 4 Plein Sud Le Nouvel Automobiliste

Vous aimez le look de la Renault 4 E-Tech ? Bonne nouvelle, cette version Plein Sud – en hommage au cabriolet Plein Air – conserve tout ce qui fait le charme de la Renault 4. Tant dans ses dimensions (4,14 m de longueur), ses clins d’œil à la version originelle et même ses teintes de carrosserie.

Outre le toit en toile, cette version se distingue de la Renault 4 à toit dur par la disparition des barres de toit et celle de l’antenne façon aileron de requin, désormais intégrée à la lunette arrière. Il devient également impossible d’opter pour les kits de personnalisations de toit et de capot. Mais le toit contrasté est toujours de la partie.

La Renault 4 Plein Sud s’inscrit dans une tradition de toits découvrables proposés par la régie depuis de nombreuses années (R4, R5, Twingo 1, Twingo 2 et Twingo 3…). Pour la piqûre de rappel historique, la marque au losange avait amené sur ses essais les versions de la « 4L » découvrables, dont la Sixties et son double toit ouvrant rigide, la Sixties de 1984 à toit en toile – à ouverture manuelle pour sa part – et à décor psychédélique réalisée sur la base d’une maquette de Publicis pour être exposée au showroom des champs Elysées (le désormais Défilé Renault), et la e-Plein Air, réinterprétation moderne de la Plein Air de 1969 qui perdait l’intégralité de son toit et même ses portières, conçue avec Melun Rétro Passion et mue par un moteur de Twizzy !

A bord de la Renault 4 Plein Sud : en jean sous le soleil

Essai Renault 4 Plein Sud intérieur

Pas de dépaysement en découvrant l’habitacle, identique à celui que nous connaissions sur la version fermée en finition techno, dont l’essai est juste ici. « L’auto blue jean », qualifiée ainsi pour sa polyvalence, met à l’honneur le denim avec des revêtements omniprésents évoquant le pantalon. Sur les sièges, les contreportes, le décor de planche de bord… Cela illumine et égaye cet habitacle, bien plus qu’un habitacle noir ou gris (la Twingo aurait mérité un tel traitement !)

L’habitabilité est à peine impactée par l’implantation du toit. A l’avant les occupants profitent d’une garde au toit supérieure de 2 cm, tandis qu’à l’arrière, les passagers rendent 4 cm d’espace en hauteur. Mais ce sont eux qui profitent le mieux du toit lorsque celui-ci est ouvert !

Rendue possible par un système à 3 plis contre 4 habituellement, l’ouverture de 80 cm x 92 cm (soit près d’un mètre carré de surface) rend le voyage beaucoup plus agréable, avec cette sensation bien particulière lorsqu’on roule cheveux au vent. C’est moins le cas aux places avant, mais la luminosité et l’ouverture vers l’extérieur font leur effet, sans apporter de nuisances.

Autre point positif, la capote isole bien du bruit lorsqu’elle est fermée. Selon le constructeur, la différence est de 4% à 130 km/h, autrement dit négligeable. Le pare-brise acoustique, les isolants et la suspension du moteur contribuent également au silence à bord.
Et lorsqu’on ouvre le toit, par la commande physique ou vocale, le saute vent empêche l’air de s’engouffrer bruyamment. L’opération s’effectue en moins de 10 secondes, et jusqu’à des vitesses autoroutières.

Renault 4 Plein Sud toit ouvrant

Quant au niveau de sécurité, il est assuré par l’implantation de baleines rigides disposées tous les 20 cm qui empêche toute effraction même si la toile venait à être vandalisée. Bonus pour l’après-vente, le module est constitué de plusieurs pièces pouvant être remplacées individuellement et non pas en système complet (comme sur une Citroën C3 Pluriel ou une Fiat 500c par exemple…), ce qui entraine un coût de réparabilité bien moins élevé et par conséquent, une assurance potentiellement moins onéreuse.

En bref, ce toit offre un surcroit de charme et de plaisir à bord sans imposer de contrainte et permet de profiter du sens de l’accueil et du confort déjà présents sur la Renault 4, caractérisés par un espace à bord plus important que sur une simple citadine, même à l’arrière, un coffre certes moins volumineux que celui de certaines rivales (420 litres) mais pratique avec son seuil de chargement bas et son hayon électrique (qui est long par conséquent, imposant de s’écarter à l’ouverture). Il demeure toujours possible sur la version Plein Sud de rabattre le siège passager avant pour loger des objets jusqu’à 2,20 m de longueur.

Renault 4 E-Tech Plein Sud : facile à vivre et plaisante à conduire

Essai Renault 4 Plein Sud électrique

La Renault 4 Plein Sud repose comme sur la Renault 4 E-Tech traditionnelle sur la plateforme RGEV Small et dispose d’un train arrière multibras dont nous avons déjà pu vanter l’efficacité. Le compromis entre dynamisme et confort, atout du modèle, est donc toujours excellent sur la découvrable.  Même en nous perdant sur des chemins de traverse, la Renault 4 ménage ses occupants en leur évitant des remontées sèches dans les suspensions et le tangage souvent constaté à bord des SUV.

Quelques changements ont pourtant été imposés par la suppression du toit dur. Le toit a notamment été renforcé pour augmenter la rigidité globale. Avec une conséquence minime sur le poids du véhicule, ces modifications entraînant une hausse d’à peine 19 kg, notamment grâce à l’emploi de matériaux composites. Ce léger surpoids engendre une baisse d’autonomie de 7 kilomètres et celle-ci culmine donc à 392 km, selon la norme WLTP.

Essai Renault 4 Plein Sud villeMais au niveau des performances, pas de différence, les 150 ch suffisent amplement, à moins d’avoir activé le mode éco qui rend le véhicule complètement amorphe.

A l’opposé, le mode sport ne bouscule pas les occupants, dont le confort est préservé, même s’il offre la possibilité de déconnecter l’ESP et de disposer de quelques libertés en conduite dynamique. Et malgré les pneus « boue et neige » de notre modèle d’essai, le comportement s’est montré rassurant également dans ces conditions.

Outre le multi-sense qui permet de choisir entre ces 2 modes et le mode confort, l’expérience de conduite peut également être personnalisée avec le réglage du niveau de freinage régénératif. Celui-ci s’active par les palettes au volant, avec des niveaux progressifs allant jusqu’au One Pedal, suffisamment bien calibré pour ne pas nous expédier la tête dans le volant en cas de lever de pied trop soudain de la pédale d’accélérateur.

 

Renault 4 Plein Sud — de légères améliorations côté recharge

Essai Renault 4 Plein Sud rouge

Au quotidien, la Renault 4 E-Tech Plein Sud se rechargera en courant alternatif 11 kW avec son câble mode 3 type 2 triphasé. La recharge de 10 à 100% prendra alors 4h30.
La charge rapide accepte quant à elle 100 kW de puissance, lui permettant de passer de 15 à 80% en 30 minutes.

En confrontant la consommation homologuée de 15,8 kWh/100 km face à notre moyenne de 16,6 kWh/100 km relevée à la fin de notre essai de 170 km , l’autonomie annoncée de 392 km est donc facilement atteignable. D’autant plus en considérant les conditions de notre essai : conduite dynamique, routes de montagne, mode sport enclenché très régulièrement. Certes, avec un climat très favorable.

Renault 4 E-Tech trappe de recharge

En parlant de climat, sachez que par temps froid, (0 à 5°C) et très froid (jusqu’à -20°C), le temps de recharge a été amélioré grâce à l’adoption d’un nouvel échangeur eau-eau dans le circuit de chauffage de la batterie. Le gain de temps est de l’ordre de 10%, mais c’est déjà cela de pris.

Enfin, l’écosystème électrique de la Renault 4 E-Tech facilite la recharge au maximum avec l’electric route planner de Google permettant d’optimiser les moments et temps de recharge sur son itinéraire et la solution de recharge Plug and charge qui, couplée à l’application My Rnlt et au système de paiement intégré, permet de se dispenser des cartes et abonnements et profiter du réseau de 900 000 bornes compatibles.

Si au contraire vous pouvez vous permettre de décharger la batterie, rappelons que le véhicule dispose des fonctions V2L et V2G permettant d’alimenter des objets ou le réseau, pratique dans notre monde connecté.

Prix Renault 4 Plein Sud :  bien équipée mais pas donnée

Essai Renault Plein Sud jantes 18 pouces techno

Le positionnement de la Renault 4 Plein Sud en fait malheureusement une voiture moins abordable que son équivalent sans toit ouvrant. Parce que ce dernier impose un surcoût de 1 800 €, parce que a découvrable n’est pas proposée avec la batterie à autonomie urbaine, et parce que les deux finitions au catalogue sont les plus haut de gamme. Résultat, le prix d’entrée passe de 26 370 € prime déduite pour une Renault 4 évolution à autonomie urbaine à 33 670 € prime déduite pour une Renault 4 Plein Sud techno à autonomie étendue.

Renault 4 Plein Sud écrans

Heureusement, l’équipement est à l’avenant, avec le tableau de bord numérique de série, le système multimédia Open R link, les jantes 18 pouces, les aides à la conduite désormais règlementaires, l’aide au stationnement arrière avec caméra de recul (dont la définition est assez médiocre), l’ouverture et le verrouillage mains libres ou encore le chargeur de téléphone à induction. Notre exemplaire était agrémenté du pack hiver avec les sièges chauffants et du hayon électrique.

Ce dernier est de série sur la finition iconic, ainsi que l’éclairage d’ambiance 4 zones (3 zones sur techno), une sellerie spécifique en tissu 100% recyclé, le pack hier avec volant chauffant, le réglage lombaire électrique pour le conducteur, les aides au parking avant, latérales et le stationnement automatique, le régulateur de vitesse intelligent, les technologies de sécurité plus sophistiquée (freinage automatique aux intersections et en marche arrière, avertisseur d’angle mort, alerte de sortie des occupants…) et l’adaptateur pour profiter de la fonction V2L.

 

Notre modèle d’essai était affiché à 35 600 € prix catalogue remisé (soit la coquette somme de 39 220 € hors remise), incluant les options peinture métallisée rouge carmin à toit noir ( 1 100 € ), le pack hiver ( 400 €), le hayon électrique mains libres ( 400 €), le levier de vitesse personnalisé ( 30 € )

 

Fiche Technique — Renault 4 E-Tech plein Sud
Motorisation Moteur électrique — 110 kW (150 ch)
Batterie 52 kWh NMC
Autonomie (WLTP) Jusqu’à 392 km
Vitesse maximale 150 km/h
Charge AC (domicile) 11 kW — 3h30 / 4h30 (10 – 100 %)
Charge rapide DC 100 kW — 30 min (15–80 %)
Dimensions (L × l × H) 4 143 × 2 020 × 1 552 mm
Poids 1 481 kg (masse à vide)
Volume de coffre 375/420 litres
Tarif d’entrée À partir de 33 670 € ( Prime de 3 620 € déduite)
ou à partir de 300 € / mois
Finitions techno – iconic (+ 2 000 €)
Roland Garros (série spéciale disponible en fin d’année)

✓ Points positifs

  • Toit à large ouverture rapide à ouvrir et plaisant à utiliser
  • Qualités dynamiques préservées
  • Aspects pratiques et esthétiques identiques

✗ Points négatifs

  • Prix d’entrée bien plus élevé que la version classique
  • Mode éco particulièrement mou
  • Pas assez distincte de la version fermée ?

Notre verdict

Les amateurs de la Renault 4 et de vrais toits ouvrants peuvent se réjouir. Les qualités de la première sont préservées et l’ouverture du second est maximale. Le surcoût est toutefois plus élevé que celui d’un toit panoramique, ce qui alourdit d’autant plus la facture que cette version est proposée uniquement en finitions hautes avec la « grosse » batterie. Il faut au moins cela pour atteindre le Sud et son grand soleil plus rapidement… et avec plus de confort que celui des quelques rares cabriolets disponibles sur le marché.

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Note

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