
Deux visages du plaisir : la 3 portes et l’Aceman JCW au sommet du Turini
C’est en haut du col de Turini que Mini a choisi de nous faire découvrir sa nouvelle gamme JCW. Et le décor ne pouvait pas être mieux choisi pour mesurer le tempérament de ces versions électriques, déclinées ici en deux silhouettes : la classique 3 portes et la plus « SUV » Aceman.
Deux ambiances, deux philosophies, mais une même promesse : celle de conjuguer l’esprit Mini à l’ère électrique.

Le Look, la Mini Cooper JCW (3 portes)
Colorée, expressive, elle revendique son ADN sportif dès le premier regard. Les rappels rouges sur les flancs, les jantes spécifiques, les étriers peints, tout comme les coques de rétroviseurs issues d’autres modèles de la gamme, soulignent une identité bien affirmée.
À l’arrière, les gros ailerons JCW, le diffuseur spécifique et le hayon noir orné de motifs façon damier apportent cette touche racing qu’on attend d’une Works. Les bas de caisse restent communs aux autres versions, mais le toit à motifs – lui aussi orné de petits damiers – ajoute une note d’originalité bienvenue.
L’habitacle, quant à lui, reste fidèle à celui de la SE classique : même ergonomie, même ambiance, mais quelques détails exclusifs comme la bande de volant JCW. Les pneus Hankook Evo Air, typés sport, sur des jantes spécifiques parachèvent ce portrait de citadine survoltée.
Voilà un petit tour de caisse qui annonce la couleur : cette 3 portes ne fait pas semblant.

Le look de la grande sœur : MINI Aceman JCW
Changement d’échelle avec la Aceman JCW, plus haute, plus robuste, forte de cinq portes, notre voiture d’essai a une stature qui inspire davantage le voyage que la 3 portes.
On retrouve la signature visuelle de la gamme : logos JCW, bandes sur le capot, détails de déco rouges, étriers de freins rouges, pneus Hankook Sport, aileron imposant et diffuseur massif. Ce coloris vert lui va d’ailleurs à ravir, renforçant sa présence sur la route.
En les comparant côte à côte, la différence saute aux yeux : même plateforme, certes, mais près de 100 kg d’écart et un gabarit plus généreux pour la mini Aceman.
Résultat : la 3 portes reste la plus vive et instinctive, quand l’Aceman préfère jouer la carte du confort et de la polyvalence. Deux tempéraments, deux usages, mais la même personnalité Mini.

Au volant de l’Aceman JCW
Avec l’Aceman JCW, la marque boucle le renouvellement complet de sa gamme, aussi bien thermique qu’électrique. Les versions JCW viennent en clôture de ce cycle, en point d’orgue.
La 3 portes et la Aceman partagent la même chaîne cinématique : une batterie de 54 kWh alimentant un moteur de 231 chevaux, avec une fonction boost libérant 26 chevaux supplémentaires pendant 20 secondes. Soit 258 ch en pointe le temps d’une longue accélération.
Je vous invite d’ailleurs à jeter un œil à l’essai de la version thermique, qui affiche la même puissance avec des sensations assez différentes.
Performances et ressenti
L’évolution la plus notable par rapport à la Mini SE classique tient à la vitesse maximale, relevée de 170 à 200 km/h. Sur une voiture électrique, l’intérêt reste limité, la consommation explosant à ces allures, mais l’augmentation est consistante.
Le 0 à 100 km/h est abattu en 6,4 secondes pour l’Aceman, et 5,9 secondes pour la 3 portes. MINI ne communique pas le 1000 m départ arrêté, pourtant significatif sur une version sportive, un détail un peu frustrant.
Sur les routes du Turini, exigeantes et sinueuses, j’ai pu tester les trois modes de conduite : Sport, Sport Plus et ESC Off.
En mode Sport, la voiture est d’une efficacité redoutable, même si l’électronique reste assez présente. En Sport Plus, les aides se font plus permissives. Et en ESC Off, on découvre une voiture stable, mais peut-être un peu trop encadrée : à la limite, elle semble retenir son souffle, comme si la batterie chauffait sous la contrainte.
Sur la montée, ma consommation moyenne a atteint 37 kWh/100 km, logique compte tenu du rythme soutenu. L’écran central affiche même les G encaissés, amusant pour visualiser la vigueur des appuis dans chaque virage.


Vie à bord des versions JCW
À bord, peu d’évolutions par rapport à la Cooper SE : même écran circulaire OLED, désormais à l’interface plus intuitive grâce à de nouveaux raccourcis. Le progrès est sensible, même si l’ergonomie reste perfectible. L’ambiance intérieure est légèrement revisitée avec un éclairage façon toit à damier autour du toit en verre.
Les suspensions se montrent un peu plus raides, sans nuire au confort. Elles s’accompagnent d’une augmentation du carrossage avant pour une adhérence accrue. La voiture reste agréable à vivre au quotidien, tout en offrant une assise plus ferme et une meilleure précision de conduite.

Comportement comparé
Après plusieurs montées du Turini, le verdict se dessine nettement. Ma préférence va à la 3 portes. Plus légère, plus vive, elle offre un plaisir de conduite immédiat.
L’Aceman, plus haut perchée, reste plaisante, mais son poids supplémentaire se ressent. Par moments, la batterie semble même atteindre sa température limite, entraînant une légère perte de puissance. La Cooper 3 portes, elle, conserve toute sa vigueur, même en DSC Off : motricité exemplaire, accélérations franches, et une capacité rare à conjuguer précision et plaisir pur.

Tarifs et positionnement
Une MINI 3 portes SE avec finition JCW s’affiche à 38 700 €. La véritable John Cooper Works, avec son moteur plus puissant et sa présentation exclusive, demande 4 500 € supplémentaires.
Même logique pour la Aceman : 41 500 € SE en version JCW, 4 500 € de plus pour le modèle JCW.
L’écart paraît conséquent, mais MINI joue habilement sur la location longue durée : sur 48 mois et 40 000 km, sans apport, le surcout représente seulement 25 € de plus par mois pour la 3 portes, et 35 € pour l’Aceman.
Présenté ainsi, le supplément paraît presque symbolique, d’autant que MINI bénéficie de valeurs résiduelles élevées, permettant des loyers attractifs entre 450 et 540 € par mois selon la version.

Verdict
Avec ces versions John Cooper Works électriques, Mini prouve qu’une voiture à batterie peut encore faire battre le cœur des passionnés.
La 3 portes incarne l’esprit original de la marque : compacte, nerveuse, joueuse.
L’Aceman, plus polyvalente, séduit par son confort et sa prestance, sans renier la sportivité.
Sur les routes du Turini, entre virages serrés et relances musclées, Mini réussit un pari audacieux : transposer l’âme John Cooper Works à l’électrique, sans la dénaturer.
Deux autos, deux visages, une même philosophie : celle du plaisir de conduite avant tout.
François Bouet
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