Le Nouvel Automobiliste
Ford Ranger Raptor LNA Dumoulin (45)

Essai Ford Ranger Raptor : Bajacadabra !

C’est par une journée automnale bien pluvieuse que notre réveil a sonné, à 4h30, pour un nouvel essai. Direction Coulommiers par le train Intercités ! Le décor planté n’évoque pas vraiment la journée de rêve… Si l’on ajoute qu’une navette nous a ensuite amenés sur le circuit de La Ferté Gaucher, cela devient en revanche un peu plus intéressant… Et si l’on finit par expliquer que le programme consistait à essayer le Ford Ranger Raptor sur des pistes tout-terrain boueuses à souhait, on sent que vous nous plaignez tout de suite moins. Et à raison : revisité par Ford Performance, le Ranger est transfiguré dans cette version ultime ! Pas besoin d’enfiler vos bottes, découvrez avec nous son mode Baja et autres touches magiques qui poussent très loin les limites de ce pick-up pas comme les autres !

Ford Ranger Raptor : Built Tough

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Le look du Ranger Raptor en dit long à la fois sur ses prétentions et sur ses aptitudes. S’il a l’air aussi massif, c’est que ses dimensions sont encore plus imposantes que celles d’un Ranger double-cabine traditionnel : il gagne par exemple 1,7 cm en largeur, 4 mm en longueur, ce qui le porte à 5,363 m (le Ranger ordinaire est disponible en simple cabine et Supercab – avec deux petites portes arrière à ouverture antagoniste). Bref, sous tous les angles, il en impose, et ne lésine pas sur les détails spécifiques pour impressionner.

Sa calandre noire arbore le logo Ford en toutes lettres à la manière des « trucks » que la marque vend comme des petits pains outre-Atlantique. Ses pare-chocs portent bien leur nom et assurent une protection généreuse à la carrosserie, tout comme les élargisseurs d’ailes.
Les marchepieds noirs ajourés contribuent, presque malgré eux, à cette même fonction de protection…et bien évidemment à faciliter l’accès à bord. L’arceau de benne se pare de noir, tout comme la ridelle et le logo sur la malle, faisant écho aux stickers « Raptor » apposés sur les ailes arrière.

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Les jantes noires de 17 pouces se chaussent de pneus tout-terrain renforçant l’allure quasi militaire de la bête. Leur profil les destine clairement à des terrains hostiles. Mais le Ranger a aussi la réputation d’être le meilleur, sinon l’une des propositions les plus rassurantes en termes de comportement routier sur le bitume.

A l’intérieur du Ranger Raptor : dur dehors, tout doux dedans

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Depuis le siège conducteur, on n’a presque pas l’impression d’être dans un pick-up. La présentation est avenante sans être luxueuse et le confort palpable. Le volant reçoit des surpiqûres bleues assorties à celle des sièges, ainsi qu’un marqueur rouge très « Ford Performance ».

Le tableau de bord arbore des matériaux agréables à l’œil et au toucher loin des plastiques basiques aux ajustement approximatifs des pick-ups d’il y a 15 ans. Compte-tenu du positionnement de ce véhicule, tant mieux !

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À l’arrière, on est bien installé également, et heureusement compte-tenu du gabarit imposant du Raptor. S’il aura suffisamment de place, le passager du milieu sera toutefois le plus chahuté pendant les épreuves off-road, faute de pouvoir se tenir à autre chose qu’au bras de son voisin.

Au volant du Ford Ranger Raptor : qui peut en venir à boue ?

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Assez parlé, il est temps de voir ce que le petit frère du F150 Raptor a dans le ventre. La première piste choisie pour cela est dédiée du franchissement pur : pentes, descentes, trous, bosses, ornières… Pour pimenter l’exercice, la pluie est tombée généreusement et le sol est détrempé, formant une couche de glaise molle et collante n’assurant aucune adhérence.

Disons-le tout de go, nous ne sommes pas habitués à ce type de terrain. Le défi est donc réel et l’instructeur qui nous accompagne indispensable. Comme sur circuit, la première règle est d’anticiper le point de passage suivant. Sauf que l’on doit également veiller à maintenir le cap puisque le véhicule se comporte comme sur de la glace et, comme si c’était trop facile, faire attention aux obstacles pour ne pas abimer notre beau Raptor.

Une fois perdus nos réflexes de conducteur et gagnés ceux de pilote de rallye (ou presque), nous pouvons constater plus sereinement l’efficacité de notre monture. La boîte, en mode « boue et sable » (en plus des 5 autres modes : roche, normal, sport, gravier et neige, herbe), fait monter l’aiguille du compte-tours tranquillement pour permettre de gagner en accélération sans trop envoyer de puissance ; celle-ci se répartit selon les besoins… Notre travail est déjà bien facilité. Arrivé dans des ornières qui envoient les essieux à des angles totalement opposés, donc au moins une roue en l’air, nous engageons le blocage de différentiel. L’adhérence revient comme par magie et nous nous sortons de cet obstacle.

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Après avoir réussi à grimper une pente suffisamment haute pour ne plus voir se dessiner que le ciel au bout du capot, il faut la redescendre. Là encore, c’est le Ranger Raptor qui fait tout le travail… Même pas besoin du frein, la descente est gérée électroniquement, tout en douceur, avec une facilité déconcertante ! Le meilleur dans tout cela, c’est que si nous avons évidemment été secoués, le confort est resté satisfaisant en toute circonstance !

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La deuxième partie de notre essai est promise plus dynamique. En effet, le terrain est désormais plat… mais la couche de boue est tout aussi épaisse que pour la partie franchissement. Le tour de reconnaissance nous confirme que l’adhérence n’est pas bien meilleure et qu’il ne va pas seulement falloir conduire, mais plutôt « piloter ».

Mais une fois de plus, la crainte de se retrouver embourbés quitte notre esprit au bout d’une minute à peine. Mode Baja enclenché, le Ranger Raptor semble ne plus pouvoir s’arrêter et offre un genre de plaisir automobile inédit. Certes, le moteur Diesel 2.0 EcoBlue de 213 ch n’est pas vraiment noble ni très puissant, et pourtant sa sonorité n’est pas désagréable et son couple de camion (500 Nm) et son caractère suffisent pour s’amuser, en passant de plus en plus vite dans les virages en glissade. Essuie-glace enclenchés pour évacuer la boue qui vole dans tous les sens sur notre passage, le Ranger Raptor semble réellement dans son élément. Et nous aussi. Bien au chaud, pas trop brusqués, nous nous amusons de la facilité avec laquelle se meut l’engin, méconnaissable après son bain de boue !

Prix Ford Ranger Raptor : à la hauteur de ses capacités

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Ford Ranger Raptor à partir de 56 550 €
Modèle présenté : Ford Ranger Raptor 2.0 EcoBlue 213 ch BVA à 57 150 € incluant la peinture métallisée Bleu Performance à 600 €

Concurrence :

  • Nissan Navara N-Guard 1.9 dCi 190 ch automatique à 46 801 € ; A noter : l’édition limitée du Navara, baptisée Off-Roader+ AT32 et dédiée au franchissement et suréquipée, comme notre Raptor, était facturée 58 800 €
  • Mercedes Classe X 350d 258 ch 4MAtic Power à 55 908 €

Vous allez maintenant nous demander «D’accord, c’était rigolo, mais à quoi ça sert, un Ford Raptor, si l’on n’a pas de terres suffisamment vastes pour aller labourer en s’amusant ? ». Eh bien en nous montrant ce que le Ranger Raptor savait faire sur des terrains franchement pas amusants (on y a laissé une paire de chaussures, RIP…), Ford nous montre simplement qu’il peut tout faire, partout. De plus, en lançant le Ranger Raptor, Ford répond à deux piliers de sa stratégie commerciale, qui en compte trois : les véhicules utilitaires et Ford Performance (le troisième est l’électrification, pas vraiment le crédo du Raptor…). Ce véhicule tire partie des deux domaines d’expertise de la marque américaine, les sportives et les utilitaires, et s’adresse ainsi à une clientèle bien précise, en quête de haut de gamme, de performances musclées et d’un fort côté rebelle plein de testostérone. Mais le constructeur s’est donné les moyens de percer dans cette niche : vigoureux, presque facile à prendre en main sur les terrains difficiles, bien équipé et affichant avec fierté et insolence sa belle gueule, le Ranger Raptor sera le nouveau meilleur ami des agriculteurs lassés de leur tracteur Claas ou encore des châtelains blasés par leur SUV trop fragile pour quitter le bitume bien lisse. Ne serait-ce pas le terrain d’une certaine marque qu’on appelle « Land Rover » ?

Galerie photos Ford Ranger Raptor

Texte et photos Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste