Le Nouvel Automobiliste

Essai Fiat 500X 1.0 Firefly 120 ch : la pionnière se renouvelle

Sortie en 2014, la Fiat 500X a été l’un des premiers véhicules SUV urbains de sa catégorie. Arrivant à mi-carrière, il était temps pour elle de se renouveler. Profitant de ce repoudrage de nez, elle embarque également de nouvelles motorisations et améliore son contenu technologique. Malgré tous ces efforts, saura-t-elle encore garder son avance face à une concurrence de plus en plus armée ?

La Dolce Vita remis au goût du jour

La part des SUV prend une place de plus en plus importante dans le top 100 des véhicules du marché européen en 2018. Et la concurrence devient plus difficile, notamment dans la catégorie des SUV urbains (dont fait partie la Fiat 500X) avec de nouveaux arrivants tels que le Volkswagen T-Roc ou encore le Citroën C3 Aircross. Afin de rester parmi les leaders, la Fiat 500X avait besoin d’un petit coup de lifting après 4 années déjà passés sur nos routes.

A l’extérieur, les changements restent assez légers. On notera ainsi de nouveaux pare-chocs avant et arrière ainsi que des feux avant et DRL à LED. La plus grosse nouveauté visible réside dans les feux arrière en relief et dont la zone centrale se pare d’un cache de la teinte de carrosserie, un vert Techno pour notre Fiat 500X d’essai. Un couleur qui lui sied bien d’ailleurs.

A noter aussi que notre modèle d’essai bénéficiait de la finition City Cross qui comprend des pare-chocs spécifiques avec quelques couches de couleur gris titane. Ils arborent aussi des anti-brouillards dont la finition Urban ne dispose pas. Enfin, petite touche de rappel pour ne pas oublier que vous possédez une Fiat 500X, l’inscription « 500 » apposée sur le pare-chocs avant.

Mais pourquoi tout changer ?

Il faut le reconnaître, il n’y pas de grosse révolution dans cet habitacle déjà bien pensé. Avec un volant redessiné et dorénavant rond, il faut ajouter un tableau de bord revisité avec ses 3 cadrans ou encore ce combiné central revu avec notamment les fonctionnalités Android Auto et Apple Car Play (qui permettent de dédoubler très facilement son téléphone et d’utiliser la plupart de ses applications).

Pour le reste, rien ne change et c’est tant mieux. On retrouve ainsi le fameux compartiment si pratique qui se situe au dessus de la boîte à gants ou encore tous les bacs de rangement des contre-portes ou de la console centrale. Côté ergonomie, tout tombe sous la main et même si le volant comporte de nombreux boutons, ceux-ci sont simples d’utilisation.

Niveau habitabilité, on trouve facilement sa position de conduite grâce aux différentes manettes de réglage. Les sièges restent très confortables et offrent un bon maintient latéral. Seul petit bémol pour la zone des passagers arrière avec un accès à bord assez compliqué pour de grands gabarits, en raison de la découpe des portes. De plus, le dessin très carré de la banquette ne facilite pas les longs trajets au niveau du dos des passagers.

Dernier point et non des moindres pour ce type de véhicule, le coffre. Partageant sa plate-forme avec le Jeep Renegade, la soute souffre d’une contenance très médiocre. En effet, avec seulement 350 litres en configuration 5 places, elle est parmi les moins bonnes du classement comparé à un Renault Captur qui bénéficie de 455 litres avec sa banquette arrière coulissante. Et ce n’est pas mieux en version 2 places, puisqu’on atteint à peine 1 000 litres face aux 1 235 litres du Captur. Un mauvais point quand on sait que les volumes de coffre sont une des caractéristiques les plus regardées pour un SUV urbain.

Un cran d’avance technologiquement parlant

Mais là où la marque italienne veut marquer un grand coup, c’est sur les équipements embarqués dès la version de base. Et elle n’y va pas de main morte puisque la Fiat 500X propose deux équipements de sécurité importants dès la finition d’entrée de gamme Urban. Il s’agit pour le premier de l’assistance au maintien dans la voie avec correction automatique des dérives. Grâce à ce système, le véhicule corrige les moindres mouvements du conducteur en le maintenant dans la voie si celui-ci se rapproche trop des lignes. C’est un peu déroutant au début mais on s’y fait vite et il est facilement déconnectable à tout moment (via un bouton sur le commodo des clignotants).

L’autre système de sécurité, c’est la lecture des panneaux de limitation de vitesse qui aide à respecter au mieux les vitesses en vigueur sur la route que l’on empreinte, avec un rappel visuel dans le combiné central. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas quelle était la limitation de vitesse. On peut, cependant, le déconnecter mais il faut alors rentrer dans les menus du système d’info-divertissements. A noter qu’aucun autre concurrent ne peut fournir ces deux équipements dès le premier niveau de finition.

Mis à part cela, la Fiat 500X de base se dote aussi d’autres équipements tels que la connexion Bluetooth ou encore le régulateur et limiteur de vitesse. Concernant la finition City Cross de notre modèle d’essai, elle ajoute en plus, l’aide au stationnement arrière et les capteurs de pluie et luminosité. Enfin, notre Fiat 500X se dote de la caméra de recul quasi-indispensable compte-tenu du manque de visibilité de 3/4 arrière (mais en option pour ce niveau de finition).

Un moteur bien rond

Profitant du restylage de mi carrière, la marque italienne a fait le ménage dans sa gamme de blocs essence et en a profité pour se débarrasser de ses anciens moteurs Fire (distribués depuis 30 ans sur de nombreux véhicules). La nouvelle gamme de moteurs essence turbo se dénomme Firefly et fonctionne sur le principe de la cylindrée unitaire de 0,33 litre (un peu à la façon de BMW et ses moteurs modulaires de 0,5 l de cylindrée). Pour le moment, seuls deux moteurs existent : un 3 cylindres de 1 l produisant 120 chevaux et un 4 cylindres de 1,3 l fort de 150 chevaux.

Même si le diesel n’a plus le vent en poupe sur ce type de véhicule, Fiat continue de les proposer sur sa 500X. On retrouve ainsi le 1,3 l de 95 chevaux (qu’en boite manuelle), le 1,6 l de 120 chevaux (disponible en boîte manuelle ou automatique à 6 rapports) et enfin le 2 l de 150 chevaux avec sa transmission intégrale et sa boîte auto à 9 rapports.

Mais trêve de bavardage, maintenant contact. Et le moins que l’on puisse dire, c’est le silence de fonctionnement au ralenti s’entend immédiatement. Les vibrations restent très bien maîtrisées. Même lorsque l’on sollicite le petit 3 cylindres, le bourdonnement rauque, typique de cette architecture, reste tout de même assez discret à forte charge.

Côté puissance, les 120 chevaux sont largement suffisants pour notre petit SUV urbain et ils sont bien secondés par les 190 Nm de couple (disponibles dès 2 000 tr/min). Seul petit hic, le manque de caractère à très bas régime. A noter aussi que la boîte de vitesses est bien étagée et le guidage se révèle précis et net. Tout ceci forme un ensemble moteur/boîte très convaincant.

Un peu sec sur les pavés et un poil gourmand

Outre son moteur qui vaut le détour, la Fiat 500X bénéficie de trains roulants bien équilibrés et d’une direction plutôt précise. Il est facile de la placer dans les virages sans effet de roulis et les créneaux se font d’un seul doigt. Malgré cela, un point noir vient entacher son comportement routier. Plutôt bien amorties sur la route, les suspensions se montrent très sèches sur les routes pavées ou les nids-de-poule. Ceci est peut-être dû aux jantes 17 pouces de notre modèle d’essai mais c’est dommage pour un véhicule urbain.

Autre thème à relever, sa consommation assez élevée. Bien que notre parcours ait mêlé de la voie rapide à 110 km/h ou encore de la ville, la Fiat 500X a englouti près de 8l aux 100 km (7,8 l calculé pour être plus précis). Il faut cependant concéder que le petit 3 cylindres doit se battre avec les 1320 kg de l’engin mais en comparaison vous pouvez compter 1 litre de moins pour les 1180 kg d’une Peugeot 2008 Puretech 110.

La Dolce Vita ne s’arrêtera pas

Surfant sur un succès qui n’est plus à démontrer mais face à une concurrence de plus en plus ardue, le restylage de cette Fiat 500X tombe à pic. Même si celui-ci se montre assez léger, il corrige les quelques imperfections du modèle et c’est juste ce dont avait besoin le petit SUV de la marque italienne. Toujours aussi bien présentée et profitant de technologies dernier cri et de nouveaux moteurs essence, elle saura rester parmi les leaders du marché.

Mais car il y a toujours un « mais » quelque part, on aurait aimé que les suspensions soient un peu moins sèches sur route dégradée, que la consommation se révèle moins conséquente et que le coffre soit plus important avec l’adoption d’une banquette coulissante (comme beaucoup de ses concurrentes). Des points qui pourraient faire basculer la donne.

Cependant, avec des tarifs plutôt compétitifs, la Fiat 500X saura faire digérer ces petits désagréments. Démarrant à 18 990€ avec une finition Urban déjà bien équipée, il faudra signer un chèque de 24 990€ pour notre modèle d’essai en finition City Cross. Les prix sont comparables à une Renault Captur 1.3 TCe de 130 ch ou à une Peugeot 2008 1.2 Puretech de 130 ch avec un niveau d’équipements comparable. Mais il faut souligner que ces deux concurrents seront renouvelés durant l’année 2019.

Texte/crédits photos : Christian CONDÉ/Le Nouvel Automobiliste

Galerie Fiat 500X 1.0 Firefly 120 ch