Changer le sens d’une rue, ça a l’air simple sur le papier, mais ça peut devenir un casse-tête pour tout le monde, surtout pour les riverains. Voici le témoignage envoyé par un lecteur du Nouvel Automobiliste :

« Bonjour,

Je prends la plume suite à une réunion publique qui s’est tenue le 22 janvier et qui était consacrée à la présentation de l’évolution des avenues du Général Michel Bizot et du Docteur Arnold Netter, par la Ville de Paris.

Parisien d’adoption depuis près de 25 ans, installé à Paris depuis de nombreuses années, je me considère avant tout comme piéton, puis cycliste et enfin (nouvel?) automobiliste pour mes déplacements. J’habite le XIIᵉ arrondissement depuis 20 ans et travaille dans le centre de Paris. Métro, vélo ou voiture, je m’y rends en 35 minutes quel que soit le moyen de transport choisi. Le vélo représente plus de 80 % de mes trajets (près de 9 000 km en près de 5 ans). J’ai également acheté une voiture électrique pour mes déplacements à Paris et en périphérie (7 500 km en 4 ans, majoritairement hors Paris).

J’habite à deux pas de la rue du Docteur Arnold Netter, dont l’avenue est aménagée avec 2 voies à double sens et 1 voie de bus. L’ensemble est trop étroit pour cette configuration et son organisation nécessitait une évolution.

Cependant, la mairie propose un projet qui ne semble pas avoir tenu compte de la vie du quartier. Je note une étrange coupure sans passage pour piéton de l’avenue du Général Bizot en deux au niveau de la rue Claude Decaen. Plus loin, la création d’une déviation créera des perturbations à venir pour les rues Lasson, des Marguettes et du Gabon, axes qui accueillent déjà le flux des urgences de l’hôpital Trousseau, et des visiteurs de la maternité des Bluets (en l’absence de parking dédié).

Ce type de transformation, je les vois ailleurs dans Paris et je m’interroge souvent sur leur pertinence. Même si je salue certaines transformations clés (comme la place de la Bastille, même si les études menées avant Covid n’ont pas anticipé autant de trafic de cyclistes), celle-ci m’interroge pour ses conséquences.

Voici quelques points problématiques du projet :

1. La création d’une déviation (sauf pour bus et vélo) : le report du trafic va entraîner une hausse de la circulation dans les rues adjacentes, qui ne sont pas dimensionnées pour cet usage et perturbera la vie des riverains et des urgences de l’hôpital Trousseau.

2. La végétalisation d’un des carrefours : cette mesure, prévue pour compenser la construction d’un bâtiment sur un jardin privé, risque de réduire la visibilité pour tous les usagers sur un carrefour plus encombré encore. Nous aurions préféré que la ville investisse et transforme l’ancien jardin privé en véritable parc public. Le projet a été affiché un temps au démarrage de la construction du bâtiment ne semble plus disponible en ligne.

3. Le carrefour s’annonce encore plus encombré : il est déjà chargé aux heures de pointe, il devriendra saturé avec l’ajout de bordures pour isoler les voies cyclistes, créera d’avantage d’encombrement au carrefour, à proximité d’un arrêt de bus et des flux vers le collège voisin .

Je traverse ce carrefour quotidiennement à vélo (photos ci-dessus) et il est déjà difficile de gérer les véhicules venant des contre-allées de l’avenue Saint-Mandé, qui s’engouffrent voire s’entassent pour passer. Ajoutez à cela les véhicules d’urgence quittant l’hôpital Trousseau et qui selon la direction prise, doivent de surcroît manœuvrer pour éviter le terre-plein central. La situation va devenir encore plus compliquée et dangereuse pour s’y faufiler en vélo.

Mais au-delà de ce projet, que fait la ville face au non-respect du Code de la route qui se multiplie depuis la transformation de la ville ? En tant que cycliste, je suis abasourdi par le non-respect des règles par une quasi-majorité de cyclistes (au détriment des autres cyclistes et des piétons essentiellement). Par ailleurs, quand je roule en voiture, où je respecte la limitation de 30 km/h (j’avoue, je pousse parfois le limiteur à 36 km/h), pourtant je me fais klaxonner, je reçois des appels de phares, voire je me fais doubler dans des rues qui ne sont pas conçues pour cela par les autres véhicules motorisés. Je constate enfin de plus en plus de vélos, scooters, motos, voitures, véhicule de service de la ville de Paris et même de bus RATP griller les feux rouges, parfois même après s’être arrêtés! Or, malheureusement, je vois très peu de forces de l’ordre intervenir sur ces infractions. 

Paris LNA Avenue Saint Mande 133
Contre allé de l’avenue Saint-Mandé, avec la sortie des urgences de l’hôpital Trousseau qui n’a pas d’autres alternatives de sortie.

Si nous revenons au seul cas du XIIe arrondissement, une association s’est créée et propose une alternative à ce projet. Comme beaucoup de Parisiens, ses membres ne sont pas opposés à la réduction du trafic et à la diminution de la place de la voiture au profit des mobilités douces. Mais pas au point d’accepter n’importe quoi !

Vous pouvez signer la pétition : elle est accessible ici, ainsi que le projet complet de la ville.

Merci.»

Projet de la ville de Paris :

Le constat et la proposition des riverains en image :

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