Le Nouvel Automobiliste
Renault Safrane Palme d'Or

Renault Safrane Palme d’Or : le film de Les Nuls fête ses 25 ans

Il y a des séries spéciales qui passent inaperçues ou tombent dans l’oubli. Et d’autres qui accèdent à l’immortalité. La série limitée Safrane Palme d’Or aurait rapidement pu sombrer dans l’anonymat promis par sa faible diffusion, ou sa promotion très confidentielle. Mais il a suffi d’une séquence marquante dans un flim il y a 25 ans pour changer la donne : La Cité de La Peur, une comédie familiale de Les Nuls, réalisée par Alain Berbérian, a propulsé la Renault Safrane Palme d’Or au rang des séries spéciales célèbres. En effet, si Youri n’est plus qu’un affreux cauchemar, la Safrane Palme d’Or, elle, est devenue culte.

Cannes, premier jour.

C‘était il y a 25 ans, déjà. Odile Deray (Chantal Lauby) n’attendait pas sa sœur tandis que Serge Karamazov (aucun lien, fils unique) la rejoignait à l’aréoport de Nice pour récupérer l’acteur vedette de Red Is Dead, Simon Jérémi (Dominique Farrugia), vachement content, et leur assurer une protection rapprochée. Malgré un accueil mitigé lors du festival Moutarde et Cinéma, le film dont Odile Deray est l’attachée de presse défraie la chronique à Cannes. En effet, un mystérieux tueur à la faucille et au marteau reproduit le personnage de Youri dans Red Is Dead et assassine les projectionnistes du film en plein festival. Dépêché par l’agence Security, Serge Karamazov (Alain Chabat) est envoyé à Cannes.

C’est sur le parking de l’aréoport de Nice qu’il emmène Odile et Simon à bord de sa voiture. Simon s’apprête à prendre la place du mort (expression tombée en désuétude depuis que les voitures sont sûres et les systèmes de retenue, obligatoires…), direction le Martinez : la scène culte de la Safrane marque les esprits. Autant que la quasi-totalité des répliques du film, d’ailleurs… 

Pendant ce temps, à Veracruz

Une femme se rend chez l’épicier pour acheter des légumes. Elle ne le sait pas encore, mais elle a oublié le beurre, ce qui lui vaudra de revenir.

Une voiture qu’elle est bien pour la conduire

Je me disperse. Revenons à notre Renault Safrane Palme d’Or. Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que la gamme s’articulait de la sorte au printemps 1993 : RN, RT, RXE et Baccara, pas plus que je ne vous rappellerai l’existence des séries spéciales RN Alizé et RT Alizé basées sur les niveaux éponymes. De même, inutile de vous signifier que la gamme de motorisations comprenait les 2.0 i (107 ch), 2.0 Si (Italie uniquement, 132 ch), 2.2 Si (140 ch), V6 i (ce bon vieux PRV avec 174 ch) et sa version Biturbo de 268 ch, sans parler des 2.1 dT de 90 ch et 2.5 dT 115 ch en Diesel. De deux choses l’une : soit vous le savez déjà, soit vous n’en avez rien à faire. Contentez-vous d’avoir à l’esprit que la série spéciale Palme d’Or dérive de la version RT 2.2 Si. Un milieu de gamme, donc. Et la Safrane Palme d’Or devance ainsi la sortie du film d’un millésime, c’est le temps qu’il faut pour le tournage et le montage.

La série limitée Palme d’Or se caractérise par sa teinte Bleu Crépuscule métallisé (disponible sur les versions régulières), ses jantes en alliage 15’’ Elysée et se distingue par des monogrammes « Palme d’Or » sur les protecteurs de portes avant.  « Intérieur cuir, direction assistée, condamnation centralisée des portes », la voix off d’Alain Chabat a achevé de nous convaincre : la Safrane Palme d’Or est une voiture qu’elle est bien pour la conduire.

Faute de GPS Carminat (apparu en 1994 sur une série spéciale avant d’intégrer le catalogue des options en 1997), Serge Karamazov sera bien obligé de se renseigner auprès du réceptionniste afin de trouver l’adresse de Laplo pour les meilleures gencives de porc du littoral. En effet, il s’agit de contenter Simon Jérémi qui, bien que lourd, a faim. En revanche, gare au cuir pleine fleur noir qui habille les sièges : Simon pourrait lui porter atteinte si jamais il était vachement content.

Entre autres équipements, la version Palme d’Or disposait de la chaîne hi-fi Philips 4×20 W (6 HP), avec lecteur de cassette, satellite de commande sous le volant et afficheur déporté : de quoi écouter la Carioca dans de bonnes conditions. La climatisation automatique devenait également de série, tandis que d’inédits décors intérieur bleu chiné se substituaient aux baguettes grises des versions RN et RT (faux bois sur RXE, vrai sur Baccara). Il est intéressant ou complètement futile de noter que la Palme d’Or est, avec la Fairway (phase 2), l’une des deux seules séries spéciales à proposer un décor inédit. 

A bord, s’agissant d’une version phase 1 dotée de l’autoradio double DIN, les rangements de proximité se font rares : pas facile de caser les paquets de chewing gum indispensables à Emile. Mais en l’absence d’airbag passager (indisponible en 1993), la boîte à gants existe et permet de loger le miroir qui évite à Odile de déranger Serge lorsqu’il conduit.

Si jamais vous songez à faire une folie en achetant une caravane, sachez que la Safrane Palme d’Or peut tracter jusqu’à 1250 kg (attelage en accessoire). Banco.

On ne peut pas tromper mille personnes 910 fois.

Produite à 312 779 exemplaires de 1992 à 2000 dans l’usine de Sandouville, la Safrane a certes profité de la débâcle des Citroën XM et Peugeot 605 sur le marché hexagonal, mais n’a jamais pu briller à l’étranger où elle n’a fait que de la figuration. Pire : en Allemagne, elle se faisait damer le pion par la XM, Citroën étant considéré comme seule marque française légitime pour vendre (en petite quantité) ce type de grandes routières. Quant à la version Palme d’Or, il s’agissait d’une série spéciale limitée à 910 exemplaires, c’est toujours une centaine de plus que la Biturbo, me direz-vous. Détail amusant, la -vraie- publicité montrait une Safrane Palme d’Or avec des antibrouillards jaunes, pourtant interdits depuis le premier janvier 1993. Autre détail : les mentions légales sous la fausse pub du film disaient « offre valable dans la limite des stocks disponibles vu qu’il n’y en a qu’une ». Tant pis pour les 909 autres, passées sous silence !

Disponible en BVM ou en BVA (4 rapports), la Safrane Palme d’Or coûtait 199 000 Fr ou 211 200 Fr dans le second cas, soit 23 000 Fr de plus qu’une 2.2 Si en finition RT.

Renault et le Festival de Cannes

A travers La Cité de la Peur, la Safrane est sans doute une des voitures officielles du Festival de Cannes les plus connues de Renault. Cela va également de pair avec la notoriété du modèle à l’époque : outre les ministères, la Safrane se vendait également aux flottes et aux particuliers en France avant que les monospaces, les premiums étrangers puis les SUV n’aient complètement phagocyté ce marché. La Vel Satis n’a pas réussi à imposer sa différence (je devais être le seul à apprécier cette voiture…), la Latitude est tombée dans l’oubli après avoir servi de bouche trou en attendant les Espace et Talisman véhiculant les stars du Festival de nos jours. Un partenariat qui dure depuis 1984 et la R25.

Faisez tous comme moi

On ne va pas se quitter sans regarder la Carioca ensemble, non ? Cliquez ici pour cette excellente danse parodique [inspirée par Fred Astaire et Ginger Rogers, je l’ai appris en faisant mes devoirs…], c’est offert par la maison :

Sources : Renault, Auto-Pub