Le Nouvel Automobiliste
Essai Renault Captur Restylé Le nouvel automobiliste

Essai Renault Captur restylé : Cap maintenu ?

Cet essai avait initialement été publié en mai 2017, les références qu’il contient ne sont donc fort logiquement plus toutes d’actualité.

Lancé en 2013 le Renault Captur a su sans difficulté se faire une place au soleil dans un segment à l’époque tout beau et presque tout neuf. Surfant sur le côté fun et coloré ainsi que sur la vague montante des crossovers il s’est aisément imposé sur le marché hexagonal ainsi qu’en Europe puisque Renault lui attribue la première place du segment en 2016. Mais un marché est par définition en évolution constante et les concurrents ne sont pas restés sans réaction. Peugeot a su apporter à son 2008 un restylage qui l’a replacé dans la course et des nouveautés très affutées sont arrivées (Fiat 500X) arrivent (Opel Crossland X) et vont encore arriver en nombre (Citroën C3 Aircross, Seat Arona, Volkswagen T-Roc…) pour tenter de marcher sur les plates-bandes du petit SUV au losange. La réponse de Renault avec le restylage de son Captur marque-t-elle un changement de cap ou au contraire une simple correction de celui-ci ? La réponse dans les lignes qui suivent…

Un style plus maitrisé et sérieux…

Le Renault Captur ayant été l’un des tous premiers véhicules de l’ère Van Den Acker il a aussi été l’un des instigateurs de la nouvelle identité de la firme au losange. Fort logiquement cette identité désormais généralisée à toute la gamme ne change pas en profondeur mais se renouvelle avec douceur tout en intégrant plutôt efficacement les petits éléments de style qui lui faisaient défaut jusqu’ici.

Légèrement remaniée, la face avant de notre Captur, adopte un look un peu plus SUV et une personnalité plus affirmée mais aussi plus sérieuse dans son traitement. Exit la signature visuelle LED ultra basique de la phase 1 et place à une intégration soignée du C-Shape maison encadrant les projecteurs additionnels. Des phares full LED font également leur apparition et le sabot de protection comme la calandre reprennent à l’identique le dessin du grand frère Kadjar avec lequel le lien familial est désormais encore plus net.

A l’arrière, si l’on omet le bas de caisse, les modifications sont presque inexistantes. Mais le simple traitement de l’intérieur des feux, désormais en partie en LED à allumage permanent, suffit amplement pour valoriser cette poupe. Rien ne change en revanche sur le profil et le petit SUV conserve son style général mixant avec une certaine réussite des lignes tendues et des rondeurs rassurantes.

Il continue par ailleurs à jouer la carte du fun (dans une certaine mesure) et de la « personnalisation » puisque le principe du bi-ton, un des éléments de son succès, reste naturellement au programme. Deux nouvelles livrées font leur apparition au catalogue (Orange Atacama et Bleu Océan) ainsi qu’une nouvelle teinte de toit (Gris Platine) permettant au Captur de proposer désormais 30 combinaisons différentes. Si l’on rajoute à cela les packs de personnalisation extérieurs jouant sur certains éléments de style de la voiture (en option) et les nouvelles jantes il y a effectivement de quoi se concocter un véhicule à son goût.

…voire carrément chic

Mais le fait marquant de ce facelift en termes de style reste avant tout l’introduction d’une finition Initiale Paris. Comme pour les autres véhicules de la marque qui en bénéficient elle se veut résolument chic et distinctive. Et globalement ça fonctionne plutôt pas mal sur ce Captur. Pour notre essai nous ne disposions pas de la couleur réservée à la finition, le fameux Noir Améthyste – qui constitue donc une troisième teinte dans le nuancier du catalogue – mais à la place d’un blanc nacré couplé au toit noir. Sobre et discrète cette livrée couplée aux jantes de 17 pouces, à la calandre chromée et aux éléments siglés, donne indéniablement un peu plus d’allure à notre petit SUV. Distinction suprême les clignotants avant, simplement à LED sur les autres finitions, sont ici à défilement. Quelle classe !

Une qualité perçue enfin au niveau !

La sensation positive se poursuit avec satisfaction à l’intérieur où Renault a répondu aux critiques faites à sa première mouture. Rien ne change vraiment dans le style général de la planche de bord, quoique quelques éléments soient redessinés mais, dans les versions Initiale Paris comme dans les versions Intens de nos essais, le niveau de qualité perçue et de finition est en très nette hausse. Le Captur qui, jusqu’ici, tenait plus du jouet bas de gamme que de l’automobile sérieuse présente désormais fort bien. Les matériaux utilisés inspirent confiance, leur aspect est valorisant et les ajustements tout à fait acceptables dans la catégorie.

Tout n’est pas pour autant parfait dans cet habitacle notamment en version Initiale Paris. La partie supérieure de la planche de bord qui elle n’a pas changé reste ainsi un peu trop brillante. Le TEP parcouru par des surpiqûres contrastées qui recouvre la partie intermédiaire et les contre-portes est sympathique mais les coutures autour des aérateurs latéraux ne sont pas des plus soignées et inquiètent un peu quant à leur tenue dans le temps. Quant au laqué blanc du tiroir de la boîte à gants il évoque bien plus les cuisines en formica des années 1970 que les salons feutrés la capitale. Un détail qui passe cependant bien mieux en noir.

Nous nous montrerons également critique quant au cuir des sièges dont la qualité intrinsèque n’est pas à remettre en question mais dont l’aspect lisse ne se montre pas assez valorisant. Regrettable aussi le choix du toit en verre fixe qui, bien que qualifié de panoramique dans les brochures, n’illuminera que les passagers du rang un. Enfin si le losange pouvait faire un petit effort quant au dessin de ses tapis de sol… et avoir la bonté d’offrir des lève-vitres électriques à impulsion à tout le monde, chose qu’il n’est hélas pas le seul à faire, ce serait parfait. Mais en dehors de ces petits détails il faut clairement saluer les efforts consentis qui permettent un réel bond qualitatif sur cette Renault.

Un habitacle généreux et fonctionnel

L’installation à bord du Captur est aisée. On trouve facilement sa position de conduite, assez haute comme il se doit dans ce type de véhicule et donc tout à fait en accord avec les goûts actuels de la clientèle. Le passager avant devra cependant rester en position basse, son siège ne se réglant pas sur ce plan, et se laisser toiser par le conducteur. La visibilité périphérique s’avère très correcte et est désormais renforcée par une béquille électronique, le détecteur d’angle mort avec signal lumineux dans les rétroviseurs. Simple et toujours efficace.

L’ergonomie peut elle aussi globalement s’enorgueillir du même adjectif et tout tombe assez facilement sous la main si l’on fait abstraction du bouton ECO et de celui du régulateur/limiteur de vitesse sis entre les sièges avant. L’infotainment R-Link Evolution évolue légèrement, comme son nom l’indique. L’écran de 7 pouces s’avère réactif et le système est plutôt simple d’utilisation. Petit plus il est à présent compatible avec Android Auto mais les utilisateurs d’iPhone n’y trouveront pas AppleCar Play. Quant aux utilisateurs de Windows Phone nous ne voudrions pas leur faire d’affront ici…

L’espace est tout à fait satisfaisant aussi bien à l’avant qu’à l’arrière où la banquette peut coulisser pour offrir plus ou moins de volume au coffre. Ce dernier est assez logeable, bénéficie d’un plancher modulable et se montre sacrément vaste par rapport à ses concurrents avec ses 455 litres. Les occupants pourront de plus éparpiller sans difficulté de multiples objets grâce aux nombreux rangements de l’habitacle, à commencer par la fameuse boîte à gants tiroir. Cette dernière ne bénéficie toujours pas d’un amortisseur en buté mais perd son ressort à l’ouverture, ce qui permet de ne plus se la prendre violement dans les genoux. Elle reste de notre point de vue très pratique en accès et engouffre des objets que peu d’autres boîtes à gants sont susceptibles d’avaler. Bon point aussi pour le petit accoudoir central qui rempli cependant très bien son office et permet en plus de déposer quelques menus objets en son sein.

La traditionnelle pression sur le bouton Start pour démarrer la voiture offre une première sensation positive. Le bruit des blocs semble bien contenu. L’occasion de les passer en revue… et de constater que sur ce plan rien ne change. Ce sont toujours des 4-cylindres, deux blocs Diesel (dCi 90 et 110 ch) et deux blocs essence (TCe 90 ch et TCe 120 ch) qui sont proposés. Pour cette session réalisée au Danemark Renault a fait le choix de nous faire essayer les moteurs les plus « puissants » de la gamme et uniquement en boite mécanique. Il faut toutefois noter que la boite EDC est disponible dans la version diesel 90 ch et dans la version essence 120 ch.

Priorité à la douceur et au confort

Ce sont bien là les deux adjectifs qui résument le mieux les sensations de conduite à bord du Renault Captur. Résolument pensé pour une conduite coulée et paisible le petit SUV sait se montrer prévenant et reposant en toute circonstance et n’a absolument pas peur de s’éloigner des centres-villes. Bien insonorisé, en particulier sur la version Initiale Paris qui profite d’un traitement particulier sur ce plan, l’habitacle est préservé à la fois des bruits d’air et de ceux du moteur, ce qui permet d’enchainer les kilomètres sans fatigue particulière. L’amortissement très souple fait donc la part belle au confort sans pour autant céder aux sirènes du roulis. Bien suspendue la voiture ne peut guère être prise à défaut que sur le train arrière où les répercussions de la chaussée sont un peu plus marquées mais au final c’est un bon compromis général qui est vraiment à souligner.

Les commandes sont toutes très douces mais sans doute un peu trop pour qui est habitué à une conduite un peu plus dynamique. Nous ne nous sommes ainsi pas franchement habitués au côté très mollasson de la direction dont l’assistance électrique est trop présente et qui en plus ne donne pas un sentiment de précision très marqué. Dommage car par ailleurs le volant bénéficie d’une jante agréable à prendre en main qui invite à une conduite un peu plus directe.

Pour autant le comportement routier ne peut guère être mis en défaut. Le châssis très bien calibré ne peut en aucun cas donner de sueurs froides à son conducteur et même si les parcours que nous avons réalisés ne permettaient pas de pousser la voiture dans ses retranchements ils ont tout de même permis de mettre en relief un comportement particulièrement prévenant, sain et neutre en toute circonstance. C’est d’ailleurs potentiellement une critique car en contrepartie le Captur ne distille strictement aucune sensation et s’avère au final bien peu gratifiant à conduire bien qu’il soit paradoxalement tout à fait capable d’un certain allant.

Motorisations un peu ternes.

Les blocs n’aident pas d’ailleurs à remédier à ce manque criant de plaisir de conduite. Le Diesel rechigne totalement à monter un tant soit peu dans les tours et ses 110 poneys sont bien présents, même si les reprises ne se montrent pas forcément aussi convaincantes que les 260 Nm de couple le laissent supposer. Très linéaire le dCi offre néanmoins la possibilité de naviguer sur voie rapide sans avoir à rétrograder outre mesure mais si vous souhaitez effectuer un dépassement plus contraint sur route mieux vaudra prévoir une distance un peu plus généreuse. En contrepartie sa consommation se montre très mesurée et si l’on est assez loin des 3,9 l/100 officiels, naviguer autour des 5 litres est à la portée de tous.

De son côté le bloc TCe essence de 120 ch ne se montre pas plus enthousiasmant. Il ne procure pas beaucoup plus de sensation, la remarque sur le rapport puissance/performance évoquée plus haut se reposant pratiquement à l’identique. Il reste assez loin du côté pétillant des 3-cylindres PSA mais il est tout de même disponible sur une large plage de régime. Peu bruyant lui aussi il donne un sentiment de vivacité mesuré qui ne vient cependant pas contredire la philosophie de ce Captur. La boîte manuelle qui lui est accouplée est correctement étagée. Les rapports s’enclenchent sans difficulté et le levier tombe bien sous la main. Un bloc qui devrait cependant s’avérer plus agréable avec la boîte EDC maison tout à fait en accord avec le typage confort de ce Captur.

Notons enfin que, malgré son look, ce petit SUV n’est bien entendu en rien un baroudeur mais que s’aventurer en sous bois (sec de préférence…) ne lui fera franchement pas peur. Nous avons d’ailleurs été épatés par sa capacité à gommer très efficacement les divers trous d’un chemin de traverse en terre que nous avons emprunté à vive allure. Définitivement, vous préserver reste son crédo.

Il préserve aussi mes finances ?

Pas forcément donné le Captur n’est pour autant pas si mal placé par rapport à ses concurrents directs et il offre un équipement plutôt complet. Mais comme souvent il faut observer de près les configurations de chaque véhicule pour donner un avis équitable. Ainsi, en entrée de gamme, la Renault Captur est affiché à 17 100 € (finition Life TCe 90). Il se retrouve dans ce cas moins bien placé qu’un Peugeot 2008 (16 250 €) mais nettement plus avantageux qu’un Fiat 500X (17 990 €) et surtout qu’un Mazda CX-3 (21 800 € !). Cependant ces deux derniers modèles offrent d’emblée un équipement plus important (l’infotainment et 120 ch chez Mazda ou la climatisation chez Fiat).

Mieux équipé à partir de la finition Zen et surtout de la finition Intens (traitement bi-ton, jantes de 17 pouces, r-Link Evolution, projecteurs full LED…) le Captur restylé reçoit également de nouveaux équipements indisponibles jusque là comme la surveillance des angles morts, la caméra de recul pour les manœuvres ou l’Easy Park Assist. Hélas il reste encore en retrait dans ce type de dotation par rapport à certains concurrents et il ne faut pas chercher ici de régulateur adaptatif, de freinage automatique d’urgence ou d’affichage tête haute.

Et puis il reste une fois encore à parler de la finition Initiale Paris pour laquelle il faut véritablement casser sa tirelire. Proposée à partir de 25 400 € il est néanmoins largement possible de faire grimper l’addition au delà de 28 000 € pour peu que l’on choisisse de prendre en option la boite EDC et le toit en verre. Là ça commence à faire cher… Mais en même temps pourquoi se priver d’une telle proposition chez Renault si l’on estime qu’elle trouvera sa clientèle.

Le restylage de mi-vie du Renault Captur s’avère donc plutôt convaincant. Il ne dénature pas l’esprit du véhicule, rectifie les principales lacunes de la phase 1 en offrant notamment une qualité globale en nette hausse et lui donne ainsi les moyens d’affronter la nouvelle concurrence présente et à venir. Le cap semble donc clairement maintenu et si ces retouches ne garantiront pas à coup sûr la préservation de la première place européenne du Captur dans le segment elles devraient en toute logique lui permettre de rester au contact des cadors de sa catégorie.

Crédit photos : Eddy P.