Le Nouvel Automobiliste

Nouvelles Dacia Sandero, les interviews (1/3) : Andreea Guinea, directrice produit

Nous en voyons tant en France que nous avons oublié que Dacia est une marque Roumaine. Et pourtant, quel chemin parcouru depuis la Dacia 1100, cousine de la Renault 8 née en 1968 ! C’est aussi en Roumanie que Renault recrute ses talents, et la présentation de la nouvelle Dacia Sandero nous a permis d’échanger avec Andreea Guinea, directrice produit.

Le Nouvel Automobiliste : Bonjour Andreea Guinea, pouvez-vous nous exprimer en quelques mots votre parcours ?

Andréa Guinea : Bonjour Le Nouvel Automobiliste ! Ma carrière a commencé directement chez Renault il y a 17 ans, en Roumanie, mon pays d’origine. Je faisais de la distribution, puis ma carrière a évolué vers de Product Mangement. J’ai aussi travaillé dans la publicité, dans le CRM Internet et publicité. J’ai également été cheffe de département dans la distribution pour le groupe. Il y a 3 ans et demi, j’ai déménagé en France en tant que cheffe de produit pour le marketing global pour la marque Dacia. J’ai lancé le dernier Dacia Duster et depuis 1 an j’ai repris le projet du trio Sandero, Sandero Stepway et Logan.

LNA : Reprendre un tel projet, n°1 en vente aux particuliers en France et en Europe, n’est-ce pas beaucoup de pression ?

AG : Si, mais c’est ça le plaisir de travail sur un tel projet. J’ai acquis de l’expérience sur Dacia Duster, nous restons dans la même philosophie de marque.

LNA : Comment arriver vous à positionner un tel produit, avec une marque jeune et inconnue il y a 15 ans ?

AG : Nous y arrivons avec beaucoup de soin. Déjà, Dacia, c’est un ADN fort : offrir le meilleur rapport qualité / prix / prestation. Nous nous concentrons sur cette philosophie tous les jours. Que proposons-nous au client en limitant le prix sans en faire un produit daté ? C’est un équilibre entre ce qui est utile, essentiel et son prix. C’est le secret de Dacia : un positionnement imbattable sur le marché.

LNA : N’avez-vous pas peur de vendre un prix, avant de vendre une Sandero ?

AG : Je pense que ça va dans les deux sens. Il y a une cible de clientèle qui a peu de moyen, mais qui souhaite un objet neuf. C’est l’objectif de Dacia. Nous n’avons pas l’impression de vendre un prix. Il suffit de suivre les forums, d’écouter les clients lors des Pique-niques Dacia : les clients sont contents de leurs voitures, de leur choix. Dacia propose une offre packagée, avec de vraies prestations sans aller dans le « trop ».

LNA : Cependant, l’évolution est bien présente. Il y a 15 ans, une Dacia Logan avait un moteur éprouvé de l’ancienne gamme Renault, où le client pouvait mettre les mains dans le cambouis. Aujourd’hui, les moteurs sont actuels, avec une électronique plus présente et donc, finalement plus complexe à entretenir.

AG : Oui, c’est vrai. Une part vient de l’évolution des réglementations et l’autre part d’une maîtrise des coûts grâce à la standardisation au sein du groupe. On essaie tout de même de garder une voiture simple, sans aller à la surenchère. Il n’y a qu’une caméra de recul par exemple sur la Dacia Sandero, au contraire de Dacia Duster, qui correspond plus au caractère SUV [côté LNA, nous avons tout de même noté une pièce en mesure conservatoire dans la calandre pour une caméra, NDA]. La Dacia Sandero propose cependant les radars de distance avant ainsi que le radar de freinage d’urgence.

LNA : Côté expérience client, l’intérieur évolue énormément, en dehors du volant. Vous présentez une astuce déjà présente sur la Renault Twingo, c’est la possibilité d’y intégrer le smartphone du client à la planche (Media Control). Contrairement à l’écran des véhicules présentés, qui peut donner l’impression au client d’investir 2 fois dans des fonctions proches. Est-ce qu’il sera imposé au client sur les niveaux intermédiaires ?

AG : Les niveaux de finitions sont à 90 % définis. Pour les versions niveau 3, l’écran sera de base. Le niveau 1 ne proposera aucune des solutions en série, alors que le niveau 2 proposera le Media Control. Mais sur le niveau 3, l’écran ne proposera pas la navigation en série et il sera possible d’avoir la réplication du téléphone (Apple Car Play ou Android Auto). Notre écran propose des fonctions simples, qui est apprécié. Et il faut aussi que Dacia propose de la contemporanéité : c’est devenu un standard sur le marché. Nous essayons d’être à l’écoute de nos clients, d’où l’arrivée du toit ouvrant par exemple.

LNA : Parlons un peu de la Dacia Sandero Stepway. Avec son capot différent, ses barres de toits et ses élargisseurs d’ailes, n’avez-vous pas été tenté de la différencier en l’appelant Dacia Stepway « tout court » ?

AG : Oui, bien sûr que nous nous sommes posé la question. De nombreuses fois à vrai dire ! Changer de nom, finalement non, car le modèle est connu et il est installé. Et conserver seulement Stepway, ça aurait créer trop de confusion avec les autres modèles qui ont aussi leur version Stepway (Dokker, Lodgy et Logan MCV). Nous avons donc fait ce choix pour le moment. Mais, qui sait dans le futur ?

LNA : Le Mondial de l’Automobile aurait dû mettre en vedette les nouvelles Dacia Sandero. Avez-vous prévu des évènements pour son lancement ?

AG : Pour l’instant, ce n’est pas défini avec la crise sanitaire. Nous avons déjà dû réduire les déplacements entre la Roumanie et la France, ce qui a créé des difficultés. Mais nous avons tenus les délais, le lancement est maintenu pour le début de l’année 2021. 

LNA : Avez-vous des objectifs de ventes supérieurs aux générations précédentes avec les nouvelles Dacia Sandero ?

AG : Comme toute entreprise ou acteur économique, nous sommes ambitieux. Nous n’allons pas communiquer sur nos objectifs commerciaux. Nous souhaitons conserver notre place de leadership, avec ces deux modèles. 

LNA : Au sein du Groupe Renault, le look pour sexy des nouvelles Dacia Sandero ne risque-t-il pas de cannibaliser les ventes de la Renault Clio par exemple ?

AG : Non, nous avons vraiment un positionnement complémentaire. Aucune des 2 marques de veulent pas empiéter sur le territoire de l’autre, et ça fonctionne bien comme ça.

LNA : Merci Andreea Guinea.

Interview : Guillaume AGEZ pour Le Nouvel Automobiliste 
Clichés : François Mortier pour Le Nouvel Automobiliste 

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