Le Nouvel Automobiliste
Mercedes Benz EQV Thibaut Dumoulin LNA (39)

Essai Mercedes-Benz EQV : l’étoile électrifie sa navette

Mercedes Benz EQV Thibaut Dumoulin LNA (39)

La limousine, c’est surfait ! Pour se mouvoir en toute discrétion mais dans le plus grand confort, c’est souvent à bord de Mercedes-Benz classe V que se déplacent les VIP, notamment pour regagner leur hôtel parisien. Car sous ses airs d’utilitaire, un classe V est avant tout spacieux, polyvalent, convivial… bref, des arguments qui parlent aussi bien aux familles nombreuses qu’aux personnalités en transit (sans jeu de mot). Mais dans les grandes villes où logent nos stars et nos familles aisées, le diesel n’est plus en odeur de sainteté et sera bientôt prié d’aller voir ailleurs (en 2024 dans la capitale française par exemple). Qu’à cela ne tienne, Mercedes-Benz lance l’EQV, dérivé tout électrique du van star de la marque à l’étoile !

Design Mercedes-Benz EQV : utile rime avec style

Mercedes Benz EQV Thibaut Dumoulin LNA (51)

Retouché en 2019, le Mercedes-Benz Classe V avait peaufiné quelque peu son style et amélioré sa dotation. Il se montre aussi raffiné que peut l’être un véhicule avec son esthétique d’armoire à glace. 5,37 m de long sur cette version XL (23 cm de plus que la taille standard), 1,91 m de haut, il ne fait pas dans la dentelle. Pourtant son faciès n’a rien de rudimentaire et affiche fièrement les éléments de style chers à la marque de Stuttgart.

Large calandre chromée arborant l’étoile en son centre, phares au dessin sculpté, inserts de chrome encadrant la calandre inférieure, chaque élément rappelle le standing de l’auto. La calandre, d’ailleurs, diffère de celle de la version thermique. Son contour chromé se dédouble d’une partie noir brillant, et ses lamelles horizontales se multiplient.

Mais autrement, les différences sont ténues. On remarque la trappe de chargement dans le pare-chocs avant gauche (cela nous semble pourtant un endroit fort exposé aux chocs…) et des badges sur les ailes avant ainsi qu’un monogramme « EQV 300 » sur le hayon. Un hayon imposant qui nécessite beaucoup de place pour l’ouvrir, la « faute » à un arrière très carré que ne renieraient pas les meilleurs corbillards (on imagine d’ailleurs aisément cette déclinaison sur un EQV !). Les jantes témoignent quant à elle de la tentative d’améliorer, dans la mesure du possible, les performances aérodynamiques de cet engin qu’on ne pourrait qualifier de « profilé ».

À bord du Mercedes-Benz EQV : V pour VIP

A bord du Mercedes EQV, les passagers (au nombre maximal de 8, ce qui en fait le seul véhicule électrique 8 places premium) sont dans un environnement confortable et spacieux, quelle que soit la place occupée. Même au troisème rang, les 3 sièges (dans notre cas), sont vastes et moelleux. De plus, malgré l’espace qui leur est dédié et les 3 rangées de sièges, le coffre affiche toujours une contenance imposante de 1 410 litres !

Les rails de chargement présents derrière les sièges avant jusqu’au fond du coffre permettent de moduler l’espace et de fixer les bagages par exemple. Quand bien-même, dans un espace aussi grand, cela manque un peu de rangements. Sous les sièges ou dans le plafonnier par exemple, ils auraient été les bienvenus.

A l’avant, la place qui nous importe aujourd’hui, l’espace règne et offre une vue plongeante sur un tableau de bord joliment dessiné. Et même si le plastique domine, c’est dans des tons et textures agréables, comme la planche de bord grise « aluminium brossé » agréable à l’œil. Les contours de commandes audio cuivrés, comme les buses d’aérateurs, sont jolis et originaux. Le revêtement souple sur la planche de bord et les contre-portes ajoute de la couleur avec cette teinte bleue à surpiqûres rose doré. Sous l’écran de 26 cm de diagonale (10,25 pouces) accueillant le système multimédia MBUX, et directement sous la main droite du conducteur, on trouve un pad tactile pour écrire ses recherches, encadré par les touches de volume audio, des portes coulissantes électriquement, de radars de stationnement et de sélection des modes de conduite. On est loin de l’austérité d’un utilitaire !

Au volant du Mercedes-Benz EQV : van aux vingt modes

Le Mercedes-Benz EQV développe 150 kW, soit 204 ch. Le moteur électrique est alimenté par une grosse – mais fine – batterie de 100 kWh située sous le plancher et garantie 8 ans ou 160 000 km. Si l’on peut s’attendre à suffisamment de puissance et d’autonomie (annoncée pour 353 km en cycle mixte WLTP et jusqu’à 476 en cycle urbain), ces données sont conditionnées par la conduite adoptée et surtout les modes de conduite sélectionnés. Contrairement à ce que laisse entendre notre titre simplifié, ce ne sont pas 20 modes, mais 20 combinaisons qui sont disponibles pour conduire l’EQV.

Les modes de conduite à proprement parler sont au nombre de 4 : le mode Sport, qui envoie les 204 ch et les 362 Nm de couple sans filtre et sans latence, le mode confort, qui offre une autonomie plus raisonnable et une facilité de conduite appréciable ; le mode éco, qui limite la puissance à 136 ch pour économiser la batterie, et enfin le mode Autonomie Maximale, qui se contente de fournir 95 ch pour garantir une…autonomie maximale. C’est toutefois suffisant, sauf pour les grands axes où l’on se traîne à l’accélération. Mais si l’on appuie sur l’accélérateur à fond, la bride est lâchée. Ensuite, s’ajoutent à ces 4 modes de conduite 5 modes de freinage régénératif, allant de la simple « roue libre » au mode D– qui provoque un freinage sensible, à privilégier en ville tant il peut surprendre dans les autres situations.

Outre la puissance variable qui convient dans tous les cas de figure en fonction de son humeur et de ses objectifs, nous sommes surpris de prime abord par la relative fermeté de la direction, et encore plus par sa démultiplication. Il faut tourner fort et beaucoup, ce qui donne l’impression d’être à la barre d’un gros bateau. Avec un diamètre de braquage important (12,9 m entre trottoirs), on sera plus à l’aise pour circuler dans les grands avenues que dans les ruelles étroites. Même ressenti avec les suspensions, typées confort, qui rebondissent sans toutefois secouer et assurent la quiétude à bord. Le freinage ne pose quant à lui aucun souci, il est parfaitement calibré. Malgré sa cavalerie importante, le comportement décrit et la propension à prendre du roulis et à sous-virer (rien d’étonnant sur une traction de 2,8 tonnes !) invitera à rouler tranquillement.

De toute façon, en électrique, on essaiera naturellement d’optimiser l’autonomie du véhicule. Les informations partagées sur l’ordinateur de bord et sur la partie « EQ » de MBUX, ainsi que sur l’application Mercedes me vont dans ce sens. Recherche de bornes, pré-climatisation pour profiter de l’énergie fournie en charge, paramétrage de l’état de charge maximum… à bord ou en dehors du véhicule, tout est fait pour gérer au mieux la charge du véhicule et ses trajets. Le Mercedes EQV peut se charger en courant continu, dont nous avons fait l’expérience sur une borne Ionity après avoir emprunté l’autoroute, où le van était par ailleurs à l’aise, calé à 130 km/h au régulateur adaptatif (pour une vitesse maximale de 160 km/h). Nous avons mis 20 min pour regagner les 22% de batterie utilisés, un délai non représentatif du temps de charge, les 20 derniers % étant les plus longs à récupérer. En théorie, l’EQV passe en 45 minutes de 10% à 80% d’autonomie sur du courant continu de 110 kW. En courant alternatif, accepte une charge de 11 kW. Durant notre essai sur 114 km, la moyenne de consommation énergétique s’est élevée à 36 kWh / 100 km, ce qui correspond à la moyenne de consommation constatée sur autoroute (qui représentait la majorité du trajet). De 315 km d’autonomie annoncée au début du second trajet, d’environ 60 km, l’ordinateur de bord nous indiquait 216 km restants à l’arrivée. Les longs trajets autoroutiers seront d’autant plus longs…

Équipements du Mercedes-Benz EQV : En Quantité Variable

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Le Mercedes-Benz EQV est proposé directement en finition Avantgarde avec une dotation de série conséquente. La sellerie cuir est installée d’office, tout comme la porte coulissante arrière-gauche (ce qui n’est pas le cas sur tous les marchés), les sièges avant chauffants, le système de lecture des panneaux ou encore le freinage d’urgence assisté actif. Sans oublier le système multimédia MBUX avec son pavé tactile.

La dotation de notre véhicule d’essai comprenait toutefois pas moins de 15 000 euros d’options ! La caméra de recul panoramique en fait partie, dans un pack avec une précieuse aide au stationnement. En reculant, un témoin lumineux en haut de la vitre arrière indique la proximité de l’obstacle, malin. Si les deux portes coulissantes sont de série, leur automatisation est en option, pour chacune d’elles. A l’intérieur, la présentation particulière (ciel de toit noir, pédalier sport, insert de planche de bord en aluminium brossé…) est en option dans un pack, tout comme les raffinements extérieurs. Le réglage électrique des sièges avant est également en option, dommage sur un véhicule de ce standing.

Le service Mercedes me Charge est offert pendant un an. Il donne accès à une carte RFID pour accéder aux bornes Ionity à un tarif préférentiel : 0,29 euros la minute, contre 0,79 pour le conducteurs de véhicules en dehors du consortium. Au bout de la première année, l’adhésion annuelle est facturée, si le client souhaite la renouveler, 99 euros.

Prix Mercedes-Benz EQV : un peu plus près des étoiles

Mercedes Benz EQV Thibaut Dumoulin LNA (31)

Mercedes-Benz EQV à partir de 59 990 € HT (72 744 € TTC).
Modèle essayé : Mercedes-Benz EQV 300 XL Avantgarde à 76 897 € HT, soit 92 276,40 € TTC incluant 15 300 € d’options :

  • Peinture métallisée noir obsidienne à 1 248 €
  • Rampes de toit anodisées à 490 €
  • Pack intégration pour smartphone à 357 €
  • Système de sonorisation Surround Burmester à 894 €
  • Prises 12V pour rangées arrière à 80 €
  • Pack stationnement avec caméra panoramique à 1 495 €
  • Console centrale avec store à 107 €
  • Pack protection antivol à 548 €
  • Deux clés principales supplémentaires à 141 €
  • Climatisation automatique Thermotronic à 663 €
  • Climatisation semi-auto arrière à 802 €
  • Pre-Safe à 369 €
  • Assistant feux de route Plus à 186 €
  • Siège conducteur à réglage électrique à 1 107 €
  • Siège passager à réglage électrique à 1 107 €
  • Commande électrique pour la porte coulissante gauche à 821 €
  • Commande électrique pour la porte coulissante droite à 821 €
  • Banquette 3 places confort pour la deuxième rangée à 467 €
  • Tapis de sol en velours à 51 €
  • Œillets d’arrimage pour pack de sièges à 34 €
  • Couvercle de coffre Easy-Pack à 656 €
  • Pack design extérieur EQV à 1 479 €
  • Pack Design intérieur EQV à 1 377 €

Concurrence

Le Mercedes EQV est le seul véhicule premium 8 places électrique. On peut se tourner vers les généralistes pour trouver un produit équivalent mais bien moins luxueux. Le trio de PSA, avec le Peugeot e-Traveller, l’Opel Zafira Life-e et le Citroën ë-SpaceTourer est tout désigné. Ce dernier propose une version électrique 8 places, en finition Feel, facturé 58 710 euros toutes options, avec une batterie 50 kWh. Pour passer à la batterie 75 kWh, il faut renoncer aux 8 places et passer sur la version Business Lounge, à un prix plus proche de celui de l’EQV… de base : 70 210 €.


Bilan de l’essai du Mercedes EQV

Les Very Important People, ou personnes très importantes, qu’elles le soient pour nous ou pour leurs fans, trouveront à bord du Mercedes-Benz EQV un van ordinaire et même au-delà, un van extra-ordinairement confortable et accueillant. Sa nouvelle motorisation tout électrique renforce l’atmosphère paisible à bord et le chauffeur, ou le parent, appréciera la vivacité et la variété de modes pour adapter réactivité et autonomie à ses besoins et envies. Avec son rayon d’action important et sa charge rapide, le Mercedes EQV compense sa consommation électrique relativement importante hors zones urbaines, peu aidé par un poids monumental frôlant les 3 tonnes. Enorme, comme le montant des options à cocher pour avoir un vrai véhicule premium raffiné et doté des dernières technologies. Une preuve s’il en fallait de son statut premium !

Galerie Photos Mercedes-Benz EQV

Crédit Photos : Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste