Juillet 1986. Citroën ajoute à la BX une version qui doit concilier deux mondes réputés inconciliables : la sportivité et le confort maison. Quarante ans plus tard, la BX GTi reste l’une des berlines les plus discutées, et les plus aimées, de son époque.
Elle succède à la BX Sport et remplace la BX 19 GT. Son ambition, déjà, ne cache rien de son époque : offrir des performances comparables aux meilleures familiales sportives du marché sans renoncer au confort routier caractéristique de la marque.

AU SOMMAIRE
Une silhouette qui a fait débat
La BX elle-même est dévoilée aux pieds de la tour Eiffel avant son lancement au Salon de Paris, en octobre 1982. Elle sort des crayons de Marcello Gandini, chez Bertone, l’un des noms les plus audacieux du design automobile de l’époque.
Les lignes tendues, les surfaces plates, l’absence quasi totale de galbe : ce style, hérité du travail de Gandini pour la carrosserie turinoise, tranchait avec les habitudes de la marque aux chevrons. Nous avions consacré un article à l’héritage de Bertone, où la BX occupe une place à part.
Ce style a divisé à sa sortie. Certains y voyaient une rupture salutaire, d’autres une provocation. Quarante ans après, la question ne se pose plus vraiment : la BX GTi fait toujours fantasmer une partie des passionnés, précisément pour cette silhouette qui ne ressemblait à aucune autre.
125 chevaux, 1 025 kilos, et l’hydropneumatique en renfort
Sous le capot, un 4 cylindres 8 soupapes à injection électronique développe 125 chevaux DIN et 175 Nm de couple. La vitesse de pointe frôle les 200 km/h, avec un kilomètre départ arrêté avalé en 30,5 secondes.
Le secret tient aussi à la balance. En ordre de marche, la BX GTi ne pèse que 1 025 kg, pour un rapport poids/puissance de 8,2 kg/ch, meilleur que la plupart de ses rivales directes.
La suspension hydropneumatique, raffermie pour l’occasion, reste fidèle à l’esprit Citroën. Quatre freins à disque, une direction assistée et un ABS disponible en option complètent une routière aussi à l’aise sur autoroute que sur départementale sinueuse.

La voiture du jeune cadre dynamique
À bord, les sièges en velours réglables en hauteur, le rétroviseur passager électrique, le verrouillage centralisé et le combiné à six cadrans donnaient à la BX GTi des allures de voiture bien née pour l’époque.
En option, on pouvait ajouter des sièges en cuir, un toit ouvrant électrique, un ordinateur de bord, des jantes en alliage léger, la climatisation ou un pack Hi-Fi. De quoi transformer la familiale sportive en véritable outil de représentation, aussi crédible sur route qu’au pied du bureau.
1988 : la révolution du multisoupape
Un an après son lancement, la GTi reçoit une petite sœur autrement plus affûtée : la BX GTi 16 Soupapes. Son moteur XU9J4 de 1 905 cm³ délivre 160 chevaux à 6 500 tr/min, pour 218 km/h en pointe et un 0 à 100 km/h abattu en 7,9 secondes, ABS de série.
Elle devient au passage la première voiture française de grande série équipée d’un moteur multisoupape, reléguant la GTi 8 soupapes au rang de version d’accès à la gamme sportive.
En 1989 arrive une troisième variante, la BX GTi 4×4, avec ses quatre roues motrices permanentes et sa répartition de couple à 53/47 % entre avant et arrière. Un différentiel central verrouillable électriquement permettait de s’extraire des situations les plus délicates.
La gamme continue d’évoluer millésime après millésime, jantes alliage et volant sport de série en 1991, climatisation généralisée en 1992, jusqu’à ce que la généralisation du pot catalytique, en juillet 1993, sonne l’heure de la retraite. Une décennie entière durant laquelle Citroën n’aura eu de cesse d’innover.
L’histoire de la BX GTi se prolonge aujourd’hui à Sochaux, dans les ateliers de L’Aventure Citroën, l’association qui entretient et restaure les modèles classiques de la marque. Et retrouvez notre hommage à la Citroën BX dans cet article.





