Volkswagen Group a présenté ce jeudi 9 juillet son plan d’avenir. Douze axes de travail, une échéance fixée à 2030, et une ambition assumée par Oliver Blume, patron du groupe : devenir « le constructeur automobile le plus attractif au monde ».
Le communiqué, diffusé sur le site presse du groupe, tient en quatre pages. Il détaille une nouvelle étape de transformation, après trois années déjà consacrées à la restructuration de l’entreprise.
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Le plan d’avenir coupe la gamme en deux et la complexité de trois quarts
Le chiffre est au cœur du plan d’avenir. Le portefeuille de modèles du groupe sera « recentré sur les segments les plus attractifs » et réduit de 50 %. La complexité de l’offre, dotations d’équipements comprises, doit elle diminuer de 75 %.
Volkswagen n’a précisé ni les modèles concernés, ni les marques les plus touchées. La promesse, en creux : réorienter les ressources de développement vers les « produits et technologies qui apportent le plus de valeur ajoutée ».
9 millions de véhicules par an, pas un de plus
Autre axe du plan : la production. Avant la pandémie, le groupe visait 12 millions de véhicules construits chaque année. Il en produit aujourd’hui environ 2 millions de moins, et vise désormais un plafond stable de 9 millions d’unités, toutes marques confondues.
En 2025, Volkswagen Group a livré 9,0 millions de véhicules à ses clients, un volume stable par rapport à 2024. Le chiffre d’affaires a légèrement reculé, à 321,9 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel a chuté de 19,1 à 8,9 milliards d’euros sur la même période.
Ce que le communiqué ne dit pas
Ce que le texte tait est presque aussi instructif que ce qu’il annonce. Aucune mention de suppressions de postes. Aucune usine nommée. Rien non plus sur un calendrier précis de mise en œuvre, au-delà d’un horizon fixé à 2030.
Nous évoquions pourtant, dès le 26 juin, des contours plus précis qui circulaient déjà en interne : jusqu’à 100 000 emplois concernés dans le monde, quatre usines allemandes en sursis, et une possible séparation juridique de la marque VW au sein du groupe. Rien de tout cela n’apparaît, ce jeudi, dans la version officielle.
L’ID.Polo et le T-Roc, vitrines du recentrage
Difficile d’illustrer le plan d’avenir en termes abstraits. Deux modèles y parviennent mieux qu’un communiqué : l’ID.Polo et le T-Roc.

L’ID.Polo, citadine électrique, marque le retour de Volkswagen sur un segment déserté depuis des années : celui des voitures compactes à moins de 25 000 euros. Une version dotée d’une batterie LFP de 37 kWh et d’un moteur de 116 ch doit s’y positionner, pour un tarif annoncé à partir de 24 990 euros.
Problème de calendrier. Au lancement, au printemps 2026, seule la version haut de gamme (batterie NMC de 52 kWh, 211 ch, à partir de 35 820 euros) était réellement commandable. La version d’entrée n’ouvre ses commandes qu’en ce mois de juillet, avec plusieurs mois de retard sur les annonces de prix.

Le marché, lui, n’a pas attendu. La Renault 5 E-Tech (dès 24 990 euros), la Citroën ë-C3 (dès 19 990 euros) et la Fiat Grande Panda électrique (dès 24 900 euros) occupent déjà ce segment depuis plusieurs mois. L’ID.Polo promet en contrepartie une autonomie supérieure, jusqu’à 450 km WLTP en grande batterie, contre environ 320 km pour ses trois rivales directes. Reste à savoir si l’argument suffira à compenser le retard à l’allumage.
Le T-Roc illustre l’autre versant du plan : consolider ce qui fonctionne déjà. Le SUV compact reste le meilleur vendeur de la marque, devant la Golf et le T-Cross. Sa nouvelle génération, essayée par la rédaction, se positionne face à des rivaux comme le Hyundai Kona ou le Toyota C-HR.

Le tarif de lancement, à partir de 30 845 euros en Allemagne, confirme un positionnement plus haut que par le passé. Une logique cohérente avec le plan d’avenir : moins de modèles, mais des marges mieux défendues sur chacun d’eux.
Un recentrage aussi financier
Le plan s’accompagne d’un resserrement du portefeuille de participations. Volkswagen Group a cédé en juin sa participation majoritaire dans Everllence (ex-MAN Energy Solutions), une opération qui dégage 7,4 milliards d’euros. De quoi, selon le groupe, renforcer son assise financière et sa flexibilité pour la suite.
Le plan d’avenir tient en douze axes de travail et une échéance à 2030, pour l’instant assez peu détaillée sur le plan opérationnel. Pour l’ID.Polo comme pour le T-Roc, en revanche, l’échéance est immédiate : les deux modèles doivent déjà prouver, sur le terrain, que la nouvelle doctrine tient la route.